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3 gros producteurs de viande polluent autant que la France entière

Publié le par Notre Terre

Les chiffres laissent sans voix. Une étude publiée en novembre dernier par l’organisation internationale GRAIN et la Fondation Heinrich Böll dénonce « l’empreinte climatique démesurée des grandes entreprises du secteur de la viande et des produits laitiers ». Ainsi, les trois plus gros producteurs de viande dans le monde émettent autant de pollution que la France entière. Pour espérer pouvoir atteindre les objectifs climatiques fixés par l’accord de Paris, des efforts importants sont à réaliser dans le secteur sous l’impulsion des États, seuls à pouvoir soutenir les modèles agricoles alternatifs qui peinent à se développer sans une intervention politique.

Chacun le sait aujourd’hui, l’élevage industriel est l’un des secteurs les plus polluants parmi les activités industrielles humaines. Selon l’ONU pour l’alimentation et l’agriculture, toutes filières de production animale confondues, le secteur de l’élevage serait à l’origine de 14,5 % de toutes les émissions de gaz à effet de serre de source anthropique. Pour que la lutte contre le changement climatique soit efficace, il s’agit donc de l’un des secteurs, au même titre que celui des énergies fossiles ou des transports, dans lequel les efforts à réaliser sont les plus importants. La critique est d’autant plus cruciale qu’il existe d’importants leviers pour faire évoluer la situation de manière positive, non seulement en se détournant de l’élevage intensif, mais également en réduisant la part de viande dans notre alimentation. Pour l’organisation Grain et la Fondation Heinrich Böll, l’engagement politique doit être le moteur de ce changement.

Selon les résultats de leur étude, « la croissance exponentielle de la production de viande et de produits laitiers rend l’accord de Paris impossible et la catastrophe climatique inévitable ». Pour étayer le propos, le document apporte un nouvel éclairage sur un secteur qui n’en fini pas d’être montré du doigt, au même titre que l’industrie fossile.

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Les trois plus gros producteurs de viande polluent autant que la France

Pour cause, les chiffres ont de quoi faire sursauter : « trois producteurs de viande, JBS, Cargill et Tyson, ont émis, l’an dernier [2016. nddl], davantage de gaz à effet de serre que la France toute entière et presque autant que les plus grandes compagnies pétrolières comme Exxon, BP et Shell » apprend-t-on notamment. Le document relève également que « les 20 plus grandes entreprises de viande et de produits laitiers ont émis en 2016 plus de gaz à effet de serre que toute l’Allemagne, pourtant de loin le plus gros pollueur d’Europe. »

Ces chiffres qui ne laissent pas de doute quant à la catastrophe environnementale, et pas juste climatique, de la production industrielle de viande. Ils n’épargnent pas d’autres effets induits par l’élevage, notamment via la déforestation, comme la désertification des sols ou la perte de biodiversité. Une alimentation comprenant une plus grand part végétale dans l’ensemble de nos assiettes permettrait de réduire cette pression sur l’environnement. En effet, selon le type de viande produit, il faut entre 2,5 et 10 kg de protéines végétales pour produire 1 kg de protéine animale seul. Par corrélation, plus l’alimentation de la population mondiale est composée de viande, plus le besoin en espace agricole est important.

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Les États appelés à ne plus éviter la question alimentaire

Les chiffres sont effrayants : non seulement l’industrie de l’élevage doit se transformer profondément, afin de retrouver une dimension humaine, mais en plus nous devons réduire notre consommation de viande de manière générale. Dans les deux cas, nous avons tendance à faire totalement l’inverse, avec une généralisation des logiques agro-industrielles dans le secteur alimentaire européen et une augmentation de la demande en viande à l’échelle mondiale.

Les solutions ne manquent pourtant pas.

Selon GRAIN, « les solutions existent. Elles demandent juste à être mises en place de toute urgence ». Ainsi, il faudrait notamment « rediriger l’argent public » de manière raisonnable, afin de soutenir un modèle agricole plus respectueux de l’environnement et « soutenir les petits producteurs ». Dans le même temps, diverses mesures pourraient être mises en place afin « d’empêcher les géants de la viande et des produits laitiers de détruire le climat et de réorienter nos mesures de soutien pour renforcer la résilience des petits paysans et des éleveurs. » Globalement, c’est donc un changement structurel que réclament les auteurs de l’étude, afin de mettre fin aux soutiens économiques des activités les plus polluantes, au profit de solutions alternatives comme l’agroécologie.

Faisant le même constat, l’ONG Greenpeace a lancé il y a quelques jours une campagne médiatique remarquée avec des propositions allant dans le même sens, demandant notamment au gouvernement français de mettre en place au moins deux repas végétariens par semaine dans les cantines scolaires. D’ailleurs, certains éléments laissent à penser qu’une partie de la population serait désormais en train de changer sa relation à la viande, et ce malgré le fait que ce type de nourriture représente un élément culturel fortement ancré dans les esprits.

Ainsi, selon un sondage de 2017 IFOP/Lesieurn, près de 30% des Français se décrivent comme flexitariens et 50% déclarent vouloir augmenter leur consommation de produits végétaux. Ces chiffres montrent que les Français sont de plus en plus conscients de la nécessité de réguler leur consommation de viande, en accord avec les études scientifiques les plus récentes. Et vous ?

Source : M.mondialisation.org

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La bidoche : ce marché inhumain qui nous tue à petit feu

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La justice valide deux arrêtés anti-pesticides au nom du « danger grave » pour la population

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Le tribunal administratif de Cergy-Pontoise a rejeté vendredi la demande de suspension de deux arrêtés anti-pesticides pris par les mairies de Gennevilliers et Sceaux, au nom du « danger grave pour les populations exposées » à ces produits.

pesticides

«Il ne saurait être sérieusement contesté que les produits dont l'utilisation est interdite par l'arrêté en litige (...) constituent un danger grave pour les populations exposées», peut-on lire dans l'ordonnance du tribunal. Si les décisions concernant l'utilisation des produits phytopharmaceutiques relèvent du ministère de l'Agriculture, le maire a pu en l'espèce «à bon droit» y déroger et prendre cet arrêté, selon la décision.

Une «première» en France

Il s'agit d'une «première» en France, s'est félicité auprès de l'AFP le maire de Gennevilliers, Patrice Leclerc. «C'est un encouragement pour celles et ceux qui luttent pour la santé des agriculteurs et de la population», a-t-il réagi, ajoutant cependant que «le combat n'est pas fini».

Se réjouissant de cette décision, Florence Presson, adjointe au maire de Sceaux, a estimé que cette décision «permet de faire jurisprudence, cela veut dire que toutes les villes qui ont pris ces arrêtés vont en bénéficier».

Le 25 octobre, le tribunal administratif de Rennes a annoncé l'annulation de l'arrêté du 18 mai pris par le maire de Langouët, qui interdisait l'usage des pesticides de synthèse à moins de 150 m des habitations de cette commune bretonne.

Pour justifier sa décision, le juge avait rappelé que le «ministre de l'Agriculture est chargé de la police administrative des produits phytopharmaceutiques» et que «le maire d'une commune ne peut en aucun cas s'immiscer dans l'exercice de cette police spéciale par l'édiction d'une réglementation locale».
Débat sur l'usage des pesticides

L'arrêté du maire breton a lancé un vaste débat sur l'usage des pesticides près des habitations. Selon l'association Ragster  qui épaule les communes, 104 d'entre elles, ont pris des arrêtés similaires, dont Paris, Nantes et Lille.

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Parlement européen : Bayer-Monsanto finance bien le parti de Macron

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Dans le 20 heures du 11 mars, France 2 a confirmé l'information de Marine Le Pen selon laquelle Bayer-Monsanto finance l'ALDE, allié du futur parti d’Emmanuel Macron au Parlement européen.

Le 7 mars dernier, sur l’antenne de RTL, Marine Le Pen avait assuré que les lobbies finançaient les partis du Parlement européen, en prenant l'exemple de Monsanto, et du groupe des libéraux, l'ALDE. « Les lobbies financent les partis politiques européens et ils financent l’ALDE, le parti d’Emmanuel Macron au Parlement européen. Le parti politique de l’Alliance des Libéraux et Démocrates pour l’Europe (ALDE) est financé par Bayer Monsanto », avait lancé la présidente du Rassemblement national. Dans son édition du 11 mars, le 20 heures de France 2 a également mené son enquête sur le sujet. Comme le rappelle le 20 heures, il est impossible pour une entreprise en France de financer les partis politiques. Au Parlement européen, en revanche, un tel procédé est autorisé.


L’ALDE financée par Microsoft, Google, Bayer…Le parlement européen est littéralement infesté par les lobbies.

Dans ce contexte, des conflits d’intérêt sont-ils possibles ? En novembre 2018, l’ALDE organisait un congrès à Madrid (Espagne). Un congrès en partie financé par de grandes entreprises telles que Microsoft, Google et même Bayer, le fabriquant du glyphosate depuis le rachat de Monsanto. D’après le Parlement européen, depuis les dernières élections en 2014, les entreprises ont ainsi donné plus de 425 000 euros à l’ALDE. France 2 précise que ces financements sont légaux jusqu’à 18 000 euros par an et par entreprise. « Ces financements sont pour eux une chance de plus d’influencer les politiques. Ça peut biaiser la démocratie », explique à France 2 Margarida Silva, chargée de campagne chez Corporate Europe Observatory.

Interrogé sur le sujet, Stéphane Séjourné, directeur de campagne LREM aux européennes, dit découvrir ces financements. Les entreprises concernées, elles, préfèrent parler de parrainage et non de financement....Une question de sémantique finalement. Mais de qui se moque t-on?

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Avec la 5G, la consommation d'énergie va exploser

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5G Danger

La 5G sera-t-elle un gouffre énergétique ? Pour Anne-Cécile Orgerie, chercheuse au CNRS, seule une prise de conscience des utilisateurs de la nouvelle génération de réseaux de téléphonie mobile permettrait d'éviter un autre fiasco environnemental.

Si le vaisseau qu'est la 5G pourrait s'avérer plus économe, que dire des usages qu'elle va induire ?


Avec l'augmentation de la bande passante par utilisateur, nous allons très probablement assister à une explosion des usages, et donc de la consommation de ressources. On le voit déjà depuis plusieurs années avec le streaming. La tendance devrait s'accentuer : l'imagination des concepteurs d'objets connectés mène à des services toujours plus nombreux, qui deviennent ensuite des besoins pour une part de plus en plus grande d'utilisateurs. Tout cela contribue à ce que l'on appelle l'effet rebond du numérique (NDLR : son impact environnemental direct et indirect au regard d'une utilisation de plus en plus intensive).
 
Un statu quo à la 4G, moins performante, ne serait pas une solution pour autant…
 
Si les usages continuent d'augmenter, non. Prenons l'exemple de l'émergence des véhicules connectés : il serait encore plus coûteux sur le plan énergétique de multiplier les antennes 4G nécessaires pour garantir un niveau de service acceptable.
 
Les acteurs de la 5G suivent aussi l'essor de l'Internet des objets.
 
L'engouement est réel. Ces objets vont à présent de la brosse à dents au frigo, aux ampoules ou aux chaussettes connectées. Ils ne sont pas nécessairement conçus pour être économes en énergie. Et leur utilité peut sembler pour le moins questionnable. Tous vont pourtant émettre des ondes, utiliser des ressources et se connecter à des services hébergés dans le cloud. Une étude d'une entreprise américaine épingle entre autres les thermostats connectés dans les maisons : le nombre de connexions de ces objets devient aujourd'hui très conséquent, à tel point qu'une antenne gérant ce type d'équipements ne pourrait pas se mettre en veille. En plus, ces équipements font appel à de l'intelligence artificielle, et donc à des machines tournant en permanence dans le cloud.

Les acteurs du numérique vous semblent-ils demandeurs d'une transition technologique soucieuse de préserver les ressources énergétiques ?
 
Le principal incitant au changement est le coût de l'électricité. Avec l'explosion de l'utilisation des réseaux et des clouds, les opérateurs ont un besoin de plus en plus urgent de réduire le coût lié à ces infrastructures complexes, et notamment celui de l'électricité. Aujourd'hui, je les trouve beaucoup plus demandeurs de solutions, ne serait-ce que pour évaluer la consommation énergétique d'un service. Une condition indispensable pour tenter, ensuite, de le rendre plus économe.

 

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