Les semences de la colère

Publié le par Notre Terre

Le soja transgénique - "l'or vert" de l'Amérique du Sud - génère d'immenses profits mais aussi des dégâts sociaux et environnementaux considérables. Enquête au Paraguay, où des petits paysans affrontent la puissante filière des cultures OGM.

 

Geronimo est un petit paysan qui vit avec sa famille dans un village du Paraguay. Autour de chez lui s’étendent à perte de vue des champs de soja transgénique appartenant à de grands propriétaires, des colons brésiliens pour la plupart. Victimes de contaminations dues à l’épandage d’herbicide, les villageois s’organisent pour lutter contre la destruction de leur environnement et sauver la vie de leurs enfants...

 

La loi du plus fort

 

Paysans expulsés, pollution des sols, déforestation, empoisonnements... : quel poids pèsent les dégâts sociaux et environnementaux face aux profits générés par la monoculture intensive du soja génétiquement modifié ? En se rendant au Paraguay, qui compte parmi les principaux pays exportateurs mondiaux de soja, et en se mettant à l’écoute des différentes parties en présence, les réalisateurs nous donnent des clés pour comprendre comment a pu s’imposer un modèle de développement agricole particulièrement destructeur.

 

Et cela à travers l’affrontement inégal entre, d’un côté, les grands propriétaires producteurs de soja, bras armés (au sens propre) des firmes agroalimentaires et des spéculateurs financiers, et de l’autre les campesinos, ces petits paysans qui tentent de défendre leur outil de travail et leur mode de vie. Aux discours agressifs des premiers, partisans de la loi du plus fort – renforcés dans leurs convictions par les arguments de scientifiques défendant les intérêts des leaders du marché des semences et des produits phytosanitaires –, s’oppose l’énergie du désespoir d’une société rurale traditionnelle pour qui le soja transgénique est une malédiction. Dans cet universel combat du pot de terre contre le pot de fer, c’est la logique du profit qui l’emporte, avec l’arrestation des petits paysans pour “occupation illégale des terres”... Comment la lutte se poursuivra-t-elle ?

 

 

 

Publié dans OGM j'en veux pas!

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Pesticides : des communes en cure de désintox

Publié le par Notre Terre

Depuis quatre ans, Lardy, dans l’Essonne, a banni les pesticides. Les jardiniers respirent, les papillons reviennent mais le changement demande des bras et l’adaptation des habitants.

 

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Comme toutes ses voisines, Lardy était accro. Cette année, la commune fête avec fierté ses quatre ans d’abstinence et pas question de rechuter. Pendant des décennies, cette bourgade de 5 700 habitants située dans l’Essonne s’envoyait au bas mot 32 litres d’herbicides par an. Aujourd’hui, la municipalité ne veut plus en entendre parler.

Aujourd’hui, les stocks de produits ont été détruits et les roses trémières qui grimpent le long des rues tentent de faire oublier que quelques pissenlits poussent à leurs pieds.

Pourtant, avant même de prendre sa bonne résolution, Lardy était déjà moins portée sur le bidon que ses semblables. « Prenons une commune de 15 à 20 000 habitants, elle peut consommer jusqu’à 1 000 litres de pesticides par an », estime Romain Cassard, ingénieur agronome spécialisé en gestion de l’eau et de l’environnement pour le bureau d’études Envilys, installé dans le Languedoc-Roussillon. En France, tous pesticides confondus, 1 150 tonnes source UPJ (Union des entreprises pour la protection des jardins et espaces publics) de produits phytosanitaires sont utilisées chaque année pour l’entretien des espaces verts, des cimetières, des parcs et stades municipaux.

« Moins on met d’herbicides, plus il faut de bras »

Comme Lardy, ville pilote des projets « zéro-phyto » une cinquantaine de communes d’Ile-de-France se disent aujourd’hui sevrées. A l’échelle nationale, le ministère de l’Ecologie n’a pas de chiffres précis, mais elles seraient plusieurs milliers. Même les grandes villes sont concernées. Dans le cadre du plan Ecophyto 2018, 60% des villes de plus de 50 000 habitants se sont donnés  « un objectif zéro-phyto ». Mais les conversions se font encore à petit pas.

« Il n’y a pas de secret, moins on met d’herbicides, plus il faut de bras », souligne Patrick Maheu, responsable des espaces verts à Lardy. « Avant, on vaporisait deux fois par an et on n’en parlait plus », se souvient-il, en effectuant son inspection bimensuelle du cimetière. Entre les graviers, de jeunes pousses ne tarderont pas à être carbonisées. Mais le brûleur thermique ne suffit pas. Depuis le printemps, son équipe de quatre personnes désherbe tous les quinze jours. Pour les soulager, trois ou quatre salariés en insertion les rejoignent pendant les semaines critiques. « Mais c’est un cinquième poste qu’il faudrait » estime le jardinier.


« Pas forcément », rétorque-t-on à la mairie. Selon Claude Jaillet, directeur général des services « réorganiser les pratiques permet déjà de libérer du temps. » Ainsi, dans le parc municipal, le ballet des tondeuses est devenu moins fréquent. Sans que les Larziacois n’y voient d’inconvénients. « On constate une barrière psychologique lorsque l’herbe atteint 25 centimètres, au-delà seulement les gens trouvent les terrains sales » explique Romain Cassard. Envylis, la société pour laquelle il travaille, coache les communes qui veulent un plan « zéro-phyto » à moindre frais [1].
Le cimetière, bête noire des plans « zéro-phyto »

Depuis quatre ans, la petite équipe de Patrick Maheu peaufine donc ses tactiques. Sa principale stratégie : occuper les sols avant les mauvaises herbes. Sous les massif de fleurs, quelques centimètres de mulch – un paillis provenant en partie du broyage des arbres de la commune – empêche les adventices de s’installer. Et le sedum, une plante rasante aux nuances rouges, règne désormais en maître dans le cimetière.

Le cimetière, bête noire des plans « zéro-phyto »

 

« C’est là que la plupart des municipalités se cassent les dents », constate Romain Cassard. Principal consommateur de pesticides d’une commune, ce lieu cristallise les critiques. « Evidemment c’est sensible, confirme Michel Lavollay, le premier adjoint de Lardy, chargé de l’urbanisme et du développement durable, quelqu’un qui vient régulièrement entretenir la tombe d’un proche supporte mal les mauvaises herbes autour. »


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Après le passage au désherbage écologique, l’élu a donc reçu quelques courriers d’administrés mécontents : « On revient cinquante ans en arrière », « cette ville n’est plus tenue ». Michel Lavollay et Patrick Maheu l’admettent : « Sans désherbant ce n’est jamais parfait, les gens doivent être un peu plus tolérants. » Et se laisser convaincre par les deux entomologistes larziacois qui ont constaté le retour de certains papillons.

Sauf qu’en 2009, la transition a été brutale. « On a préféré tout supprimer d’un coup pour éviter que les jardiniers ne soient tentés », reconnaît Claude Jaillet. « La plupart des villes passées en “zéro-phyto” progressivement n’ont pas tenu dans le temps. » Or, pour les élus larziacois, l’enjeu est de taille : « On a mis en place une station de pompage d’eau potable dans la Juine – cette rivière qui traverse le village – nous n’avons pas intérêt à ce qu’elle soit polluée ». C’est sans compter la grande plaine agricole qui surplombe le village. « Nous n’avons aucun contrôle sur ce qu’ils pulvérisent là-haut, mais ce n’est pas une raison pour baisser les bras », abrège Michel Lavollay.

Alors à grand renfort de pancartes et de bulletins municipaux, les partisans du « zéro-phyto » ont fait taire les protestations des villageois. A la boulangerie, les mauvaises herbes ne font plus parler d’elles. « Au contraire, il y a un effet d’entraînement chez les particuliers affirme Michel Lavollay, aujourd’hui à Lardy, utiliser des pesticides dans sa cour ou son jardin est plutôt mal vu. » Un questionnaire distribué l’année de la transition lui donne raison. A l’époque, 70% des administrés se targuaient déjà d’avoir abandonné les désherbants ou de vouloir le faire.

Désormais, les seules personnes à qui les plantes indésirées donnent encore du fil à retordre ce sont les jardiniers. John Mary, chef d’équipe à la Société francilienne des espaces verts (Sfev), un sous-traitant employé aussi bien par Lardy que par des communes utilisant toujours des pesticides, le reconnaît : « Le désherbage c’est chiant. » Pour ses équipes, venir travailler dans la commune « zéro-phyto » passe parfois pour une corvée.

« Pourtant au fond je suis d’accord avec ce qui se fait ici », lâche le salarié. Travaillant dans les espaces verts depuis douze ans, ce trentenaire s’inquiète pour sa santé. « Aujourd’hui on suit des stages sur l’utilisation des pesticides, on obtient un certificat pour les manipuler, on adapte le débit de produits pulvérisés à notre pas, on porte des combinaison et des masques » énumère-t-il mais il y une dizaine d’années, je me suis pris du produit à la figure car il n’y avait rien de tout ça. » Patrick Maheu, lui, soupçonne trente ans de proximité avec les pesticides d’être responsables du polype cancéreux qu’on lui a retiré. Pour chasser ses angoisses, son jeune collègue a pris les devants. John Mary vient de demander à la MSA (Mutualité sociale agricole) de lui faire passer une série d’examens destinés aux personnes exposées.

[1] (Dans cette optique, Lardy vient de faire appel à Asconit Consultants un confrère d’Envylis, basé à Palaiseau (Essonne). Mais pour l’heure, la commune se débrouille toute seule.)

 

 

 

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Tout juste annoncée, la taxe carbone divise déjà

Publié le par Notre Terre

Aussitôt annoncé, la création de la taxe carbone a suscité de nombreuses réactions. Au sein du Parti socialiste, on s'y oppose déja, ainsi qu'au Medef. Les associations écologistes sont dans l'expectative.

 

A peine annoncée, la taxe carbone fait déjà polémique. Le ministre de l'Ecologie Philippe Martin a annoncé jeudi 22 août que la création d'une contribution climat énergie avait été "actée" par le Premier ministre. Il n'a pas donné davantage de détails sinon qu'il y aurait "débat sur le montant et le rythme" de cette contribution.

La porte-parole du gouvernement, Najat Vallaud-Belkacem, a précisé vendredi que ce dispositif serait présenté "au mois de septembre avec l'ensemble du projet de loi de finances" pour 2014. Une telle contribution, en taxant les émissions de CO2 "contenues" dans certains biens ou services, vise à orienter les particuliers et les entreprises vers des comportements moins néfastes pour le climat.


Pierre Moscovici est monté au front. Le ministre de l'Economie a assuré qu'il ne s'agissait pas de "frapper les Français", parlant plutôt de "verdir les taxes existantes pour modifier les comportements", mais sans donner de détails concrets. Philippe Martin a renchérit: "il ne s'agira pas d'une taxe nouvelle, supplémentaire", a expliqué le ministre de l'Ecologie en marge de l'université d'été du PS à La Rochelle, ce vendredi. "Ce n'est pas une fiscalité additionnelle mais une fiscalité de substitution", a-t-il assuré. "S'il s'agissait d'une taxe nouvelle, je serais contre, comme j'étais contre la taxe carbone" que Nicolas Sarkozy avait tenté de mettre en place durant le dernier quinquennat, a-t-il martelé.

Oppositions politiques à gauche


Ségolène Royal a estimé que ce n'était "pas le moment de mettre un impôt supplémentaire". Elle considère que l'écologie ne devait "pas être une punition".


Selon la présidente socialiste de Poitou-Charentes, "il faudrait d'abord développer la voiture électrique, avant de taxer l'essence, sinon les gens vont se sentir pris en otage par un impôt supplémentaire auquel je ne suis pas favorable tant qu'il n'y a pas de liberté de choix".

Notion de "punition" également partagée par François Rebsamen. "Je ne suis pas favorable à la création d'une nouvelle taxe parce que la fiscalité écologique, qu'il est nécessaire de mettre en place dans le cadre de la transition, ne peut pas être punitive", a déclaré le sénateur PS au micro de France Info. Il ne faut "pas de taxe fiscale supplémentaire qui ne prépare pas vraiment à une transition écologique. Je ne suis pas sûr que ce soit le cas aujourd'hui dans l'annonce qui est faite", a ajouté le président du groupe socialiste au Sénat.

Opposition des acteurs économiques


Le Medef a qualifié de "mauvais coup" l'annonce de l'instauration prochaine d'une contribution climat-énergie. Il dénonce le "coup porté aux entreprises, à la croissance et à l'emploi". La principale organisation patronale considère qu'"il est irresponsable de présenter au Parlement un projet de taxation nouvelle avant d'avoir réalisé des études d'impact sérieuses et complètes".

La fédération nationale des transporteurs routiers (FNTR) a rejeté la taxe carbone. Selon l'organisation, si cette taxe entre en application, ce serait une "double peine" si elle était imposée au secteur. "A partir du moment où on est déjà contributeurs à la fiscalité écologique via l'écotaxe poids lourds qui entrera en vigueur le 1er octobre prochain, nous nous opposons à la taxe carbone", a déclaré Nicolas Paulissen, délégué général de la FNTR.


Les associations écologistes dans l'attente de détails

Matthieu Orphelin, le porte-parole de la Fondation Nicolas Hulot a indiqué que "l'annonce d'une contribution énergie climat va dans le bon sens". "Mais, avant de nous réjouir, il nous faudra connaître les détails du projet du gouvernement. Quel taux? Quelle progressivité dans le temps? Quelles aides et quelles mesures de compensation pour les ménages?", a-t-il ajouté.


"Si c'est une taxe carbone uniquement pour financer le crédit d'impôt compétitivité emploi (CICE) des entreprises, ce n'est pas acceptable. Le gouvernement doit mettre sur la table l'ensemble du dispositif et plus globalement, avoir une stratégie globale et cohérente sur la fiscalité écologique", a ajouté la Fondation Hulot.

 

 

"L'expansion"

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Le lac Tchad, 3ème réserve d'eau douce au monde, est sur le point de disparaître

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Une réunion interministérielle s’est tenue en début de semaine dans les locaux de du Contrôle supérieur de l’Etat (Consupe) à Yaoundé au Cameroun

Les études menées récemment sur le lac ne sont guère enthousiastes. Le lac Tchad rétrécit à une vitesse assez rapide. De 25 000 km2 en 1960, sa superficie est passée à 1 500 km2 en 2010 selon des experts. 

Ce qui équivaut à une diminution de 90% en valeur relative. Cette réduction contraste grandement avec la population de plus en plus grandissante (30 millions d’habitat) qui vit essentiellement des ressources que produit ce lac. Les experts ont tenu à avertir que si rien n’est fait, dans 20 ans ce fleuve n’existera plus du tout.

Les pays membres de la Commission du Bassin du Lac Tchad (CBLT), ont donc décidé de prendre les choses en mains. Avec l’aide de des partenaires au développement, ils se sont engagés à trouver des solutions définitives qui aboutiront à l’arrêt net de l’assèchement de ce cours d’eau considéré comme la 3e réserve mondiale d’eau douce. 

Selon Henri Eyebe Ayissi, président du Consupe, il est question d’identifier les principales défaillances dans la gestion des ressources en eau et de l’écosystème du lac Tchad. Les résultats obtenus seront diffusés vers plusieurs destinataires dont le Parlement de la Cemac, le Parlement de l’Union africaine, la Commission de la Cemac et la Commission de l’Union africaine. 

Ils sont censés permettre de formuler des recommandations destinées à sauver le Lac Tchad. La réunion tenue ce début de semaine fait suite à la 2e réunion du groupe de travail de l’Organisation africaine des institutions de contrôle des finances publiques sur la vérification environnementale, qui s’est également tenue dans la capitale camerounaise en juillet de l’année dernière.

 

 

 

 

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