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En Chine, des ONG accusent Apple d'utiliser des sous-traitants qui polluent

Publié le par Gerome

La gravité de la pollution industrielle en Chine, et l'incapacité, ou la mauvaise volonté dont font preuve les autorités pour faire respecter les normes et mettre au pas les pollueurs, conduisent les ONG chinoises de l'environnement à se montrer de plus en plus agressives. Le rôle pivot qu'occupe la Chine au sein des chaînes d'approvisionnement des multinationales leur procure en outre, un nouveau moyen de pression.

 

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Deux nouvelles affaires illustrent ce phénomène. La première concerne une région de la province du Yunnan où des déversements sauvages de résidus de chrome, un métal lourd, depuis vingt ans, ont provoqué un désastre écologique et sanitaire non loin d'un affluent de la rivière des Perles, qui coule jusqu'à Canton. Les prélèvements effectués sur place par Greenpeace montrent que la pollution atteint les nappes phréatiques. Plusieurs ONG s'apprêtent à porter plainte contre les usines responsables.



La seconde affaire touche la vaste chaîne de sous-traitance d'Apple, épinglée dans un nouveau rapport mis en ligne par un groupe d'ONG chinoises mené par l'Institut des affaires publiques et environnementales (IPE), spécialiste de la pollution des eaux. Les auteurs déplorent que la compagnie américaine, malgré une première étude publiée en janvier, "a systématiquement manqué de répondre à nos demandes d'information au sujet des violations environnementales le long de sa chaîne d'approvisionnement", expliquent-ils.



En cinq mois d'enquête, ils affirment toutefois avoir rassemblé des éléments accablants sur les rejets polluants de 27 "sous-traitants supposés" de la marque. Comme des prélèvements in situ, mais aussi des données recueillies auprès des agences locales de l'environnement, ainsi que des plaintes et des témoignages de riverains.

C'est le cas par exemple du fabricant de circuits imprimés, Meiko Electronics, à Guangzhou et Wuhan, verbalisé à maintes reprises pour avoir violé les normes environnementales régissant le rejet de métaux lourds. Toutes sortes de manquements ont également été identifiés dans les procédures de transport et de traitement des déchets dangereux.



IRRESPONSABILITÉS ET DÉNIS



En réponse à ces accusations, Apple évoque les audits effectués chez ses sous-traitants. Mais le rapport s'interroge sur ces "procédures d'audit soi-disant rigoureuses", à la lumière notamment du grave incident qui a eu lieu, en mai, dans l'usine géante de Foxconn à Chengdu, d'où sortent les iPad 2.

L'IPE, fondée par l'écologiste Ma Jun, a été l'une des premières ONG chinoise à tenter de mieux faire appliquer les réglementations en vigueur en Chine en moralisant d'abord les industriels étrangers, les plus sensibles à la pression de l'opinion publique.



Malgré l'existence de normes très strictes en Chine, le contrôle et les pénalités sont trop faibles pour être dissuasifs : "Grâce aux progrès sur la transparence de l'information sur les questions de l'environnement, on peut par exemple retrouver les historiques de pollution", explique Ma Jun au Monde. "Mais Apple a choisi de ne pas en tenir compte et de continuer à coopérer avec des entreprises qui polluent. C'est profiter indirectement du fait que le coût juridique d'une violation des lois environnementales est très bas en Chine", poursuit-il.

La pollution dans le Yunnan, près de la ville de Daqing, découverte suite à la mort d'un troupeau d'animaux et d'abord minimisée, découle, elle, d'une chaîne d'irresponsabilités et de dénis de la part des autorités de supervision, et des industriels.



La Chine, et notamment les provinces de l'intérieur du pays, accueille les procédés les plus polluants de l'industrie chimique mondiale. "Cet incident reflète un problème bien plus vaste : le fait que les déchets de métaux lourds en Chine pèsent énormément sur l'environnement et la santé.

Il y a un million de tonnes de dépôts de résidus de chrome à travers la Chine, soit la plus grande quantité au monde", signale Simon Pollock, porte-parole de Greenpeace à Pékin, qui se félicite des engagements que vient de prendre le gouvernement chinois pour répertorier tous les sites existants et les nettoyer. Reste à surveiller la mise en œuvre de cet ambitieux programme.

 

 


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Des produits toxiques détectés dans les produits de quatorze grandes marques de vêtements

Publié le par Gerome

Le dernier rapport de Greenpeace ne fait pas dans la dentelle : sur les soixante-dix-seize échantillons provenant de quatorze grandes marques de vêtements * qu’a examiné l’ONG, cinquante-deux présentent des traces de substances chimiques toxiques. « Des éthoxylates de nonylphénol (NPE) ont été détectés dans deux tiers de ces échantillons », a souligné Li Yifang, représentante de l’association en Chine, lors de la présentation de l’étude.


Précisons que les NPE sont des produits couramment utilisés dans les détergents et dans la production de textile naturels et synthétiques. A priori inoffensifs, ils présentent cependant un danger lorsqu’ils se décomposent, mutant alors en nonylphénol (NP), un perturbateur hormonal susceptible à la fois de contaminer la chaîne alimentaire et de s’accumuler au sein des organismes, menaçant leur fertilité, leur système de reproduction et leur croissance.


Conçus pour la plupart en Asie (Chine, Vietnam, Malaisie, Philippines), les échantillons ont été prélevés dans dix-huit pays, dont huit Etats-membres de l’Union Européenne (UE), où l’utilisation du nonylphénol est officiellement interdite dans l’industrie textile depuis 2003. « Ce n’est pas seulement un problème pour les pays en développement (PED) où sont fabriqués les textiles : étant donné que des quantités résiduelles de NPE sont relâchées quand les vêtements sont lavés, ils s’insinuent dans des pays où leur usage est interdit », a résumé Li Yifang. Si les risques sont bien connus des professionnels, les entreprises textiles continueraient cependant de faire comme si.

 

« Toutes ces marques figurent sur la liste des entreprises qui cautionnent ce type de pratiques. Il est temps qu’elles aussi prennent leurs responsabilités », a enjoint Greenpeace dans un communiqué.

Ce deuxième volet n’est pas plus réjouissant que le premier, publié le 13 juillet dernier et selon lequel les fournisseurs des grandes marques textiles empoisonnent l’eau de certains fleuves chinois avec leurs déchets. Confrontée à de graves accusations, la direction de Nike s’est résolue à suivre l’engagement de celle de Puma, qui a promis de garantir à l’horizon 2020 « une transparence totale  vis-à-vis de tous les produits chimiques rejetés par les usines […] et de mettre à profit son influence, ses connaissances et son expérience pour mettre un terme à l’utilisation de substances chimiques dangereuses par l’industrie du textile ». Il était temps !

 

 


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Nigéria : le plus vaste nettoyage au monde pour éliminer la pollution pétrolière

Publié le par Gerome

 

Selon les estimations de l’ONU, la pollution pétrolière du sud du Nigéria est telle, après 50 ans d'extraction de brut, qu’elle pourrait nécessiter la plus vaste opération de nettoyage jamais réalisée dans le monde.


L’Ogoniland, au cœur du delta du Niger, est la plus grande région pétrolifère d’Afrique. Après 50 ans d’exploitation de pétrole brut, la zone est traversé par de multiples oléoducs et parsemés de puits que les écologistes accusent d’avoir privé de leur moyen de subsistance, des populations qui vivaient autrefois essentiellement de la pêche et de l’agriculture.


Les dégâts environnementaux occasionnés sont également très importants et la société Shell avait dû quitter la région en 1993 lorsque des violences, à l’époque liées à la pauvreté, avaient eu lieu. Des ONG comme Amnesty International dénoncent la négligence des groupes pétroliers. Le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) indique que "le contrôle et l'entretien des installations pétrolières dans l'Ogoniland demeure inadéquat : les propres procédures de Shell Petroleum Development Company [SPDC] n'ont pas été respectées, conduisant à des problèmes de santé publique et de sécurité".


Un nettoyage complet de 25 à 30 ans

"La restauration environnementale de l'Ogoniland pourrait bien être l'exercice de nettoyage de pétrole le plus vaste et le plus long jamais réalisé dans le monde si l'on veut ramener à un état entièrement sain l'eau potable, les sols, les criques et les écosystèmes importants tels que les mangroves, qui sont contaminés", indique un communiqué du PNUE qui, hier, a présenté une étude à Abuja. Ce nettoyage complet pourrait prendre de 25 à 30 ans, rapporte Sciences et Avenir.


L'agence onusienne préconise ainsi la création d'un fonds spécial pour l'Ogoniland et demande à ce que les compagnies pétrolières et le gouvernement nigérian s’investissent dans le projet en y participant à hauteur d’un milliard de dollars. "Dans au moins dix communautés Ogoni, où l'eau potable est contaminée avec des niveaux élevés d'hydrocarbures, la santé publique est sérieusement menacée", relève le PNUE, précisant que l'une de ces communautés est située a proximité d'un oléoduc de la NNPC, la compagnie pétrolière nigériane.


La compagnie Shell mise en cause

Pour Amnesty International l'étude prouve que "Shell a eu un impact terrible au Nigeria et s'en est sorti en niant cela des décennies durant". Le groupe a "systématiquement échoué" à nettoyer ses fuites de pétrole, soutient même l'ONG dans un communiqué. Amnesty dénonce aussi "le grave échec du gouvernement nigérian à réguler et contrôler les compagnies telles que Shell". De son côté, le Mouvement pour la survie du peuple Ogoni (Mosop) a estimé hier que le gouvernement nigérian devait "révoquer la licence de Shell en raison des ravages provoqués dans l'Ogoniland".


Hier, le groupe néerlandais a réagi en réaffirmant que "la plupart des fuites étaient le résultat de sabotage, vol et raffinage clandestin". Dans le communiqué de la compagnie, le directeur général en charge des opérations nigérianes, Mutiu Sunmonu, a déclaré que la SPDC nettoyait "toutes les fuites depuis [ses] installations quelle qu'en soit la cause".
Shell a par ailleurs reconnu mercredi sa responsabilité dans deux marées noires en 2008 et 2009 dans la région, et s'est engagée à payer des compensations.

 

 


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Pollution : le périphérique parisien limité à 70 km/h ?

Publié le par Gerome

Mardi, le Conseil de Paris a adopté un voeu visant à réduire de 10km/h la vitesse maximale autorisée sur le périphérique parisien. Afin de limiter la pollution, le bruit, et de renforcer la sécurité, cette vitesse pourrait prochainement passer à 70km/h.

 

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Jusqu'alors limitée à 80km/h, la vitesse maximale autorisée sur le périphérique parisien pourrait passer à 70km/h. Tel est du moins le voeu adopté hier par le Conseil de Paris afin de réduire les pollutions atmosphériques et sonores, et de lutter contre l'insécurité routière, rapporte le site du Parisien. Dans ce voeu, la ville demande à la préfecture de police de mettre en place une expérimentation de cette réduction de 10km/h. En outre, les élus souhaitent que la vitesse soit encore plus limitée la nuit, entre minuit et six heures. 


"D'après Bruitparif, passer de 80 km/h à 70 km/h permet de réduire le bruit de 1 décibel (dB)", assure Denis Baupin, l'adjoint au maire chargé du développement durable. Une réduction qui peut sembler minime, mais qui représenterait une vraie avancée, estime l'élu écologiste. "Réduire de 3 dB, c'est une division du bruit par 2, donc 1 dB en moins ce sera 20% de nuisances en moins", explique-t-il en effet.


Afin de lutter contre la pollution sonore, la mairie travaille sur un autre projet. Dès cet été, la ville équipera d'un bitume censé absorber le bruit trois zones du périphérique : Châtillon-Plaine, Maillot-Ternes et Bagnolet-Vincennes, précise le Parisien. Une expérimentation dont le bilan sera dressé d'ici à la fin de l'année.

 

 

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Greenpeace accuse des fournisseurs chinois de Nike et Adidas de polluer les fleuves

Publié le par Gerome

L'association de défense de l'environnement Greenpeace a accusé mercredi les fournisseurs des fabricants Adidas et Nike d'empoisonner l'eau des fleuves chinois en rejetant des produits chimiques toxiques provoquant des problèmes hormonaux. Huit échantillons d'eau usée provenant des rejets de deux usines dans les deltas du Yangtze et de la Rivière des perles, contenaient un «cocktail de produits chimiques dangereux», a indiqué Greenpeace durant une conférence de presse à Hong Kong.


Possibles dérèglements hormonaux chez les humains

Le Yangtze, le plus long fleuve chinois et le delta de la Rivière des perles fournissent de l'eau potable à près de 67 millions de personnes, dont les habitants de Hong Kong, selon l'association. Les deux usines en question sont des fournisseurs de Nike et Adidas, selon Greenpeace. «Nos tests ont montré la présence de produits chimiques toxiques qui n'ont pas leur place dans l'environnement», a souligné Vivien Yau, responsable de l'association. «Nous appelons les marques qui ont une influence sur leurs fournisseurs, comme Adidas et Nike et Li Ning à prendre des mesures», a-t-elle ajouté. Li Ning est une marque de vêtements de sport très populaire en Chine.


Les bureaux d'Adidas à Hong Kong étaient injoignables tandis que Nike contestait les affirmations de Greenpeace. «A notre connaissance, nous ne contribuons pas à la pollution du delta du Yangtze à travers nos usines partenaires», a indiqué Nike à l'AFP dans un communiqué, démentant l'usage des produits chimiques évoqués par Greenpeace. Les produits chimiques utilisés, selon Greenpeace, notamment des nonylphenols, peuvent se retrouver dans la chaîne alimentaire, à travers les poissons, et peuvent dérégler l'équilibre hormonal chez les humains.

 

 

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