J'ai pleuré en voyant les arbres coupés

Publié le par Notre Terre

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Le massif du Morvan est connu pour ses majestueuses forêts de feuillus. Depuis plusieurs dizaines d'années, elles sont rasées pour être remplacées par des plantations de résineux. Les habitants se battent contre les coupes rases et la transformation des forêts en monoculture.

Forêt du Morvan : halte aux coupes rases !

Valérie est née dans le massif du Morvan, elle s'y est installée avec ses brebis et ses enfants, loin de tout, au beau milieu de la forêt. Elle a été témoin de coupes à blanc, non loin de chez elle. Les coupes à blanc, également appelées "coupes rases" se définissent par l'abattage de la totalité des arbres d'une parcelle forestière. Elles sont une menace pour la biodiversité, puisqu’elles délogent les mammifères, les oiseaux et les insectes qui vivent dans le bois, détruisent les champignons, les plantes qui contribuent à l’écosystème forestier et empêchent la faune du sol de se reconstituer. En voyant les coupes rases s'étendre, Valérie a dû agir, et s'est engagée corps et âme dans la bataille contre ces pratiques. Elle est rejoint par d'autres habitants et ensemble, ils forment une association de lutte pour la protection de la forêt. 

Tout a commencé en 1993. Au mois de juin, j'ai vu arriver des bûcherons qui ont coupé des arbres, nuit et jour. A chaque fois qu'un arbre tombait, je ne respirais plus. J'ai tout de suite compris que ce n'était pas une coupe traditionnelle, c'était une coupe à blanc. 

Il faut savoir que quand on parle de coupe à blanc, il ne reste plus rien. Pas un arbre.  Et qui dit coupe rase, dit enrésinement et donc monoculture de sapins de Douglas en rang d'oignon. Ce n'est plus du tout une culture diversifiée, il n'y a plus rien, il n'y a plus de vie en dessous. 

Lucienne, inconditionnelle amoureuse de la forêt du Morvan, milite également pour la protection des bois. Elle a vu le paysage changer autour d'elle, la forêt se vider de ses grands arbres feuillus pour être remplacés par des plantations de monocultures. Sa passion pour les arbres l'a poussée à rejoindre le combat pour une gestion raisonnée des forêts. Elle alerte sur les dangers de la monoculture qui appauvrit les sols et les rend peu à peu stériles. 

Lorsque vous mettez votre oreille contre un arbre, on sent les sensations de cet arbre, on a l'impression qu'il nous redonne de l'énergie, ça vit ! 

A l'époque, on coupait de grands arbres feuillus, on les sciait à la base pour les faire mourir. Alors vous aviez dans le paysage des arbres morts, encore debout et je trouvais ça scandaleux. 

C'est terrible parce que le bois devient un produit consommable comme n'importe quel produit. Mais avant de dire qu'on consomme du bois, il faut penser à la forêt. Il ne suffit pas de claquer dans ses doigts pour avoir du bois, on ne peut pas demander à la forêt de s'adapter au marché. 

Sylvain est arrivé dans le Morvan il y a cinq ans et habite un chalet dans la forêt, il est directement impacté par les coupes rases et l'enrésinement, ce phénomène de remplacement des forêts de feuillus par des plantations de résineux. Etant membre d'une association de protection des forêts, il étudie et dénonce les pratiques des industriels qui dérèglent l'écosystème dans un but économique et commercial. 

On s'est rendu compte, en termes de traçabilité, que les forêts de feuillus étaient décimées, que des chênes centenaires et bicentenaires étaient coupés pour faire du bois de chauffage.

On doit vraiment dissocier les plantations de sapins Douglas des véritables forêts. On estime aujourd'hui que les forêts véritables ne représente pas plus de 40% de la surface totale des forêts du Morvan. 

La composition de la forêt et les méthodes de gestion durables sont directement liées aux débouchées économiques. 

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Publié dans Nature

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