Bientôt une planète sans grands singes?

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L'exploitation rapide des ressources naturelles fait peser une menace vitale sur les grands singes en Afrique et en Asie. A l'occasion de la première assemblée des Nations unies pour l'environnement, qui se tient jusqu'à vendredi à Nairobi, des experts ont alerté sur l'extraction des ressources naturelles – notamment le bois, les minerais, le pétrole et le gaz – et le développement des infrastructures, qui dévastent l'habitat des grands singes et menacent d'extinction chimpanzés, gorilles, bonobos, orangs-outans et gibbons.

« Seules cinq des vingt-sept zones [d'habitat] des grands singes n'ont pas de projet minier dans leur périmètre (...), sans compter l'impact indirect lié au développement des infrastructures comme les routes et le chemin de fer », a ainsi expliqué Helga Rainer, conservatrice en chef du programme consacré aux grands singes par la Fondation Arcus, une importante institution privée qui se consacre à la défense des primates.

Si le rythme actuel n'est pas ralenti, d'ici à 2030 le développement humain aura touché 90 % de l'habitat naturel des grands singes en Afrique et 99 % en Asie, selon un rapport intitulé « Industries extractives et préservation des grands singes » publié par une ONG de défense des grands singes.

TOUTES LES ESPÈCES DE PRIMATES MENACÉES

Toutes les espèces de primates sont menacées, d'après l'Union internationale pour la conservation de la nature (IUCN). Lee nombre de gorilles de Cross River n'excéderait pas 250 au Cameroun et au Nigeria, et il ne resterait plus qu'environ 880 gorilles des montagnes à travers l'Ouganda, le Rwanda et la République démocratique du Congo.

En Asie, le nombre d'orangs-outans de Sumatra aurait chuté de 50 % depuis 1992, et la population entière de gibbons noirs de Hainan, en Chine, ne compte que 21 individus. « La mondialisation rapide continuera d'exercer une pression intense sur les ressources naturelles et l'habitat des singes », selon le rapport.

Alors que l'effet négatif du développement économique sur la survie des grands singes a été reconnu depuis des décennies, il est temps, selon les chercheurs, d'agir pour intégrer la défense de ces espèces dans des politiques sociales, économiques et environnementales, afin de garantir que le développement ne se fasse pas aux dépens de la biodiversité.

« Il nous faut développer des dispositifs de sauvegarde et des politiques environnementales qui puissent répondre concrètement à ces questions », a souligné Jef Dupain, directeur de l'Initiative pour les grands singes d'Afrique au sein de la Fondation africaine pour la défense de la nature, sise dans la capitale kényane.

 


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Le déclin massif des insectes menace l'agriculture

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PESTICIDES

 

« Je pense que j'ai dû me réveiller vers le milieu des années 2000. Un jour, alors que je marchais près de chez moi, dans la garrigue, je me suis demandé où étaient passés les insectes, car il me semblait qu'il y en avait beaucoup moins qu'avant, raconte Maarten Bijleveld van Lexmond. Et puis j'ai réalisé qu'il y en avait aussi de moins en moins collés sur le pare-brise et la calandre de ma voiture. Presque plus, en fait. » En juillet 2009, dans sa maison de Notre-Dame-de-Londres (Hérault), le biologiste néerlandais, 77 ans, réunit une douzaine d'entomologistes partageant la même inquiétude.


Tous notent un déclin accéléré de toutes les espèces d'insectes depuis les années 1990. Selon eux, l'effondrement des abeilles domestiques n'est que la partie visible de ce phénomène aux conséquences considérables pour l'ensemble des écosystèmes.

« Au terme d'une longue journée de discussions, nous avons décidé d'examiner tout ce qui avait été publié dans la littérature scientifique sur les insecticides systémiques dits “néonicotinoïdes”, poursuit-il. Cette nouvelle génération de molécules, mise sur le marché dans les années 1990, nous semblait être un élément déterminant pour expliquer la situation. »


Encore fallait-il étayer ce soupçon. Au fil des mois, le petit groupe de chercheurs est devenu un consortium international – le Groupe de travail sur les pesticides systémiques (TFSP, pour Task Force on Systemic Pesticides) – d'une cinquantaine de scientifiques de 15 nationalités, pour la plupart universitaires ou chercheurs au sein d'organismes publics, ayant tous rejoint le groupe d'experts intuitu personae.


NOTRE ENVIRONNEMENT AGRICOLE ET NATUREL MENACÉ


Le résultat de leurs cinq années de travail, à paraître dans la prochaine édition de la revue Environmental Science and Pollution Research, devait être rendu public mardi 24 juin. « Les preuves sont très claires, affirme Jean-Marc Bonmatin (Centre de biophysique moléculaire du CNRS), membre du TFSP. Nous assistons à une menace pour la productivité de notre environnement agricole et naturel. Loin de sécuriser la production alimentaire, l'utilisation des néonicotinoïdes met en péril les pollinisateurs qui la rendent possible. »


Au total, les experts du TFSP ont passé en revue quelque 800 études publiées dans la littérature savante sur ces insecticides. Ils en ont tiré sept longues synthèses thématiques sur leurs modes d'action, leur devenir dans l'environnement, leurs impacts sur divers organismes, etc.

Ces molécules (imidaclopride, thiaméthoxame, clothianidine, mais aussi fipronil) se partagent aujourd'hui environ 40 % du marché mondial des insecticides agricoles et représentent un marché de plus de 2,6 milliards de dollars (1,9 milliard d'euros). Elles se distinguent d'abord des précédentes générations par leur toxicité, 5 000 à 10 000 fois celle du célèbre DDT, par exemple.


Leur mode d'application est également différent. Ces produits sont en effet non seulement appliqués en pulvérisation, mais sont aussi utilisés en traitement des sols et en enrobage des semences, dans le cadre d'une utilisation systématique et préventive.


 LES POPULATIONS DE NOMBREUSES ESPÈCES FRAGILISÉES


Or, une part importante – jusqu'à plus de 90 % – des quantités ainsi utilisées n'est pas absorbée par les plantes au cours d'une seule saison végétative. Ces produits s'accumulent ainsi dans les sols où ils persistent de plusieurs mois à plusieurs années. De plus, ajoutent les chercheurs, ces molécules sont hautement solubles dans l'eau et peuvent migrer et contaminer des zones n'ayant jamais été traitées.


Selon le TFSP, « il y a des preuves fortes que les sols, les cours d'eau et les plantes, dans les environnements urbains ou agricoles, sont contaminés, à des concentrations variables, par des mélanges de néonicotinoïdes, de fipronil et de leurs produits de dégradation ». Entre autres exemples, les experts du TFSP notent que de l'imidaclopride a été détecté dans 91 % de 74 échantillons de sols français analysés en 2005 : seuls 15 % des sites avaient été traités…


Les concentrations relevées ne conduisent généralement pas à une toxicité aiguë. Mais l'exposition chronique à ces faibles doses fragilise les populations de nombreuses espèces : troubles de reproduction, facultés de survie réduites, etc. Cette « contamination à large échelle » de l'environnement est, selon le TFSP, un « élément déterminant » dans le déclin des abeilles et joue un rôle « irréfutable » dans celui des bourdons. Pour les papillons, les tendances dégagées sont de l'ordre d'une réduction de moitié des populations européennes en vingt ans. Pour M. Bijleveld, le déclin en cours de l'ensemble de l'entomofaune relève d'un « effondrement brutal ».


« LE DÉCLIN DES INSECTES, C'EST AUSSI CELUI DES OISEAUX »


Son ampleur se mesure notamment sur les niveaux supérieurs de la chaîne alimentaire. « Le déclin des insectes, c'est aussi le déclin des oiseaux, dont plus de la moitié sont insectivores », note François Ramade (université Paris-Sud), l'une des grandes figures de l'écotoxicologie française, cofondateur du TFSP. De fait, le programme de suivi européen ad hoc montre par exemple une perte de 52 % des oiseaux des champs au cours des trois dernières décennies – cependant, les auteurs se gardent d'attribuer l'ensemble de cette perte aux seuls insecticides systémiques, d'autres facteurs entrant en ligne de compte.


Une variété d'autres espèces importantes pour les écosystèmes est également affectée par ces substances. En particulier, les micro-organismes du sol et les lombrics, animaux essentiels au maintien de la fertilité des sols. L'ensemble des informations rassemblées par le TFSP ayant été publié, reste à comprendre comment des effets d'une telle magnitude ont pu demeurer si longtemps sous le radar des autorités sanitaires – à l'exception de l'Europe, qui a commencé, en 2013, à prendre des mesures. « Aujourd'hui, le savoir est fragmenté, juge Maarten Bijleveld. Il n'y a plus de généralistes. »


Le diagnostic de François Ramade est plus sévère. « La recherche en agronomie est sous la tutelle des pouvoirs publics, qui sont généralement soucieux de ne pas gêner l'activité économique et donc l'emploi, estime-t-il. De plus, les agences de sécurité sanitaire ne se sont guère préoccupées de ce problème car ces substances ne posent pas de graves problèmes pour l'homme. Il n'en reste pas moins qu'elles finiront par avoir un impact économique négatif important. »

 

Le Monde

 

 


Publié dans Pollution

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OGM : l’étude choc du Pr Gilles-Eric Séralini a été republiée!

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La revue Environmental Science Europe a décidé de remettre en  lumière l’étude du professeur français, prouvant les méfaits d’un maïs OGM et de l'herbicide Roundup, tous deux fabriqués par le géant des biotechnologies agricoles Mosanto. 


Il y a un an et demi, l’étude du Pr Gilles-Eric Séralini avait provoqué une onde de choc dans le monde scientifique. Accusant le géant Monsanto de provoquer sur la santé des rongeurs des dommages toxiques, son étude avait cependant été retirée de la publication, la revue scientifique Food and Chemical Toxicology dénonçant un manque de sérieux dans la méthodologie.


Un changement sur la forme, mais pas sur le fond


Bien que l’article ait été remanié sur la forme, le fond reste le même.  « La toxicité du Roundup et ses impacts sur les organes de détoxification du corps, le foie et les reins ainsi que sa capacité à perturber le système hormonal à très faible dose » explique l’association Criigen (Comité de recherche et d’information indépendante sur le génie génétique) dont le chercheur français est membre.

Pour mener à bien cette étude, 200 rats avaient été nourris pendant deux ans avec le maïs OGM NK603 de Monsanto, qui était lui-même traité avec l’herbicide Roundup, lui aussi fabriqué par le groupe. Les rats ayant consommé ce maïs génétiquement modifié présentaient deux à trois fois plus de tumeurs que les autres rongeurs.

Ces conclusions avaient été rejetées à la fois par l’Agence européenne de sécurité des aliments (Efsa) et par l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses), mais avaient cependant réussi à lancer un débat au sein de la communauté scientifique.


Une étude publiée en toute transparence et consultable par tous

 

Cette fois-ci, dans le but de favoriser le débat scientifique, l’étude est publiée en « open-source », c’est-à-dire qu’elle est consultable par tous en toute transparence, "ce que l'industrie s'est toujours refusée de faire au nom du secret industriel ou de la propriété intellectuelle" assène le Criigen.


L’unique objectif de cette republication est d’ouvrir à nouveau le débat sur le sujet en permettant « une discussion rationnelle » : « Le seul objectif est de permettre la transparence scientifique et, sur cette base, une discussion qui ne cherche pas à cacher, mais bien à se concentrer sur ces controverses méthodologiques nécessaires »

 


Publié dans OGM j'en veux pas!

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Petits producteurs, marchés fermiers: le nouveau visage de l'agriculture américaine

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Danelle Myer, 42 ans, agricultrice à Logan, dans l'Iowa, vérifie l'impact de la grêle sur les feuilles de chou dans son potager le 18 juin 2014

 

Danelle Myer, 42 ans, en rit encore: elle, l'adolescente qui voulait à tout prix quitter la ferme familiale pour devenir une businesswoman dans une grande ville, jongle désormais entre commandes de choux et dégâts causés par la grêle sur son lopin de terre.


Après une carrière dans les relations publiques, elle a fait le choix il y a trois ans de revenir à ses racines, à Logan, dans l'Iowa (centre), à une soixantaine de km au nord d'Omaha (Nebraska).

«Quand j'avais une vingtaine d'année, j'étais souvent malade et je me suis rendue compte que ce qu'on met dans notre corps est important», raconte-t-elle. Puis, «le déclic, ça a été la terre, celle que possède ma famille. C'est un immense privilège dont je dois faire quelque chose.»


Mais pas question de pratiquer la même agriculture conventionnelle que ses parents - maïs, soja et élevage de bovins.

Pour elle ce sera du maraîchage sur un petit bout de terrain en pente. «Sans pesticide ni OGM», insiste-t-elle, assise en tailleur dans l'herbe surplombant son champ, en débardeur rose rayé et tongs.

Au coeur du Midwest, le grenier céréalier des Etats-Unis symbole par excellence de l'agriculture productiviste, le parcours de Danelle Myer n'est pas si singulier.

L'agriculture en circuits courts explose, encouragée par un intérêt croissant des consommateurs pour des produits cultivés localement.


Les autorités américaines recensent quelque 8.100 marchés fermiers dans le pays, et 44% des écoles développent des relations avec les producteurs de leur zone. Le secteur représente 7 milliards de dollars.

Pour encourager cette tendance, l'administration Obama a lancé le 9 juin l'initiative «Local Food, Local Places» visant à apporter aux collectivités rurales l'expertise de spécialistes en agriculture, en transport, en environnement et en économie locale.


«Les changements sont tangibles et exaltants», constate Alice Topaloff, une jeune ingénieure agronome franco-américaine venue s'installer dans l'Iowa. «Le développement des circuits courts ici se fait de manière plus volontaire et plus spectaculaire qu'en France. Sûrement parce qu'on part de beaucoup plus loin avec des exploitations de milliers d'hectares et une culture alimentaire, de terroir, moins prononcée», explique-t-elle.


 

- Crainte d'attaques terroristes -


 

Le chemin reste néanmoins semé d'embûches.

La première année, en 2010, Danelle Myer a vendu pour 2.200 dollars de légumes. L'objectif cette saison est d'en récolter pour 20.000 dollars. C'est encore insuffisant pour payer les factures. L'agricultrice conserve un travail de relations publiques à mi-temps.

«Pour gagner décemment sa vie, il faut posséder environ 800 hectares si on cultive du maïs et du soja. Il suffit d'environ 5 hectares quand on fait pousser des légumes», confie Craig Chase, économiste de l'Université de l'Iowa qui observe depuis les années 1980 l'essor d'une agriculture moins conventionnelle dans le pays.


La question du prix du terrain foncier, qui a flambé ces dernières années dans le Midwest, est d'ailleurs une des principales raisons selon lui pour lesquelles les jeunes s'installent sur de petites surfaces.

Pour les enfants d'agriculteurs ne pouvant pas diviser leur exploitation - sans quoi elle n'est plus viable -, pour les immigrants ou pour les militants de l'agriculture bio, qui souhaitent démarrer leur propre affaire, c'est trop onéreux. «A 25.000 dollars l'hectare, ça coûte moins cher à l'installation de se concentrer sur une production à faible volume mais à forte valeur ajoutée».


L'attrait des consommateurs pour des produits plus sains, plus goûteux, joue aussi. Tout comme la sécurité alimentaire, mais d'une autre façon qu'en Europe. «Ici les gens ne sont pas spécialement préoccupés par les OGM. En revanche, comme l'industrie agro-alimentaire est concentrée entre les mains de trois ou quatre entreprises, les gens sont sensibles à l'idée qu'une attaque terroriste pourrait avoir un impact gigantesque», souligne Alice Topaloff.

En s'échinant à arracher les mauvaises herbes qui prolifèrent dans sa serre toute neuve, Danelle Myer assure qu'elle n'échangerait pour rien au monde les heures passées sur ses radis, ses patates douces et sa camomille, spécialement cultivée pour un herboriste d'Omaha.


Elle a l'air épuisée mais n'a aucune intention de baisser les bras. «Parce que je suis une femme, ou une enfant du coin, que je produis du bio, ou juste des légumes avec du goût, les gens me disent +persiste+», se réjouit-elle d'un grand sourire.

 

 


Publié dans Les bonnes nouvelles

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