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Après le blé et le tournesol, la moutarde vient à manquer

Publié le par Notre Terre

graines de moutarde

Depuis quelques semaines, les pots de moutarde se font plus rares dans les rayons des supermarchés. Au moins trois supermarchés du Nord Isère et l’aéroport Drive Carrefour de L’Isle-d’Abeau n’avaient plus du tout de moutarde, ce samedi 7 mai. Une pénurie qui s'explique par plusieurs facteurs, du changement climatique à la guerre en Ukraine.

Vous avez peut-être remarqué, en faisant vos courses, que certains produits venaient à manquer ces dernières semaines. Parmi les victimes de cette pénurie, l'huile de tournesol, mais aussi la moutarde, qui se raréfie peu à peu. Dans Le Bien Public, Michel Liardet, président de l'Européenne des condiments, estime « que la baisse d'approvisionnement sur les derniers mois de février et de mars a été de l'ordre d'au moins 25 à 30% et cela va s'accentuer ».

1/La sécheresse au Canada

Si la moutarde reste produite en France, notamment en Côte-d'Or, la plupart des graines proviennent en réalité du Canada, l'un des plus gros exportateurs de graines de moutarde au monde. Sauf que cette année, le pays a subi une des plus fortes sécheresses de son histoire. Selon un rapport du ministère de l'Agriculture canadien, la production 2021-2022 « est estimée en chute de 28% en raison de la baisse des rendements et de la superficie ensemencée ». Le rapport ajoute qu'en conséquence, « le prix moyen devrait presque doubler par rapport à 2020-2021, à un record de 1 700 dollars la tonne », soit un peu plus de 1500 euros. Or, jusqu'à présent, les producteurs canadiens permettaient d'obtenir des prix bien plus bas. Face à cette chute de la production, Ottawa a rationné ses exportations.
 

2/La guerre en Ukraine

Les importations sont également touchées par la guerre en Ukraine, qui empêche l'importation de graines de moutarde récoltées là-bas. « L'Ukraine, sans être un gros producteur, représentait un plan de secours. Nous comptions dessus pour faire la jonction avec la prochaine récolte, mais cette solution est tombée à l'eau », analyse dans L'Usine nouvelle le directeur général de Reine de Dijon en Bourgogne, Luc Vandermaesen.

« L'Europe de l'Est représentait environ 5% de la production de graines de moutarde. C'était notre troisième territoire de production, mais aujourd'hui on ne peut plus compter dessus », renchérit Michel Liardet, le président d'Européenne de condiments (EdC), dans Le Bien Public.

3/Des cultures abîmées

La moutarde de Dijon, 100% française, reste donc la seule denrée disponible, mais son prix est bien plus élevé, sans compter qu'elle aussi a rencontré des aléas cette saison  : les insectes ont ravagé les cultures. « De 12 000 tonnes en 2016, nous sommes passés à 4 000 tonnes en 2021. C'est simple, on n'arrive plus à gérer les ravageurs », constate dans Libération Fabrice Genin, président de l'Association des producteurs de graines de moutarde de Bourgogne (APGMB). Depuis l'interdiction des insecticides, les producteurs avouent être démunis et ne parviennent pas à faire face.

4/La flambée des prix des matières premières

Si la valeur d'un pot de moutarde risque donc de flamber pour toutes les raisons évoquées plus haut, ce n'est pas tout  : les fabricants doivent aussi composer avec la flambée des prix des matières premières, dont le verre et le métal, qui sont utilisés pour le conditionnement du produit.

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... et pendant que l'Amérique brûle, l'Inde étouffe et la Sibérie est en proie aux flammes

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....et le Kenya qui n'a jamais eu aussi soif.

C'est une photo qui a fait le tour du monde. Elle alerte à la fois sur les ravages du réchauffement climatique, responsable d'une sécheresse sans précédent au Kenya, et sur la menace d'extinction d'une espèce emblématique du continent africain. Parmi la liste des victimes de cette sécheresse historique, on compte des milliers de tête de bétail mortes dans la souffrance de la soif.

L'humanité semble se tenir devant les portes des enfers tant les catastrophes climatiques surviennent en même temps, dans une synchronicité qui laisse songeur.

Des incendies sans précédent ravagent depuis plusieurs années la Sibérie. En 2021, des feux, notamment dans l'est de la Sibérie, ont relâché 16 millions de tonnes de carbone (4e volume le plus élevé depuis le début des mesures en 2003), selon le rapport annuel sur le climat européen. La Sibérie, autrefois région froide et densément boisée est en train de se transformer en désert fouetté par les incendies et les températures record.

L'Inde et le Pakistan suffoquent. Les deux pays font face à une vague de chaleur historique, certains villes atteignent déjà les 50°C.  Cette canicule anormale met en danger des millions de personnes et brûle des milliers de cultures.

Outre le bilan mortel de ces conditions climatiques extrêmes sur les populations de l'Inde et du Pakistan, l'impact sur l'approvisionnement alimentaire national et mondial suscite des inquiétudes. Les agriculteurs des principaux États indiens producteurs de blé (Haryana, Punjab et Uttar Pradesh) ont vu leurs champs se flétrir sous un soleil de plomb, après un mois de mars exceptionnellement sec.
"La vague de chaleur s'est répandue très rapidement et a fait mûrir les cultures à un rythme plus rapide, ce qui a rétréci la taille des grains et entraîné une baisse des rendements", a déclaré à India Today JDS Gilll, responsable de l'information agricole dans l'État du Pendjab.

Cette situation survient à un moment où les réserves mondiales de nourriture sont déjà mises à rude épreuve, en raison de l'invasion de l'Ukraine par la Russie - souvent appelée "le grenier de l'Europe" - et d'autres événements liés au changement climatique. Face à cette guerre, le Premier ministre indien Narendra Modi a déclaré au président américain Joe Biden que l'Inde était "prête à fournir des stocks de nourriture au monde". Mais la vague de chaleur sans précédent a jeté le doute sur cette affirmation.

"De nombreux pays comptent sur le blé indien pour compenser les pénuries causées par la guerre en Ukraine. Mais les prix [du blé] vont augmenter et l'impact se fera sentir bien au-delà de l'Inde", a confié à NBC News Harjeet Singh, conseiller au Réseau Action Climat International.

Cela fait au moins 40 ans que nos dirigeants successifs avaient été informés de ce qui est en train de se passer aujourd'hui. Certains y ont cru mais n'ont pas agi en arguant que les choses s'arrangeraient toutes seules ou qu'un miracle technoscientiste leur viendrait en aide. D'autres n'y ont clairement jamais cru. Nous sommes TOUS RESPONSABLES de cette fuite en avant, nous sommes TOUS RESPONSABLES de cette fin du monde programmée : les politiciens, les industriels et les consommateurs endormis et piquousés aux biens de consommation... On nous promettait le bonheur et l'argent, ou plutôt le bonheur par l'argent, aujourd'hui tout cela n'a plus de sens, dans moins de dix ans l'humanité sera balayée comme les dinosaures, et l'astéroïde portera le nom de " Idiocraty".

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Gigantesque incendie et sécheresse intense dans l'Ouest américain

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Un gigantesque incendie, contenu à seulement 20% un mois après son déclenchement, continuait de ravager vendredi 6 mai l'État américain du Nouveau-Mexique, en proie comme tout l'ouest des États-Unis à une sécheresse chronique qui s'est encore aggravée cette semaine.
Baptisé «Hermits Peak Fire» par les secours, ce feu a déjà parcouru quelque 670 km2 de broussailles et de forêt et détruit environ 170 logements. Plusieurs milliers d'autres bâtiments sont potentiellement menacés dans les prochains jours par ce sinistre: un feu préventif organisé le 6 avril dernier mais qui avait échappé à tout contrôle en raison de vents violents et de conditions de sécheresse extrême dans la zone, selon les autorités.

Alors que la saison des incendies ne fait que commencer dans l'Ouest américain, le Nouveau-Mexique a déjà vu partir en fumée quelque 1200 km2 de végétation, davantage que la moyenne pour une année entière. Sept incendies au total, dont un qui a tué deux personnes le mois dernier, parcourent actuellement cet État touché par une sécheresse historique qui facilite tout départ de feu dans la lande. En réponse à la gravité de la situation, le président américain Joe Biden a décrété l'état de catastrophe naturelle au Nouveau-Mexique, qui pourra donc bénéficier de nombreuses aides fédérales, tant logistiques que financières.

Réservoirs d'eau «dramatiquement bas»

Les incendies sont courants dans l'ouest des États-Unis mais ils sont devenus de plus en plus intenses en raison du réchauffement climatique provoqué par les activités humaines, notamment les énergies fossiles, et qui aggrave une sécheresse déjà chronique. Elle menace notamment l'approvisionnement en eau d'une partie de la population et a fait chuter de manière spectaculaire le niveau des lacs et cours d'eau.

Tous les réservoirs affichent un niveau nettement inférieur à la normale dans les États de l'ouest, à l'exception de celui de Washington, souligne le bulletin hebdomadaire consacré à la sécheresse aux États-Unis. «En Californie, les deux plus importants réservoirs de l'État sont à un niveau dramatiquement bas à l'entrée dans la saison sèche», respectivement 40% pour le lac Shasta et 55% pour le lac Oroville. La situation était encore plus préoccupante dans le bassin du Colorado, qui assure l'approvisionnement en eau de dizaines de millions de personnes.

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Scientist Rebellion : des scientifiques passent à l'action pour sauver le climat

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Des actions non violentes ont été annoncées contre des universités, des centres de recherche et des revues scientifiques de premier plan, pour encourager tout leur personnel à s'exprimer plus fortement et à se battre contre la menace du réchauffement climatique. 

Tirer la sonnette d'alarme ne leur suffit plus. Depuis début avril, des scientifiques d'une vingtaine de pays réunis au sein de Scientist Rebellion, inspiré par Extinction Rebellion, lancent des actions de désobéissance civile afin de souligner l'urgence à agir pour le climat. 

Samedi, des scientifiques du mouvement étaient présents au Muséum nationale d'Histoire naturelle à Paris. 

Le début de leur campagne s'est calé sur la publication du rapport des experts climat de l'ONU (Giec), sur les solutions pour réduire les émissions de gaz à effet de serre.

Des actions non violentes ont été annoncées contre des universités, des centres de recherche et des revues scientifiques de premier plan, pour encourager tout leur personnel à s'exprimer plus fortement et à se battre contre ce que le groupe décrit comme une menace existentielle pour l'humanité. "Si nous disons que c'est une urgence, nous devons agir en conséquence", plaide Charlie Gardner, spécialiste en biodiversité tropicale à l'Université britannique du Kent. Scientist Rebellion espère voir "des niveaux élevés de désobéissance civile" de la part d'un millier de scientifiques à travers le monde.

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Un groupe créé en 2020

Mercredi, des scientifiques ont ainsi bloqué l'entrée d'un bâtiment de la banque JP Morgan Chase à Los Angeles (Etats-Unis). "Nous avons choisi JP Morgan Chase car parmi toutes les banques d'investissement dans le monde, JP Morgan Chase finance le plus grand nombre de nouveaux projets liés aux énergies fossiles", justifie l'un des scientifiques, Peter Kalmus, auprès du Guardian (lien en anglais). Le climatologue explique avoir été arrêté pour son action. 

Le groupe Scientist Rebellion a été créé en 2020 par deux doctorants en physique du St Andrews College, en Ecosse. Lors de leur première action d'ampleur il y a un an, une centaine de scientifiques s'en étaient pris notamment au géant de la publication scientifique Springer Nature et à la British Royal Society. Lors de la COP26 en novembre 2021, plusieurs de leurs membres avaient été arrêtés.

Avec un réchauffement d'environ +1,1 °C depuis l'ère pré-industrielle, le monde est déjà victime d'une multiplication des événements extrêmes, canicules, sécheresses, inondations ou tempêtes. Et ce n'est qu'un début, comme l'ont montré les deux premiers volets du Giec sur la physique du climat et les impacts publiés récemment.

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Dérèglement climatique : "On a tous les signaux et pourtant on va droit dans le mur", Thibault, 21 ans, souffre d'éco-anxiété

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"Quand le Giec a publié son dernier rapport sur le dérèglement climatique, j'ai eu du mal à m'endormir..." Thibault, 21 ans, étudiant en école de design à Paris a récemment mis un mot sur les angoisses et les frustrations qu'il ressentait : l'éco-anxiété. "Dans quelle société vais-je vivre quand j'aurai 50 ans ? Est-ce que ce monde sera encore désirable, et surtout vivable pour les générations futures ?" Autant de questionnements qui empoisonnent la vie de ce Lyonnais d'origine.

L'éco-anxiété a récemment été définie comme la combinaison de plusieurs émotions : angoisse, frustration, colère, peur, etc. que peuvent ressentir des personnes quand elles pensent au futur de notre planète et au dérèglement climatique qu'elle subit. "Ce qui m'angoisse c'est qu'on a tous les signaux, toutes les informations scientifiques, on assiste à des conséquences très concrètes de ce dérèglement, et pourtant, on va droit dans le mur", explique encore le jeune homme.

Beaucoup de questions, peu de réponses

L'étudiant se dit encore "très frustré" de voir que la question écologique "n'est quasiment pas abordée par la sphère médiatique ou par les institutions politiques et que le reste de la population reste impassible". Jusqu'à récemment, Thibault ne s'informait pas énormément sur la question climatique, indiquant seulement "faire attention à l'environnement par des gestes de bon sens" dans son quotidien. Depuis ce qui relève d'une véritable prise de conscience chez lui, il a décidé de rejoindre le mouvement militant citoyen Alternatiba pour "s'entourer de personnes qui vivent la même chose et agir ensemble".

Selon lui, œuvrer pour la planète "ne se résume pas à fermer le robinet ou pisser sous la douche, il faut un changement de paradigme de la société !' Même s'il ne se dit pas "découragé" ou "fataliste" devant la situation, il admet que ses angoisses le poussent à réfléchir différemment : "Quelle sera la place d'un designer, le métier que j'apprends, dans dix ans quand on sait l'impact colossal du numérique sur notre planète ?" S'il aimerait pouvoir inclure la question environnementale dans son travail, il regrette que le monde de l'entreprise "n'intègre pas suffisamment cette dimension". "Des questions se posent, ça n'est pas facile de trancher...", conclut-il.

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