Plus de 40 % des espèces d’arbres en Europe menacées d’extinction

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forêt de pins
Une forêt de pins près de Welzow, dans le Brandebourg (Allemagne), le 19 septembre, où de nombreux arbres souffrent de la sécheresse.

Pour la première fois, l’Union pour la conservation de la nature a publié une « liste rouge » des arbres européens.

Des 454 espèces d’arbres européens, 42 % sont menacées d’extinction, alerte, vendredi 27 septembre, l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). Plus inquiétant encore, 58 % des arbres endémiques d’Europe – ceux qui n’existent nulle part ailleurs sur la planète – sont menacés et 15 % ont été classés dans la catégorie « en danger critique », soit le dernier pallier avant l’extinction. Les sorbiers, les marronniers ou encore certains lauriers font partie des espèces les plus menacées.
Baromètres de santé de la biodiversité, les listes rouges de l’UICN identifient les espèces menacées d’extinction au niveau régional ou mondial afin de pouvoir prendre des mesures de conservation appropriées. Le statut des espèces arboricoles n’avait encore jamais été évalué en Europe. « Les arbres jouent un rôle très important, ils structurent tout l’écosystème forestier, explique Serge Muller, responsable scientifique de l’herbier national et président du Conseil national de la protection de la nature. Sans arbres, il n’y a pas de forêt et toutes les autres espèces de cet écosystème sont alors menacées. C’est pourquoi une étude approfondie sur les causes et conséquences de ces extinctions est extrêmement importante. »

La menace des espèces invasives

Selon le rapport, les menaces qui pèsent sur ce pan de biodiversité sont différentes pour chaque espèce. « Mais de manière générale, on retrouve des causes d’extinction communes à beaucoup d’arbres », soutient Emily Beech, officière de conservation au Botanic Gardens Conservation International de Londres et coauteure du rapport. Le principal risque identifié par les scientifiques vient des espèces invasives. Touchant 38 % des espèces étudiées, il s’agit notamment de parasites et de maladies, mais également de plantes introduites par l’homme et concurrentes des arbres indigènes. Le marronnier commun, par exemple, a été classé « vulnérable » à la suite du déclin causé par la mineuse du marronnier. Cette chenille, qui endommage les feuilles de l’arbre, a colonisé l’Europe. « Les espèces insulaires sont également très touchées par ces invasions, explique Bruno Cornier, botaniste ayant participé à l’étude. Dans les Canaries, à Madère ou en Sicile, les milieux sont très fragiles et beaucoup d’espèces invasives sont importées par les activités humaines. »

A ces menaces s’ajoutent, soutient Emily Beech, « la déforestation et le développement urbain, qui sont responsables de la vulnérabilité de 20 % des espèces mais aussi l’extension des terres agricoles, les incendies, le changement climatique, le tourisme ». Ce dernier affecte principalement les espèces côtières. En effet, la construction d’infrastructures liées à l’activité touristique, combinée au piétinement de ces espaces sensibles, augmente la vulnérabilité des arbres. Ceux-ci sont également fragilisés par la montée des eaux et l’intensification des tempêtes, poursuit la chercheuse.
Epine dorsale des écosystèmes

Les scientifiques appellent aujourd’hui l’Union européenne à œuvrer de manière globale à la survie de ce patrimoine biologique. « Les arbres sont essentiels à la vie sur Terre et les arbres européens, dans toute leur diversité, constituent une source de nourriture et un abri pour d’innombrables espèces animales (…) et jouent un rôle économique clé », a déclaré Craig Hilton-Taylor, chef de l’unité « Liste rouge » de l’UICN, dans un communiqué.

Plus encore, l’organisation espère que ce message d’alerte permettra au grand public de s’intéresser d’avantage à la disparition d’espèces végétales. En effet, alors qu’une grande attention est souvent accordée au déclin d’espèces dites charismatiques, comme les grands mammifères ou les oiseaux, les plantes sont, elles, souvent oubliées. « Les plantes parlent peu au grand public, admet Emily Beech, et il est beaucoup plus difficile d’obtenir des fonds pour étudier des espèces que personne ne connaît. » L’UICN a donc souligné la nécessité de les inclure dans la planification de la conservation. « Ce rapport montre à quel point la situation est catastrophique pour de nombreuses espèces sous-estimées et sous-évaluées qui constituent l’épine dorsale des écosystèmes européens et contribuent à la santé de la planète », a déclaré Luc Bas, directeur du Bureau régional européen de l’UICN.

Cette « liste rouge » centrée sur l’Europe n’est que la première partie d’une évaluation mondiale. L’UICN souhaite en effet publier une liste mondiale exhaustive des espèces d’arbres menacés avant fin 2020. Une liste rouge qui représenterait plus de 60 000 espèces.

Source : le monde

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Dans le parc naturel du Morvan, la déforestation se poursuit (sous la bénédiction de l'Etat français)

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Morvan-déforestation

Le parc naturel du Morvan souhaite limiter les coupes rases, néfastes pour l’environnement mais utiles à l’industrie du bois. Parce qu’il s’oppose à une gestion intensive des forêts, il risque de perdre son label, et les subventions afférentes.

Le parc naturel régional du Morvan se trouve aujourd’hui dans une situation paradoxale. Cet établissement public qui a pour mission première « la protection de l’environnement » souhaite réguler les coupes rases qui sévissent dans ses forêts. Mais la préfecture de la région Bourgogne-Franche-Comté s’y oppose. Elle menace même de lui retirer son label et les subventions qui vont avec.

Pour garder son étiquette « parc naturel », l’organisme devra donc cautionner des pratiques industrielles qui dégradent les écosystèmes — en cas de coupe rase, les habitats de la faune et de la flore sont détruits, le sol mis à nu est tassé. Une contradiction qui révolte une partie de la population alors que l’exploitation des forêts s’accroît dans le Morvan et que des centaines d’hectares de bois sont rasés chaque année.

Localement, un front se dessine. D’un côté, le parc et les associations environnementales pensent que la forêt, même privée, constitue un bien commun. Ils exigent un droit de regard sur les modes de gestion de la filière forestière. De l’autre côté, les services de l’État et les professionnels privilégient le statu quo et défendent, en priorité, les intérêts économiques de la forêt.
Le bras de fer est engagé. L’issue, incertaine. Le dossier est maintenant sur le bureau de la ministre de la Transition écologique, Élisabeth Borne, qui tranchera le débat d’ici décembre 2019. « Nous sommes en sursis, avertit Sylvain Mathieu, le président du parc. Si l’État refuse notre nouvelle charte, on risque de perdre 120.000 euros d’aides. On ne demande pourtant pas la lune. »
« Il y a un ras-le-bol général par rapport à la gestion intensive de la forêt »

Dans sa nouvelle charte, le parc naturel régional propose plusieurs mesures pour mieux encadrer les coupes rases. Il faut savoir que, pour l’instant, les règles de droit sont peu contraignantes. Pour des forêts supérieures à 25 hectares, le propriétaire doit établir un Plan simple de gestion (PSG), dans lequel il programme ses projets de plantations, détaille les travaux et les coupes qu’il souhaite faire, notamment pour recevoir des subventions. Le document est validé ensuite par la préfecture et le centre régional de la propriété forestière (CRPF), un organisme géré par les grands propriétaires et les professionnels. Dans un Plan simple de gestion, aucune limite de taille n’est fixée pour les coupes rases. Les engagements en matière de biodiversité sont également minimes.

C’est dans les propriétés inférieures à 25 hectares que le déficit de régulation se fait encore plus ressentir. Le propriétaire — et les professionnels qui gèrent sa parcelle — ont les mains libres. C’est uniquement lorsque la coupe est supérieure à 4 hectares, d’un seul et même tenant, qu’ils sont obligés d’obtenir une autorisation préfectorale. Sinon, en dessous, rien. Ils peuvent couper comme ils veulent, en toute quiétude. Cette situation concerne 97 % des propriétaires et couvre 43 % de la forêt du parc du Morvan, soit 63.450 hectares.
Pour y remédier, le parc réclame que les coupes rases soient soumises à autorisation préfectorale dès que les parcelles dépassent 0,5 hectare au lieu des 4 aujourd’hui. Il voudrait également être consulté dès que des demandes de coupes sont adressées à la Direction départementale des territoires (DDT) et dans le cadre d’un Plan simple de gestion. Pour avoir un suivi et un contrôle. « Nous sommes des élus du territoire. Nous avons le droit de savoir ce qui s’y passe ! », argumente Sylvain Mathieu. « On reste gentils. On ne demande pas l’interdiction absolue des coupes rases, seulement une consultation. Même ça, ils nous le refusent. »

Ces mesures ont été votées à la quasi unanimité par le conseil associatif et citoyen du parc qui regroupe plus de 40 associations locales. Seul deux membres ont voté contre. Un consensus semble se dégager tant le Morvan incarne aujourd’hui l’industrialisation de la forêt en France. « Il y a une grande exaspération, un ras-le-bol général par rapport à la gestion intensive de la forêt », reconnaît une technicienne du parc.

Au quotidien, une dizaine d’abatteuses sillonne le massif et fauche les forêts comme de simples champs de blé

Les données manquent pour connaître l’étendue des coupes rases et l’enrésinement— lorsque les feuillus sont remplacés par des résineux — du Morvan. En 2003, l’Institut national de l’information géographique et forestière (IGN) estimait que les plantations résineuses représentaient la moitié du parc régional. Depuis, ces surfaces ont sûrement augmenté. « Le Morvan est le territoire qui remplace le plus de feuillus par des résineux en France », assure Sylvain Angerand, de l’association Canopée. « La plupart de ces monocultures résineuses sont gérées ensuite en coupe rase, explique-t-il. On coupe la parcelle tous les 35 ans avant même que les arbres arrivent à maturité. »

Au quotidien, une dizaine d’abatteuses sillonne le massif et fauche les forêts comme de simples champs de blé. Ces machines pèsent plus de 25 tonnes. Elles coupent, billonnent et empilent entre 250 et 300 mètres cubes par jour, et remplacent jusqu’à dix bûcherons. Ce sont des monstres hybrides, mi tractopelle mi moissonneuse batteuse. Récemment, un nouveau modèle est arrivé sur le terrain. Les professionnels l’ont baptisé « Hannibal ».

Le site internet Global Forest Watch avec ses images satellites montre bien les métamorphoses que subit la forêt du Morvan. Le massif ressemble à une vaste mosaïque mouchetée de bleu et de rose. Les tâches roses indiquent les zones de déforestation, les pixels bleus les lieux de reforestation. Coupes et plantations sont les deux volets d’une même industrialisation.

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M. Mathieu, le président du parc : « On ne demande pas l’interdiction absolue des coupes rases, seulement une consultation. Même ça, ils nous le refusent. »


Reporterre a pu se procurer des extraits d’une étude restée confidentielle, commandée en 2017 par la Direction générale de l’environnement, de l’aménagement et du logement (DREAL) de la région. « L’enquête n’a toujours pas été rendue publique malgré les obligations légales », reconnaît un fonctionnaire. « Vous savez, les données sur ces questions là sont sensibles... »

En effet, l’étude vient conforter la thèse du parc naturel régional du Morvan. D’après celle-ci, la taille moyenne des coupes rases aujourd’hui est largement inférieure à 4 hectares. Elles échappent donc à toute forme de régulation. Sur les 740 hectares de coupes rases recensés en 2016, 87,2 % des surfaces sont inférieures à 4 hectares. « Il n’y a pas de contrôle dans ce cas, le radar de l’État est éteint », concède le même fonctionnaire qui souhaite rester anonyme.

L’État s’oppose aux mesures du parc pour des arguties judiciaires. Ces propositions sont jugées « invalides » selon la préfecture. Car si la loi autorise le préfet à baisser le seuil de demande d’autorisation de 4 hectares à 0,5 hectare, « la réglementation ne permet pas un zonage infra départemental », indique-t-elle. Or, le parc du Morvan se situe à cheval sur quatre départements.

L’argument est considéré « de mauvaise foi » par les élus du parc. Plusieurs départements ont en effet introduit des seuils différents au sein même de leur territoire. En Ariège, le seuil pour les demandes d’autorisation est fixé à 2 hectares pour les forêts classiques mais à seulement 0,5 hectare pour les forêts alluviales. En Charente, il est fixé à 1 hectare pour les feuillus, et à 4 hectares pour les autres peuplements. « Le droit forestier nous laisse une grande liberté, à nous de nous en saisir », plaide Sylvain Mathieu, le président du parc.

Contactée par Reporterre, la préfecture mentionne aussi « le manque de moyens humains » au sein de ses services. Abaisser le seuil pour les demandes d’autorisation de coupe rase entraînerait logiquement une multiplication des dossiers. « Pour l’instant, nous en recevons une dizaine chaque année pour des coupes supérieures à 4 hectares, rapporte un membre de la DDT, mais si le seuil passe à 0,5 nous en recevrons plus de 250 d’après nos estimations. C’est impossible à traiter. » Pour alléger la DDT, le parc propose d’y allouer lui aussi des moyens humains. Une solution jugée « pas sérieuse » par la préfecture.
Le syndicat des forestiers privés ne veut pas d’une « ingérence citoyenne »

Derrière ces querelles se joue en réalité une histoire plus grande : le positionnement de l’État vis-à-vis de la filière bois et sa capacité à réguler le secteur. « Il n’y a pas assez de contrôle, dénonce Sylvain Angerand. Aujourd’hui, les services de l’État servent d’abord de chambre d’enregistrement pour la filière. »

Sur les dix dossiers déposés chaque année à la préfecture pour les demandes d’autorisation de coupe rase, presque tous sont acceptés. « D’un point de vue environnemental, c’est assez sombre », admet un fonctionnaire qui témoigne de manière anonyme. « Ces autorisations servent surtout à protéger le propriétaire si jamais des associations écologistes portent plainte. Sa coupe, même industrielle et destructrice, sera agréée par l’État et donc plus difficilement attaquable. »
Les services de l’État soutiennent d’abord le milieu forestier. « Il est important que le paysage puisse être pris en compte mais cela ne doit pas se faire au détriment des propriétaires, déclare ainsi un membre de la DDT interrogé par Reporterre. La forêt demeure avant tout un enjeu économique », dit-il.

Le syndicat des forestiers privés est vent debout contre le projet de charte du parc naturel régional. Il pèse de tout son poids pour la rendre caduc et critique « une ingérence citoyenne ». « Je ne me permettrais pas de dire au propriétaire d’une usine comment il doit travailler. Alors pourquoi les forestiers devraient-ils subir ça ? Pourquoi devraient-ils être contrôlés sans cesse ? », s’interroge Alban de Montigny, porte-parole des propriétaires privés de la Nièvre. « L’avenir de la forêt du Morvan est dans le résineux. Je comprend que des gens puissent être choqués mais on oublie que la forêt, comme l’agriculture, est obligée de s’adapter au monde tel qu’il évolue. »

La bataille n’est pas finie.

Source : reporterre.net

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Pour sauver la planète, un milliardaire donne 98 % de sa fortune pour des projets environnementaux

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Jeremy-Grantham

On le sait tous, les milliardaires ou plus communément les riches ont tendance à être pingres dans le sens où ils ne jettent pas l’argent par les fenêtres, ils cherchent à investir dans tout ce qui pourrait leur apporter plus d’argent et peu, vraiment très peu d’entre eux, s’intéressent à la cause écologique. Positivr estime même que ces derniers sont environ 2 %. Heureusement, Jeremy Grantham en fait partie.

Jeremy Grantham est l’une des personnalités les plus emblématiques de Wall Street. A la tête du Grantham Mayo Van Otterloo (GMO), une société de placements gérant plus de 100 milliards de dollars d’actifs, cet homme est la bête noire des traders. Et pour cause, il sait anticiper les crises et protéger les actifs de ses clients. Justement, actuellement, c’est la crise écologique que le milliardaire flaire et c’est l’avenir de l’humanité qu’il cherche à protéger.
Une pointure de Wall Street conscient de l’enjeu environnemental

Vivant aux Etats-Unis depuis une quarantaine d’années, Jeremy Grantham est avant tout un visionnaire. Cet investisseur britannique déplore effectivement, dans une interview accordée au journal Les Echos Week-End du vendredi 23 août 2019, que « les hommes ont une capacité incroyable à s’autodétruire. (…) C’est impressionnant de voir à quel point les gens ne sont pas effrayés par les choses effrayantes qui risquent de leur arriver. »

Par cela, le milliardaire fait référence à la crise écologique qui pointe le bout de son nez. Car Jeremy Grantham en est sûr et certain, « le risque environnemental est le seul qui a 100 % de chance d’arriver. Et c’est paradoxalement le seul dont Wall Street se fiche ! » Pour illustrer ses propos, le milliardaire ne cache pas, dans ses propos cités par Positivr, que « pour mettre son nom sur le fronton d’un musée ou d’une école, il y a du monde ! (…) Quand il s’agit de financer des projets verts, en revanche, les milliardaires se cachent. »

Mais pourquoi Jeremy Grantham a décidé de parier sur l’avenir de l’environnement ?

S’il est évident que le geste de Jeremy Grantham, qui a décidé d’allouer 98 % de sa fortune, soit un milliard de dollars, à la cause environnementale, est salvateur pour les défenseurs de la nature, il n’en reste pas moins que l’on pourrait se poser des questions sur ses motivations.

Le milliardaire est clair à ce propos. Selon lui, l’économie basée sur le pétrole va tôt ou tard imploser et il faut désormais miser sur les énergies vertes. Très optimiste, il affirme : « Mon pari sera payant à long terme. (…) La décarbonisation de l’économie va apporter des fortunes à ceux qui en font le pari. Un changement de paradigme est en train d’avoir lieu, peut-être l’évènement économique le plus important de la révolution industrielle. »

Maintenant que cette grosse pointure de Wall Street a donné l’exemple, d’autres milliardaires vont-ils lui emboîter le pas ?

Publié dans Les bonnes nouvelles

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Un sanctuaire d’arbres géants découvert en Amazonie

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Des chercheurs ont découvert un sanctuaire d’arbres géants en Amazonie. Des colosses capables de stocker 40 tonnes de carbone à eux seuls.
En plein cœur de l’Amazonie qui brûle, dans le nord du Brésil, une expédition vient de découvrir un véritable  « sanctuaire » d’arbres géants.
Un Dinizia excelsa de plus de 80 m : sans doute l’arbre le plus haut d’Amazonie

La nature et son exploration recèlent toujours des surprises. La preuve : alors que le monde entier parle des incendies qui ravagent l’Amazonie, une expédition en ramène une découverte unique. Elle a découvert dans le nord du Brésil, à la frontière entre les États du Para et d’Amapa, ce qu’elle qualifie de « plus grand » arbre d’Amazonie.
Cet arbre de l’espèce Dinizia excelsa est plus qu’imposant : il mesure 88 mètres de haut, pour une circonférence de 5,5 mètres. Fort heureusement, là où il se trouve, il n’est absolument pas menacé par les feux ravageant actuellement la forêt tropicale amazonienne. En principe de tels arbres culminent à environ 60 mètres, selon Eric Bastos, chargé de coordonner les travaux menés en août dernier par les chercheurs de l’Université fédérale de Los Vales de Jequitinhonha (UFVJM) et des universités britanniques de Cambridge et Swansea.

Des capteurs aériens pour les repérer

Si ces arbres sont en principe communs dans la région, ce véritable sanctuaire d’arbres géants sort de l’ordinaire. Pour les chercheurs, il s’agit d’une découverte importante et dont il faut veiller à la préservation.
Comment a-t-on pu repérer ces arbres géants, en plein cœur d’une jungle infinie ? Grâce au progrès technologique : ce sont des capteurs aériens, les mêmes au fond que ceux utilisés dans les véhicules autonomes, qui ont permis de les identifier.

Car si le plus haut des arbres découverts met une trentaine de mètres dans la vue du précédent record, il est loin d’être le seul. Le bouclier guyanais, au nord-est de l’Amazonie, qui représente environ 9 % de la surface de forêt tropicale restant à la surface de notre planète, doit en receler de nombreux autres exemples, estiment les chercheurs...

Capables de stocker 40 tonnes de carbone

Il faut dire qu’entre 2016 et 2018, l’institut national pour la recherche spatiale brésilien a entrepris un vaste projet de scan laser de larges bandes de l’Amazonie. Au total, ce projet a permis de scanner de façon aléatoire 850 « tranches » de forêt de 12 km de long sur 300 mètres de large. Sur ce total, sept zones comprenaient des preuves de la présence d’arbres dépassant les 80 mètres de haut. La plupart étaient situés en bordure de la rivière Jari.

Sur place, les scientifiques ont pu le vérifier, au prix d’un périlleux périple sur la rivière de 240 km dans le nord-est du Brésil. L’équipe a ainsi pu voir une quinzaine de ces arbres géants, haut de plus de 70 mètres, tous des Angelim vermelho (Dinizia excelsa).

Chacun de ces arbres colossaux est en mesure de stocker 40 tonnes de carbone, soit l’équivalent de 300 à 500 arbres plus petits, en occupant au sol le même espace qu’une vingtaine d’entre eux…

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