24 janvier 2015 6 24 /01 /janvier /2015 08:41

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L'horloge de l'apocalypse, qui symbolise l'imminence d'un cataclysme planétaire, a été avancée de deux minutes, à minuit moins trois, ont annoncé jeudi des scientifiques internationaux, citant la double menace du réchauffement climatique et le regain de tensions nucléaires.

 

Le Bulletin des scientifiques atomiques, une association qui compte dans ses rangs 18 prix Nobel, juge ainsi «très élevée la probabilité de catastrophe planétaire à moins que des mesures ne soient prises rapidement».

«Menaces extraordinaires à la survie de l'humanité»

La célèbre horloge indique maintenant minuit moins trois minutes, précise Kennette Benedict, présidente de cette association qui a créé en 1947 cette horloge symbolisant au départ l'imminence d'un cataclysme nucléaire.

«Aujourd'hui, le réchauffement climatique incontrôlé et une course aux armes nucléaires résultant de la modernisation des énormes arsenaux existant représentent des menaces extraordinaires et indéniables à la survie de l'humanité», a estimé Kennette Benedict en annonçant cette décision lors d'une présentation à Washington.

 

L'horloge n'a jamais été aussi près de minuit depuis 1984, quand elle avait également été réglée à 23h57 au moment le plus tendu des relations américano-soviétiques. Depuis sa création en 1947, l'horloge de l'apocalypse a été ajustée 18 fois, de minuit moins deux en 1953, quand les Etats-Unis ont décidé de produire la bombe à hydrogène, à minuit moins 17 minutes en 1991, à la fin de la Guerre Froide.

 

 


 

 


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20 janvier 2015 2 20 /01 /janvier /2015 08:00

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L'année 2014 a été la plus chaude sur le globe depuis le début des relevés de températures en 1880, ont annoncé vendredi l'Agence américaine océanique et atmosphérique (NOAA) et la Nasa.

Celles-ci ont tout de suite souligné que ce phénomène reflétait surtout l'accroissement des émissions de gaz à effets de serre résultant des activités humaines.


Décembre a également enregistré une température moyenne à la surface des terres et des océans sans précédent pendant ces 134 ans pour le dernier mois de l'année, a également indiqué la NOAA. Celle-ci a précisé que des mesures effectuées indépendamment par la Nasa arrivent à ces mêmes conclusions.

Les températures de décembre ont été 0,77 degré Celsius au-dessus de la moyenne du XXe siècle.

Sur l'année complète, la température moyenne au sol et sur les océans a été 0,69°C au-dessus de celle du XXe siècle, surpassant les précédents records de 2005 et 2010 de 0,04 degré.


La plus grande partie de ce réchauffement s'est produite au cours des trois dernières décennies et les dix années les plus chaudes ont été enregistrées depuis 2000 à l'exception de 1998.

«Alors que la température moyenne sur une année peut être influencée par des conditions météorologiques extrêmes, les tendances au réchauffement sur le long terme sont attribuables aux facteurs contribuant au changement climatique actuellement dominés par les émissions de gaz à effets de serre humaines», a souligné Gavin Schmidt, directeur de l'Institut Goddard de la Nasa pour les études spatiales.

En 2014, la température moyenne globale à la surface des terre s'est située 1°C au-dessus de la moyenne du XXe siècle, soit la quatrième plus élevée depuis 1880.


La température sur les océans a été 0,57°C supérieure à la moyenne des 134 dernières années, ce qui en fait la plus élevée de toutes les années jamais enregistrées.

La température moyenne de la basse stratosphère (entre 15 et 20 km d'altitude) a diminué tandis que celles dans la troposphère, les couches plus basses de l'atmosphère, ont augmenté, une indication d'un réchauffement provoqué par des gaz à effet de serre, explique la NOAA.

 

 

 

Selon ses données analysées à l'Université Rutgers, l'étendue moyenne de la couverture neigeuse annuelle dans l'hémisphère nord en 2014 a été de 63,4 millions de km2, dans la moyenne des mesures effectuées depuis le début des observations par satellites en 1978.


L'étendue moyenne des glaces dans l'océan Arctique a été de 28,4 millions de km2 en 2014, la sixième plus petite superficie annuelle mesurée depuis 36 ans. En revanche l'étendue des glaces dans l'Antarctique a été un record en 2014 pour la deuxième année consécutive, avec 33,8 millions de km2.


Les températures record se sont produites en l'absence du courant chaud du Pacifique El Niño a relevé vendredi la NOAA. Ce courant apparaît tous les cinq à sept ans en moyenne et exerce une forte influence sur le climat du globe.

Dans son dernier rapport publié en avril 2014, le Groupe intergouvernemental d'experts sur le climat (Giec) estimait que sans un changement majeur et rapide dans la production énergétique mondiale, très dépendante du charbon et du pétrole, la hausse du thermomètre de la planète sera de 3,7 à 4,8°C à l'horizon 2100.


Selon le Giec, il reste peu de temps pour agir afin de limiter la hausse des températures de la planète à 2°C d'ici la fin de ce siècle par rapport aux niveaux de l'ère pré-industrielle.

Selon ces experts, au-delà de deux degrés, le changement climatique pourrait avoir des conséquences désastreuses, dont la montée importante du niveau des océans avec la fonte accélérée des glaces arctiques, la multiplication d'intempéries catastrophiques, la disparition d'espèces animales avec la perte de leur habitat et davantage de conflits.


Pour Bob Ward, un responsable du Grantham Research Institute sur le changement climatique à la London School of Economics, «ce record de températures en 2014 devrait interpeller les gouvernements partout dans le monde quant à l'ampleur des risques créés par le réchauffement et l'urgence d'agir. Il faut la conclusion d'un accord international pour réduire les émissions de CO2 au sommet de l'ONU sur le climat à Paris en décembre 2015».

 


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19 janvier 2015 1 19 /01 /janvier /2015 13:42

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Refaire un calcul pour vérifier qu’on ne s’est pas trompé, ça arrive à tout le monde. Carling Hay et son équipe de l'université d'Harvard, eux aussi, ont refait un calcul: la mesure du niveau des océans de 1901 à 1990, rien que ça. Et devinez quoi? On s’était trompé.


La montée du niveau des mers, qu’on pensait être de 1,8mm par an jusqu’en 1990, n’était en fait que de 1,2mm, révèle l’étude de Hay, publiée mercredi dans Nature. Ce qui veut dire que pour atteindre le rythme actuel de 3mm par an, elle a connu en vingt ans une accélération 25% plus forte que ce que l’on croyait. Le niveau de l’eau a monté d’un grand coup. Ce qui pourrait bien avoir des conséquences sur les projections dont on disposait jusqu’ici, prévient l’auteur de l’étude.

 

 

Alors, le niveau des mers augmenterait-il plus vite que ce que l’on croyait? «Dire ça serait complètement faux», tranche le spécialiste de la question Gerhard Krinner, directeur de recherche au CNRS. «Le niveau des mers augmente à la vitesse qu’on connaît depuis des années. Ce qui change, c’est l’accélération de la montée, qui a été plus forte qu’on le croyait.» Comme une voiture dont on connaîtrait l’allure, mais qui aurait accéléré plus soudainement qu’on le pensait pour atteindre cette allure.


Par ailleurs, l’étude n’affecte pas tant que ça les projections présentées depuis des années par le Giec, la référence internationale en matière de climat. «Elles ne sont pas de simples extrapolations des tendances du passé, explique Gerhard Krinner. Celles que retient le plus souvent le Giec sont calculées grâce à des méthodes reposant sur des mécanismes physiques», et ne sont donc pas affectées par l’étude présentée par Nature. Les autres, qui pourraient effectivement devoir être recalibrées, sont en général écartées par le Giec, car plus alarmistes.


Et on n’a pas besoin de plus d’alarmisme. Selon les projections du Giec, d’ici à 2100 le niveau moyen des mers pourrait avoir grimpé de près d’un mètre. «Même si les températures se stabilisent en 2100, le niveau des mers continuera de monter tant que la calotte glaciaire ne se sera pas adaptée à ces températures», rappelle Gerhard Krinner. Ce qui pourrait prendre des centaines d’années.

 

 


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12 janvier 2015 1 12 /01 /janvier /2015 08:02

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Le Moyen-Orient devra renoncer à exploiter près de 40% de ses réserves pétrolières, et la Chine, les Etats-Unis et la Russie l'essentiel de leur charbon, si l'on veut contenir le réchauffement climatique, révèle une étude publiée mercredi par le journal Nature.


Globalement, un tiers des réserves pétrolières, la moitié des réserves de gaz et plus de 80% du charbon devront rester sous terre jusqu'à 2050, soulignent les auteurs de cette étude intitulée «Quelle quantité d'énergies fossiles pouvons-nous exploiter?»

Ce sera le seul moyen d'atteindre l'objectif de l'ONU de limiter le réchauffement à +2°C par rapport à l'ère pré-industrielle, souligne Christophe McGlade, de l'Institute for Sustainable Resources du University College de Londres.


«Les hommes politiques doivent réaliser que leur instinct consistant à recourir aux énergies fossiles disponibles sur leur territoire, est incompatible avec leur engagement à tenir l'objectif de 2°C,» dit-il.

Les experts de l'Onu, qui ont publié en 2014 la plus vaste évaluation scientifique du changement climatique, estiment que pour atteindre ce but, l'homme devra limiter ses émissions de CO2 à environ 1.000 milliards de tonnes (gigatonnes), après en avoir déjà consommé 2.000. Les émissions que générerait l'usage des réserves d'énergies fossiles encore disponibles sont évaluées par l'étude à 3.000 gigatonnes.


«Les entreprises ont dépensé plus de 670 milliards de dollars dans la recherche de nouvelles ressources fossiles, c'est le double des investissements dans les énergies vertes!!! », souligne Paul Ekins, co-auteur de l'étude. «Elles devront revoir ces budgets si des politiques sont mises en place pour soutenir la limite des +2°C».

L'étude fait le point sur les réserves et leur localisation, avant d'estimer quelles quantités peuvent être exploitées jusqu'en 2050.

Les auteurs ont pris deux scénarios, l'un dans lequel le monde s'appuie sur un «vaste réseau» de capture et stockage du carbone -- des systèmes dans les faits très peu développés encore --, et l'autre sans ces technologies.

 

Même si les systèmes de capture du CO2 étaient répandus, il faudrait renoncer à plus de 430 milliards de barils de pétrole.

Dans ce cas, le Moyen-Orient à lui seul devrait renoncer à plus de 260 milliards de barils, soit 38% de son stock (l'équivalent de huit années de production aux niveaux de 2013).

L'Amérique latine devrait renoncer à 58 milliards de barils, le Canada à 39 milliards et les anciens Etats soviétiques à 27 milliards.

La Chine et l'Inde devront éviter d'exploiter près de 70% de leurs réserves de charbon, et l'Afrique presque 90%. L'Europe renoncera à 78%, les Etats-Unis à 92%.


«Ces résultats montrent qu'il faut transformer complètement notre compréhension de la disponibilité des énergies fossiles,» insiste l'étude.

La répartition inégale des réserves à ne pas toucher sera un défi dans la recherche d'un accord mondial sur le climat, espéré à Paris fin 2015, soulignent les experts du climat Michael Jakob et Jérôme Hilaire, dans une analyse jointe à l'étude.

«Seul un accord global qui compensera les pertes des uns et sera perçu comme équitable par tous, pourra imposer de strictes limites au recours aux énergies fossiles», ajoutent-ils.

 

 


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