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Le lin, un textile très ancien qui a de l'avenir

Publié le par Gerome

Dans le paysage sinistré du textile en Europe, la filière du lin, fibre ancienne dont la France est le premier producteur mondial, pourrait revenir en force dans une économie privilégiant écologie et développement durable, espèrent ses acteurs.

C'est l'un des thèmes de "LINcroyable récolte", semaine de popularisation du 3 au 9 juin de la Confédération européenne du lin et du chanvre (CELC), qui a choisi d'exposer "un champ éphémère de 1.000 m2 de lin textile" au coeur de Paris, place du Palais-Royal.

Dans le secteur linier, la division internationale du travail est aujourd'hui très marquée.

 

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D'un côté, trois pays européens produisent 80% de la récolte mondiale -France 75%, Belgique et Pays-Bas ensemble 5%. Les champs de lin s'échelonnent le long des côtes de la Manche et de la mer du Nord dans une zone au climat idéalement équilibré entre ensoleillement et précipitations.

De l'autre, l'industrie chinoise qui fabrique 70% des fils (contre 20% pour les Européens) et 80% des tissus de lin dans le monde, doit importer de 75% à 85% de la production de lin "teillé" (en balles d'étoupes) des Français, Belges et Néerlandais.


De ce fait, surfaces cultivées et volume de lin teillé vendu par la France et ses deux voisins sont, sur les 15 dernières années, en hausse tendancielle dans des fourchettes respectives de 50.000 à 100.000 ha et de 60.000 tonnes à 130.000 tonnes, d'après les données du CELC.

Par contraste, le secteur industriel s'est réduit comme peau de chagrin, sous le coup, outre le rouleau compresseur chinois, de la fin des barrières douanières et de la disparition de marchés traditionnels du lin (sacs postaux, draps militaires, voiles, bâches, filets etc.), le tout aggravé par l'euro fort.


Le lin, produit moderne


D'une vingtaine de grosses filatures en Europe dans les années 90, il ne reste qu'une demi-douzaine aujourd'hui.

"En Belgique, en 1982, il y avait huit filatures de lin dont trois à Lokeren (Flandre). Maintenant, on est la seule", raconte Maurice Cock, descendant du fondateur de la filature Stanislas Cock (1.300 tonnes par an et un chiffre d'affaires de 7,5 millions d'euros).

La dernière filature française, Safilin, qui s'est résolue en 2005 à délocaliser toute sa production en Pologne face à l'énorme pression sur la compétitivité, et sa concurrente italienne Linificio représentent à elles deux la moitié de la production de fil de lin européen.

Ces survivants placent désormais beaucoup d'espoirs dans les produits dits "techniques".


"Le lin est presque aussi solide que la fibre de carbone mais deux fois plus léger et aussi plus souple même s'il reste plus cher", sans parler de son caractère biodégradable et recyclable, souligne le PDG de Safilin, Christian Mekerke.

A titre encore expérimental ou déjà sur le marché, le lin entre dans la composition de raquettes de tennis, de skis, de cannes à pêche, de coques de bateaux de plaisance, de planches de surf, de kayaks, de carénages de moto et de profils de fenêtre.


L'université anglaise de Nottingham a conçu un prototype de pales d'éoliennes de 3,5 mètres avec de la mèche de lin, qui a obtenu un prix international dans la catégorie "composite biosourcé".

Mais l'ambition des acteurs de la filière est aussi de réhabiliter le lin au quotidien. "On reproche au lin de gratter, d'être froissable, et de n'être qu'une fibre d'été. En réalité, c'est confortable, c'est thermorégulateur et antiallergénique", assure Olivier Ducatillion, PDG du tisseur Edouard Lemaître-Demeestere, situé dans un grand bassin historique du lin, la vallée de la Lys, à la frontière franco-belge.


"Depuis deux à trois ans, on a une tendance appelée le +lin lavé+, notamment pour le linge de maison, de table, de lit, et pour la salle de bain", ajoute l'industriel, évoquant un intérêt soutenu aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne et en Scandinavie.

 

 


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Les évènements climatiques et météorologiques extrêmes ont contraint au déplacement 32 millions de personnes dans le monde en 2012

Publié le par Gerome

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D'après le rapport "Global Estimates 2012", publié, lundi 13 mai, par l'International Displacement Monitoring Centre (IDMC) et le Norwegian Refugee Council (NRC), les événements climatiques et météorologiques extrêmes – inondations, mousson, cyclones, tempêtes – constituent la quasi-totalité (98 %) des catastrophes naturelles qui, en 2012, ont conduit au déplacement de 32,4 millions de personnes dans 82 pays. L'Asie a été la plus affectée (22,2 millions de déplacés), devant l'Afrique (8,2 millions) et le continent américain (1,8 million).


Le chiffre est deux fois supérieur à celui de 2011, qui était de 16,4 millions. Entre 2008 et 2012, le rapport, qui s'appuie aussi sur les données de l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) et de la Banque mondiale, évalue à 143,9 millions le nombre total de personnes obligées de migrer à cause de catastrophes climatiques. Dans la quasi-totalité des cas, ces déplacements restent internes au pays.


D'une année à l'autre, le nombre et la violence des accidents climatiques varient, bien sûr. En 2012, en Chine, plusieurs typhons ont entraîné l'exode de 4 millions d'habitants, et les inondations celui de 1,3 million d'autres. Aux Philippines, typhons et mousson ont forcé 3,5 millions de personnes à migrer. En Afrique, au Nigeria, 6,1 millions d'habitants ont été déplacés du fait d'inondations.

 

Mais une constante demeure. "Les régions les plus pauvres sont les plus touchées, même si les Etats-Unis sont aussi frappés. Il y a une interaction entre la vulnérabilité aux phénomènes climatiques et la pauvreté économique", estime Bettina Laville, avocate spécialisée dans le développement durable et auteur d'un rapport sur les réfugiés climatiques.


Comment définir ces derniers ? Doit-on parler de "réfugiés", terme que le Haut-Commissariat aux réfugiés (HCR) et les Nations unies ont banni s'agissant des questions climatiques ? "J'ai personnellement opté pour le terme d'écoréfugiés, car il permet de faire le lien entre deux migrations – les réfugiés écologiques sont aussi des réfugiés économiques –, même si le HCR veut protéger le terme défini par la Convention de Genève de 1951 ", précise Mme Laville.


Au-delà de la terminologie, le nombre des déplacés ne peut qu'augmenter dans les décennies à venir. "Deux tiers de la population mondiale vivent à moins de cent kilomètres des côtes, trente des cinquante plus grandes villes sont en bord de mer et une montée des eaux de moins de 20 cm aura un impact certain", rappelle Dina Ionesco, chargée des politiques sur les migrations et le changement climatique à l'OIM.

 

Les raisons de migrer sont nombreuses. "Certains désastres naturels ont des effets immédiats avec des déplacements de population, explique Mme Ionesco. Il y a aussi une dégradation plus lente – salinité des terres, montée des eaux, grandes sécheresses, désertification... – qui va amener des millions de personnes à bouger."


Ces problèmes se combinent avec des conflits, économiques, sociaux ou militaires. Il n'est alors pas toujours aisé de définir la part des raisons environnementales dans ces migrations. En Birmanie, l'annonce du déplacement, en prévision de l'arrivée du typhon, de 166 000 personnes musulmanes rohingyas, pour la plupart déjà évacuées l'an passé en raison de violences et de meurtres dont elles étaient victimes, et installées depuis dans des camps insalubres, illustre cette complexité.

 

 


 

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Semences : « La Commission européenne balaye 10.000 ans d’histoire agricole »

Publié le par Gerome

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Les Verts ont vivement dénoncé lundi une proposition de la Commission européenne relative à l’enregistrement des semences, qui conduira selon eux à restreindre davantage les échanges informels entre agriculteurs, au détriment de la biodiversité.


«En réduisant les droits des paysans à ressemer leurs propres semences, en durcissant les conditions de reconnaissance des variétés par des petits entrepreneurs indépendants, en limitant la circulation et l’échange de graines entre associations et entre planteurs, la Commission européenne balaye 10000 ans d’histoire agricole», a affirmé l’eurodéputé José Bové, cité dans un communiqué.


La Commission a présenté lundi des propositions qui permettront selon elle de «simplifier» le régime d’enregistrement des semences. Elle balaie les critiques en assurant que les petites entreprises et certaines semences de niche sont exemptées des obligations coûteuses de tests et d’enregistrement.

Mais les petits acteurs du secteur, notamment l’association Kokopelli, s’insurgent contre des propositions qu’ils jugent taillées sur mesure pour les poids lourds de l’industrie semencière (Monsanto, Pionner, Sygenta et Dupont).


Les eurodéputés verts promettent quant à eux de combattre une proposition «contre-productive et dangereuse». «La biodiversité est en danger. Les multinationales ont focalisé leurs efforts sur la création de plantes à haut rendement, mais qui sont fragiles. Elles ne peuvent subsister que dans un environnement “ artificialisé ” dépendant des engrais chimiques et des pesticides, donc du pétrole», affirme José Bové.

 

 


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Etude Choc! Un rapport secret du pentagone prévoit un nouvel âge de glace

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Il y a près de 10 ans, le pentagone commandait un rapport afin de connaître les effets qu'entraînerait  un brusque changement climatique sur le leadership des États-unis et sur le reste du monde.
Sommes nous en train d'assister à ce scénario aujourd'hui ?

 

"Un scénario de changement climatique brutal  et ses implications pour la sécurité nationale des États unis"

Résumé :

Le but de ce rapport est d’imaginer l’impensable – de repousser les frontières de la recherche actuelle sur les changements climatologiques pour mieux comprendre les implications possibles pour la sécurité nationale des États-Unis. Nous avons interrogé les meilleurs scientifiques dans le domaine de la climatologie, conduit des recherches complémentaires et revu plusieurs fois le scénario avec ces experts.

 

Les scientifiques appuient ce projet, mais avertissent que le scénario dépeint une situation extrême sur deux points importants. Premièrement, ils suggèrent que les événements que nous décrivons arriveraient plus vraisemblablement localement, plutôt que globalement. Deuxièmement, ils disent que l’ampleur des événements pourrait être beaucoup moins importante. Nous avons créé un scénario de changement climatique qui, bien que n’étant pas le scénario le plus probable, est plausible, et pourrait mettre au défi la sécurité nationale des États-Unis de telle façon qu’il devrait être pris en compte dès maintenant.

Les exemples passés de brusque changement climatique nous rappellent qu’il est prudent de considérer ce type de scénario comme plausible, d’autant plus que des découvertes scientifiques récentes suggèrent que nous sommes peut-être à la veille d’un tel événement. Le scénario que nous avons construit s’appuie sur l’événement climatique survenu il y a 8200 ans, qui fut beaucoup plus chaud et plus bref que le Dryas Récent, mais plus rude que le Petit Âge Glaciaire. Ce scénario comporte des hypothèses plausibles concernant les parties du globe qui, selon toute vraisemblance, deviendront plus froides, plus arides, plus venteuses. Mais bien que des recherches intensifiées pourraient aider à affiner ces hypothèses, il n’y a pas moyen de les confirmer sur la base des modèles actuels. 

Plutôt que de prédire comment le changement climatique aura lieu, notre intention est de dramatiser les répercussions qu’il pourrait avoir sur la société si nous n’y sommes pas préparés. Quand nous décrivons les conditions météorologiques concrètes et leurs implications, notre but est de faire avancer les discussions stratégiques, plutôt que de prédire précisément et de façon certaine ce qui va probablement arriver.

 

Même les modélisations les plus sophistiquées ne peuvent prédire dans le détail comment les changements climatiques se dérouleront, quelles régions seront touchées et de quelle manière et comment les gouvernements et les sociétés pourront réagir. Néanmoins, il semble y avoir un consensus au sein de la communauté scientifique autour du fait que le cas de figure exceptionnel, décrit ci-après, ne serait pas impossible. Beaucoup de scientifiques vont considérer ce scénario comme extrême, à la fois à cause de son imminence et à cause de l’ampleur, la rapidité et la simultanéité de ces changements climatiques. Mais l’Histoire nous montre que parfois les cas extrêmes arrivent, il y a des probabilités que ce soit le cas, et c’est le travail du DOD (Département of Defense – le Ministère de la Défense) de prendre en compte un tel scénario. 

Gardez à l’esprit que ce type d’événement peut durer des décennies, des siècles ou des millénaires, et qu’il peut se déclencher cette année ou bien des années plus tard dans le futur. Dans le scénario d’un brusque changement climatique que nous proposons ici,nous envisageons une période de réchauffement progressif allant jusqu’en 2010 et nous dépeignons les 10 années suivantes, en supposant qu’un brusque changement arrive dans le schéma des conditions climatiques, entraînant un refroidissement comme cela s’est passé il y a 8200 ans. 

LE RÉCHAUFFEMENT JUSQU’EN 2010 


À la suite du réchauffement le plus rapide qu’ait connu la civilisation moderne en un siècle, on observe pendant les 10 premières années du 21e siècle, une accélération du réchauffement atmosphérique, les températures planétaires moyennes augmentant de2,75°C par décennie et même de 1,1°C par décennie dans les régions les plus durement touchées. De tels changements de température varieront à la fois selon les régions et les saisons à travers le globe, ces variations d’échelle plus fines étant plus ou moins fortes que la moyenne du changement global. Ce qui sera très clair, c’est que la planète poursuivra sa tendance au réchauffement engagée à la fin du 20e siècle. 

LA PÉRIODE DE 2010 A 2020 

L’effondrement de la circulation thermohaline 

Après environ 60 années de lent refroidissement, l’effondrement de la circulation thermohaline commence en 2010, perturbant le climat tempéré de l’Europe, qui existe grâce aux courants chauds du Gulf Stream (le bras de l’Atlantique Nord de la circulation thermohaline.) Les mouvements de circulation océaniques changent, apportant moins d’eau chaude au nord et entraînant un changement immédiat du climat en Europe du nord et dans l’est de l’Amérique du Nord. L’océan Atlantique Nord continue à emmagasiner de l’eau douce provenant de la fonte des glaciers et de la calotte glaciaire du Groenland, et peut-être plus important encore, des précipitations et écoulements d’eau plus importants.

 

Des décennies de réchauffement dans les hautes latitudes ont augmenté les précipitations et ont amené de l’eau douce supplémentaire dans l’eau dense et salée du nord, qui normalement est essentiellement nourrie par les eaux plus chaudes et plus salées du Gulf Stream. Ce courant massif d’eau chaude ne s’enfonce plus très loin dans l’Atlantique Nord. L’effet climatique immédiat est une baisse des températures en Europe et dans la plupart des régions de l’hémisphère nord, ainsi qu’une baisse dramatique des précipitations dans beaucoup de régions agricoles très peuplées. Néanmoins, l’effet de cet effondrement sera ressenti par à-coups, les modèles traditionnels du climat ne réapparaissant que pour être perturbés à nouveau et cela pendant toute une décennie. 

Le ralentissement dramatique de la circulation thermohaline est anticipé par quelques chercheurs océanographes, mais les États-Unis ne sont pas assez préparés pour ses conséquences, son imminence ou son intensité. Les modèles informatiques des systèmes climatiques et océanographiques, bien qu’améliorés, ont été incapables de produire une information suffisamment consistante et précise pour les décideurs.

 

Comme les modèles météorologiques changent dans les années suivant l’effondrement, le type de climat que les années futures nous préparent, n’est pas clair. Tandis que quelques-uns prédisent que le refroidissement et la sécheresse sont sur le point de prendre fin, d’autres prédisent un nouvel âge glaciaire ou une sécheresse globale, laissant les décideurs et le public dans une incertitude extrême quant au futur climat et aux actions à entreprendre, si tant est qu’il y en ait. S’agit-il juste d’un mauvais moment à passer, peu signifiant, ou d’un changement fondamental du climat de la Terre, requérant une réponse urgente et à grande échelle de la part des hommes ? 


Conditions plus froides, plus sèches et plus ventées pour les régions continentales de l’hémisphère nord 

• La sécheresse persiste durant la décennie entière dans les régions agricoles vitales et dans les zones autour des principaux bassins de population en Europe et à l’est del’Amérique du Nord. 

• Les températures annuelles moyennes perdent jusqu’à 2,75°C en Asie et en Amérique du Nord et jusqu’à 3,3°C en Europe. 

• Les températures augmentent de 2,2°C dans les zones clés dans l’ensemble de l’Australie, de l’Amérique du Sud et de l’Afrique australe.

• Les tempêtes hivernales et les vents d’hiver s’intensifient, amplifiant l’impact des changements. L’Europe de l’Ouest et le Pacifique Nord sont confrontés à une augmentation des vents d’ouest. 

Chacune des années de 2010-2020 voit une baisse des températures moyennes dans l’ensemble de l’Europe du Nord, allant jusqu’à plus de 3,3°C de moins en dix ans. La pluviométrie annuelle moyenne diminue presque de 30% dans cette région et les vents sont jusqu’à 15% plus forts en moyenne. Les conditions climatiques sont encore plus sévères dans les régions continentales intérieures de l’Asie et de l’Amérique du Nord. 

Les effets de la sécheresse sont plus dévastateurs que le désagrément dû aux baisses de la température dans les zones agricoles et peuplées. Avec la réduction persistante des précipitations dans ces zones, les lacs s’assèchent, le débit des fleuves diminue et l’approvisionnement en eau douce se réduit, mettant en danger les moyens de conservation et épuisant les réserves disponibles d’eau potable. De méga-sécheresses débutent dans les principales régions de la Chine du Sud et en Europe du Nord vers 2010 et perdurent tout au long de la décennie. Dans le même temps, des zones qui étaient relativement sèches pendant les dernières décennies ainsi que des régions habituées traditionnellement à l’agriculture en zones sèches, connaissent plusieurs années durant des précipitations torrentielles et des fleuves qui débordent. 

Dans la région de l’Atlantique Nord et à travers le nord de l’Asie, c’est au coeur de l’hiver que le refroidissement est le plus prononcé, en décembre, janvier et février, bien que ses effets se prolongent au cours des saisons, le refroidissement devenant de plus en plus intense et moins prévisible. Alors que la neige s’accumule dans les régions montagneuses, le refroidissement perdure jusqu’en été. En plus du refroidissement et de la sécheresse estivale, la force moyenne du vent augmente à cause d’une circulation atmosphérique qui se localise. 

Tandis que les schémas météorologiques sont perturbés au début du changement climatique autour du globe, les effets sont bien plus prononcés en Europe du nord pendant les cinq premières années suivant l’effondrement de la circulation thermohaline. À partir de la deuxième moitié de cette décennie, le froid et les conditions plus rudes s’étendent et pénètrent plus profondément en Europe méridionale, en Amérique du Nord et au-delà. Le nord de l’Europe se refroidit selon un modèle climatique où le froid prolonge la période pendant laquelle le nord de l’océan Atlantique est pris dans les glaces, facteur supplémentaire du refroidissement, ce qui allonge la période des températures hivernales de l’air en surface. Les vents reprennent du fait que l’atmosphère tente de compenser le gradient de température accentué entre le pôle et l’équateur. L’air froid soufflant sur le continent européen provoque des conditions particulièrement dures pour l’agriculture. La combinaison du vent et de la sécheresse est à l'origine de tempêtes de poussière de grande ampleur et de l’appauvrissement des sols. 

Les signes d’un réchauffement progressif se dessinent dans la plupart des régions du sud en bordure de l’océan Atlantique, mais la sécheresse ne s’atténue pas. Vers la fin de la décennie, le climat de l’Europe s’apparente plus à celui de la Sibérie.


Les régions : 2010 à 2020 


Europe. 
Durement frappée par le changement climatique, avec une moyenne annuelle des températures qui chute de 3,3°C en moins d’une décennie et des écarts plus importants encore le long de la côte nord-ouest. Le climat en Europe du Nord-Ouest est plus froid, plus sec et plus venté, la faisant davantage ressembler à la Sibérie. L’Europe du sud connaît de moindres changements mais souffre néanmoins par moment de brusques refroidissements et de rapides changements de température. La réduction des précipitations fait de l’appauvrissement des sols un problème dans toute l’Europe, contribuant à la pénurie alimentaire. L’Europe lutte pour contenir l’émigration des nations scandinaves et de l’Europe du nord à la recherche de chaleur, ainsi que pour refouler l’immigration issue des pays gravement touchés en Afrique et ailleurs. 

États-Unis.

 

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Un temps plus froid, plus venté et plus sec rend les saisons de culture et de récolte plus courtes et moins productives dans tous les États-Unis du nord-est, plus longues et plus sèches dans le sud-ouest. Les zones désertiques sont exposées à une recrudescence des tempêtes, alors que les zones agricoles souffrent de l’appauvrissement des sols du fait de l’élévation de la vitesse des vents et de la réduction de l’humidité au sol. L’évolution vers un climat plus sec est particulièrement prononcée dans les États du sud. Comme l’élévation du niveau de l’océan continue le long des côtes, les zones littorales qui étaient en péril pendant la période de réchauffement le demeurent. Les États-Unis se replient sur eux-mêmes, investissant leurs ressources pour nourrir leur propre population, renforcer leurs frontières et gérer la tension mondiale croissante. 

Chine. 
Avec ses besoins alimentaires élevés étant donnée son importante population, la Chine est durement frappée à cause de ses pluies de mousson devenues aléatoires. Celles-ci, occasionnelles pendant la saison d’été, sont bien accueillies pour l’eau qu’elles apportent, mais elles ont des effets dévastateurs car elles inondent des sols généralement à nu. Des hivers plus longs, plus froids et des étés plus chauds, provoqués par une diminution du refroidissement par évaporation en raison de la réduction des précipitations, diminuent les ressources en énergie et en eau déjà faibles. Une vaste famine entraîne le chaos et des luttes internes, alors que la Chine, froide et affamée, lorgne jalousement sur les ressources énergétiques du côté de ses frontières avec la Russie et les pays situés à l’ouest. 

Bangladesh. 
Les ouragans persistants et un niveau de la mer plus élevé provoquent d’énormes vagues qui entraînent une importante érosion côtière rendant presque inhabitable une grande part du Bangladesh. De plus, l’élévation du niveau de la mer provoque la contamination des approvisionnements d’eau douce à l’intérieur des terres, créant une pénurie d’eau potable et une crise humanitaire. Une émigration massive se produit, entraînant des tensions en Chine et en Inde, déjà en lutte pour contrôler la crise à l’intérieur de leurs propres frontières. 

Afrique de l’Est. 
Le Kenya, la Tanzanie et le Mozambique font face au léger réchauffement du climat, mais sont confrontés à une sécheresse persistante. Accoutumés à des conditions climatiques sèches, ces pays ont été les moins influencés par le changement des conditions atmosphériques mais, comme les principales régions de production céréalière sont en difficulté, leur approvisionnement alimentaire est mis à mal. 

Australie.
Principale exportatrice alimentaire, l’Australie lutte pour fournir de la nourriture à toute la planète, car les changements moins importants de son climat n’affectent pas sévèrement son agriculture. Mais les grandes incertitudes au sujet du changement de climat dans l’hémisphère sud rendent suspect ce scénario moins préoccupant.

CONCLUSION 

Il est tout à fait plausible que d’ici à une décennie un changement brusque et imminent du climat devienne une évidence claire et sûre. Il est également possible que nos modèles nous permettent de mieux en prévoir les conséquences. Dans cette perspective, les États-Unis devront prendre des mesures d’urgence pour empêcher et atténuer certains des impacts les plus importants. L’action diplomatique sera nécessaire pour réduire au minimum la probabilité de conflit dans les zones les plus touchées, les Caraïbes et l’Asie tout particulièrement.

Cependant, dans ce scénario, des mouvements de population massifs sont inévitables. Apprendre à contrôler ces populations, les tensions qui surgissent aux frontières et les réfugiés qui en résultent, deviendra primordial. De nouvelles formes d’accords de sécurité, portant spécifiquement sur l’énergie, la nourriture et l’eau, seront également nécessaires. En bref, alors que les États-Unis eux-mêmes s’en sortiront mieux et ont une meilleure capacité adaptative, ils se retrouveront dans un monde où l’Europe luttera intérieurement, confrontée à des flots de réfugiés se déversant sur ses rivages, et où l’Asie traversera une grave crise par rapport à l’eau et à la nourriture. Bouleversements et conflits seront les caractéristiques endémiques de la vie.

 

 

Source originale en anglais : Abrupt Climate Change

 

 


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La Russie avertit Obama: une guerre globale sur la disparition des abeilles menace

Publié le par Gerome

 Les minutes alarmantes de la rencontre de la semaine passée entre le président Vladimir Poutine et le secrétaire d’état US John Kerry révèlent "l’extrême outrage" du dirigeant russe concernant la protection, par le régime Obama, des géants de l’agrochimie Syngenta et Monsanto face à une "apocalypse des abeilles" dont le Kremlin avertit qu’elle "mènera très certainement" à une guerre mondiale.

 

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Selon ces minutes, publiées aujourd’hui au Kremlin par le ministère des ressources naturelles et de l’environnement de la fédération de Russie (MRNE), Poutine était si énervé du refus du régime Obama de discuter de ce sujet très grave qu’il déclina pendant trois heures de recevoir Kerry, qui avait voyagé jusqu’à Moscou pour une mission diplomatique programmée d’avance, mais se ravisa pour ne pas créer une scission encore plus grande entre les deux nations.

Au centre de cette dispute entre la Russie et les USA, annonce ce rapport du MRNE, sont les "preuves incontestées" qu’une gamme d’insecticides neuro-actifs liés à la nicotine, connue sous le nom de néo-nicotinoïdes, détruisent la population d’abeilles de notre planète, ce qui, laissé en l’état, pourrait anéantir la capacité de notre monde à faire pousser assez de nourriture pour nourrir ses populations.

 

Cette situation est devenue si sérieuse, rapporte le MRNE, que la Commission Européenne dans son ensemble a institué la semaine dernière une interdiction de précaution de deux ans (devant commencer le 1 décembre 2013) sur l’usage de ces pesticides "tueurs d’abeilles" à la suite de la Suisse, de la France, de l’Italie, de la Russie, de la Slovénie et de l’Ukraine, qui avaient déjà tous interdit l’usage d’organismes génétiquement modifiés des plus dangereux sur le continent.



Deux des néo-nicotinoïdes les plus redoutés sous le coup de cette interdiction sont Actara et Cruiser, fabriqués par la multinationale suisse de biotechnologie Syngenta AG, qui emploie plus de 26000 personnes dans plus de 90 pays, eu troisième rang mondial des ventes sur le marché commercial des semences agricoles.

Il est important de noter, dit ce rapport, que Syngenta, avec les géants de la bio-tech Monsanto, Bayer, Dow et DuPont contrôlent maintenant presque 100% du marché global de pesticides et de semences et plantes génétiquement modifiées.

 

abeilles pesticides



Relevable également à propos de Syngenta, poursuit le rapport, en 2012 Syngenta fut condamnée en Allemagne pour avoir caché le fait que son maïs génétiquement modifié tue le bétail, et paya comme réparation d’une plainte collective $105 millions aux USA suite à la découverte de la contamination de l’eau potable de quelques 52 millions de citoyens états-uniens, dans plus de 2000 bassins aquifères avec son herbicide "changeur de genre" Atrazine.

L’épouvantable gravité de la situation, dit le MRNE, peut être constatée dans le rapport publié en mars dernier par l’American Bird Conservancy (ABC), où ils avertissent du danger dans lequel se trouve toute la planète, et où nous pouvons lire, notamment:

"En tant que composante d’une étude sur les effets de la classe d’insecticides les plus utilisés au monde, des produits chimiques similaires à la nicotine appelés les néo-nicotinoïdes, l’American Bird Conservancy (ABC) a appelé à une interdiction de leur usage et à la suspension de toutes leurs applications en attente d’un examen indépendant des effets de ces produits sur les oiseaux, les invertébrés terrestres et aquatiques, et d’autres organismes vivants.



Il est clair que ces produits chimiques ont le potentiel d’affecter des chaînes alimentaires entières. La persistance dans l’environnement des néo-nicotinoïdes, leur propension au ruissellement et à l’infiltration dans les eaux souterraines, et leur mode d’action cumulatif et grandement irréversible chez les invertébrés soulèvent des inquiétudes écologiques sérieuses,"

a dit Cynthia Palmer, co-auteure du rapport et directrice des programmes sur les pesticides pour ABC, l’une des organisations les plus éminentes des USA pour la conservation des oiseaux.



ABC a commandité le toxicologue environnemental de renommée mondiale le Dr. Pierre Mineau pour mener ces recherches. Le rapport de 100 pages, "L’impact des insecticides les plus usités de la nation sur les oiseaux", passe en revue 200 études sur les néo-nicotinoïdes dont des études menées par l’industrie elle-même et obtenues grâce au Freedom of Information Act US (loi sur la liberté de l’information, ndt). Le rapport évalue le risque toxicologique encouru par les oiseaux et les écosystèmes aquatiques, et comprend des comparaisons exhaustives avec les anciens pesticides que les néo-nicotinoïdes ont remplacé. Le document conlut que les néo-nicotinoïdes sont mortels pour les oiseaux et aux systèmes aquatiques dont ils dépendent.

"Un seul grain de maïs enduit d’un néo-nicotinoïde peut tuer un passereau," atteste Palmer. "Même un tout petit grain de blé ou sa canule raité avec le plus ancien des néo-nicotinoïde – dénommé imidacloprid – peut empoisonner un oiseau de manière fatale. Et aussi peu qu’un dixième de semence de maïs recouverte de néo-nicotinoïde par jour pendant la saison de ponte est tut ce qu’il faut pour perturber la reproduction."



Le nouveau rapport conclut que les taux de contamination par les néo-nicotinoïdes dans les eaux de surface et souterraines aux États-Unis et autour du monde ont déjà dépassé le seuil constaté être mortel pour beaucoup d’invertébrés aquatiques.

Rapidement suite à ce sévère rapport, dit le MRNE, un large groupe d’apiculteurs et d’écologistes états-uniens a porté plainte contre le régime Obama à cause de la poursuite de l’usage de ces néo-nicotinoïdes, affirmant: "Nous amenons l’EPA (Environmental Protection Agency, agence de protection de l’environnement US, ndt) devant les tribunaux à cause de son échec à protéger les abeilles des pesticides. Malgré nos meilleurs efforts pour prévenir l’agence des problèmes posés par les néo-nicotinoïdes, l’EPA a continué d’ignorer les signes d’avertissement clairs d’un système agricole en péril."



La gravité de ce qui est vraiment devenu le système agricole planétaire du fait de ces plantes et semences génétiquement modifiées et ces pesticides, poursuit le rapport, peut être comprise à travers la décision de la Commission Européenne la semaine dernière, qui fait suite à leur interdiction des néo-nicotinoïdes, où ils projettent de rendre illégales presque toutes les plantes et semences non-enregistrées auprès de l’Union Européenne, et nous pouvons lire, entre autres:

"L’Europe se précipite vers les bons vieux jours de 1939, 40… Une nouvelle loi proposée par la Commission Européenne rendrait illégales "la culture, la reproduction et le commerce" de toutes semences végétales qui n’aient pas été "testées, approuvées et acceptées" par une nouvelle bureaucratie de l’UE dénommée "l’agence de l’UE des variétés végétales.

Cela s’appelle la Loi sur le Matériel Reproductif Végétal, et entend rendre le gouvernement responsable de presque toutes les plantes et semences. Les jardiniers chez eux qui font pousser leurs propres plantes à partir de semences non-régulées seraient considérés comme des criminels sous cette loi."

Ce rapport du MRNE souligne que bien que cette action de l’UE paraisse draconienne, elle est néanmoins nécessaire pour purger le continent d’une poursuite de la contamination par ces "monstruosités de semences" engendrées par la génétique de laboratoire.



Ce qui rend encore plus perplexe dans tout cela, dit le MRNE, et qui provoqua la colère de Poutine envers les USA, sont les efforts fournis par le régime Obama pour protéger les bénéfices des producteurs de pesticides en face des dommages catastrophiques infligés à l’environnement. Comme le dit, entre autres choses, leGuardian News Service dans leur article du 2 mai intitulé "Les USA rejettent l’affirmation de l’UE que les pesticides sont la principale cause pour la chute de population des abeilles":

"L’Union Européenne a voté cette semaine une interdiction de deux ans de l’usage d’une classe de pesticides, connus sous le nom de néo-nicotinoïdes, qui a été associée avec la disparition des abeilles. Le rapport du gouvernement US, par contre, trouva des causes multiples à la disparition des abeilles mellifères."

Le MRNE ajoute que les "vraies" raisons derrière la protection accordée par le régime Obama à ces géants de la biotechnologie qui détruisent notre monde peuvent être trouvées dans l’article intitulé "Comment Barack Obama est-il devenu l’homme de Monsanto à Washington?" et qui lit, entre autres:



"Après sa victoire aux élections de 2008, Obama donna des postes-clés à des employés de Monsanto dans des agences fédérales ayant une influence considérable sur les thèmes alimentaires, la USDA (US Department of Agriculture, ministère de l’agriculture US, ndt) et la FDA (Food and Drug Administration, agence des aliments et des drogues, ndt): à la USDA, comme directeur du National Institute of Food and Agriculture (institut national de la nourriture et de l’agriculture, ndt), Roger Beachy, ancien directeur du Danforth Center de Monsanto. Comme commissaire adjoint de la FDA, le nouveau tsar des sujets de sécurité alimentaire, le notoire Michael Taylor, ancien vice-président des relations publiques de Monsanto. Taylor avait été instrumental dans l’obtention de l’approbation de l’hormone de croissance bovine fabriquée en laboratoire de biogénétique par Monsanto."



Encore pire, après que la Russie ait suspendu l’importation et l’utilisation du maïs transgénique de Monsanto suite à une étude suggérant un lien avec le cancer du sein et des dommages aux organes en septembre dernier, le Russia Today News Service a rapporté la réaction du régime Obama:

"La Chambre des Représentants US a passé en catimini un ajout de dernière minute à sa loi de prévision budgétaire agricole pour 2013 la semaine dernière – incluant une provision protégeant les semences génétiquement modifiées de litiges en cas de risques sanitaires.



Le texte, portant le titre officiel de "Farmer Assurance Provision" (provision d’assurance des fermiers, ndt), a été dénoncé par des opposants au lobbying biotechnologique comme le "Monsanto Protection Act", car il retirerait aux tribunaux fédéraux l’autorité pour faire immédiatement stopper la plantation et la vente de plantes et semences génétiquement modifiées en dépit de toutes considération sanitaires des consommateurs.

La provision, également décrite comme un "texte biotech", aurait dû passer par des comités agricoles ou juridiques pour examen. Au contraire, aucune audition n’a eu lieu, et le document était de toute évidence inconnu de la plupart des Démocrates (qui détiennent la majorité au Sénat) avant son approbation comme partie du HR 993, la loi de financement à court terme qui fut passée pour éviter une banqueroute du gouvernement fédéral."



Le 26 mars, Obama signa discrètement ce "Monsanto Protection Act" en loi, assurant ainsi que le peuple états-unien n’ait auucn recours contre ce géant de la biotechnologie alors qu’ils tombent malades par dizaines de millions, et que des millions en mourront certainement dans ce que ce rapport du MRNE appelle la plus grande apocalypse agricole de l’histoire humaine comme plus de 90% de la population des abeilles sauvages aux USA a déjà disparu, et jusqu’à 80% des abeilles domestiques ont également disparu.

 

 


Publié dans Nature

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