Bruxelles part en guerre contre les sacs en plastique jetables

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La Commission européenne veut obliger les États membres à restreindre la commercialisation des sacs en plastique jetables, néfastes pour l'environnement, ou à taxer leur utilisation. Objectif : réduire leur consommation d'au moins 80% dans l'UE.

 

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La Commission européenne a adopté lundi une proposition visant à imposer aux États membres de l'UE de réduire fortement leur consommation de sacs en plastique jetables. «Chaque année, en Europe, plus de 8 milliards de sacs en plastique finissent en déchets sauvages, entraînant des dommages considérables» en particulier pour les écosystèmes marins, estime le commissaire européen à l'Environnement, Janez Potocknik. Bruxelles vise notamment les sacs à poignée légers, d'une épaisseur inférieure à 50 microns (0,05 millimètre), encore distribués dans nombre de commerces et supermarchés et qui représentent plus de 90 % des 100 milliards de sacs plastique mis sur le marché chaque année dans l'UE.


Capables de persister plusieurs siècles dans l'environnement, ces symboles de la «société du jetable» défigurent les paysages et disséminent des micro-particules de plastique dans tout l'environnement. Ils constituent une menace mortelle pour les poissons, les oiseaux et les tortues marines qui les ingèrent et contribuent à la formation en haute mer d'un véritable continent de déchets.


Fabriqués en Chine


Pour lutter contre ce fléau, la Commission veut «introduire une obligation de réduction» de la consommation des sacs plastique tout en laissant aux États membres le choix des moyens auxquels recourir: restrictions à la commercialisation ou mesures de taxation.

«Certains États membres ont déjà obtenu d'excellents résultats en termes de réduction de leur utilisation de sacs en plastique. Si leur exemple était suivi par d'autres, nous pourrions réduire d'au moins 80 % la consommation globale actuelle dans l'Union européenne», souligne Janez Potocknik.

 

 

En outre, l'impact d'un tel changement d'habitudes sur l'industrie européenne du plastique serait marginal car la plupart de ces sacs sont fabriqués en Chine, ajoute le commissaire slovène.

 

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Face aux mauvais élèves chypriotes, portugais ou polonais qui utilisent en moyenne 466 sacs par personne et par an, la Commission cite l'Irlande, le Luxembourg et surtout le Danemark et la Finlande (avec seulement 4 sacs par personne et par an!) comme des exemples à suivre.

En imposant une taxe de 50 centimes par sac, l'Irlande a notamment réussi à «réduire de 92 % l'utilisation des sacs en plastique jetables en un an», annonçait en mars dernier l'acteur britannique Jeremy Irons, venu à Bruxelles pour soutenir l'initiative de la Commission.


L'objectif de l'exécutif bruxellois est d'arriver à une consommation moyenne de 35 sacs par habitant et par an sur l'ensemble de l'UE. Soit la performance moyenne des huit pays les plus vertueux, dont la France (environ 80 sacs). Sous l'impulsion d'associations comme UFC-Que choisir et d'enseignes de la grande distribution comme Michel-Édouard Leclerc, l'utilisation de sacs plastiques jetables a considérablement chuté ces dernières années dans l'Hexagone. L'instauration, à partir du 1er janvier 2014, d'une taxe d'environ 6 centimes par sac devrait accélérer le mouvement.

 

 


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Le chat domestique, déclaré ennemi de la biodiversité.

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La Grande-Bretagne compte environ 8 millions de chats domestiques :

 

Ces derniers seraient responsables de la mort des 52 à 63 millions de mammifères, de 25 à 29 millions d’oiseaux et de 4 à 6 millions de reptiles et amphibiens chaque année. Et tout cela sans compter les chat errants, dont la population est estimée à 800 000 individus.

 


La solution préconisée ?  La stérilisation pour tous les chats domestiques. Une fois perdus dans la nature, ces derniers ne pourraient plus se reproduire. Vu les dégâts, l’opération semble inévitable.

 

Voici un article du "Temps" expliquant parfaitement bien cette situation :

 

 

Les chats trucident beaucoup plus d’animaux qu’on ne le croit habituellement, au point de représenter dans certaines régions un danger sérieux pour la biodiversité.


La nouvelle, venue des antipodes, a rapidement fait le tour du monde. Un célèbre économiste néo-zélandais, Gareth Morgan, a lancé à la mi-janvier une campagne en faveur de l’éradication des chats, au motif que ces animaux portent gravement atteinte à la biodiversité de son pays. Le mécontent les accuse notamment d’avoir contribué à la disparition ou à la raréfaction de plusieurs ­espèces d’oiseaux indigènes. S’il ne va pas jusqu’à demander aux propriétaires d’euthanasier leurs compagnons, il leur enjoint de les stériliser et de ne pas les remplacer après leur mort.


Gareth Morgan défend une vision très négative des chats, dans un pays qui les chérit plus que nul autre – 48% des foyers en abriteraient (record du monde), selon l’association néo-zélandaise des producteurs de nourriture pour animaux de compagnie. Il accuse les mistigris d’avoir contribué à la disparition de neuf espèces d’oiseaux indigènes, et d’avoir participé à la mise en danger de 33 autres. A ses yeux, comme il le répète à longueur de communiqués sur son site Cats to Go, il ne fait aucun doute que ces «boules de poils» sont en réalité des «tueurs en série».

 

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L’impact des chats sur la faune sauvage est bien connu. Il est d’ailleurs à l’origine de l’attitude bienveillante des hommes envers ces félins, grands chasseurs de rongeurs et, donc, grands protecteurs de récoltes. Mais les temps ont changé. A une époque où le maintien de la biodiversité a été élevé au rang de priorité, ces mêmes talents de chasseur sont désormais considérés avec méfiance. Et les études à leur sujet se multiplient.


Une recherche a été menée en 2007 dans le village suisse de ­Finstersee (ZG) par un centre de recherche zurichois spécialisé dans l’écologie urbaine, Swild. Elle a consisté à demander à des propriétaires de chats de comptabiliser le nombre de proies rapportées par leurs animaux. Au cours des 48 jours de l’expérience, le taux moyen de prédation des 32 bêtes suivies a été de 2,29 par mois. Avec de très grandes différences entre les individus, puisque cinq d’entre eux ont ramené près de 75% des cadavres et que onze autres n’en ont fourni aucun.

 

 

«Le nombre absolu de proies attrapées par région est frappant et indique que l’impact du chat représente un facteur important au sein des écosystèmes», affirment les auteurs de l’étude. Avant de souligner que le phénomène s’avère d’autant plus sérieux que, contrairement aux prédateurs sauvages, les chats domestiques reçoivent de leurs propriétaires nourriture, soins médicaux, espace et abri. Ce qui signifie que leur densité ne dépend pas du nombre de proies disponibles. L’équilibre habituel entre espèces prédatrices et espèces chassées, censé garantir la survie à long terme des unes et des autres, est ici inexistant.


D’autres travaux ont été menés récemment sur le sujet avec des moyens plus sophistiqués. Des chercheurs de l’Université de Géorgie, aux Etats-Unis, ont suivi les pérégrinations d’une soixantaine de chats en les équipant de caméras miniatures. Ces travaux leur ont permis de constater que les petits félins passent une bonne partie de leur nuit à chasser et à tuer un grand nombre d’animaux. Alors que l’équipe zurichoise parle de 2,29 proies rapportées par mois, l’équipe américaine mentionne, elle, 2,1 proies tuées par semaine. Une différence de un à quatre facile à expliquer: dans l’étude américaine, les corps ramenés à la maison ne représentent qu’un faible pourcentage des victimes (21%). La plupart des cadavres sont soit abandonnés dans la nature (49%), soit dévorés (30%).


La dernière grande recherche en date a été publiée en ce début 2013 dans la revue Nature Communications . Après avoir parcouru une multitude d’études réalisées dans le domaine aux Etats-Unis, ses auteurs sont arrivés à la conclusion que l’impact des chats domestiques est généralement sous-estimé. Les oiseaux tués annuellement sous leurs griffes ne se compteraient pas en centaines de millions, comme évalué habituellement, mais en milliards. Le chiffre exact se situerait entre 1,4 et 3,7 milliards. Quant aux petits mammifères, ils seraient encore plus nombreux à périr de cette façon: de 6,9 à 20,7 milliards.

 

 

Les auteurs s’appuient sur leurs résultats pour dénoncer une gestion inappropriée des chats aux Etats-Unis. Une gestion qui prendrait essentiellement en compte le bien-être des petits fauves et négligerait leurs graves atteintes à la biodiversité. On a longtemps cru que les dégâts causés par ces prédateurs ne représentaient qu’une part minuscule de ceux causés par l’homme à la vie sauvage, soulignent les scientifiques. Or, cela est faux. Et puis, des pertes limitées peuvent provoquer le déclin significatif de certaines populations.


Les expériences les plus dramatiques surviennent sur les îles. Et ce, pour deux raisons essentielles. Les chats s’y attaquent fréquemment à des populations animales uniques, et donc susceptibles de disparaître globalement lorsqu’elles s’éteignent localement. Et ils ont souvent été introduits tardivement. Ce qui signifie que leurs proies n’ont pas eu le temps d’évoluer avec eux et de développer à leur encontre des moyens de défense efficaces.


Selon une étude internationale publiée en 2011 dans la revue Global Change Biology, l’impact des chats sur les populations de vertébrés a été étudié sur plus de 120 îles situées tout autour de la planète. Un effet serait avéré sur quelque 175 types d’animaux insulaires menacés, soit sur 123 oiseaux, 27 mammifères et 25 reptiles. Pire: le prédateur aurait contribué à 33 des 238 extinctions globales d’oiseaux, de mammifères et de reptiles enregistrées par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN).


Principale sentinelle de la biodiversité dans le monde, l’UICN tient à jour depuis de longues années le catalogue des espèces menacées et menaçantes. Dans ce cadre, elle suit de très près la progression des espèces envahissantes, ces formes de vie qui, non contentes de conquérir de nouveaux territoires, affichent un rare talent pour créer le vide autour d’elles. Or, elle a classé le chat, à côté de la jacinthe d’eau et de la perche du Nil, parmi les cent espèces envahissantes les plus redoutables du monde.

 

 

Des campagnes d’éradication du chat ont été lancées ces dernières décennies sur plusieurs dizaines de petites îles, du Mexique aux Seychelles en passant par la Nouvelle-Zélande. L’une des plus réussies a eu pour théâtre l’île de ­l’Ascension, dans l’Atlantique Sud, où la disparition du félin, obtenue après trois ans d’efforts, a permis le retour de grandes colonies d’oiseaux.


Certains défenseurs de l’environnement considèrent cependant que le problème ne se limite pas aux territoires insulaires mais qu’il existe aussi sur les continents, et ce, jusqu’en Suisse. «Nombreux sont ceux qui essaient de favoriser la biodiversité dans leur jardin et ne peuvent rien faire pour empêcher les chats du voisinage de venir y chasser oiseaux et lézards, proteste Jean-Christophe Vié, directeur adjoint du programme pour les espèces de l’UICN. Il faut responsabiliser les propriétaires et contrôler les populations d’animaux errants.»

Jean-Christophe Vié propose parallèlement de limiter l’impact des chats, en réduisant progressivement leur nombre, notamment en les stérilisant, et en les empêchant de divaguer ou, à défaut, en les équipant d’une clochette, même si cet accessoire ne réduirait que d’un tiers le taux de mortalité.


Responsable de la communication à la Société vaudoise pour la protection des animaux (SVPA), Stéphane Crausaz considère lui aussi que les chats sont trop nombreux en Suisse. Il en veut pour preuve les milliers d’animaux qui débarquent chaque année dans les refuges. Et de dénoncer l’existence d’animaux tolérés et vaguement nourris, mais jamais soignés et encoremoins stérilisés. «Un chat, souligne-t-il, on s’en occupe bien ou pas du tout.»


Stéphane Crausaz veut bien que certains chats soient tenus enfermés. Mais à la condition expresse qu’ils n’aient jamais connu la vie en plein air et qu’ils possèdent un accès à un balcon ou, au minimum, à une fenêtre, leur «télévision». Il ne croit guère, par contre, en l’efficacité des clochettes: les fauves savent très bien adapter leur tactique de chasse à ce genre de handicap, explique-t-il. Surtout, le responsable de la SVPA tient à relativiser le problème, sous nos latitudes tout du moins. «Si les chats sont susceptibles de nuire à la biodiversité, affirme-t-il, c’est très ponctuellement. Il ne faut pas les accuser de tous les maux.»

 


 

 



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Quand les médicaments tuent : 200.000 morts en Europe chaque année

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Douze experts internationaux, lanceurs d’alerte et journalistes de référence démontrent comment l’industrie pharmaceutique détourne l’usage des médicaments.

 

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Ceci n’est pas un livre contre les médicaments », écrit Mikkel Borch-Jacobsen en avant-propos de Big pharma, une industrie toute-puissante qui joue avec notre santé. « C’est un ouvrage contre l’industrie qui en détourne l’usage pour faire du profit, au risque de mettre notre santé en danger et de profondément changer la nature de la médecine », précise encore le philosophe, historien et enseignant à l’université de Washington qui a coordonné l’ouvrage. Pour les auteurs – experts internationaux, lanceurs d’alerte et journaliste -, les médicaments sont « des substances étonnantes, admirables, auxquelles nous devons de véritables miracles ». On est donc loin de certains ouvrages à charge contre les médicaments en général ou contre des familles thérapeutiques en particulier, comme ceux récemment rédigés par des médecins français.
« Le tribunal des flagrantes dérives »

En revanche, l’attaque contre les industriels du médicament est violente et étayée par des faits précis qui prouvent qu’il y a quelque chose de pourri au royaume de la médecine… Pour s’en convaincre, il suffit de noter la fréquence des « affaires » impliquant presque tous les grands laboratoires mondiaux. Et parallèlement, les médecins ne sont pas toujours assez vigilants et informés tandis que les agences sanitaires n’empêchent pas systématiquement la vente de produits inutiles et dangereux.

 

Les auteurs expliquent comment les preuves sont biaisées et les risques cachés par les laboratoires. Et comment, « à tous les niveaux, le profit des industriels passe avant l’intérêt des patients ». « Le problème est donc bien plus grave et plus profond que celui de médicaments dont il suffirait de dresser une liste noire ; c’est tout le système de santé qui est à revoir », peut-on lire. Un chantier évidemment énorme.

Dans un chapitre intitulé « Le tribunal des flagrantes dérives », les auteurs prouvent, par exemple, que, s’agissant des prescriptions hors AMM (autorisation de mise sur le marché), le cas du Mediator n’est malheureusement pas une exception. En mai 2004, le laboratoire Warner-Lambert a été condamné à 430 millions de dollars pour le marketing « criminel » de son antiépileptique. La Food and Drug Administration américaine avait autorisé ce médicament pour le traitement de l’épilepsie, en seconde intention. Mais le labo avait demandé à ses visiteurs médicaux de murmurer à l’oreille des médecins que c’était une panacée dans la migraine, le sevrage alcoolique, la neuropathie périphérique et la sclérose latérale amyotrophique.
La « stratégie Wikipédia »

Certains chiffres sont particulièrement angoissants : chaque année, près de 200 000 personnes décèdent en Europe à la suite d’effets médicamenteux qualifiés de « secondaires ». Les overdoses d’antidouleurs tuent plus que l’héroïne et la cocaïne réunies. L’abus de médicaments a pollué jusqu’à l’eau du robinet, devenue un cocktail de Prozac, d’antibiotiques, d’anticancéreux et de perturbateurs endocriniens.

Les auteurs mettent également en garde contre la « stratégie Wikipédia », autoroute de la désinformation sur Internet. Car ce moyen offre la possibilité d’une publicité invisible, déguisée en information, bref, le rêve de tout publicitaire ! On peut lire dans cet ouvrage les versions originales et modifiées de textes concernant certaines pathologies et leurs traitements. Des pans entiers ont été réécrits. Méfiance aussi du côté des sites des associations de patients, également souvent sous influence ! Que faire, alors ? Il n’existe malheureusement pas de solution toute prête pour combattre une industrie parfois devenue folle et pour redonner à la médecine son visage humain. « Ceux qui veulent aller de l’avant se heurtent à de puissants intérêts économiques, politiques et professionnels », notent les auteurs. Reste à espérer qu’ils ne baisseront pas les bras pour autant…

« Big pharma, une industrie toute-puissante qui joue avec notre santé« , éditions Les Arènes, 515 pages, 22,80 euros

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Scandaleux : des scientifiques américains prônent le tout nucléaire

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Limitons le réchauffement climatique grâce au nucléaire, proposent quatre scientifiques américains
Ces scientifiques estiment que le danger que fait peser le futur climat annoncé par le Giec sur la population mondiale est supérieur à celui que présente le recours à l’énergie atomique. Même s’ils appellent au développement d’un nucléaire «plus sûr».


Cela devait arriver. Longtemps inimaginable, le revirement de certains scientifiques pourtant résolument engagés dans le camp écologiste peut être considéré comme inévitable. Pour certains, la pression des experts du climat a en effet atteint le seuil de rupture. On se souvient de ce climatologue, dont Slate a parlé, qui avait pleuré à la lecture du dernier rapport du Giec et décidé de ne plus jamais prendre l’avion. Pour échapper au réchauffement climatique, d’autres sont tentés de céder aux muses de l’énergie tant honnie par les écologistes: le nucléaire.

Ce coming-out new look est inauguré par quatre chercheurs américains spécialistes du climat et de l’environnement: Ken Caldeira, Kerry Emanuel, James Hansen et Tom Wigley. Ensemble, ils signent une lettre ouverte diffusée par la presse américaine le 3 novembre 2013 et destinée à ceux qui «influencent la politique environnementale mais sont opposés au nucléaire». En fait, le document semble s’adresser en priorité aux écologistes en s’attaquant à l’une de leurs positions majeures en matière de politique énergétique: celle qui milite pour une réduction des émissions de gaz à effet de serre tout en restant fermement opposée au développement du nucléaire. Or, ce dernier n’émettant pas de CO2, il constitue donc un allié objectif de la protection du climat... Dilemme.

Les signataires estiment, même s’ils restent favorables aux énergies renouvelables, que la limitation du réchauffement climatique ne pourra être obtenue sans le nucléaire. Il s’agit d’un profond changement dans l’analyse des risques. Virage à 180°? Spectaculaire retournement de veste? Au choix. Désormais, ces scientifiques estiment que le danger que fait peser le futur climat annoncé par le Giec sur la population mondiale est supérieur à celui que présente le recours à l’énergie atomique. Même s’ils appellent au développement d’un nucléaire «plus sûr».
Dans un contexte américain

Le raisonnement reste américain. Pas question de trop rogner sur la consommation d’énergie. Aux Etats-Unis, la notion de décroissance rappelle probablement trop les mauvais souvenirs de la déflation des années 1930. Par ailleurs, il est illusoire de miser sur une limitation des besoins énergétiques des pays en forte croissance (Chine, Inde, Brésil...). Seule solution pour les signataires: le nucléaire.

Les nouveaux promoteurs de l’atome ne renient pas totalement les énergies vertes (éolien, solaire, biomasse...). Mais ils considèrent que, dans la course de vitesse qui s’engage, la montée en puissance de ces technologies ne sera pas assez rapide pour fournir l’énergie «peu coûteuse et fiable» dont l’économie a besoin. «Dans le monde réel, il n’existe pas de voie crédible pour stabiliser le climat sans que l’énergie nucléaire ne joue un rôle substantiel», écrivent-ils.

Pour concilier l’inconciliable, les scientifiques réclament une amélioration de la sûreté des centrales nucléaires, aujourd’hui «loin d’être parfaites». Suit l’analyse de risque. Les dangers associés à l’expansion de l’énergie nucléaire serait, selon eux, inférieurs de plusieurs ordres de grandeur à ceux qui sont associés à l’exploitation des combustibles fossiles. Ils semblent oublier, au passage, que l’uranium n’est pas une ressource renouvelable...

«Nous demandons seulement que les décisions en matière de systèmes énergétiques soient basées sur les faits et non sur des émotions et des biais qui ne s’appliquent pas à la technologie nucléaire du XXIe siècle», poursuivent les signataires qui jugent qu’il n’est plus possible d’utiliser l’atmosphère comme un dépôt d’ordures.

Dans les faits, il semble que la solution nucléaire prônée par cette lettre ouverte soit délicate à mettre en œuvre. Deux ans après la catastrophe de Fukushima, la situation n’est pas réglée sur place. Loin de là. Et le Japon peine à remettre en service ses centrales existantes. Parallèlement, l’Allemagne a décidé de sortir du nucléaire en 2022. Pour assurer cette transition, elle fait appel massivement au charbon et détruit des villages entiers pour faire place à des mines géantes à ciel ouvert.
Un changement de cap radical

La France, modèle mondial en matière de taux d’électricité nucléaire, a bien du mal à construire les premiers réacteurs de troisième génération, les EPR, annoncés comme nettement plus sûrs que les précédents. Sans compter les délais de réalisation et les dépassements de budget. L’EPR de Finlande aura au moins 7 ans de retard avec un surcoût de 5 milliards d’euros. En France, à Flamanville, la situation est assez voisine: environ 5 milliards de surcoût et 4 ans de retard. En Chine, l’EPR en cours de construction pourrait démarrer fin 2014. En Grande-Bretagne, EDF et le gouvernement britannique ont signé, le 21 octobre 2013, un accord pour la construction d’un EPR pour 19 milliards d’euros et une mise en service en 2023.

A ce rythme, il n’est pas certain que le nombre de centrales nucléaires de nouvelle génération soit très important d’ici la fin du siècle. Il existe actuellement quelque 440 réacteurs nucléaires répartis dans une trentaine de pays différents et 61 sont en construction. Aujourd’hui, le nucléaire représente environ 10% de la production d’électricité dans le monde contre 17% en 1993. Et il ne s’agit que d’électricité et non d’énergie. La part de l’électricité dans la consommation énergétique mondiale est de l’ordre de 20%.

Par ailleurs, ce qui explose aujourd’hui, c’est la consommation de gaz de schiste aux Etats-Unis et de charbon un peu partout. Ce que demandent les quatre signataires de cette lettre ouverte constitue donc un changement de cap radical. Même dans la mesure où une telle décision serait prise par l’ensemble des nations développées, une forte croissance du nucléaire réclamerait des investissements considérables et leur mise en œuvre prendrait des décennies. La France, par exemple, serait aujourd’hui incapable économiquement d’investir les sommes qu’elle a dépensées dans les années 1970 et les suivantes pour construire son parc nucléaire.

Le recours à l’atome pour lutter efficacement contre le réchauffement climatique d’ici la fin du siècle, même en faisant abstraction des réticences d’une part importante des opinions publiques, apparaît donc comme une solution pour le moins improbable.

 

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Tricastin : Tout va bien , il y a juste eut une fuite de 30kg d’oxyde d’uranium radioactifs

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Et ça continue ! EDF et Areva rivalisent de semaine en semaine pour décrocher la timbale du meilleur initiateur d’une catastrophe nucléaire. Ce jeudi 31 octobre dans la matinée, alors que des fuites radioactives se poursuivent dans la centrale nucléaire d’EDF, c’est une nouvelle rupture de confinement de tuyauterie qui entraîne la dispersion de près de 30 kilos d’oxyde d’uranium dans une installation de Areva NC. L’exploitation de l’atelier est suspendue, la zone est contaminée et des salariés ont été conduit vers le contrôle radiologique pour des examens médicaux.


Alors que toute la presse unanime* vient de reprendre d’une seule voix les propos mensongers de la direction d’Areva, le nouvel incident nucléaire qui vient de se produire ce 31 octobre au matin dans une installation d’Areva au Tricastin (TU5) est de toute autre nature. Non il ne s’agit pas d’une « légère fuite » mais bien de la fuite de 30kg d’oxyde d’uranium radioactifs (U308) propulsés dans les airs et dont une partie s’est retrouvé au sol après la rupture de confinement d’une tuyauterie aérienne.

C’est par hasard qu’un salarié a constaté la présence de poudre d’oxyde d’uranium radioactifs sur le sol, à l’extérieur de l’atelier W de transformation de l’hexafluorure d’uranium (UF6), atelier exploité par AREVA NC et situé dans le périmètre de l’INB n°155 (dite installation TU5)

La poudre radioactive provient d’une rupture de confinement d’une tuyauterie aérienne

La poudre radioactive provient d’une rupture de confinement d’une tuyauterie aérienne de transfert entre deux ateliers. Cette rupture a engendré la fuite de poudre radioactive et l’accumulation d’une trentaine de kilogrammes de poudre dans la partie basse du coffrage de protection des tuyauteries. Et comme ce coffrage n’est pas étanche, une dispersion dans l’air et une cascade au sol se sont produites, la valeur de près de 1 kilo de produits radioactifs mortels.

Areva a alors été contraint immédiatement de mettre à l’arrêt le fonctionnement de l’atelier puis de délimiter un périmètre de sécurité et de mener dans l’urgence des contrôles radiologiques à proximité de la tuyauterie défaillante et plus largement autour. Des intervenants ont alors du tenter de récupérer la matière radioactive dispersée. Plus d’une quinzaine de personnes travaillant à proximité a du être conduit au service médical afin d’examens médicaux. La zone contaminée est actuellement en cours de tentative d’assainissement.


De premiers contrôles radiologiques dans l’environnement montre une contamination à l’intérieur du périmètre autour de la tuyauterie. Les personnels contrôlés ne présenteraient pas de contamination externe ou interne. Et comme à l’accoutumé la direction déclame : « Cet événement n’a pas conduit à des rejets à l’extérieur du site et n’a pas eu d’impact sur la santé des travailleurs ». Mais la dispersion d’uranium en poudre est nettement plus dangereuse pour les travailleurs qu’en bloc : elle peut être inhalée et une contamination interne est ce qu’il y a de encore plus dangereux. Alors la direction, relayée béatement par les médias affirme que la poudre d’oxyde d’uranium est trois fois moins radioactive que l’uranium « naturel ». Qu’est-ce qui justifie cette affirmation ? rien ! un pur bluff et mensonge.


En fait c’est la défaillance de la dernière barrière de confinement de matière radioactive qui a conduit à la dispersion de poudre à l’extérieur du bâtiment. Un défaut d’étanchéité au niveau du transfert pneumatique d’une des conduites circulant à l’extérieur entre deux bâtiments de l’atelier de défluoration de l’uranium naturel appauvri, Ce n’est pas anodin car le sens et la puissance du vent a pu entraîner les particules radioactives autant sur d’autres espaces du site nucléaire que bien au-delà de l’enceinte du site. Le fait que l’U308 sont incombustible ne retire rien à sa dangerosité et à sa toxicité mortelle.

L’incident nucléaire a été classé au niveau 1 de l’échelle INES par Areva mais l’ASN va instruire cette demande de classement au vu des éléments qui auront été recueillis. (http://www.asn.fr/index.php/content/view/full/150815)

Une dizaine d’entreprises proches du site ont été mises en alerte et chez Gerflor à Saint-Paul les Trois Châteaux, les salariés présents au moment des faits ont été mis à l’abri à l’intérieur du bâtiment, dont les issues ont été fermées, pendant plus une partie de la matinée.

De difficultés en défaillances, d’incidents en accidents qui annoncent la catastrophe
L’usine W transforme l’hexafluorure d’uranium appauvri en provenance de l’établissement d’Eurodif (mis à l’arrêt depuis plus d’un an), en oxyde d’uranium stable permettant un entreposage radioactif de longue durée. Longue durée tant que cela ne fuit pas. L’atelier TU5 traite, quant à lui, le nitrate d’uranyle en provenance de la Cogema de la Hague. Le nitrate d’uranyle, un des produits résultant du retraitement des combustibles usées des centrales électronucléaires, est converti en tétrafluorure d’uranium ou en oxyde d’uranium. 

 

Cet uranium de retraitement est, pour une part, entreposé sur le parc P18, l’autre part étant expédiée à l’étranger pour enrichissement. Plus de 2220 000 tonnes d’uranium appauvri (en masse d’uranium) sont entreposée, essentiellement au Tricastin, sous forme d’U3O8. Cet uranium « appauvri » qui peut être incorporé dans l’armement militaire.

Cette fuite d’oxyde d’uranium fait suite à une série d’incidents qui touchent le site nucléaire du Tricastin depuis plusieurs semaines tant chez Areva que chez EDF. Le 7 octobre, trois salariés de la centrale nucléaire du site avaient été touchés par des effluents liquides radioactifs lors de l’explosion d’une pompe hydraulique. Le 16 septembre, l’ASN avait annoncé avoir demandé à EDF une surveillance renforcée des eaux souterraines de la centrale nucléaire et d’identifier la cause d’une « présence anormale » de tritium depuis début juillet. Fuite toujours en cours. Les autres incidents et défaillances de TU5 sont répertoriés – dans un jargon bien aseptisé et à décrypté – par l’ASN  (http://www.asn.fr/index.php/L-ASN-en-region/Division-de-Lyon/Cycle-du-combustible/Installation-TU-5-usine-AREVA-NC/Avis-d-incidents )


L’ASN mentionnait d’ailleurs dans son « appréciation 2012″ que l’exploitant Areva rencontrait des « difficultés à maîtriser la quantité d’hydrogène présente dans le procédé de l’usine W  » depuis 2011 et que des travaux de modernisation de la zone d’entreposage de l’acide fluorhydrique (cuves et structures) de l’usine W devraient commencer courant 2013. La mise en évidence, en 2011, d’une dose cumulée supérieure à 1mSv sur deux des dosimètres de surveillance placés à la clôture de l’établissement ont contraint à entreprendre des déplacements d’entreposages. 

 

Mais l’ASN constatait que « ces actions n’ont pas encore permis d’améliorer notablement la situation et des investigations complémentaires sont en cours« . Doutant de la bonne volonté d’Areva à respecter les prescriptions l’Autorité de Sûreté Nucléaire a demandé une tierce-expertise de l’étude de dangers de la nouvelle unité d’entreposage. Et pour enfoncer le clou du danger :  » AREVA NC doit améliorer la rigueur de réalisation des rondes de surveillance sur l’installation ». (http://www.asn.fr/index.php/content/view/full/831)

Le « patron » du site Areva est plus prompte à ordonner à ses troupes de pourchasser les citoyens antinucléaires qu’à assumer ses responsabilités de sécurité. Un peu à l’image de son alter-égo de EDF qui vient d’être débarqué en une soirée de la direction de la centrale nucléaire du Tricastin.

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* http://provence-alpes.france3.fr/2013/10/31/legere-fuite-de-poudre-d-oxyde-d-uranium-tricastin-349247.html
http://www.lefigaro.fr/flash-eco/2013/10/31/97002-20131031FILWWW00523-legere-fuite-chez-areva-a-tricastin.php
http://www.lexpress.fr/actualite/societe/environnement/legere-fuite-radioactive-a-la-centrale-nucleaire-de-tricastin_1295837.html
http://radioprotection.unblog.fr/2013/11/01/fuite-d%E2%80%99oxyde-d%E2%80%99uranium-a-la-centrale-areva-du-tricastin-les-salaries-de-gerflor-ont-ete-confines/
http://www.ledauphine.com/drome/2013/10/31/fuite-d-oxyde-d-uranium-a-areva-tricastin-les-salaries-de-gerflor-ont-ete-confines

 

 


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