Montée des eaux: Le coût des digues moins élevé que celui de l’immersion, selon le Giec

Publié le par Notre Terre

Selon le rapport du Giec sur le changement climatique, il vaut mieux investir dans des infrastructures sur les littoraux, que de laisser mers et océans envahir les terres…

 

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Avis aux propriétaires de villas paradisiaques, plages privées ou hôtels en bord de mer. Il faudrait peut-être penser à rendre votre part de terre à la mer. Pas tout de suite, certes, mais dans un délai d’un siècle, la référence temporelle du Giec (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) dont le second rapport a été rendu la semaine dernière à Yokohama, au Japon. En tablant sur une augmentation moyenne des températures de 4 degrés sur terre, l’impact du réchauffement climatique sur les littoraux sera à terme l’un des problèmes prioritaires des décideurs, contraints de s’adapter à la récurrence des tempêtes et à la montée des eaux.


«L’idée qui ressort du rapport est qu’il faut agir nécessairement, confie Virginie Duvat, chercheur au CNRS et géographe. Le coût de l’adaptation est inférieur au coût de l’immersion.» Ne rien faire coûterait donc plus cher que de multiplier les projets de défenses côtières et de surélévation des digues protectrices. «On voit les dommages causés par la nature. L’estimation des coûts pour s’en prémunir est grossière mais on se rend compte qu’il vaut mieux investir dans des infrastructures que de reculer», poursuit Jean-Pierre Gattuso, directeur de recherche au CNRS et océanographe.

Retenir les leçons de la tempête Xynthia

Selon le rapport, le coût global de l’adaptation au changement climatique oscillerait entre 70 et 111 milliards de dollars par an, au niveau mondial. Un coût qui englobe donc les mesures destinées à lutter contre la submersion massive des terres. Pour y faire face, l’une des idées proposées consiste à arroser mers et océans de poudre calcaire afin de «tamponner» l’eau. Efficace sur le papier mais totalement «irréalisable», selon Jean-Pierre Gattuso, qui préfère les investissements en digues effectués en Angleterre ou aux Pays-Bas. Deux pays mieux armés «que les zones tropicales ou des îles comme les Maldives où l’eau monte d’1,2mm chaque année», selon Virginie Duvat.


En France métropolitaine, il s’agit d’éviter un scénario catastrophe, comme celui du village de La Faute-sur-Mer (Vendée) en 2010 lors du passage de la tempête Xynthia. Tout un quartier, bâti en zone inondable, avait été dévasté par une crue (causant la mort de 29 personnes). L’Etat est désormais contraint de racheter des terres et des maisons pour les raser. Une relocalisation ou révolution territoriale, qui pourrait bien toucher d’autres départements à l’avenir, si rien n’est fait.

 

 


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