Bien-être : vivre à proximité d’espaces naturels entretient la santé physique et mentale des personnes âgées, selon une étude

Publié le par Notre Terre

Plus il existe d’espaces naturels à proximité du domicile, moins il y a de dégradation de la santé mentale ou physique. Une étude menée auprès de 42 000 personnes de 65 ans et plus par des chercheurs de l'université de Washington, publiée en janvier 2024 dans le journal Health and Place, montre que cela peut se jouer à peu de choses en termes d'aménagement d’espace.

Le fait de pouvoir profiter de seulement 10% d’espace boisé, de parc ou de plans d’eau supplémentaires dans une ville est associé à une réduction de problèmes de santé mentale et physique des seniors.

Ces résultats sont intéressants parce que nous vivons de plus en plus vieux. Aux États-Unis, où s'est déroulée cette étude, un adulte sur cinq, de plus de 55 ans, souffre de fragilité psychologique : dépression, anxiété, troubles de l’humeur.

Une fragilité qui est associée statistiquement à un risque de démence ou de maladie cardiovasculaire plus élevé avec l’âge qui avance. L’auteur principal de l’étude indique que des recherches supplémentaires doivent être menées pour mieux comprendre ces liens entre nature et santé. Mais la proximité d’espaces naturels semble entretenir la santé des seniors. Réduction de l’exposition aux polluants, ou à la chaleur en été, aux bruits, réduction du stress, encouragement à marcher, meilleures relations sociales, sont autant de facteurs mis en avant.

Des bienfaits déjà évoqués

Ce n’est pas la première fois que les bienfaits des espaces verts en ville, sont établis. Cela ne concerne d'ailleurs pas que les personnes âgées. Plus d’une centaine de publications scientifiques internationales ont déjà permis jusqu'ici de faire le lien, entre une meilleure santé mentale (moins de dépression, et de stress) et la proximité d'espaces soit verts (les arbres), soit bleus (les mers, les rivières ou les lacs). Il a aussi été établi qu’une simple connexion visuelle à la nature, avec des vues sur des arbres, le ciel, ou un coucher de soleil, amélioré le moral.

L'aménagement urbain est donc aussi une question de santé publique, d’autant que tout ceci nous est offert gratuitement. De quoi méditer pour le futur car si aujourd’hui la moitié de la population vit déjà en ville, ce sera le cas des deux tiers des êtres humains sur terre d’ici 2050.

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L'hydrogène sous-terrain : une manne énergétique inépuisable

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Les compagnies pétrolières portent désormais leur regard ailleurs que sur l'or noir qui arrive progressivement à l'épuisement. Leur nouvelle conquête ? L'hydrogène géologique.

Malgré le fait que la Terre se réchauffe à petit feu, le constat du GIEC au sujet de la consommation mondiale de pétrole est très net : nous en utilisons toujours plus. Selon leurs estimations les plus récentes, le pic de consommation sera atteint en 2028. Historiquement, notre civilisation est dépendante des énergies fossiles. Cependant, celles-ci sont évidemment loin d'être illimitées. C'est pourquoi les industriels du pétrole pensent déjà à une énergie alternative : l'hydrogène, soit l'élément chimique le plus abondant dans tout l'univers. Certains pays, comme la Chine par exemple, sont déjà très en avance dans le domaine.

La promesse d'une énergie en quantités démesurées

Le potentiel de l'hydrogène géologique réside principalement dans le fait qu'il soit présent sur Terre en quantités très importantes. On le présente souvent comme une source d'énergie « inépuisable » : c'est vrai si son extraction se fait de manière durable et écologique et si les processus géologiques qui le produisent se maintiennent en continu.

Doug Wicks travaille au ARPA-E (Advanced Research Projects Agency-Energy, une agence publique chargée de soutenir la recherche dans le domaine des énergies renouvelables) aux USA. Il estime ainsi que 150 trillions de t3 d'hydrogène sont potentiellement exploitables sur notre planète, sachant qu'un milliard de t3 de celles-ci pourraient alimenter l'ensemble des États-Unis pendant une année.

Pour illustrer le potentiel renouvelable de l'hydrogène, Luke Velterop, directeur des opérations d'HyTerra explique : « Imaginez le potentiel que représente une usine souterraine, alimentée par la nature elle-même et capable de fournir un approvisionnement renouvelable d'énergie propre ». Cet or blanc, tel qu'on le surnomme désormais, est particulièrement présent dans certaines zones, comme les rifts tectoniques. Il est déjà ciblé par des opérations de forage, aux États-Unis, en Europe et en Australie.

Des défis techniques à la hauteur de l'enjeu

Extraire du pétrole et extraire de l'hydrogène sont deux processus différents. Pour le premier, il s'agit de pomper des hydrocarbures sous forme visqueuse issus de réserves souterraines. Pour l'hydrogène, il faudra adopter de nouvelles stratégies pour accéder aux réserves, car celui-ci est le produit de réactions chimiques qui ont lieu en continu. Il peut être ainsi disséminé plus largement, ce qui implique une autre forme d'expertise. Toutefois, dans les deux cas, il faut forer, et c'est un processus que nous maîtrisons depuis longtemps.

Geoff Ellis est géochimiste pour l'USGS's Energy Resources Program. Il met en lumière le fait que l'hydrogène reste toutefois plus compliqué à localiser : « il n'y a rien de surprenant au fait que l'hydrogène soit passé inaperçu jusqu'à présent : c'est un gaz incolore et inodore. Il est consommé très rapidement par des microbes sous la surface de la Terre dès qu'il commence à s'en échapper. Des réserves très importantes peuvent être situées sous nos pieds. Maintenant, il faut déterminer la localisation précise de ces accumulations pour pouvoir ensuite forer et accéder à ces stocks  ». La course à la localisation est donc lancée !

Les enjeux énergétiques qui se cachent derrière l'hydrogène géologique sont colossaux : celui-ci pourrait être une des portes de sorties par laquelle nous pourrions transiter lorsque le pétrole aura disparu. Geoff Ellis estime qu'une exploitation efficace de cet élément pourrait satisfaire « toute la demande mondiale, d'environ 500 millions de tonnes par an, sur des centaines d'années ». Les domaines de l'aviation et de la génération d'énergie stationnaire pourraient largement en profiter. Des start-ups comme Naturel Hydrogen Energy ou HyTerra sont déjà sur le coup et ont déjà des projets de forage en cours. De quoi attirer l'attention des géants du pétrole très certainement.

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Revers pour les mégabassines

Publié le par Notre Terre

C’est une victoire pour les opposants aux mégabassines de Nouvelle-Aquitaine : le tribunal administratif de Poitiers vient d’annuler les projets de quinze d’entre elles, estimant qu’elles compromettraient « la gestion équilibrée et durable de la ressource en eau ».

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Le tribunal administratif de Poitiers a annulé, le 3 octobre, deux arrêtés préfectoraux autorisant la construction de quinze mégabassines. Ces projets visaient à prélever l’eau dans les nappes superficielles en hiver, pour une capacité totale de 3 millions de mètres cubes, afin que les agriculteurs puissent la repomper l’été. Neuf retenues étaient prévues sur le bassin de l’Aume-Couture (sept en Charente et deux dans les Deux-Sèvres) et six sur le sous-bassin de la Pallu (département de la Vienne).

Julien Le Guet, porte-parole du collectif Bassines non merci, a déclaré au Monde que cette décision de justice était un « grand soulagement » et « une très bonne nouvelle pour tous ceux qui se battent pour l’eau et contre les mégabassines ». La Confédération paysanne, quant à elle, estime que « le tribunal a suivi notre analyse et celle du rapporteur public qui avait estimé que les prélèvements envisagés pour le remplissage de ces “mégabassines” compromettraient « la gestion équilibrée et durable de la ressource en eau ». L’arrêté du tribunal pointe à la fois le surdimensionnement des projets, le contexte hydrologique local et les effets prévisibles du changement climatique. » La Confédération paysanne de la Vienne fait partie des requérants contre les arrêtés, avec Vienne nature, l’UFC-Que Choisir, la Ligue de Protection des Oiseaux et d’autres organisations.

« Ce jugement pointe clairement que les volumes prévus par ces projets de mégabassines permettraient aux irrigants bénéficiaires de prélever davantage d’eau que les volumes utilisés ces dix dernières années. Il n’y a donc pas de baisse globale des prélèvements, c’est une remise en cause du principe même de substitution, argument utilisé par l’administration et les porteurs de projets pour justifier les mégabassines, » poursuit la Confédération paysanne.

Le mouvement des Soulèvements de la Terre s’est également réjoui : « cette décision qui fera date se base sur ce que nous dénonçons depuis longtemps et nous renforce dans le sentiment que les actions menées ces derniers mois pour arrêter les projets de mégabassines sont absolument légitimes ! Elle nous pousse d’autant plus à faire en sorte que s’arrêtent les chantiers en cours à Priaires, la plastification de Sainte-Soline ou celui annoncé à Épannes. »

Rappelons que, cet automne, les zones concernées par ces retenues sont en grande difficulté face à la sécheresse : le bassin de la Pallu est en crise, soit le niveau maximal d’alerte, tandis que le bassin de l’Aume-Couture est en alerte renforcée (niveau 3), selon le site Propluvia. Une situation qui perdure depuis des années et que le tribunal a bien cernée. Ce dernier ne mâche d’ailleurs pas ses mots, pointant « une erreur manifeste d’appréciation » de la préfecture…

Préfecture qui a d’ores et déjà annoncé qu’elle ferait appel de cette décision, tout comme, a priori, les irriguants porteurs des projets. Mais le tribunal a très clairement précisé que la décision empêchait les travaux, les appels n’ayant pas d’effet suspensif.

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Jeux olympiques d'hiver 2030 en région PACA : une certaine indécence

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Les J.O c’est fini !

La région PACA se réchauffe 20% plus vite que le reste du globe et les effets délétères du réchauffement climatique sont encore plus visibles dans nos montagnes que partout ailleurs. Début octobre 2023, il fait 30 degrés au soleil dans les Hautes-Alpes ; le basilic et les fraisiers refleurissent ainsi que les pissenlits qui se croient au printemps. Nous sommes à l’aube d’un changement de civilisation beaucoup plus important que la chute de l’Empire Romain ou bien que les deux dernières guerres mondiales, et nos dirigeants, au lieu de planifier et d’anticiper ces changements préfèrent nous apporter de la distraction comme pour oublier ce mal insidieux qui rampe jusqu’à nous depuis plus de cinquante ans.

Fonte glacier blanc

Maintenant que le mal est à nos portes, au lieu de le repousser et de le combattre, nous les ouvrons en grand et le laissons entrer pour danser avec lui notre dernière danse dans un bal macabre, sous l’œil des caméras de télévision. La fin du monde filmée en direct en somme.

Oui, il est plus facile de danser et de chanter comme la cigale que de travailler comme la fourmi, seulement à l’instar de la fable de La Fontaine nous serons bien dépourvus une fois l’éternel été installé. Mais telle est notre société qui se complait dans la médiocrité et le divertissement afin de ne surtout pas appréhender la réalité du monde et d’affronter le plus grand défi qui s’impose à nous. Alors on nous vend des smartphones, des réseaux sociaux, des jeux vidéo, de la téléréalité comme pour anesthésier nos cerveaux, comme pour étouffer toute velléité de réfléchir et de se réveiller.

Dans la longue liste des anesthésiants sociétaux se trouve en bonne place les jeux olympiques, véritables pompes à fric et machines de destruction massive. Vidés de leur substance originelle, les premiers jeux furent organisés en l’honneur de Zeus dans la cité d’Olympie et seule la compétence sportive primait alors. Aujourd’hui ils sont une opportunité, car ce qui se déroule derrière les jeux est bien plus important que les jeux eux-mêmes, comme pour un iceberg dont l’essentiel de sa masse est immergé.

Qui a encore envie de croire aux discours musclés de M. Muselier, le Président de la région PACA lorsqu’il raconte à qui veut l’entendre qu’il veut agir contre le réchauffement climatique ? On ne peut pas s’engager publiquement en disant vouloir sauver l’environnement et dans le même temps remuer ciel et terre pour que les Alpes du Sud accueillent les jeux olympiques d’hiver. Le bilan écologique de la tenue de jeux olympiques est calamiteux, ils rejettent en moyenne dans l’atmosphère 3 millions de tonnes de CO2. Avec ces JO dans les alpes françaises, on déversera les chaudrons de l’enfer sur des montagnes déjà agonisantes… Pour illustrer mon propos, l’académie suisse des sciences révèle que les glaciers suisses ont perdu 10% de leur masse entre 2022 et 2023 soit autant qu’entre 1960 et 1990.

Les élus haut-alpins sont en état de grâce. Exaltés par ces nouvelles perspectives économiques et excités par la gloire et la renommée signaient une tribune nous expliquant que ces jeux olympiques étaient la chance de notre vie et qu’une opportunité pareille ne se présente que tous les cinquante ans.  Rapidement après, ils balayaient d’un revers de la main les inquiétudes de nombreux citoyens concernant le coût financier et écologique de ces quinze jours de fête en traitant les écologistes de rageux et rabat-joie et qu’en six ans des solutions techniques seraient trouvées pour rendre ces jeux propres.

Croire en un miracle techno-scientiste pour rendre des jeux olympiques verts est d’une grande naïveté, mais dans ce cas précis cela relève plutôt du mensonge car eux-mêmes n’y croient pas. Des JO propres cela n'existe pas, qu’on se le dise. Les trois quarts des haut-alpins sont opposés à ce projet mortifère. En effet, au mois de septembre de cette année, 76% de personnes ayant bien voulu répondre au sondage d'Alpes 1 sur l'éventuelle tenue des JO en 2030 sont contre la candidature de la région Paca.

Sondage JOd'hiver 2030

Notre qualité de vie sera sévèrement et durablement impactée : il est à prévoir une accélération de l'urbanisation (nouveaux axes routiers, agrandissements de routes, construction de nouveaux logements et hôtels de luxe, construction et aménagements de complexes sportifs, des coupes d'arbres voire de forêts et j'en passe !).

Une consultation citoyenne devrait être obligatoire car on ne fait pas des JO comme on va acheter une baguette de pain. La véritable démocratie ne doit pas être le privilège de quelques-uns qui se tiennent la main dans les hautes assemblées, mais elle est l’affaire de tous. La dévastation écologique que vont générer ces jeux doit être prise très au sérieux et nous savons tous qu'ils sont un prétexte pour Renaud Muselier qui nourrit de grandes ambitions personnelles. Peut-être que lui aussi pense à un destin plus grand lorsqu’il se rase le matin devant la glace.

Je n’aborde ici que l’aspect lié à la dégradation de la nature mais l’aspect social et moral est tout aussi important. Nos hôpitaux sont à l’agonie, les services publics s’effondrent, on rabote les budgets ça et là et on nous propose des jeux olympiques à plusieurs milliards d’euros… Il y a comme un malaise dans cette économie à deux vitesses.

Pour conclure mon discours avec un sentiment très personnel, je pense sincèrement que ces JO n'auront jamais lieu. Nous fonçons droit vers une catastrophe climatique qui nous laissera tous exsangues et dans 6 ans la situation sera telle qu'une certaine "pédagogie de la catastrophe" les rendra anachroniques, pour ne pas dire, indésirables.  Quant à ces élus qui nous traient de rageux et de rabat joie, je leur répondrai que nous avons une lucidité qui n'est pas dictée par des intérêts économiques ou industriels. Nous pensons aux générations futures, quand eux, pensent à la gloire.

Jérôme Garnier

 

 

 

Publié dans Habitat, Hautes-Alpes, Pollution

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Urbanisation : Désimperméabiliser les sols

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C’est un cas d’école : la place de la Gare, à Cap Breton, était un four urbain et un gaspillage d’espace public. Une voirie omniprésente qui imperméabilisait une surface disproportionnée, de rares arbres… le tout-voiture dans toute sa splendeur ! Une fois réaménagée, la place est désormais ombragée de 30 arbres et 50 arbustes, le parking couvert d’aiguilles de pin est perméable, les voies sont en béton drainant et une vaste noue d’infiltration a remplacé un bassin de collecte des eaux enterré. Désormais, 60 % de la surface de la place est perméable.

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Collège Albert Camus à Eysines (chantier en cours) | Département de la Gironde

De nombreuses autres villes, comme Angoulême, Bordeaux ou Miramas, ont lancé des opérations de désimperméabilisation, qui permettent de prévenir les crues soudaines, mais aussi de re-végétaliser la ville pour créer des îlots de fraîcheur et recréer de la convivialité. La ville de Bordeaux a ainsi engagé un processus de révision de son PLU (plan local d’urbanisme), qui imposera des règles claires sur les arbres détruits par les projets de construction, avec l’obligation de replanter des arbres du même gabarit. En cas d’augmentation de surface construite, obligation sera faite de planter un arbre ; en cas d’abattage, l’obligation sera de planter un arbre de gabarit équivalent à l’âge adulte. Le PLU vise aussi à augmenter le pourcentage d’espace de pleine terre minimal (donc non bétonné), à limiter la prolifération de piscines privatives – elles ne seront autorisées que sous conditions – et à définir un nombre minimal d’arbres par m2 de terrain non bâti. La ville d’Angoulême, elle, s’est fixé l’objectif de créer vingt poumons verts, en re-naturant des espaces publics.

Après plus d’un siècle d’artificialisation forcenée de nos villes, enfin la désartificialisation ?

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