Au Pakistan, l’effroyable bilan humain des inondations “destructrices” qui ravagent le pays

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Le Premier ministre Shahbaz Sharif a déclenché l’état d’urgence face aux fortes pluies qui touchent la république islamique depuis juin. Selon les estimations gouvernementales, près d’un Pakistanais sur sept a été touché par les inondations.

inondations-Pakistan

Le bilan est terrible : près de 1 000 personnes sont décédées des suites des inondations qui touchent le Pakistan depuis juin, selon les autorités pakistanaises citées par le Guardian. “Plus de 33 millions de Pakistanais ont dû quitter leur domicile.”

Vendredi 26 août, “un jour avant la publication du nombre de victimes des inondations”, le Premier ministre Shahbaz Sharif (Ligue musulmane du Pakistan, PML-N) a déclaré l’état d’urgence et demandé l’aide de la communauté internationale. Sur Twitter, il a notamment déploré “l’ampleur de la catastrophe” qui touche le pays, assurant que les dégâts étaient “plus importants que ce que l’on pensait”.nais sur sept a été touché par les inondations.
Selon le journal pakistanais The Nation, son opposant politique Imran Khan (Mouvement du Pakistan pour la justice, PTI), a par ailleurs “annoncé la mise en place d’un téléthon international pour obtenir des fonds à destination des victimes”.
Glissements de terrains et coupures d’électricité

Depuis plusieurs mois, une grande partie du pays est touchée par ces “importantes et soudaines inondations, déclenchées par les pluies de mousson destructrices, contextualise le Guardian. De nombreux lieux au Pakistan sont devenus inaccessibles et les secours peinent à évacuer les milliers de personnes déplacées par les inondations. Les provinces du Baloutchistan et de Sindh, [au sud du pays], sont les plus touchées.”

Le journal régional Balochistan Express évoque d’importantes coupures de courant liées aux dégâts causés par la pluie sur un gazoduc du Baloutchistan, ainsi que l’effondrement d’un pont supportant des rames de chemin de fer, non loin de la ville de Quetta. “Le commerce ferroviaire [de cette région] avec l’Iran et la Turquie a été suspendu.”
Des dégâts récents ont également été répertoriés dans la province de Khyber Pakhtunkhwa (dans le nord), où l’armée a été appelée à la rescousse. “Trois personnes ont été tuées à cause des inondations et des glissements de terrain, rapporte le Guardian. Les autorités du district de Nowshera ont enjoint la population à évacuer les lieux immédiatement, en raison d’importantes inondations non loin de la rivière Kaboul.”

Un appel aux dons doit être lancé par l’Organisation des Nations unies, précise The Daily Times, depuis Lahore. “L’ONU va tenter de lever des fonds à hauteur de 160 millions de dollars”.

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Canicule en Chine : manque d’eau, coupures d’électricité… La province du Sichuan vit « en enfer »

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Touchée par une importante vague de chaleur, une partie de la Chine fait face à des coupures d’électricité, notamment en raison d’un usage important des climatiseurs. Le pays est ainsi contraint de faire des efforts pour réduire sa consommation.

rivière Yangtze
Une partie de la rivière Yangtze est asséchée, dans le centre de la Chine.

Une grande ville de Chine a réduit l’éclairage dans le métro et éteint ses panneaux publicitaires pour économiser l’électricité, au moment où une partie du pays fait face à des pénuries en raison de températures extrêmes.

Le mercure dépasse allègrement les 40 °C ces derniers jours au Sichuan (centre), une province qui dépend à 80 % des barrages hydrauliques pour son approvisionnement électrique. « Au Sichuan les étés sont d’habitude très chauds, mais cette année nous vivons en enfer », témoigne une commerciale de 40 ans à La Croix .
 

À cause de la canicule, les cours d’eau de la région sont asséchés, ce qui pèse sur le réseau électrique en raison des climatiseurs qui tournent à plein régime. Pour économiser l’énergie, le métro de la métropole de Chengdu (sud-ouest) a indiqué jeudi 18 août 2022 « optimiser » la température de la climatisation dans les rames et les stations.

L’éclairage public est par ailleurs réduit et les panneaux publicitaires ne sont plus éclairés dans le métro, a montré une vidéo du transporteur public, dans laquelle des stations apparaissent dans la pénombre.

Chengdu, qui compte plus de 20 millions d’habitants, est la capitale provinciale du Sichuan. La municipalité avait de son côté ordonné dès mardi de ne plus éclairer les publicités en extérieur. Dans la rue, les enseignes lumineuses, omniprésentes en Chine, doivent également être éteintes, a précisé la ville.

Depuis cette semaine, le Sichuan rationne l’électricité avec nombre d’usines et d’entreprises à l’arrêt et des coupures de courant intermittentes pour une partie des habitants. Des interruptions de trois heures ou plus sont prévues. Sur les 21 plus grandes villes de la province, 19 ont été sollicitées pour demander à leurs entreprises de suspendre temporairement leurs productions, jusqu’au samedi 20 août 2022.

La plus longue période de canicule en Chine depuis 1961

Ces difficultés posent un défi au poumon économique de la Chine, car les régions côtières du Jiangsu et du Zhejiang (est) sont alimentées par l’électricité du Sichuan.
Le débit du fleuve Yangtsé est par ailleurs inférieur de 51 % à la moyenne des cinq dernières années, selon l’agence de presse CNS.

Les vagues de chaleur en plein été ne sont pas inhabituelles en Chine, en particulier dans l’ouest aride et le sud du pays. Mais le pays fait face cette année à des conditions météorologiques extrêmes, exacerbées par le réchauffement climatique selon les scientifiques. D’après la météorologie nationale, la Chine traverse la plus longue période de fortes chaleurs depuis 1961, avec 64 jours consécutifs d’alerte à la chaleur dans plusieurs régions depuis le mois de juin, précise La Croix.

Au Jiangsu (est), il fait si chaud que le bitume atteint par endroits les 68 °C. Les autorités locales ont mis en garde les automobilistes contre le risque d’éclatement de pneus. Des inondations soudaines ont par ailleurs frappé mercredi le nord-ouest de la Chine, habituellement aride, et fait 17 morts.

Ces intempéries ont provoqué dans une zone montagneuse des coulées de boue et dévié le cours d’une rivière.

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Haute-Loire : un éleveur inquiet pour la santé de ses vaches coupe l'alimentation d'une antenne relais

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Frédéric Salgues- vaches

Une action pour couper l'antenne relais 4G soupçonnée d'affecter la santé d'un troupeau de vaches en Haute-Loire a été menée jeudi au lendemain d'une décision du Conseil d'Etat retoquant sa désactivation , a-t-on appris auprès de l'éleveur concerné.

"En fin de matinée, on a tombé le disjoncteur. On n'a rien cassé, on a simplement coupé car ce n'est plus tenable", a déclaré à l'AFP Frédéric Salgues, éleveur à Mazeyrat d'Allier, un village de Haute-Loire. Plusieurs dizaines de personnes, dont le maire du village, étaient présentes en soutien à cette action destinée à voir si l'état des vaches s'améliore quand l'antenne est désactivée, a souligné l'éleveur.

La santé des vaches nettement détériorée

Frédéric Salgues assure en effet que la santé de son bétail s'est détériorée et que la production de lait a chuté depuis l'installation de cette antenne 4G en juillet 2021, à environ 200 mètres de son exploitation. Il assure également avoir perdu une cinquantaine de bêtes sur 200. Le tribunal de Clermont-Ferrand avait ordonné le 23 mai la désactivation de l'antenne pour deux mois, pour permettre la poursuite de l'expertise judiciaire. La décision donnait trois mois à l'État et aux opérateurs (Bouygues Télécom, Free, SFR et Orange) pour stopper son fonctionnement.

Le Conseil d'Etat a annulé mercredi cette décision, relevant une "erreur de droit" et estimant que le tribunal administratif n'avait "pas caractérisé l'existence d'un péril grave". L'éleveur, lui, n'a aucun doute: "s'ils viennent la remettre en fonctionnement, on sera obligé d'arrêter et il y aura des vies sacrifiées", a-t-il dit.

15% à 20% de production de lait en moins

Lors de l'audience à Clermont Ferrand, l'expert judiciaire avait souligné que "ce cheptel fait partie des 10% à 20% meilleurs du département" et qu'il n'avait "pas d'éléments médicaux pour expliquer la chute brutale de la production de lait, de 15% à 20%, dans les jours qui ont suivi la mise en place de l'antenne". Les avocats des opérateurs avaient de leur côté mis en avant l'absence d'élément scientifique liant la santé des vaches aux champs électromagnétiques.

Pour l'avocat de l'éleveur, Me Romain Gourdou, la décision du conseil d'Etat a été "une grande déception". "Le simple fait de rechercher la vérité ne nous est pas permis", a-t-il dit en indiquant étudier d'autres recours. Cette décision "ne doit pas être surinterprétée : elle ne signifie ni le règlement, ni la fin du litige" et il est "indispensable que l'expertise judiciaire prescrite par le tribunal judiciaire puisse aller à son terme" a pour sa part estimé Jean-Noël Barrot, ministre délégué chargé de la Transition numérique, dans une déclaration écrite.

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L'arrosage des greens de golf, en pleine sécheresse, fait polémique

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Alors que les agriculteurs doivent réduire leur utilisation d'eau, les greens des 70 golfs de la région PACA sont toujours arrosés, même s'ils ont dû aussi revoir les volumes d'eau à la baisse. Une situation dénoncée par plusieurs élus. Les propriétaires de golf rappellent de leur côté que, sans green, ils devront fermer boutique et mettre à la porte leurs salariés.

arrosage golf

Alors que la région fait face à une période de sécheresse exceptionnelle, les golfs bénéficient d'une exception et peuvent continuer à arroser, au moins les greens - la zone où se trouve le trou - et terrains d'honneur.

Un "deux poids deux mesures" inacceptable pour certains élus de la région.

"On ne peut pas demander aux agriculteurs de restreindre leur arrosage et voir que le golf, un sport qui, en plus, n'est réservé qu'à une certaine élite, continue d'arroser ses greens", dénonce Juliette Chesnel-Le Roux, élue d'opposition, présidente du groupe EELV à la métropole.

À Marseille, le député LFI Hendrik Lavi est également monté au créneau.
Concrètement, l'arrêté préfectoral impose différents types de restrictions aux golfs en fonction du niveau de sécheresse de la zone concernée.

Pour les communes en alerte renforcée : l'arrosage est interdit de 9 h à 19 h et les volumes d'eau utilisés doivent être réduits de 40%. Pour les endroits classés "en crise" - comme Saint-Raphaël, Antibes ou Biot - l'arrosage est uniquement autorisé sur les greens et terrains d'honneur, à hauteur de 30% des volumes d'eau habituels. Mais au même niveau "crise", l'arrosage des potagers est totalement interdit et les agriculteurs doivent diminuer de 40% leur consommation d'eau, ce qui ne manque pas de faire réagir sur les réseaux sociaux.

Juliette Chesnel-Le Roux abonde : "Vous vous rendez compte qu'on culpabilise le citoyen qui ne coupe pas son robinet en se lavant les dents et pendant ce temps-là, il y a ce type de dérogation ? Tout le monde doit prendre sa part".

    On ne peut plus se permettre de réserver à la distraction une ressource qui est essentielle à la vie
    Juliette Chesnel-Le Roux, élue écologiste à la mairie de Nic
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Du côte des propriétaires de golf, on comprend l'enjeu, moins la polémique. "90% de l'eau utilisée dans les golfs est de l'eau non-potable", assure Jean-Yves Ortega, président de la ligue régionale de golf pour la région PACA. Dans les territoires en crise sécheresse, "on ne maintient l'arrosage que sur 1 à 1,5% du parcours pour éviter de perdre le green", ajoute-t-il.

Cette partie particulièrement sensible du terrain - là où est situé le trou - est "le cœur du golf", précise Armand Gadea, directeur du golf Bleugreen l'Estérel à Saint-Raphaël. "Si demain, je dois arrêter de l'arroser, je ne pourrais pas recevoir de clients, je devrais fermer. Il faudra attendre qu'il se mette à pleuvoir ou que les restrictions cessent, puis il faut compter environ six à sept mois pour qu'un green repousse", ajoute le directeur du golf, qui emploie 32 salariés.

15.000 postes menacés

Cette menace sur l'emploi est l'un des arguments avancés par le ministère de la Transition écologique, interrogé par FranceInfo, pour maintenir un arrosage minimum sur les golfs. Environ 15 000 salariés seraient concernés en France.

Selon un rapport du Sénat de 2003, la consommation totale de tous les golfs représentait en 2002 l'équivalent de la consommation annuelle d'une ville de 500 000 habitants (36 millions de mètres cubes). Une étude publiée par la Fédération française de golf (PDF) évalue, de son côté, cette consommation à 29 millions de mètres cubes d'eau en 2010.

"Mais, depuis 20 ans, on s'est énormément amélioré, assure le responsable de terrain d'un golf des Alpes-Maritimes, qui préfère rester anonyme. Les techniciens, on est tous conscients et prêts à voir nos outils de travail se dégrader. Actuellement, on fait mourir nos gazons".

En suspens, reste la question de la soutenabilité à long terme de l'activité des golfs, avec le réchauffement climatique dans la région. "C'est un sport qui vient du Royaume-Uni, un pays où il pleut régulièrement", rappelle l'élue écologiste Juliette Chesnel-Le Roux.

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Sécheresse : vers une pénurie de lait l'automne prochain ?

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En raison de la sécheresse qui touche l'ensemble de l'hexagone, les différentes cultures affichent un rendement moindre et les stocks de fourrage, qui servent à nourrir les vaches, sont déjà entamés. De quoi soulever des questions autour de la présence ou non de lait dans les supermarchés en automne.

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Y'aura-t-il du lait dans nos supermarchés en automne ? La question est loin d'être fantaisiste. La sécheresse qui frappe de plein fouet le pays affecte considérablement le rendement des cultures et réduit les stocks de fourrage qui permettent de nourrir le bétail. Si la situation se poursuit, une pénurie de lait n'est pas à exclure.

Bruno Martel produit du lait bio en Bretagne depuis un mois. Impossible pour lui de nourrir ses vaches dans son pré asséché et la météo est devenue une véritable obsession. "Aujourd'hui, au quotidien, on est en train de scruter les températures, la pluviométrie, le ciel, en se disant 'il faut absolument qu'il y ait de l'eau'. Et du coup, ça devient angoissant à la fin d'être complètement tributaire de l'eau puisque là, on va vraiment l'attendre", expose-t-il au micro d'Europe 1.

La solidarité des consommateurs

Et pour cause, la sécheresse lui fait déjà perdre entre 7.000 et 8.000 € de production par mois. Comme lui, la FNSEA, la Fédération des syndicats d'exploitants agricoles, prévoit une pénurie de lait dans les prochains mois à cause de cette sécheresse. Les stocks de fourrage de l'hiver sont déjà en train d'être consommés. Certains agriculteurs vont même devoir vendre leurs animaux, faute de moyens pour les nourrir. Pour Bruno Martel, les consommateurs doivent se montrer solidaires.

"Ce que je demanderai, c'est surtout la bienveillance de la société. Nos modes de consommation influencent nos modes de production. Si on veut continuer à avoir une agriculture respectueuse de l'environnement, qui s'engage pour la planète, et bien il faut aussi l'accompagner par l'acte d'achat pour pouvoir tenir, même dans les périodes compliquées", soutient-il.

De son côté, la FNSEA demande la mise en place d'un fonds d'urgence et une revalorisation des prix payés aux éleveurs.

Publié dans Nature, Nutrition & Santé

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