17 mars 2013 7 17 /03 /mars /2013 18:03
On soupçonnait déjà que la perte de la fertilité était au nombre des graves  dégâts occasionnés, une étude récente va dans ce sens. Une étude qui, si elle n'est pas étouffée, pourrait avoir un grand impact sur les décisions à prendre à l'avenir!
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En 2009, près de 3% des terres agricoles étaient couvertes d'OGM avec 134 millions d'hectares, selon l'ISAAA, qui, chaque année, fait état des cultures des plantes transgéniques dans le monde. Et le dossier des OGM alimentaires - dont de très nombreuses pages restent encore floues à ce jour - pourrait bien s'alourdir prochainement alors qu'une nouvelle pièce en provenance de Russie est sur le point d'y être ajoutée. 

 

Celle-ci prend la forme d'une étude, dont les résultats les plus frappants viennent d'être présentés à la presse en Russie dans le cadre de l'ouverture dans ce pays des Journées de Défense contre les Risques Environnementaux. Elle est même évoquée par Jeffrey Smith, fondateur de l'Institute for Responsible Technology aux Etats-Unis et auteur de référence dans le monde des OGM avec notamment son ouvrage Seeds of Deception (littéralement «les semences de la tromperie») publié en 2003. Menée conjointement par l'Association Nationale pour la Sécurité Génétique et l'Institut de l'Ecologie et de l'Evolution, cette étude russe a duré deux ans, avec pour cobayes des hamsters de race Campbell, une race qui possède un taux de reproduction élevé. Ainsi, le Dr Alexey Surov et son équipe ont nourri pendant deux ans et d'une manière classique les petits mammifères, à l'exception près que certains d'entre eux ont été plus ou moins nourris avec du soja OGM (importé régulièrement en Europe) résistant à un herbicide.

Au départ, quatre groupes de cinq paires (mâles / femelles) ont été constitués: le premier a été nourri avec des aliments qui ne contenaient pas de soja, le second a, quant à lui, suivi un régime alimentaire qui comportait du soja conventionnel, le troisième a été alimenté avec en complément du soja OGM et enfin le quatrième groupe a eu des plateaux repas dans lesquels la part de soja transgénique était encore plus élevée que dans ceux du troisième.

 

A la fin de cette première phase, l'ensemble des quatre groupes a eu en tout 140 petits. L'étude s'est poursuivie dans une deuxième phase par la sélection de nouvelles paires issues de chacun de ces premiers groupes. Et, dans la logique du déroulement, les nouvelles paires de la deuxième génération ont, elles aussi, eux des petits, créant de fait la troisième et dernière génération de cobayes. Ainsi, il y a eu au final 52 naissances parmi les spécimens de troisième génération qui n'ont pas consommé du tout de soja, 78 parmi ceux qui ont consommé du soja conventionnel.

 

Mais le troisième groupe, celui qui a été nourri avec du soja OGM, n'a eu que 40 petits, dont 25% sont morts. Et, pire, dans le groupe qui a mangé le plus de soja génétiquement modifié, une seule femelle a réussi à donner naissance, soit 16 petits au total, dont 20% sont finalement morts.

 

Ainsi, à la troisième génération, les hamsters qui, pour les besoins de l'étude, ont eu, dans leur menu, une part importante de soja OGM, n'étaient plus capables de se reproduire...

 

Mais une autre surprise de taille a été observée: certains de ces hamsters issus de la troisième génération se sont retrouvés avec des poils ... dans la bouche, un phénomène d'une extrême rareté.

Selon Jeffrey Smith, l'étude du Dr Surov et de son équipe pourrait bien «déraciner» une industrie qui vaut plusieurs milliards de dollars. L'affaire est donc à suivre, mais, quoi qu'il en soit, depuis l'introduction en 1996 dans l'environnement et dans la chaîne alimentaire de produits agricoles transgéniques (issus de semences dans lesquelles y sont ajoutées un ou plusieurs gênes étrangers afin de conférer à la plante une propriété spécifique), les risques qui y sont liés restent encore très largement inconnus car très peu observés, faute d'études suffisamment longues et indépendantes, mais aussi à cause du refus des semenciers de publier leurs propres études (sauf sous la contrainte juridique) pour des raisons de stratégies industrielles et commerciales.

 

Aussi surprenant que cela puisse paraître, le principe de précaution, dans ce domaine, semble effectivement illusoire, alors que les incertitudes scientifiques qui demeurent devraient justement le mettre au cœur du processus d'évaluation. Et, d'ailleurs, l'on peut même supposer que cette absence de précaution large et de manque de transparence vis-à-vis du public nuisent par la même occasion aux OGM agricoles expérimentaux (de seconde génération) qui ne peuvent pas être évalués dans les meilleures conditions puisque ceux qui sont actuellement sur le marché ne l'ont été que partiellement (voir le proverbe de la «charrue avant les boeufs»...).

 

Car l'ennui, au fond, c'est que nous tous, les consommateurs, sommes au bout de cette chaîne alimentaire: alors finalement dans l'histoire, qui sont réellement les cobayes?

  Source : Mediapart

 


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commentaires

Yome 07/02/2016 12:45

C'est très douteux scientifiquement, déjà parce que vous ne mettez pas de référence, ou lien direct, vers l'étude en question : existe t'elle ? Est elle scientifiquement recevable ? A t'elle été menée correctement ? L'expérience à t'elle été répétée suffisamment de fois pour exclure un résultat dû au hasard ? Quelle lignée de cobaye à été utilisée ? Fond génétique commun ?... De plus, en admettant que l'étude existe, qu'elle répond aux normes méthodologiques d'une publication scientifique de haut niveau, et que les résultats sont ceux de l'article : rien ne montre que l'effet sur les humains serait le même que sur les animaux de l'étude. Cette étude mériterais pourtant un facteur d'impact élevé, car il est très contre-intuitif pour un biologiste de pensé que plus un organisme est génétiquement modifié, plus il rend stérile... Quels sont les modifications génétiques mises en cause ? Car à moins que la modification fasse produire à l'OGM une substance toxique, il n'y à aucune raison qu'un OGM ait un effet repro-toxique. La variation génétique est présente chez n'importe quelle être vivant, celle des OGM est juste dirigée, mais des séquences d'ADN en plus ou en moins ne rendent pas quoi que ce soit directement toxique.

KERNE 07/12/2015 12:46

Certes on peut se méfier de tout ce qui circule mais il est tout de même important d'être averti car 1 homme averti en vaut 2... et d'autre part j'ai une conscience et un devoir de transmettre.

KERNE 07/12/2015 12:41

Merci pour toutes vos recherches et transmissions d'info. À défaut d'autres choses je peux au moins les partager...

DEBRE Etienne 03/12/2015 11:01

Attention aux mots que vous utilisez Mesdames et Messieurs les journalistes, cette étude très inquiétante ne PROUVE rien du tout pour les humains, elle indique simplement de très inquiétantes tendances chez les Hamsters. Les échantillons sont très réduits, 10 individus chacun...Si mes calculs sont bons à la fin de l'expérience il reste quand même 12 petits dans le groupe à OGM, peut-on en conclure de façon péremptoire que les hamster "n'étaient plus capable de se reproduire..." etc.... tous ces à peu près, voire inexactitudes desservent la cause que vous défendez. Alertez, faites sortir des infos, mais soyez rigoureux et précis!

Luc 20/09/2015 02:50

Leurrés, oui, et ça fait longtemps. Ce qui "rassure" d'un côté, c'est que petit à petit l'info (la vraie) circule et que de plus en plus de gens prennent conscience de la gravité des choses. Mais en contrepied, ce "petit à petit" est bien long à prendre forme et la question que je me pose est: Restera-t-il encore quelque chose à sauver quand nous serons en mesure (assez nombreux et conscients) de le faire?

Notre Terre 20/09/2015 07:53

Je me suis souvent posé cette question. Que restera t-il à sauver le jour où nous aurons pris conscience qu'il faudra sauver la Terre?
Merci de votre commentaire