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Plainte contre X pour pollution : "C'est sciemment qu'on nous tue"

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Alors que le site Airparif publie des résultats inquiétant quant à la qualité de l'air, Ecologie sans frontière, Respire et Le rassemblement pour la Planète s'apprêtent à déposer mardi 11 mars, une plainte contre X pour "mise en danger d'autrui".  Le président de l'association Respire, Sébastien Vray, explique pourquoi.


Des associations écologistes ont déjà porté plainte plusieurs fois. Qu'est-ce qui est différent dans le cas présent ?


- Des plaintes ont déjà été déposées au tribunal administratif pour dénoncer les problèmes liés à la pollution de l'air. Nous, nous porterons plainte contre X au pénal, pour "mise en danger d'autrui". Ce qui change, c'est que nous affirmons qu'il y a culpabilité de la part de quelqu'un et nous voulons que la justice trouve qui c'est. En 1983, le rapport Roussel établissait déjà un lien entre l'exposition aux particules fines et l'augmentation du nombre de cancer. Depuis, le ministère de la Santé commande des études tous les ans qui ne font que confirmer ce rapport. Pourquoi en sommes nous là aujourd'hui, alors que nous sommes prévenus des conséquences de la pollution depuis des années ? Rien n'est fait, aucune mesure n'est prise.

 

Quelles pourraient être ces mesures ?

 

 

- Elle sont forcément compliquées à mettre en place dans l'immédiat, mais ces pics de pollution sont récurrents, on aurait du prévoir les choses en amont. A l'heure actuelle, on pourrait déjà proposer la gratuité des transports en commun les jours de forte pollution. Mais si on s'était organisé avant, on aurait pu mettre en place un système de chauffage au bois plus performant, respectueux de l'environnement et de notre santé, comme l'ont fait les Scandinaves. Et investir dans la recherche d'énergies, mettre en place des avantages fiscaux pour favoriser la mobilité douce (marche, vélo, trottinette etc). Ces mesures auraient aussi permis d'économiser de l'argent. On perd des milliards d'euros chaque année à cause des problèmes liés à la pollution. Les maladies qui en résultent coûtent entre 800 millions et 1,2 milliard d'euros par an à la Sécurité sociale. Sans parler des personnes qui souffrent… La pollution n'a pas seulement un coût matériel, elle fait des milliers de victimes.


Quels sont les dangers pour la santé, concrètement ?


- Des études ont prouvé que la pollution provoquait des cancers du poumon, des maladies cardiaques et de l'asthme. On sait également aujourd'hui qu'une personne exposée aux particules fines est plus facilement sujette à un infarctus. La pollution provoque également des maladies neurologiques. 


Les acheteurs de voitures diesel bénéficiaient pourtant de bonus ?


- Oui, c'est le seul pas qui ait été fait et il allait dans le mauvais sens. On bénéficie d'un bonus en achetant un véhicule diesel, or le moteur diesel, en termes de pollution, n'est pas du tout adapté à une circulation quotidienne en ville. Le filtre qui retient les particules fines est supposé se décrasser lorsque vous effectuez un long trajet et que la température du moteur est suffisante pour brûler ces particules, ce qui n'arrive jamais en agglomération. De plus, il génère du dioxyde d'azote (également toxique) en filtrant les particules, ce n'est donc pas une solution à long terme.


Qu'attendez-vous de cette plainte ? 


- Le dépôt d'une plainte au pénal signifie que nous en avons assez des symboles. Nous voulons agir. Nous attendons l'ouverture d'une enquête afin de déterminer qui est responsable de la négligence qui a causé tant de morts et de maladies durant toutes ces années. C'est une première étape juridique. On recommande aux gens de ne pas sortir de chez eux et parallèlement, on ne fait rien pour que les choses changent, c'est inadmissible. La réglementation n'est pas appliquée en matière de qualité de l'air. C'est sciemment qu'on commet des infractions réglementaires, c'est sciemment qu'on nous empoisonne et c'est sciemment qu'on nous tue. Il est donc normal que la justice soit saisie.

 

ropos recueillis par Clawdia Prolongeau - Le Nouvel Observateur

 

 


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De nouveaux gaz destructeurs d'ozone retrouvés dans l'atmosphère

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Quatre nouveaux gaz fluorés qui détruisent la couche d'ozone, dont trois appartenant à la famille des CFC pourtant bannis depuis 2010, ont été identifiés dans l'atmosphère où ils se sont accumulés à partir des années 60, selon une étude publiée dimanche.

 

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Ces substances creusent les fameux «trous» dans la couche d'ozone au-dessus des pôles, partie de l'atmosphère comprise entre 20 et 50 km d'altitude qui absorbe la plus grande partie du rayonnement solaire ultra-violet.

«Notre recherche a mis en évidence quatre gaz qui ne se trouvaient pas du tout dans l'atmosphère jusque dans les années 60, ce qui suggère qu'ils sont émis par l'activité humaine», écrivent les scientifiques, spécialistes de l'environnement, dans l'étude publiée dans la revue Nature Geoscience.

Ils ont analysé des échantillons d'air non pollués collectés en Tasmanie entre 1978 et 2012, et dans des carottes de neige au Groenland.


«L'identification de ces quatre nouveaux gaz est très inquiétante car ils vont contribuer à la destruction de la couche d'ozone», estiment-ils.

Leur origine n'a pas été identifiée mais certains hypothèses sont évoquées: produits chimiques utilisés pour la production d'insecticides et des solvants pour nettoyer les composants électroniques.

Les différences de concentration indiquent qu'ils ont été émis principalement dans l'hémisphère nord.


Trois des gaz sont des chlorofluorocarbures ou CFC, utilisés dans les systèmes de réfrigération et les aérosols, dont la production est désormais quasiment nulle, grâce au protocole international signé en 1985 à Montréal.

Le quatrième appartient à la famille des hydrochlorofluorocarbures ou HCFC, également utilisés dans les réfrigérateurs, les aérosols, ou les climatiseurs, et dont l'élimination progressive est en cours.


Plus de 74.000 tonnes de ces nouveaux gaz se sont accumulés dans l'atmosphère jusqu'en 2012. Il s'agit néanmoins d'une quantité très limitée quand on la compare aux émissions des CFC qui s'élevaient à plusieurs millions de tonnes dans les années 80.

Deux de ces gaz, un CFC et un HFCF, s'accumulent encore dans l'atmosphère, précise l'étude.

Jusqu'à présent, sept types de CFC et six HCFC étaient connus pour leurs effets destructeurs sur l'ozone.

La couche d'ozone a cessé de s'affiner à la fin des années 90 et certains signes montent qu'elle commence à se reconstituer, indique un des auteurs de l'étude, Johannes Laube de l'Ecole des sciences environnementales de l'Université d'East Anglia.

 


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La Chine veut combattre la pollution tout en ménageant sa croissance

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La Chine a "déclaré la guerre à la pollution", tout en reconduisant pour 2014 un objectif de croissance de 7,5%, a indiqué mercredi le Premier ministre Li Keqiang, avocat de réformes conduisant à un modèle économique "durable".

La deuxième économie mondiale avait enregistré en 2013 une croissance de 7,7%, répétant sa performance de 2012 --la plus faible depuis 13 ans. Si l'objectif officiel se concrétisait, ce serait le plus bas taux de croissance du géant asiatique depuis près d'un quart de siècle.


Le gouvernement veut soutenir l'activité, actuellement en net ralentissement, mais il entend aussi faire évoluer un modèle de croissance dont l'environnement a fait les frais, a averti Li devant l'Assemblée nationale populaire (ANP), le Parlement chinois.

Après trois décennies d'industrialisation et d'urbanisation à marche forcée, le pays, qui tire toujours du charbon plus de 70% de son énergie, étouffe régulièrement sous une âcre couche de pollution atmosphérique.

"C'est un avertissement de la nature face à un modèle de développement aveugle et inefficace. Nous devons résolument déclarer la guerre à la pollution, comme nous avons lutté contre la pauvreté!", a lancé le Premier ministre, en poste depuis tout juste un an.


-"Mission impossible"-


"50.000 chaudières à charbon seront supprimées cette année", les centrales thermiques seront modernisées et "six millions de véhicules anciens (?) seront mis à la casse", a-t-il précisé, assurant qu'un plafond serait fixé pour restreindre la consommation d'énergie du pays.

Quant aux "surcapacités de production" dans l'industrie lourde --ciment et acier notamment-- elles devront être éliminées, a-t-il ajouté.

De façon plus générale, Li Keqiang a réaffirmé son engagement à entreprendre des réformes structurelles pour "rééquilibrer" le modèle économique du pays.

Le gouvernement souhaite ainsi mettre l'accent sur la consommation intérieure plutôt que sur les exportations et investissements dans les infrastructures --quitte à voir se modérer la croissance à court terme.


Cependant, "ce sera mission impossible de concrétiser toutes les réformes promises par Li sans compromettre l'objectif de croissance", a observé Yao Wei, analyste de Société Générale, relevant que les mesures anti-pollution évoquées "ne sont pas exactement "pro-croissance"".

A contrario, si Pékin veut atteindre 7,5% de croissance et créer les 10 millions d'emplois supplémentaires qu'il a promis (contre 9 millions en 2013), il ne pourra le faire qu'en gonflant un endettement déjà menaçant ou "en sacrifiant l'avancée des réformes", a-t-elle résumé.


"La vérité, c'est que nous ne pouvons pas nous permettre de laisser la croissance tomber sous 7,5%", a affirmé de son côté aux médias Xu Shaoshi, président du NDRC, la plus haute instance de supervision économique.

Pour Ma Xiaoping, de la banque HSBC, en reconduisant la cible des 7,5% --qui était déjà l'objectif fixé en 2012 et 2013--, le régime veut insister sur son souci de stabilité autant que sur ses projets de réformes.


--Fragilité du système financier--


Lors d'un plenum du Parti communiste en novembre, le gouvernement avait dévoilé un ambitieux programme de réformes destinées à accorder "un rôle crucial" au marché, notamment en ouvrant le capital de grands groupes publics.

Li Keqiang en a rappelé mercredi les différents aspects, et a promis que les institutions bancaires allaient disposer d'une marge de manoeuvre accrue pour fixer leurs propres taux d'intérêts --encore étroitement supervisés par le pouvoir.

Il a en outre souligné que le yuan, dont la récente dépréciation avait surpris les marchés, resterait "stable, à un taux approprié et équilibré", même si la marge dans laquelle il fluctue --déterminée par les autorités-- "sera élargie".


Alors que la banque centrale a récemment durci sa politique monétaire pour endiguer l'envolée des crédits, "il faudra un assouplissement si on veut arriver à 7,5% de croissance", ont par ailleurs commenté les analystes de la banque ANZ.

Mais un tel assouplissement, "en redonnant de la vigueur à la finance de l'ombre" (activités de crédits officieuses qui alimentent l'endettement des entreprises et collectivités locales), pourrait "aggraver les risques dans le système financier", ont-ils souligné.

Et renforcer les risques de défauts de paiement: dernier cas médiatisé, le fabricant de panneaux solaires Chaori Solar s'est dit mardi incapable de s'acquitter d'intérêts dus sur des obligations émises par l'entreprise.


Ces inquiétudes n'assombrissaient pas en tout cas l'optimisme de Yu Tianliang, délégué du Parlement pour la province du Guangdong (sud), cette semaine à Pékin.

"A l'avenir, les marchés décideront de tout.. Il n'y aura pas de limites!", a-t-il déclaré à l'AFP, dans une interprétation peu orthodoxe de la ligne officielle du régime.

 

 


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INEDIT! Un Chinois poursuit les autorités à cause de la pollution

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Pour la première fois, un Chinois poursuit en justice les autorités pour ne pas avoir pris de mesures adéquates de lutte contre la pollution atmosphérique, rapporte mardi le journal chinois Yanzhao Metropolis.

Le plaignant vit à Shijiazhuang, capitale de la province du Hebei, une ville souvent sujette au smog. Il réclame aux services municipaux de protection de l'environnement des dommages et intérêts pour la pollution qui a envahi sa ville, comme une bonne partie du nord de la Chine, cet hiver.


"Je propose des indemnités administratives afin de permettre à chaque citoyen de voir que dans ce brouillard, nous sommes les vraies victimes", explique Li Guixin au journal.

Son avocat, Wu Yufen, n'a pas souhaité faire de commentaire en raison de la "sensibilité" du dossier. Li a déposé plainte auprès d'un tribunal de district, qui n'a pu être joint. On ignore également si son recours sera accepté.

Li Guixin dit avoir dépensé de l'argent pour se procurer des masques à gaz, un purificateur d'air et un tapis de course pour faire des exercices physiques à son domicile quand la pollution a atteint des niveaux particulièrement élevés en décembre.


"En plus de menacer notre santé, la pollution nous a infligé des pertes économiques qui devraient être compensées par le gouvernement et les agences environnementales car le gouvernement touche les taxes professionnelles, il en bénéficie", fait valoir le plaignant.

La pollution de l'air a atteint des proportions alarmantes ces derniers jours encore dans le nord de la Chine.

Pékin est plongée depuis plus d'une semaine dans un épais smog et près de 150 entreprises ont interrompu leur production à partir de mardi, rapporte l'agence Chine nouvelle.


La province industrielle du Hebei, qui entoure la capitale, connaît parmi les taux les plus élevés de pollution de la Chine.

Les autorités ont multiplié ces dernières années les mesures censées réduire la pollution de l'air, en renforçant notamment l'arsenal judiciaire en la matière.

Mais ces règles sont appliquées avec plus ou moins de zèle par les autorités locales, dont les finances sont alimentées en partie par les taxes payées par les industries polluantes.

 

 


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Enquête officielle sur la pollution en Chine

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Les autorités chinoises ont dépêché des équipes d'experts dans plusieurs régions du pays confrontées au pire épisode de pollution de l'air depuis des mois.

Douze équipes d'inspecteurs sont chargés d'évaluer la réponse des autorités locales à la dégradation de la situation dans ces régions, parmi lesquelles se trouvent la capitale, Pékin, la métropole voisine de Tianjin et la province du Hebei, a annoncé dimanche le ministère de la Protection de l'environnement.


Les experts vont visiter des chantiers de construction et des sites de production d'acier, de verre, de ciment et de charbon, a-t-il précisé, ajoutant que les éventuelles violations des règlements en vigueur seraient dénoncées publiquement.

Pékin a multiplié ces dernières les mesures censées réduire la pollution de l'air, en renforçant notamment l'arsenal judiciaire en la matière. Mais ces règles sont appliquées avec plus ou moins de zèle par les autorités locales, dont les finances sont alimentées en partie par les taxes payées par les industries polluantes.

A Pékin, qui vit depuis une semaine dans un épais nuage de pollution, les autorités ont porté pour la première fois vendredi le niveau d'alerte du système de surveillance de la qualité de l'air au niveau "orange", non sans avoir auparavant été critiquées pour leur inaction.


Le niveau "orange", le deuxième sur une échelle qui en compte quatre, recommande entre autres aux écoles d'éviter les activités sportives en plein air.

Parmi les autres mesures d'urgences adoptées ces derniers jours figurent la restriction partielle de la circulation automobile à Shijiazhuang, une ville proche de Pékin, a rapporté l'agence officielle Chine nouvelle. Les autorités ont aussi interdit les braseros et interrompu certains chantiers de construction.

 

 


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