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Roulette nucléaire - La vérité sur la source d'énergie la plus dangereuse sur Terre

Publié le par Gerome

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D'après l'interview de l'auteur avec Chelsea Green, éditrice du nouveau livre « Nuclear Roulette: The Truth About the Most Dangerous Energy Source on Earth » [Roulette Nucléaire - La vérité sur la source d'énergie la plus dangereuse sur Terre]. 

Chaque nouvelle catastrophe démontre que l'industrie nucléaire et le gouvernement mentent pour « éviter la panique » afin de préserver le mythe d'une énergie nucléaire « sûre et propre », et pour conserver les subventions du gouvernement. Tokyo et Washington ont chacun camouflé les risques radioactifs de Fukushima et - quand confrontés aux preuves - ils ont simplement élevé le niveau des risques « acceptables » pour que cela coïncide avec les plus forts niveaux d'exposition. 


« Roulette Nucléaire », démonte les arguments majeurs derrière le complexe industrio-nucléaire « Renaissance du Nucléaire ». Pendant que certaines critiques sont familières - l'énergie nucléaire est trop chère, trop dangereuse, et trop instable - d'autres sont surprenantes : « Roulette Nucléaire - La vérité sur la source d'énergie la plus dangereuse sur Terre » expose les liens historiques avec l'armement nucléaire, ses impacts sur les territoires et les vies des autochtones, et la façon dont la Commission de Régulation Nucléaire (CRN) se laisse trop souvent mener par l'industrie, ré-écrivant les règles pour que les centrales défaillantes restent conformes. Roulette nucléaire cite des archives de la CRN qui montrent comment des corporations diffèrent systématiquement l'entretien et ce qu'il y a à faire, dont le résultat sont des catastrophes évitées de justesse aux US, en moyenne plus d'une fois par mois. 

Truth Out a interviewé l'auteur du livre, Gar Smith 

Mark Karlin - La première partie de votre livre couvre quatorze arguments contre l'énergie nucléaire. Évoquons-en d'abord deux, en commençant avec celui incluant une partie de chacun des autres. Quels sont les dangers catastrophiques des centrales nucléaires que vous détaillez dans le chapitre quatre ? 

Gar Smith - L'énergie atomique est irréaliste à plusieurs niveaux. L'énergie nucléaire a prouvé qu'elle coûtait trop cher pour survivre sans l'aide du gouvernement et les renflouements des contribuables. L'énergie nucléaire est de manière inhérente peu fiable car les réacteurs doivent être régulièrement fermés pour remplacer les barres nucléaires de combustible usagé. Les réacteurs font aussi l'expérience de « fermetures imprévues », ce qui signifie qu'ils peuvent être hors service plus de 10 % du temps. En 2011, les propres archives de la CRN ont révélé qu'au moins 75 % des réacteurs US ont eu régulièrement des fuites de tritium. 

Les réacteurs nucléaires n'ont pas d'efficacité énergétique. Ils produisent bien plus de chaleur qu'ils ne peuvent en utiliser. Il faut au moins 500 000 gallons d'eau (1892 m3) par minute pour refroidir ces centrales. Même dans ce cas, environ les deux tiers de la chaleur est gaspillée et nécessite d'être évacuée dans les cours d'eau voisins ou dans l'atmosphère. Un réacteur est comme une voiture de sport construite pour voyager à 1 000 km/heure dans un monde où la vitesse est limitée à 100 km/heure. Pour la faire fonctionner en toute sécurité, vous avez besoin de garder en permanence le pied sur le frein. Et bonne chance si le frein casse. 

Le monde en est maintenant à trois catastrophes nucléaires en trente ans - avec explosions, incendies et fusions : Three Miles Island, Tchernobyl, et Fukushima. Ajoutez à cela le nombre croissant d'accidents avec les réacteurs vieillissants aux EU et dans le monde qui continuent de se fissurer, de fuir et de tomber en panne. Que l'industrie l'apprécie ou non, il est inévitable que des accidents nucléaires fassent de plus en plus la une des nouvelles du soir. 

Mark Karlin - Nous entendons tellement parler par l'industrie nucléaire de nouveaux réacteurs améliorés. Quelle est la réalité derrière cette affirmation ? 

Gar Smith - Alors qu'il y a de nouveaux modèles, pour l'instant aucun d'eux n'a été construit ou complètement testé. La plupart des soi-disant réacteurs de 4e génération ne seront probablement jamais construits. Les nouveaux réacteurs AP1000 en cours de construction en Georgie et Caroline du Sud ont des imperfections fondamentales de conception qui ont poussés le précédent président de la CRN à voter contre l'attribution d'une licence à ces réacteurs. La construction en Georgie de deux réacteurs AP1000 Vogtle (soutenus à coup de milliards de prêts garantis par les contribuables) a été perturbée par une construction bâclée et des matériaux de construction au rabais. 

En plus des nouveaux réacteurs proposés (qui opéreraient à des températures deux ou trois fois plus importantes que celles des réacteurs déjà existants), le Département de l'Énergie finance le démarrage de quelque chose appelé petit réacteur modulaire. Ces « mini-centrales », pourraient être hébergées dans un garage prévu pour deux voitures mais seraient probablement souterraines. Disperser ces petits réacteurs dans le paysage augmenterait les risques pour la sécurité, augmenterait les risques liés à l'approvisionnement et au transport, et ne ferait rien pour réduire le danger d'accidents des réacteurs et une libération habituelle de radioactivité. 

Soyons clairs: les centrales nucléaires ne génèrent pas d'électricité. Elles ne produisent que trois choses : une énorme quantité de chaleur (utilisée pour faire tourner les turbines qui génèrent l'électricité), des retombées radioactives (sous la forme de fuites « permises » qu'on peut relier aux tumeurs thyroïdiennes et aux leucémies infantiles) et des tonnes de déchets radioactifs 

L'énergie nucléaire a été récemment promue alternative propre aux énergies fossiles, mais même si l'énergie atomique fonctionnait sans carbone (ce qui n'est pas le cas), compter sur le nucléaire pour éliminer ne serait-ce que la moitié des émissions mondiales de CO2 produites par le soi-disant réchauffement climatique demanderait la construction de trente-deux nouveaux réacteurs par an. Cela ne rime à rien. 

Mark Karlin - Dans les années 50 et 60, il y a eu un grand mouvement anti-nucléaire en Europe et aux États-Unis avec de grandes manifestations contre les bombes et les centrales nucléaires. Qu'est-il arrivé ? On ne parle plus maintenant aux nouvelles de l'énergie nucléaire, sauf quand il y a un meltdown comme à Fukushima. 

Gar Smith - Hé bien, beaucoup de ces manifestations étaient présentés comme moyen de stopper la construction de nouveaux réacteurs. Une fois les réacteurs construits et en service, les manifestations n'avaient plus lieu d'être. Quant au manque général d'informations critiques, ceci pourrait être dû au fait que les réseaux d'informations majeurs sont des sociétés et qu'elles ont fusionné et il n'en reste donc plus que quelques-unes au fil des ans. Leurs intérêts sont ceux de société. 

Quand les retombées de Fukushima ont atteint la Côte Ouest, le public a été assuré que l'iode 131 de l'eau de pluie n'avait qu'une demi-vie de six jours. Mais si vous voulez savoir pendant combien de temps un isotope reste dangereux, multipliez la demi-vie par dix. 

Mark Karlin - Truth Out a récemment publié un extrait de « Roulette Nucléaire » concernant les relations publiques entre l'industrie et le gouvernement pour promouvoir l'énergie nucléaire. Comment cela se manifeste-t-il ? 

Gar Smith - Un ingénieur nucléaire a fait une fois la remarque suivante : « L'énergie nucléaire peut être sûre et l'énergie nucléaire peut être peu coûteuse. Seulement pas en même temps. » Les catastrophes nucléaires de Pennsylvanie, d'Ukraine et du Japon ont toutes démontré la même réponse de la part de l'industrie et du gouvernement - un orgueil démesuré, le déni et la tromperie. L'hypothèse de base est que la technologie ne peut jamais avoir d'échec. Quand elle est en échec, on nie l'existence du problème. Quand le problème se révèle hors de contrôle, on a recours à la tromperie pour éviter les responsabilités. 

Suite aux meltdowns de Fukushima, la Maison Blanche a faussement assuré au public que les retombées n'atteindraient pas les US. L'Agence de Protection de l'Environnement a ensuite omis de diffuser les preuves que ses moniteurs RadNet avaient détectées de l'iode et du césium radioactifs dans l'eau de pluie de la Côte Ouest. Au Japon quand le niveau de radiation s'est élevé au-dessus de niveaux « inoffensifs », Tokyo a répondu en élevant le niveau « acceptable » d'exposition aux radiations. Les US ont fait de même. Les US ont supprimé leur veille journalière de détection des retombées pour ne faire des tests que tous les trimestres. Avec les fusions à Fukushima toujours hors de contrôle, c'est indéfendable. 

Mark Karlin - Quelle est la position actuelle du président Obama sur le développement de l'énergie nucléaire ? 

Gar Smith - Ce fut George W. Bush qui tenta de créer une soi-disant « renaissance nucléaire » en accélérant les autorisations de réacteurs et en promettant à l'industrie des milliards de dollars par une aide financière du gouvernement. Obama a surpassé au début Bush, en offrant du gouvernement un montant double pour le renflouement nucléaire. Alors qu'Obama s'est engagé fortement dans des programmes de financement des énergies renouvelables, il reste toujours marié au lobby nucléaire. Fukushima en fournit l'exemple le plus flagrant. 

À la suite du triple meltdown, Tokyo a stoppé tous ses réacteurs (deux ont été ensuite redémarrés, mais leurs jours sont comptés depuis qu'on a découvert qu'ils se situent au dessus d'une faille sismique active.) Le Japon a publiquement annoncé ses plans pour fermer de manière permanente tous ses réacteurs d'ici 2030, mais a tout d'un coup changé son état d'esprit. Que s'est-il passé ? Selon des articles du Nikkei News Service, la secrétaire d'état Clinton a informé le premier ministre d'alors, Yoshihiko Noda que le plan anti-nucléaire japonais posait un problème à la « stratégie énergétique » américaine. On lui a conseillé de ne pas abandonner la voie nucléaire.(et le nouveau premier ministre Abe veut même faire construire de nouvelles centrales, NdT) 

Mark Karlin - Dans Roulette Nucléaire, vous abordez le danger des réacteurs vieillissants. Quelle est l'ordre de grandeur de ce danger aux États-Unis ? 

Gar Smith - En 2008, une étude du gouvernement a décelé que les « conditions dégradées » des réacteurs US vieillissants étaient responsables à 70 % de « problèmes de sécurité potentiellement sérieux » dans l'industrie. Malgré ces avertissements, l'industrie nucléaire a fait pression sur la CRN pour commencer à prolonger jusqu'à 60 ans la vie de 52 réacteurs américains vieillissants en service depuis 40 ans. En juin 2012, la CRN a envisagé de prolonger certains permis de fonctionnement jusqu'à 80 ans - deux fois la durée de vie prévue pour les réacteurs. 

Mark Karlin - Quel est le degré d'intimité de la CRN avec l'industrie qu'elle est censée réglementer ? 

Gar Smith - Quand Obama était candidat à la présidence en 2008, il appelait la CRN « l'agence moribonde...prisonnière de l'industrie qu'elle réglemente ». Il y a des gens corrects à la NRC mais, trop souvent, elle (comme les autres agences du gouvernement) agit moins comme gendarme et davantage en complice. Grâce à ce complexe industrialo-régulateur, la CRN a réécrit à plusieurs reprises le cahier des charges pour autoriser des centrales défaillantes à recevoir une accréditation. 

Une enquête de l'Associated Press de 2011 a révélé la manière dont la CRN « travaille en étroite collaboration avec l'industrie nucléaire pour perpétuer les normes de sécurité aux réacteurs actifs vieillissants de la nation en assouplissant au fur et à mesure ces normes ou simplement en oubliant de les appliquer. » 

Mark Karlin - Vous consacrez un chapitre aux catastrophes évitées de justesse et à d'incroyables incidents. Pouvez-vous nous en parler ? 

Gar Smith - Il y a eu dans le monde plus de 50 catastrophes nucléaires majeures depuis 60 ans - comme des incendies, des explosions et des meltdown qui ont causé des morts, des évacuations de masse et une contamination permanente de territoires sous le vent. 11 ouvriers au moins ont été tués dans des accidents de réacteurs aux États-Unis. Trois techniciens de l'armée ont été tués dans une explosion d'un réacteur d'état dans l'Idaho en 1961 (leurs corps ont dû être ensevelis dans des cercueils en plomb). Huit autres ouvriers ont été tués dans une série de trois explosions en l'espace de 14 ans au réacteur Surry en Virginie. 

En plus de ces décès, il y a eu un grand nombre de catastrophes évitées de justesse. En 1975, un ouvrier qui se servait d'une bougie pour détecter des fuites d'air a mis accidentellement le feu à la centrale Browns Ferry en Alabama. L'incendie a fait rage pendant plus de 7 heures et l'un des deux réacteurs est presque entré en fusion. 

En 1981, les deux réacteurs de San Onofre en Californie ont été stoppés pour réparer 6000 tubes de générateur de vapeur. Pendant le redémarrage la centrale a pris feu, mettant hors service l'un des deux groupes électrogènes de la centrale. En février 2012, un problème identique de tube de vapeur a entraîné une libération d'hydrogène qui a de nouveau fait stopper les réacteurs de San Onofre. Malgré une deuxième fuite d'hydrogène en octobre, les exploitants de la centrale ont demandé à la CRN la permission de redémarrer un réacteur et de le faire fonctionner pendant cinq mois à 70 % de ses capacités pour « voir s'il est sûr ». 

En 2002, des inspecteurs de l'Ohio ont découvert un « trou dans la tête » de la cuve d'un réacteur à la centrale Davis-Besse. La corrosion était tellement importante qu'elle risquait de déclencher une énorme explosion et des fuites de radiations. 

Il est important de savoir que les réacteurs de Fukushima ont été conçus et construits par General Electric (GE) et 23 de ces réacteurs dans le style de Fukushima sont actuellement installés sur 16 sites dans 12 états américains. Quand la super-tempête Sandy a frappé la côte est, elle a mis hors service cinq réacteurs dans son sillage - dont trois réacteurs de GE style-Fukushima. Un réacteur de Nine Mile Point a été fermé, un réacteur Fitzpatrick a pris feu, et un réacteur noyé d'Oyster Creek est passé à deux doigts de désactiver les pompes de refroidissement du combustible usagé. (si celles-ci étaient tombées en panne, le « dépannage » recommandé était d'utiliser un « tuyau à incendie » pour refroidir la centrale.) 

L'énergie nucléaire est exponentiellement plus dangereuse que toute autre source d'énergie. Les réacteurs ont été conçus pour fonctionner sur une planète plus bienveillante - et non dans un monde ravagé par d'importants séismes, des éruptions solaires épiques, des ouragans extrêmes, des inondations, des incendies et des sécheresses. 

Mark Karlin - Vous concluez avec un chapitre sur les alternatives à l'énergie nucléaire. Quelles en sont les principales et pourquoi ne nous dirigeons-nous pas vers elle avec énergie ? 

Gar Smith - Je suis content que vous me posiez cette question. Malgré toute l'attention portée aux inconvénients de l'énergie nucléaire, il est important de noter que le dernier tiers du livre est consacré aux solutions. 

L'éolien est le secteur énergétique mondial avec la plus rapide expansion. Le potentiel pour des éoliennes terrestres est estimé 20 fois plus grand que la consommation actuelle mondiale de courant électrique. Alors qu'il a fallu 24 ans pour construire le dernier réacteur américain, une turbine éolienne de 1,5 mégawatt peut être installée en une seule journée et produira de l'électricité en quelques semaines. En Californie, 100.000 panneaux solaires de toiture génèrent plus de 1 gigawatt d'électricité propre. 

Ces technologies sont soumises à des approches de structure nouvelles allant des micro-réseaux technologiques mixtes aux appropriations et à la production par les municipalités. Et il existe des options politiques qui promettent d'accroître leur efficacité, de réduire la consommation et d'inaugurer un âge de ''démocratie énergétique'' où l'énergie est produite localement par les propriétaires de maison à la place des services commerciaux. 

Il n'y a qu'à regarder en Allemagne, la chancelière Angela Merkel qui était partisan du nucléaire jusqu'à l'accident de Fukushima. Elle a aujourd'hui fait fermer huit des 17 réacteurs du pays et prévoit d'achever la transition vers un sans nucléaire d'ici 2022. En deux ans, l'Allemagne a ajouté au réseau plus de dix gigawatts d'énergie solaire et a fait ouvrir des parcs éoliens en mer. 

Quel est l'obstacle ? Une élite puissante et établie domine la politique énergétique américaine. Une disparité croissante de la richesse a transformé les US. Notre démocratie en difficulté a été remplacée par une ploutocratie étrangleuse. Comme tous les autres fournisseurs d'énergie, l'industrie nucléaire est profondément implantée dans la vie économique et politique des US. À chaque fois qu'on autorise une grande richesse et du pouvoir, ceux qui profitent de cette concentration cherchent inévitablement à défendre et étendre leur contrôle - peu importent le coût de la santé publique, la démocratie ou même le bien-être à long terme de la planète. 

Mark Karlin - Ernest Callenbach et Jerry Mander ont écrit dans la préface de Roulette Nucléaire : « Ce serait un départ de bon augure pour notre nouveau siècle si nous pouvions encourager un mouvement revitalisant pour stopper toute production nucléaire et fermer immédiatement toutes les installations nucléaires - militaires ou civiles. Puis nous pouvons utiliser nos compétences et ressources pour trouver de vraies solutions au vrai défi de notre temps : le changement vers une société durable, en paix et à l'énergie raisonnée. » Qu'est-ce qui rendrait possible une telle transformation de notre culture et de notre politique ? 

Gar Smith - Certains ont déjà commencé la transition entre les combustibles fossiles et les énergies propres. L'approche énergétique du style creuse-brûle-jette est mise au défi par de nouvelles technologies qui récupèrent une énergie propre et gratuite qui se déverse du ciel sous la forme de rayons de soleil et de brises. 

Le monde n'est plus seulement à court de combustibles fossiles obtenus à bas prix ; nous sommes aussi à court de minerai d'uranium à haute teneur. Comme toutes ces ressources minérales ne sont pas infinies, une sorte de transition est inévitable. La seule question est, combien de dégâts allons-nous entre-temps infliger à l'humanité et à la santé de la planète ? 

Nous avons vraiment besoin de tourner notre attention vers le démantèlement de nos réacteurs. Il est sûr qu'un démantèlement est un processus long et coûteux, mais il est infiniment plus accessible que celui d'une décontamination suite au meltdown d'un seul réacteur nucléaire. Le démantèlement d'un réacteur peut coûter 10 milliards de dollars sur 10 ans, mais nettoyer le chantier de Fukushima devrait coûter 137 milliards de dollars et prendre 30 ans. 

À quoi pourrait ressembler le futur ? Regardez l'Arabie Saoudite. Même la famille royale saoudienne a compris. Le royaume a récemment annoncé des programmes d'installation à grande échelle d'énergies renouvelables pour les
20 prochaines années.

 

 


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Les 10 filières industrielles les plus toxiques au monde

Publié le par Gerome

Un récent rapport a mesuré l’impact sanitaire de la pollution dans le monde. Il couvre 49 pays et met en évidence des niveaux critiques et un impact comparable à celui de la Malaria et de la tuberculose. Dix industries sont montrées du doigt.

 

 

Le Rapport 2012 des points noirs de la pollution dans le monde a été publié par le Blacksmith Institute[1] et La Croix Verte suisse[2]. Cette étude, a calculé, pour la première fois, l’impact sanitaire de la pollution dans 49 pays, donnant ainsi un aperçu très complet du tribut payé par l’homme à la pollution. Le rapport intitulé « The World’s Worst Pollution Problems »[3] révèle que l’impact sanitaire est comparable ou pire à celui de plusieurs maladies graves ou mortelles affectant plusieurs millions de personnes dans le monde. L’ampleur du problème est comparable à l’impact de la malaria et de la tuberculose, qui sont bien mieux connus. Le rapport identifie en outre les dix secteurs industriels qui portent la plus lourde responsabilité à cet égard, et il présente des solutions réalistes.


Dans les 49 pays passés au crible par le rapport, 125 millions de personnes sont exposées à des pollutions qui affectent leur espérance de vie. C’est un tiers de plus que le rapport de l’année dernière (100 millions de personnes affectées). Ceci s’explique avant tout par une meilleure identification des sites polluants. A ce titre, les prochains rapports devraient encore porter ces statistiques à la hausse.

 

 

D’après les recherches du Blacksmith Institute et de ses partenaires, l’impact de ces sites industriels sur la santé des populations est très significative. Par exemple, 98% des adultes et 99% des enfants affectés par une exposition au plomb vivent dans des pays à faible et moyen revenus.

Le rapport publié cette année identifie les polluants les plus courants rencontrés dans les traitements industriels, et dont l’impact sanitaire est quantifiable. Il retrace leurs usages industriels et risques sanitaires associés. Il dresse ensuite la liste des dix sources/industries les plus polluantes et propose des solutions et opportunités de mise en œuvre de mesures de nettoyage et de prévention qui permettront d’épargner des vies.

 

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Situation des sites pollués identifiés par le rapport 2012
© Blacksmith Institute


Une contribution majeure de ce nouveau rapport est l’effort de quantification de la véritable portée du risque de pollution par la mesure des impacts sanitaires dans le monde des sites contaminés situés dans 49 pays aux revenus faibles ou modestes. C’est la première fois que ce calcul a été fait pour mesurer le nombre de décès dus à la pollution à une telle échelle. Le précédent rapport avait préparé le terrain en évaluant l’impact pathogène de sites contaminés pris séparément.


« Le rapport insiste sur le fait que nous sommes arrivés à un tournant où il est indispensable de reconnaître pleinement l’impact sanitaire des pollutions toxiques. Le danger mortel lié à la pollution risque de s’aggraver dans le monde alors que les industries sont pressées de répondre à des besoins sans cesse croissants. Les plus sévèrement touchés seront les pays pauvres et modestes dans lesquelles la réglementation en matière de prévention des pollutions industrielles ne suit pas, » explique Richard Fuller, Président du Blacksmith Institute.


« Alors même que près de 125 millions de personnes sont menacées par la pollution, celle-ci reste l’un des problèmes les moins bien reconnus dans le monde. On consacre comme il se doit des sommes et des efforts colossaux pour des maladies telles que la tuberculose et la malaria. Et l’on est frappé du déficit d’intérêt que suscitent les sites toxiques comparé à l’ampleur de l’action internationale et des gouvernements au niveau local pour éradiquer et soigner ces maladies. Pourtant, le rapport montre que ces sites sont largement responsables des pathologies dans le monde, » ajoute le Dr. Stephan Robinson, Responsable du service Déchets et dépôts toxiques (Waste and Legacy) de la Croix Verte Suisse.


La mortalité due à la pollution industrielle est plus élevée que la malaria ou la tuberculose

L’impact de la pollution est mesuré en Disability Adjusted Life Years, ou DALY (espérance de vie corrigée d’un facteur d’invalidité) qui calcule le nombre d’années de vie imputables à une mort précoce et la perte de qualité de vie due aux maladies.

Le calcul du DALY autorise la comparaison entre différents types de risques de santé publics, en tenant compte tant de la sévérité que de la durée d’une maladie donnée. Les céphalées chroniques, par exemple sont assorties d’un facteur plus faible dans l’échelle DALY que les conséquences comme la cécité ou le cancer.


Le rapport conclut que l’impact pour la santé publique mondiale des polluants industriels, mesuré en DALY, est égal ou supérieur à celui de quelques-unes des maladies les plus graves. Le rapport montre que l’exposition aux contaminants sur les décharges de produits dangereux analysées dans 49 pays se traduit par plus de 17 millions de DALY. En comparaison, la malaria c’est 14 millions de DALY, la tuberculose 25 millions de DALY et le SIDA près de 29 millions dans les pays couverts par l’étude. Bien qu’ils ne soient pas définitifs, ces chiffres donnent une bonne idée de l’échelle du problème.


Une recherche scientifique

Le rapport de 2012 découle d’une analyse des données collectées sur le terrain par le Toxic Sites Identification Program (programme d’identification des sites toxiques) du Blacksmith Institute sur une période de trois ans. Des milliers de sites toxiques ont ainsi été évalués dans des pays situés dans l’échelle moyenne à basse des revenus. Les estimations d’impact s’appuient sur le corpus de recherches produit par les études sur le terrain. Cette source, complétée des informations toxicologiques émanant de L’Organisation Mondiale de la Santé, de la U.S. Environmental Protection Agency et autres autorités en matière de santé publique, ont permis au Blacksmith Institute de quantifier les problèmes de pollution les plus fréquents et préoccupants.


Les filières industrielles les plus toxiques

Les dix secteurs industriels classés par ordre de toxicité (en DALY (Disability Adjusted Life Year)

  1. Recyclage des batteries au plomb : 4 800 000
  2. Production du plomb : 2 600 000
  3. Activités minières : 2 521 600
  4. Tanneries : 1 930 000
  5. Sites de décharge industriels/municipaux : 1 234 000
  6. Sites industriels : 1 060 000
  7. Orpaillage artisanal : 1 021 000
  8. Industries manufacturières : 786 000
  9. Pétrochimie : 765 000
  10. Teinture : 430 000

Le plomb est l’élement trace métallique le plus problématique, il a été identifié dans plus de 500 sites pollués et affecte environ 16 millions de personnes dans les 49 pays étudiés par le rapport.


Des industries délocalisées qui profitent aux pays développés

Au delà du regard apitoyé que nous pouvons porter sur le sort de ces populations vulnérables et défavorisées, notre responsabilité est engagée. En effet, ces filières industrielles nous sont profitables : elles contribuent à produire les biens de consommation que nous utilisons quotidiennement : batteries, équipements électroniques, vêtements, bijoux, produits manufacturés, plastiques…


Les pays développés et en premier lieu l’Europe se targuent d’émettre moins de polluants dans le milieu naturel, mais c’est aussi et surtout le fait des délocalisations des filières polluantes  dans les pays à faible et moyen revenus où la législation et le coût du travail sont bien plus attractifs.
Ainsi, l’OCDE estime que la production totale de produits chimiques en 2020 sera 85 % plus importante qu’en 1995 et que près d’un tiers de celle-ci se fera dans les pays en voie de développement contre environ 1/5 en 1995.


Malheureusement les populations des pays en voie de développement sont plus vulnérables aux polluants chimiques qui proviennent des process industriels par manque de connaissance, de bonnes pratiques, de règles de sécurité. De surcroît, elles souffrent d’un déficit d’infrastructures de santé ou n’y ont pas suffisamment accès. Enfin, les populations les plus pauvres sont souvent carencées au niveau de l’alimentation et de l’hygiène de vie, ce qui augmente les risques sanitaires et la vulnérabilité aux polluants industriels, particulièrement chez les enfants.


D’où la nécessité, une nouvelle fois, de réduire notre consommation à l’essentiel et d’opter pour un autre modèle de développement où l’acte d’achat n’est plus le moteur d’un pseudo bonheur.


Notes
  1. Le Blacksmith Institute est une organisation internationale à but non lucratif dédiée à la résolution des problèmes de pollution mortelle dans le monde en voie de développement. Spécialiste mondial dans ce domaine, le Blacksmith Institute répond à un besoin essentiel qui est d’identifier et de nettoyer les sites les plus gravement pollués dans le monde, et en priorité ceux dont la pollution met des vies humaines, plus particulièrement celle d’enfants, en danger. Basée à New York, l’Institut Blacksmith agit dans le cadre de partenariats avec les pouvoirs publics, la communauté internationale, les ONG et des collectivités locales, afin d’élaborer et de mettre en œuvre des solutions innovantes et économiquement viables pour sauver des vies. Depuis 1999, le Blacksmith Institute a mené à bien 50 chantiers d’assainissement et en conduit actuellement plus de 30 dans 15 pays.

  2. La Croix Verte Suisse facilite la réparation de dommages substantiels causés par des désastres industriels et militaires et l’assainissement des sites contaminés pendant la Guerre Froide. Elle a pour objectif d’améliorer la qualité de vie des populations affectées par les contaminations chimiques, radioactives et autres, et de promouvoir le développement durable dans un esprit non de confrontation mais de coopération.

  3. Le Rapport 2012 « World’s Worst Pollution Problems » est le dernier d’une série de rapports sur la pollution qui sont publiés chaque année depuis 2006 qui dresse l’état des lieux des pires pollutions dans le monde. Ces rapports ont permis une prise de conscience collective de l’impact sanitaire des pollutions toxiques, et ont pu, dans certains cas, obliger au nettoyage de points noirs de pollution. Ces rapports sont publiés conjointement par le Blacksmith Institute et La Croix Verte Suisse depuis 2007. Tous les rapports sont téléchargeables sur www.worstpolluted.org.

 

 

 

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Pollution de l'eau potable confirmée à proximité d'exploitations de gaz de schistes

Publié le par Gerome

Fin septembre 2012 se tenait une conférence sur les gaz de schistes "The changing outlook for U.S. energy : will shale gas transform America's future ?". Organisée par le "Howard Baker Forum" et le "Lawrence Livermore National Laboratory", cet évènement a rassemblé les principaux décideurs dans le secteur du gaz de schistes : hommes politiques, économistes, experts académiques et industriels. Les intervenants ont porté un message globalement rassurant sur la fracturation hydraulique, estimant que les pollutions qui avaient pu être liées aux exploitations de gaz de schistes étaient associées à de mauvaises pratiques ou à une insuffisante réglementation.  

 

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Au même moment, l'Institut d'études géologiques des Etats-Unis (United States Geological Survey - USGS) a publié les résultats de l'analyse de sources d'eau potable à Pavillion, au Wyoming[1], une région où opèrent de nombreuses exploitations de gaz de schistes. Les tests montrent la présence d'importantes concentrations de gaz comme l'éthane, le propane ou le diesel, dans une eau supposée être potable, ce qui a relancé le débat sur l'impact environnemental et sanitaire de la fracturation hydraulique.

Ces résultats viennent confirmer ceux obtenus par l'Agence de protection de l'environnement américaine (Environmental Protection Agency - EPA) lors d'une étude préliminaire publiée l'année dernière[2]. Cette étude établissait un lien entre les liquides utilisés pour la fracturation et la pollution des ressources d'eaux souterraines. Ces premiers résultats indiquaient déjà la présence de produits chimiques de synthèse, de benzène et de méthane, en concentration bien supérieures aux niveaux autorisés par la réglementation américaine ("Safe Drinking Water Act"). Ces travaux avaient été validés par une étude indépendante en avril dernier[3], mais la confirmation des résultats par l'USGS est d'autant plus importante que l'administration de l'état du Wyoming et l'industrie du gaz et du pétrole, qui avaient critiqué la méthode utilisée par l'EPA, ont cette fois-ci participé à l'élaboration du protocole.



L'EPA avait obtenu des résultats similaires dès 2010 à la suite d'inquiétudes exprimées par les habitants de la région de Pavillion au sujet de la qualité de leur eau. En liaison avec le Ministère de la santé, et l'Agence des substances toxiques et des maladies (Department of Health, Agency for Toxic Substances and Disease Registry), l'EPA avait alors mis en place des recommandations pour les détenteurs de puits de Pavillion[4], les incitant à alterner leurs sources d'eau à usage domestique et à demander l'installation d'un système de ventilation dans les salles d'eau des particuliers. La société canadienne Encana, qui détient les droits d'exploitation de gaz de schistes à Pavillion, avait alors nié toute responsabilité dans une éventuelle pollution, mais s'était néanmoins engagée à prendre en charge les coûts engendrés par l'achat d'eau minérale.

Les résultats de l'USGS ne précisent pas la cause de la pollution observée au Wyoming mais ils relancent un débat en cours depuis plusieurs années aux Etats-Unis sur l'impact de la fracturation hydraulique sur la qualité de l'eau potable à proximité des zones d'exploitation. L'industrie du gaz de schiste a toujours réfuté tout lien de causalité entre le liquide de fracturation et la pollution observée. Les associations environnementales citent néanmoins plusieurs cas dans lesquels l'eau d'une région s'est trouvée fortement polluée à la suite d'exploitations de gaz de schistes (au Wyoming et en Pennsylvanie notamment . 

L'EPA, qui, en application de la loi fédérale sur l'eau (Safe Drinking Water Act), est responsable de la protection de la qualité de l'eau potable, n'a pas autorité en matière d'injections hydrauliques pour l'exploitation de gaz - sauf si celles-ci comportent du diesel -, en dépit de l'exemption controversée votée par le Congrès en 2005[7]. Cette loi s'appuyait alors sur une étude de l'EPA publiée en 2004 et qui se limitait à l'étude des gisements de gaz méthane d'origine houillière ("coalbed methane"), qui concluait à l'absence d'impact sur les réserves d'eau souterraines . Depuis, l'EPA a estimé qu'il était nécessaire de mener une étude sur les impacts environnementaux de la fracturation hydraulique. Les premiers résultats sont prévus d'ici la fin de l'année et les conclusions définitives pour 2014

Le fluide utilisé lors de la fracturation hydraulique est principalement composé d'eau et d'agent de soutènement (près de 99% en volume), auxquels sont ajoutés des produits chimiques pour améliorer l'efficacité de la fracturation. Si la composition de ce fluide varie selon les exploitations et relève du secret pour les exploitants, il se compose généralement de dizaines de produits chimiques différents (solvants, émulsifiants, acides, ...), dont certains sont reconnus comme cancérigènes ou toxiques. De nombreuses recherches sont actuellement conduites pour améliorer ce fluide et le rendre plus "écologique". A titre de démonstration de l'innocuité de son produit, le PDG d'Halliburton a récemment bu en public un verre de liquide de fracturation utilisé par sa société[10].

Les risques potentiels de pollution des nappes phréatiques liés à la fracturation hydraulique sont de plusieurs ordres. Tout d'abord, le processus de fracturation requiert des quantités très importantes d'eau: de 10 000 à 15 000 mètres cubes d'eau par puits soit l'équivalent de la consommation annuelle d'une centaine de personnes. Une telle demande pourrait donc entrer en conflit avec les besoins en eau potable des habitants d'une région. Dans les régions sans réserves en eau suffisamment importante, le transport de l'eau en camions-citernes -ce qui peut nécessiter jusqu'à 4 000 allers retours de camions par puits- est une source de pollution de l'air et de nuisances pour les populations (dégradations des infrastructures routières non adaptées, nuisances sonores, poussières, ...).

Par ailleurs, la totalité du fluide de fracturation ne peut actuellement être récupérée, et une partie de l'eau contaminée se retrouve donc bloquée sous la surface. En principe, cette eau est à un niveau plus profond que celui des nappes phréatiques et les couches géologiques étanches les séparant empêchent la propagation des polluants. Quant au traitement des effluents, la question n'est guère plus simple puisqu'il faut dépolluer des quantités d'eau très importantes, pour éliminer des dizaines de produits chimiques. De plus, lors de la fracturation de la roche, des éléments radioactifs, présents dans la roche, peuvent se détacher et contribuer à la pollution de l'eau. Les stations de traitement des eaux traditionnelles ont rarement la capacité de traiter de tels produits et de telles quantités d'eau. Or, un mauvais traitement de ces eaux polluées a des conséquences dramatiques pour la qualité de l'eau en aval et donc à terme pour l'eau potable des régions avoisinantes.

D'autres risques sont également évoqués au cours du procédé de fracturation. En cas de rupture d'étanchéité du tubage réalisé dans le puits, une fuite de méthane peut survenir et remonter vers les nappes phréatiques (ce qui n'est pas répertorié dans la réglementation comme un danger direct pour la santé, mais rend l'eau très inflammable. De même, une fuite du liquide de fracturation pourrait polluer les nappes phréatiques. Si l'utilisation de ce fluide n'est selon les études actuelles, pas dangereuse, parce que libéré à une grande profondeur, une fuite ou le non-respect des précautions nécessaires au procédé de fracturation pourraient entraîner une telle fuite. Enfin, dans le cas d'un accident en surface, le liquide de fracturation peut polluer les eaux de surface et les terres avoisinantes. L'étude de l'EPA devrait permettre de comprendre plus précisément les risques et d'adopter des réglementations plus appropriées au niveau des états ou au niveau fédéral.

 

 


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Catastrophe écologique en Louisiane à cause de la fracturation

Publié le par Gerome

Elle n’a fait l’objet que de quelques manchettes et c’est pourtant une catastrophe écologique sans précédent qui s’est déroulée le 3 août dernier en Louisiane (Etats-Unis). En l’espace d’une nuit, plus de trois hectares de forêts marécageuses ont été engloutis, laissant place à un gouffre géant rempli d’eau, de saumure, de pétrole et de gaz naturel. D’après le site Truth-Out, les premiers signes du désastre sont apparus au printemps 2012 avec l’apparition de bulles dans les bayous, ces étendues d’eau formées par les anciens bras du Mississippi. Puis les résidents du comté d’Assumption Parish ont commencé à ressentir de petits tremblements de terres. Avant que la terre ne finisse soudainement par céder.

 

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La compagnie Texas Brine est dans le viseur des autorités publiques. Cette entreprise de forage et stockage basée à Houston traite depuis des années une caverne de sel souterraine, située sous la zone du gouffre, recourant à des techniques de fracturations, similaires à celles utilisées pour extraire les gaz de schiste. La saumure salée produite par ses puits est un élément vital pour l’industrie pétrochimique, rappelle Truth-Out. Des puits de forage pouvant atteindre 500 mètres ont été creusés pour repousser la saumure vers la surface.

 

Or, selon certains géologues, « la pression dans la caverne aurait provoqué un "frack out" ». Autrement dit, la pression pour extraire la saumure de manière verticale aurait été trop forte, fracturant la roche vers la surface et provoquant l’effondrement de terrain.


Quatre mois après les faits, 300 résidents vivant à proximité du gouffre dénommé « Bayou Corne » n’ont toujours pas pu regagner leur domicile. La compagnie Texas Brine est astreinte au versement d’une somme hebdomadaire de 875 $ à chaque ménage évacué. La société a également été condamnée à une amende de 100 000 $ par le commissaire de la Conservation de Louisiane, ce 1er décembre, pour ne pas avoir empêché la contamination des cours d’eau avoisinants. A l’heure actuelle, des quantités incalculables de pétrole et de gaz continuent de s’échapper de Bayou Corne. Un avant goût des impacts de la fracturation hydraulique des hiles et gaz de schiste ?

 

 


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Du cannabis pour nettoyer les sols radioactifs de Fukushima

Publié le par Gerome

Utiliser de la marijuana pour décontaminer les sols souillés par l’accident nucléaire de la centrale de Fukushima ? L’idée peut paraître farfelue, mais elle a pourtant fait ses preuves à Tchernobyl.

Des spécialistes en décontamination avaient en effet testé l’efficacité du cannabis, et aussi du tournesol, pour nettoyer les terres contaminées près de la centrale ukrainienne de Tchernobyl.

 

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L’idée était de planter des espèces végétales qui ont une forte capacité de bioaccumulation pour que leurs racines absorbent les contaminants pour les stocker en leurs parties aériennes, lesquelles seraient ensuite incinérées.

Si l’utilisation du cannabis peut faire sourire, le procédé, lui, est tout ce qu’il y a de plus sérieux. De quoi s’agit-il exactement ? De la phytoremédiation, une technique de décontamination méconnue, mais qui gagne en popularité.

Slavik Dushenov, un spécialiste en biologie végétale et écologie de sols et l’un des premiers scientifiques à s’être intéressés à la phytoremédiation, avait participé à l’époque aux travaux menés par le gouvernement ukrainien pour décontaminer les sols de Tchernobyl.

Et le cannabis s’était montré capable d’extraire du sol les radionucléides présents à Tchernobyl – les mêmes qu’à Fukushima –, soit le césium 137, le strontium 90 et l’uranium.

« Nous avons démontré à Tchernobyl que la phytoremédiation par le chanvre est une technique possible pour enlever des radionucléides contenus dans les sols lorsqu’on est en présence d’une large surface faiblement contaminée », explique M. Dushenkov.

À son avis, la phytoremédiation pourrait être utile pour décontaminer les terres japonaises puisqu’elle est une technique avérée en gestion environnementale. « Cela pourrait être fait avec du cannabis ou tout autre plante hyperaccumulatrice, du moment qu’elle est adaptée aux caractéristiques du sol et au climat de cette région », dit Slavik Dushenov.

Hydrocarbures, solvants, métaux lourds

L’idée d’utiliser la phytoremédiation a d’ailleurs été avancée il y a quelques semaines par le Commissariat à l’énergie atomique, un organisme public français qui apporte présentement son expertise en nucléaire aux autorités japonaises, selon le quotidien français Midi libre.

« Cette technique est relativement récente au Québec, mais elle peut être très efficace pour nettoyer les sols contaminés aux hydrocarbures, aux solvants, aux pesticides et aux métaux lourds comme les radionucléides », explique Michel Labrecque, chercheur à l’Institut de recherche en biologie végétale de l’Université de Montréal.

Difficile de dire pour l’instant si le cannabis – ou plus précisément le chanvre industriel, donc exempt du fameux THC qui procure l’effet psychotrope – serait approprié pour le Japon.

Mais il possède assurément les caractéristiques d’une plante hyperaccumulatrice. « Il est caractérisé par une croissance rapide et une grande biomasse. Il a la capacité de séquestrer les métaux lourds par ses racines pour ensuite les pomper vers sa tige, ses feuilles et ses fleurs », explique Philippe Giasson, professeur associé en sciences de la Terre et de l’atmosphère à l’Université du Québec à Montréal (UQAM).

« Certaines espèces ont la capacité d’absorber jusqu’à 3 % de leur poids sec », précise le chercheur.

Processus long mais peu coûteux

D’autres espèces ont déjà fait leurs preuves avec les métaux lourds. C’est notamment le cas des plantes appartenant à la famille des composées (tournesol, chicorée), des brassicacées (colza, chou), des graminées (bambou, maïs), ainsi que certains arbres et arbustes, entre autres certaines espèces de peupliers et de saules.

Si l’avantage de la phytoremédiation réside dans le processus naturel de la chose, l’absence de perturbation des sols et son faible coût, elle comporte certains désavantages. Le processus peut être très long. « La phytoremédiation n’est peut-être pas appropriée si on veut nettoyer un sol rapidement. Pour les sols très contaminés, ça peut prendre jusqu’à 50 ans », indique Michel Labrecque.

Il faut aussi éviter que les animaux consomment les végétaux et il faut bien entendu s’en débarrasser puisque les plants se retrouvent à leur tour contaminés. « Les plantes peuvent être incinérées à basse température (environ 500 °C) afin que seule la matière organique et non les contaminants brûle. Ils se trouvent alors concentrés dans les cendres. C’est une matière dangereuse à gérer, mais c’est mieux que d’avoir à gérer des tonnes de terre contaminée », explique Philippe Giasson.

 

 


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