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Chine: le gouvernement reconnaît l'existence de "villages du cancer"

Publié le par Gerome

Le ministère chinois de l'Environnement a reconnu l'existence de "villages du cancer", plusieurs années après que des informations ont fait état d'un nombre de cas plus élevé que la moyenne dans certaines régions particulièrement polluées du pays.


"Des matières chimiques toxiques et nocives ont provoqué de nombreuses situations d'urgence pour l'eau et l'atmosphère.. et certains endroits comptent même des +villages du cancer+", admet le ministère dans un rapport publié cette semaine et annexé au plan quinquennal 2011-2015.

L'expression "villages du cancer" n'avait pas été jusque là utilisée par les autorités, souvent confrontées au mécontentement des habitants devant la dégradation de leur cadre de vie par des déchets industriels, la présence de substances toxiques dans l'eau ou un air très chargé en particules fines.


La pollution a fortement augmenté en Chine avec la très rapide industrialisation du pays durant les trois dernières décennies.

Un grand nombre de métropoles chinoises comptent parmi les plus polluées de la planète mais les nuisances ne se limitent pas aux villes.

Il n'existe pas de définition précise des "villages du cancer" mais l'expression s'est répandue dans les médias, notamment après la publication en 2009 par un journaliste chinois d'une carte répertoriant plusieurs dizaines de ces villages.

Le gouvernement reconnaît que "des produits chimiques toxiques et nocifs", en général interdits dans les pays développés, sont utilisés en Chine et "mettent potentiellement en danger la santé humaine et l'environnement sur le long terme".


C'est la première fois que le terme "village du cancer" apparaît dans un document du ministère, selon l'avocat spécialiste des questions environnementales Wang Canfa, qui dirige un centre d'aide aux victimes de la pollution à Pékin.

"Cela montre que le ministère de l'Environnement a reconnu que la pollution provoque des cancers", a déclaré Me Wang à l'AFP, ajoutant que désormais, les nuisances pour la santé de la dégradation de l'environnement "attirent l'attention".

Un responsable du ministère n'a pas pour sa part voulu confirmer que la mention des "villages du cancer" était une première, soulignant que le gouvernement avait déjà établi par le passé un lien entre l'environnement et la santé.

 

 


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Ce qui arrive dans votre corps 30 minutes après avoir bu un Coca….

Publié le par Gerome

Soleil, chaleur, gorge sèche. Votre main se referme sur la canette en fer-blanc, glacée, et constellée de petites gouttes d’eau.

Vous faites pivoter l’anneau du couvercle…« Pshhht ! », c’est le soulagement.

Le liquide pétillant s’écoule à flots dans votre gorge. Le gaz carbonique vous monte au nez,vous fait pleurer, mais c’est si bon ! Et pourtant…

 

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Une dizaine de minutes plus tard


La canette vide, vous avez avalé l’équivalent de 10 morceaux de sucre ! En principe, vous devriez vomir d’écœurement. Mais l‘acide phosphorique contenu dans la boisson gazeuse masque le sucre par un goût acidulé, donnant ainsi l’illusion de désaltérer.


Après une vingtaine de minutes


Votre taux de sucre sanguin augmente brutalement, mettant une première fois votre organisme à l’épreuve.Votre foie s’emballe, sécrète de l’insuline en masse. Celle-ci est malgré tout vitale, elle seule peut permettre de transformer l’énorme surplus de sucre que vous avez dans le sang en graisse, ce que votre corps est mieux capable de supporter. En effet, il peut stocker la graisse, certes, sous forme de bourrelets disgracieux, mais provisoirement inoffensifs, tandis que le glucose est pour lui un poison mortel lorsqu’il est en haute dose dans le sang. Seul le foie est capable de stocker le glucose mais sa capacité est très limitée.


Après une quarantaine de minutes


La grande quantité de caféine présente dans le Coca est entièrement absorbée par votre corps. Elle dilate vos pupilles et fait monter votre pression sanguine.

Au même moment, les stocks de sucre dans votre foie saturent, ce qui provoque le rejet du sucre dans votre sang.


Après ¾ d’heure


Votre corps se met à produire plus de dopamine. Il s’agit d’une hormone qui stimule le « centre du plaisir » dans le cerveau. Notez que la même réaction se produirait si vous preniez de l’héroïne.

Et ce n’est pas le seul point commun entre le sucre et les drogues. Le sucre peut également provoquer une dépendance. A tel point qu’une étude a démontré que le sucre était plus addictif que la cocaïne. Ce n’est donc pas un hasard si « l’accro » qui s’apprête à boire son Coca est aussi fébrile qu’un narcomane en manque.


Après 1 heure


Vous entrez en chute de sucre (hypoglycémie), et votre niveau d’énergie, aussi bien physique que mental, s’effondre.

Pour éviter cette cascade de catastrophes, la seule véritable solution est de boire de l’eau.


« Je ne suis pas une plante verte ! »


Il est difficile de se remettre à boire de l’eau quand on s’est habitué pendant des années à des boissons sucrées ou du moins composées (café, thé, vin, bière…).

On croit ne plus pouvoir se contenter du goût fade de l’eau. « Je ne suis pas une plante verte ! » ; « L’eau, c’est pour les bains de pied ! » s’amuse-t-on à dire à table en empoignant la bouteille de vin rouge.

En réalité, le mal est souvent plus profond qu’une affaire de goût. Les personnes qui rechignent à boire de l’eau sont souvent des personnes qui n’ont pas vraiment soif. Et si elles n’ont pas soif, c’est parce que, généralement, elles manquent d’exercice physique.


Lorsque vous avez bien transpiré, au travail ou au sport, boire plusieurs verres d’eau n’est pas seulement une nécessité – c’est un suprême plaisir.

Ma prévenante maman m’avait inscrit avec mon grand frère dans un club de judo. Nous étions quarante garnements dans une salle municipale de 30 mètres carrés éclairée au néon et garnie de tatamis, qui n’était aérée que par un étroit vasistas. Après un intense échauffement où nous devions sauter, courir, puis faire des séries de pompes et d’abdominaux, le professeur nous faisait enchaîner les prises, combats debout et au sol, avant de terminer (c’était le meilleur moment !) par une grande bataille de « petits chevaux » où, monté sur le dos d’un camarade, il fallait précipiter les autres par-terre.


A la fin du cours, rouges, soufflants, suants, nous nous élancions vers les vestiaires où se trouvaient, au dessus de grandes vasques attenantes aux urinoirs, des robinets-poussoirs d’où sortait de l’eau chaude mais, en ces moments, si savoureuse ! L’affreuse odeur des latrines n’empêchait aucun d’entre nous de s’en remplir l’estomac avec délice. Les plus pressés appliquaient directement leur bouche sur le robinet, tandis que les autres, plus civilisés, formaient une cuvette avec leurs mains et lapaient sans reprendre haleine le précieux liquide. Je n’ose penser à la quantité de mucus et de microbes qui s’échangeaient à cette occasion.


Toujours est-il que je ne me souviens pas avoir jamais bu meilleure boisson que l’eau des cabinets de notre club de judo.


Pourquoi arrêter le Coca


Réfléchissez-y. Après l’effort, vous pouvez aussi avoir envie de boire un Coca-Cola ou une bière bien fraîche, mais vous vous rendrez compte que cela ne vous procure pas un plaisir aussi intense que l’eau. L’eau est le plaisir suprême quand on a vraiment soif, de même que, lorsqu’on a faim, lors d’une grande promenade en montagne par exemple, il n’y a rien de tel qu’un saucisson, qu’on ne touchera plus une fois rentré à la maison et repris le rythme habituel.


Mais il n’y a pas que le plaisir. Boire de l’eau réduira votre consommation de toutes les substances néfastes qu’on trouve dans les sodas, à commencer par :

  • l’acide phosphorique, qui interfère avec le métabolisme du calcium, et cause de l’ostéoporose ainsi qu’un ramollissement des dents et des os ;
  • le sucre, facteur de diabète, maladies cardiovasculaires, inflammation chronique, arthrose, cancer ;
  • l’aspartame : il y a plus de 92 effets secondaires liés à la consommation d’aspartame, dont les tumeurs cérébrales, l’épilepsie, la fragilité émotionnelle, le diabète ;
  • la caféine, qui provoque tremblement, insomnie, maux de crâne, hypertension, déminéralisation et perte de vitamines.

Sans compter que l’acidité du Coca-Cola est désastreuse pour les dents. Avez-vous déjà remarqué comme vos dents sont râpeuses après avoir bu du Coca-Cola ? Plus acide que le jus de citron, il peut-être utilisé pour décaper les pièces en métal (faites l’expérience de laisser une pièce sale de 50 centimes pendant une demi-heure dans un verre de Coca). L’émail de vos dents devient poreux, jaunâtre, grisâtre lorsque vous buvez souvent du Coca-Cola et c’en est la conséquence.


Inutile enfin, de parler des effets sur l’obésité : surtout chez les enfants, la consommation de sodas augmente le risque de 60 %. Il n’y a aucune bonne raison de faire boire des sodas à vos enfants, sauf si vous voulez

  • augmenter leur risque de diabète ;
  • augmenter leur risque de cancer ;
  • leur créer une dépendance au sucre.

Alors voilà une bonne source d’économies en ces temps difficiles : ne plus laisser aucune boisson sucrée franchir le seuil de votre maison. Et réapprendre à boire de l’eau : commencez votre journée par boire un grand verre d’eau, avant même le petit-déjeuner. Vous ferez un merveilleux cadeau à vos reins, eux qui travaillent si dur à nettoyer votre sang toute la journée. Ils seront plus sains, plus propres, et vous vous sentirez en meilleure forme.

 

 


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90% des vins contiennent des pesticides (et c’est légal)

Publié le par Gerome

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Le 14 février dernier, à Bordeaux, le laboratoire spécialisé Excellprésentait les résultats d’une analyse portant sur 300 échantillons de vin. L’enjeu de cette étude était de détecter d’éventuels résidus de pesticides dans le vin. Rapporté par le magazine La Vigne, le verdict est sans appel :

« Seulement 10% [des vins analysés] ne contiennent aucun pesticide. Dans les 90% restants, Excell a trouvé la présence d’au moins une matière active, le plus souvent de la famille des fongicides. Et le laboratoire a pu détecter jusqu’à neuf pesticides simultanément dans un vin. »

« Des cocktails de neuf à dix pesticides dans certains vins »

Contacté, le responsable technique du laboratoire Excell, Stéphane Boutou, nous a expliqué que les vins analysés étaient tous issus des millésimes 2007 ou 2008, et « représentatifs » du vignoble, avec notamment « autour de 5% de vins bio ».

Le labo n’a en revanche « pas du tout été surpris » par les résultats, qui correspondent bien à ce qu’ils observent régulièrement. Il y avait certes « des pics avec certaines molécules ».

Mais « le plus étrange », selon lui, c’est qu’ils ont retrouvé « des cocktails de neuf à dix pesticides dans certains vins ». Bien sûr, « toujours dans les limites maximales » autorisées...

« Limites maximales », argument minimal ?

Comme à chaque fois que les résultats d’une étude de ce type sont publiés, on nous ressert l’argument des « doses journalières admissibles » (DJA). Ou, en l’occurrence, celui des « limites maximales de résidus » (LMR).

Ces dernières sont censées tenir compte des apports en résidus de pesticides de toute notre alimentation, en s’appuyant sur des rations quotidiennes généralement calculées pour un consommateur moyen pesant 60 kg (6,2 kg pour les jeunes enfants). Des LMR sont donc attribuées à chaque molécule pour éviter que nous dépassions les DJA...

Joli charabia, pourtant ces doses-seuil sont quelquefois dépassées : 1 million de Français sont par exemple en surdose de sulfites. Ce prétendu strict respect des doses maximales est donc, en partie, spéculatif.

Les seuls faits établis ici, ce sont que 9 vins sur 10 contiennent des résidus de pesticides toxiques. Aucune autre boisson n’est d’ailleurs vraiment mieux lotie, que ce soit le thé ou même l’eau du robinet.

Les vins bio sortent du lot

On peut enfin s’étonner que le laboratoire Excell ait décidé de ne pas distinguer, dans son étude, les vins bio des autres vins.

Peut-être ont-ils considéré, en tant que laboratoire privé, qu’il était professionnellement risqué de sortir ces vins du lot, qu’en effet ça aurait pu être mal perçu par l’écrasante majorité (plus de 90%) d’une profession qui ne pratique pas l’agriculture biologique. Rappelons au passage que si la vigne n’occupe que 3% des surfaces agricoles en France, elle consomme à elle seule 20% des pesticides (en volume).

Le laboratoire a donc lissé ses résultats à l’ensemble des vins, mettant ainsi toute la viticulture dans le même sac.

Néanmoins, une autre étude [PDF], précédemment publiée par des associations, est arrivée à la conclusion que les vins bio ne contiennent pas (sauf accident) de résidus de pesticides. Tandis que pour les autres vins, toujours selon cette étude, ce n’est plus 90% qui en contiennent, mais la totalité.

 

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La scandaleuse histoire de la légalisation de l’aspartame

Publié le par Gerome

Saviez-vous que l’aspartame a été interdit deux fois par la FDA (l’agence américaine pour l’alimentation et les médicaments) ? Comment se fait-il que ce produit soit devenu légal aujourd’hui ?

 

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Tout commence au milieu des années 60 avec une société appelée GD Searle. Un de leur chimiste crée accidentellement l’aspartame en voulant inventer un traitement pour les ulcères d’estomac. Searle décide de faire passer l’aspartame par une procédure d’essai qui conduirait éventuellement à son agrément par la FDA. Peu de temps après, de graves effets de santé se manifestent et GD Searle est mis sur la sellette pour ses méthodes de tests. Il se révèle que ces méthodes étaient parmi les pires jamais vues par les enquêteurs et qu’en fait le produit était dangereux pour la santé.


L’aspartame déclenche en 1977 la première enquête criminelle de la FDA ciblant un industriel. Dès 1980, la FDA interdit l’utilisation de l’aspartame après une étude de trois chercheurs scientifiques indépendants sur l’édulcorant. Il fut déterminé que l’un des principaux effets sur la santé était le risque élevé de tumeurs cérébrales. A ce stade il était clair que l’aspartame n’était pas apte à être utilisé dans l’alimentation et il resta interdit, mais pas pour longtemps.


Début 1981, le président de Searle, Donald Rumsfeld (ancien secrétaire de la défense… surprise surprise) jura de remuer ciel et terre pour obtenir son agrément. Le 21 janvier 1981, le jour suivant l’investiture de Ronald Reagan, Searle fit les démarches pour obtenir l’agrément de l’aspartame par la FDA. Le nouveau délégué de la FDA sous Reagan, Arthur Hayes Hull Junior, nomma une commission scientifique avec 5 personnes pour réviser la décision du comité d’enquête. Il ne fallut pas longtemps au comité pour décider à 3 contre 2 en faveur du maintien de l’interdiction de l’aspartame. Hull décida alors de nommer un sixième membre dans le comité, ce qui créa une égalité de vote, à 3 contre 3. Hull décida alors de départager lui-même pour donner l’autorisation de l’aspartame.

 

Hull quitta plus tard la FDA, accusé d’allégations d’irrégularités, il devint brièvement Doyen du Collège Médical de New York, et trouva ensuite un poste chez Burston Marsteller . Burston Marsteller est la société principale de relations publiques à la fois pour Monsanto et pour GD Searle. Depuis cette époque, il ne parla plus jamais en public de l’aspartame.


Il est clair à ce stade que l’innocuité de l’aspartame semble incroyablement incertaine. Il a déjà fait l’objet d’une étude pour son interdiction et sans cette illégitime levée d’interdiction il ne serait pas utilisé aujourd’hui. On peut se poser des questions sur la somme de corruption et d’argent engagée avec des noms si lourdement impliqués comme Rumsfeld, Reagan et Hull. En 1985, Monsanto décide d’acheter le brevet de l’aspartame à GD Searle.


Rappelez-vous que Hull possédait un lien avec Monsanto. Ce dernier n’avait pas l’air trop inquiet des précédentes péripéties et de la mauvaise image que l’aspartame avait produites sur son passé. Je trouve cela personnellement comique car les produits Monsanto sont interdits dans de nombreux pays et parmi toutes les entreprises à acheter le produit, il semblait le meilleur vu qu’ils sont champions pour fabriquer des produits incroyablement dangereux non testés et s’assurer qu’ils restent sur le marché.


Depuis lors, l’aspartame a reçu beaucoup d’attaques de scientifiques, médecins, chimistes, et consommateurs concernant sa sécurité et ses propriétés neurotoxiques. On a effectué des paquets d’études approfondies qui montrent que l’aspartame est la cause de plus de 90 problèmes de santé sérieux tels que le cancer, la leucémie, les maux de têtes, les AVC, la fibromyalgie et l’épilepsie pour n’en nommer que quelques- uns. Nous avons écrit plusieurs articles étudiant les différents effets de l’aspartame.

 

 


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Les méchants petits secrets de Red Bull

Publié le par Gerome

La boisson au taureau est un génie du marketing. Une star planétaire qui a colonisé le sponsoring sportif et même culturel. Il n’est en effet pas rare de croiser lors d’événements ces filles peu vêtues sur de belles voitures tendant une canette de Red Bull à qui souhaite naïvement prolonger sa nuit. Pas si loin d’une « drogue légale » dans l’image populaire, spécifiquement auprès des jeunes, le breuvage véhicule cette idée à travers son slogan : « Red Bull te donne des ailes« . Ou peut-être de quoi les plomber, si l’on regarde de près.

 

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Red Bull Energy Drink s’inspire en réalité d’une recette plus ancienne : Krating Daeng l’a précédée. Cette boisson, dont le nom signifie « taureau rouge » déploie un univers visuel proche de ce qu’on connaît aujourd’hui mais les caractéristiques sont un peu différentes. La boisson est alors non pétillante, très sucrée mais possède déjà une teneur haute en caféine : 75 mg pour 100 mL. L’ironie veut qu’elle soit produite par une société pharmaceutique, TC Pharmaceuticals, à qui appartiennent encore 51% des capitaux de Red Bull à l’heure actuelle.

 

En 1987 arrive un Autrichien, Dietrich Mateschitz. Il fonde, avec le Thaïlandais Chaleo Yoovidhya, Red Bull GmbH en Autriche. Ils modifient la recette pour l’adapter aux goûts européens et l’exportent dans le monde entier assez rapidement. La marque envahit l’espace visuel, multipliant les partenariats sportifs et culturels, créant même un label musical et ayant ses scènes dédiées dans certains festivals. La marque s’impose peu à peu partout, même si elle rencontre des détracteurs.

 

Comme dans d’autres pays (notamment la Norvège et le Danemark), Red Bull a été la source de critiques en France : la boisson serait dangereuse pour la santé. C’est en tout cas ce que pense l’AFSSA 1, qui parvient à la faire interdire en 2003 suivant le (très flou) principe de précaution. L’agence redoutait des effets neuro-comportementaux non désirés, dus à la forte concentration de taurine, caféine et glucuronolatone dans la boisson.

Mauvaise publicité ? Au contraire !

Résultat, comme par effet ricochet, la boisson bénéficie chez le consommateur français d’une publicité gratuite : la boisson devient quasiment un mythe chez les jeunes. On la consomme lors de déplacements à l’étranger. Dans les zones frontalières, certains se déplacent même pour s’approvisionner dans les supermarchés étrangers. A la limite, on reprocherait aux autorités françaises d’empêcher les gens d’avoir accès à un produit magique capable de booster les performances !

Red Bull continue de laisser entendre que sa boisson donne de l’énergie et favorise même la concentration voire l’intelligence !

Risque de condamnation de la France


Derrière le marketing public se cache également une stratégie de matraquage visant à imposer le produit. Comme d’autres pays qui bloquent la marque, la France est vue comme un mauvais élève européen, en interdisant toujours le produit alors que d’autres la commercialisent.


Une directive européenne rend même cette situation illégale et impose au pays rejetant un produit d’apporter une preuve de sa toxicité. En cas de refus, la France serait condamnée à payer 300 millions d’euros. Les agences sanitaires prouvent la toxicité de la boisson sur des rongeurs 2, si excités qu’ils se rongeaient les pattes. Ils faisaient état d’hyperactivité augmentant avec la dose, de sensibilité au bruit et de « comportements bizarres« . Ils ne parviennent néanmoins pas à prouver que ces effets secondaires sont applicables à l’Homme (qui ne réagit décidément pas comme un rat).


Le 2 avril 2008, Red Bull est ainsi commercialisé légalement sur le territoire français. La recette est d’abord modifiée, avant que le produit ne soit finalement vendu sous sa forme originale dès juillet 2008. Le Ministère de l’Économie et des Finances décide d’ignorer purement et simplement l’avis de l’AFSSA. Seule une mention figure sur la canette : « déconseillé aux enfants et aux femmes enceintes ».


Le saviez vous ? « Red Bull Energy Drink n’a pas été conçu pour réhydrater« . La boisson est certes fabriquée avec de l’eau des Alpes, mais elle est très pauvre en sodium, nécessaire à  une bonne réhydratation pendant ou après l’effort.

Il faut donc s’hydrater préférentiellement avec de l’eau minérale

A l’heure actuelle, le Red Bull est commercialisé dans 164 pays du monde, pour 4,5 milliards de cannettes vendues chaque année. Des sous-marques existent, mais la composition des produits varie peu. Le business fonctionne d’autant mieux que les produits de marque sont facturés assez cher, jusqu’à 5 ou 6€ la cannette.

 

Composition du Red Bull
Alors, que trouve-t-on dans une cannette de Red Bull ?

Une seule cannette de 25 cL contient : de l’eau gazéifiée, bien entendu, mais aussi une quantité énorme de sucre, soit 27 g de sucre (sacharose et glucose), 1000 mg de taurine, 600 mg de glucuronolactone, 80 mg de caféine, des vitamines : 20 mg d’acide nicotinique (aka B3), 5 mg de vitamine B6, 5 mg d’acide pantothénique (aka B5), 0,005 mg de vitamine B1.

Concentrons-nous sur les trois éléments mis en évidence par les différentes études sur le sujet : la taurine, le glucuronolactone et la caféine.

La taurine


A l’origine, la taurine est un acide aminé découvert dans les années 50 dans la bile du taureau. La taurine présente dans le Red Bull est,  elle, entièrement synthétique, contrairement aux rumeurs qui ont circulé lors des phases d’interdictions en France. La taurine est en réalité présente dans le corps humain, qui la produit naturellement. Aucune étude fiable ne prouve à ce jour que l’absorption de taurine en quantité a des conséquences, positives ou négatives, sur l’organisme.


Le glucuronolactone

Le glucuronolactone est également une substance naturellement présente dans le corps. Ce composé chimique accélère l’élimination des toxines endogènes et exogènes. La version présente dans le Red Bull est synthétique. Aucune étude ne prouve un effet positif à son absorption massive mais elle a au contraire une mauvaise réputation.

La caféine


La caféine est mieux connue : diffusée dans le système circulatoire et dans le cerveau, elle a un effet stimulant. Ses effets sont bien connus et mis en valeur par des études : la caféine annule temporairement certains effets cognitifs dus au manque de sommeil. Elle a des effets positifs sur la concentration, la mémoire et les performances sportives. Cela en fait l’ingrédient le plus efficace des boissons énergisantes. A noter qu’une canette de 25 cL contient autant de caféine qu’une tasse de café serré.

Red Bull : des taux élevés de stimulants, pour quels effets ?
Des taux préoccupants


Examinons à présent le taux de ces substances dans une canette, soupçonnées d’être un danger potentiel pour le cœur.

  • Une canette de Red Bull contient 5 fois plus de taurine que ce dont le cœur a besoin. Une canette d’une boisson énergisante « classique » contient environ 80 mg de taurine en moyenne et ainsi même en buvant plusieurs, le consommateur est loin d’atteindre la quantité recommandée par jour. Mais avec une contenance de 1000 mg par canette, Red Bull est bien au-delà de la recommandation journalière recommandée par les experts américains : de 100 à 500 mg par jour au total.
  • Le taux de glucuronolactone est lui 500 fois plus élevé.
  • La caféine présente est, elle, équivalente à une tasse de café serré

On sait que la caféine peut provoquer des effets secondaires prise à trop forte dose : nervosité, tachycardie, insomnie, augmentation de la tension artérielle. On ne connaît pas les effets réels d’une forte absorption de taurine.

Le glucuronolactone est utilisé dans le Red Bull comme sucre concentré, mal absorbé par le corps comparé au glucose par exemple. Si l’effet sur le cœur de la substance est mal connue, ce n’en est pas moins un néphrotoxique, le Red Bull étant ainsi particulièrement peu recommandable pour les personnes atteintes de troubles rénaux.

Le shot Red Bull : les mamans voient rouge

Le shot Red Bull, du concentré de Red Bull en petite bouteille de 60 ml qui contient autant d’ingrédients que la grande cannette, est vendu dans certains pays à coté des confiseries pour mieux séduire les enfants. « Vous pourrez le boire à tout moment. En une gorgée, il vivifie le corps et l’esprit. » explique Red Bull, qui n’hésite pas à emprunter à l’imaginaire des drogues. Or ce produit dépasse souvent la dose légale de caféine …. Comme l’affirme le professeur suisse Thierry Favrod-Coune, le contenu du Red Bull « peut interférer avec la croissance de l’enfant ». En Suisse, des parents ont protesté et des commerçants ont volontairement retiré le produit.

 

Des morts suspectes

Les archives rapportent plusieurs cas d’arrêts cardiaques suspects faisant suite à la consommation de Red Bull. En Suède, le décès suspect d’un jeune homme a provoqué une polémique en juillet 2005. Ce dernier, en bonne santé, est tombé après un arrêt cardiaque, sans qu’on puisse déterminer les causes réelles après autopsie. Il avait néanmoins consommé de l’alcool et du Red Bull.

La culture de l’alcool


Le cocktail alcool et Red Bull, connu en soirée sous le nom de « Lepoutre » (vodka et Red Bull), a ses adeptes, alors que le Red Bull est plus particulièrement consommé par les adolescents et jeunes adultes. Plusieurs morts étranges d’adolescents font enfler la polémique en 2008 à la suite de « Redbull parties ».  La vodka-Red Bull est « le » cocktail à qui fait fureur dans les boîtes de nuit  tout comme les Monster, Dark Dog, Burn, Frelon Detox… qui ne se trouvent pas qu’en boîte, mais aussi en supermarché, dans les clubs de sport, …

Hyprocrisie commune à bien des marques d’alcools, la marque invite officiellement à la modération en matière de consommation d’alcool, mais les spécialistes savent bien qu’elle fait tout pour encourager la consommation de cocktails. Or on ne connait pas bien l’effet des mélanges du Red Bull avec la variété des alcools promus par la culture « open bar » et de « binge drinking ». Comme la expliqué explique le psychiatre Xavier Pommereau, chef du pôle Adolescent du CHU de Bordeaux.« Les adolescents utilisent ces boissons énergisantes pour boire encore plus et plus longtemps ».


Pourtant les études se sont multipliées. En juillet 2008, la sociologue Kathleen Miller établit un lien direct entre consommation de boissons énergisantes et conduites à risques, sur un panel de 6200 étudiants. Une autre étude bien connue montre que ces cocktails à base de Red Bull diminuent la sensation d’ébriété et accroissent fortement les risques d’accidents de la route.

Une consommation apparentée à une maladie cardiaque

Concernant les problèmes cardiaques, l’une des études les plus marquantes est suédoise, et fait suite à un deuxième décès suspect dans le pays. Le Dr Messner, cardiologue, a décidé de faire passer des tests à 10 personnes en parfaite condition physique. Des électrocardiographies ont été réalisés avant et après chaque test, menés en trois étapes :


  • Tests d’efforts physiques
  • Tests d’efforts physiques après consommation de 3 canettes de Red Bull
  • Tests d’efforts physiques après consommation d’un mélange alcool-Red Bull

Des variations ont normalement lieu entre deux battements cardiaques. Or, les électrocardiogrammes prouvaient qu’après consommation de boisson énergisante, ces variations diminuent. L’effet est augmenté avec l’alcool.

La consommation de Red Bull produit donc les mêmes effets qu’une maladie cardiaque. Si l’effet diminue après consommation, les risques d’arythmie à long terme ne sont néanmoins pas négligeables. Faute de moyen, l’étude n’a pas pu être poursuivie.


Il est difficile à l’heure actuelle de déterminer si le Red Bull présente des effets graves sur la santé, surtout sur le long terme. Une étude de l’EFSA 1 a conclu que la composition du Red Bull ne présentait pas de danger dans le cadre d’une consommation normale. Il n’est cependant pas absurde d’appliquer un principe de précaution à titre individuel, puisque l’on ne connaît pas les effets indésirables des substances présentes dans la boisson.

Les pubs Red Bull,  si cool qu’on a envie de les imiter

 


Conclusion : Red Bull incarne bien ces marques qui semblent n’avoir aucun souci autre que leur propre marketing, en jouant avec démagogie sur les inclinaisons d’ados ou avec des grosses ficelles de marketing (la glisse, les jolies pépées, la griserie, …). Chaque année, ce sont quelque 500 événements sportifs qui sont sponsorisés dans le monde avec une tendance à la surenchère. Ainsi l’actualité récente de Red Bull avec le saut de très haute altitude de Felix Baumgartner montre que la marque cherche également une caution scientifique.


Ce n’est donc pas étonnant que Red Bull fasse oublier les incertitudes que fait peser l’excès de consommation de son produit sur la santé, en s’installant dans un registre publicitaire qui en dit long.  Les images associées à Red Bull concernent quasi exclusivement des domaines bien loins de valeurs environnementales ou éthiques : la formule 1, les rallyes, les soirées alcoolisées, l’hélicoptère, l’avion, le foot, la moto, …. Tout sauf un hasard.

 

 


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