15 février 2014 6 15 /02 /février /2014 09:21

Malgré l’opposition de 19 pays sur 28, dont la France, l’Union européenne va donner son feu vert à la culture d’une plante du groupe américain Pioneer.
Un nouvel OGM, le maïs TC1507 du groupe américain Pioneer, va être autorisé à la culture dans l’UE malgré l’opposition de 19 pays dont la France. Sur le sujet ultrasensible des plantes transgéniques dans l’Union, cette décision par défaut, qui demande une bonne connaissance des rouages européens pour la comprendre, suscite de nombreuses réactions. Et illustre les difficultés des Vingt-Huit à s’entendre sur ce dossier. Décryptage.

 

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Qu’est-ce que le «TC1507» ?

Ce maïs produit un insecticide censé tuer la pyrale du maïs. Il est également résistant à plusieurs herbicides dont le principe actif est le glufosinate d’ammonium, sorte de «tondeuse chimique» qui brûle les adventices, c’est à dire les mauvaises herbes. Déposé en 2001, le dossier de Pioneer Hi-Bred avait reçu un avis positif de l’Agence européenne de sécurité alimentaire en 2005. Soumis ensuite à un collège d’experts des différents Etats membres qui n’ont jamais pu se mettre d’accord, le dossier est resté en stand-by. Le Conseil des ministres de l’environnement de l’UE aurait dû trancher, mais la Commission ne lui a jamais transmis le dossier. Enervée par les arcanes de l’UE, Pioneer a alors saisi la Cour de justice européenne pour que la Commission se prononce enfin. Cette prochaine autorisation portera à cinq le nombre d’OGM autorisés à la culture dans l’UE. Dans les faits, un seul OGM est actuellement cultivé dans une poignée d’Etats, le maïs MON810, les autres plantes transgéniques, les maïs BT176 et T25 ainsi que la pomme de terre Amflora, ayant été abandonnés.
Pourquoi cette autorisation a-t-elle été donnée malgré l’opposition d’une majorité de pays ?

Parce que les rouages de la démocratie européenne sont ce qu’ils sont. Hier, le conseil des Etats membres n’est pas parvenu à obtenir une majorité qualifiée pour bloquer cette autorisation. Les opposants à un nouveau maïs transgénique dans les champs européens ne totalisaient que 210 voix alors qu’il en fallait 260 pour bloquer le TC1507. Les abstentions de l’Allemagne (29 voix), de la Belgique (12 voix), du Portugal (12 voix) et de la République tchèque (12 voix) ont manqué pour atteindre la majorité de 260 voix. Cinq pays ont voté pour : Espagne, Royaume-Uni, Suède, Finlande et Estonie. Dix-huit pays ont voté contre, dont la France. Pourtant, le Parlement européen, lui, avait appelé au rejet de la demande d’autorisation par 385 voix contre 201 et 35 abstentions. Une majorité écrasante à son tour écrasée par les règles européennes : la décision du conseil des Etats prévaut sur le vote des eurodéputés.
Quelles sont les réactions ?

Sur son compte Twitter, l’eurodéputée Corinne Lepage hurle au déni de démocratie.
Même exaspération du côté de l’eurodéputé José Bové.


Pour le ministre des Affaires européennes, Thierry Repentin, il «serait incompréhensible que l’opposition d’une majorité de pays puisse se traduire par une autorisation de planter ce maïs transgénique», a-t-il déclaré au Monde. C’est pourtant ce qui va se passer. «Selon la législation européenne, la Commission doit adopter à présent la proposition d’autorisation, il n’existe pas de possibilité pour elle de ne pas le faire», rappelle Roger Waite, porte-parole de la Commission européenne pour l’agriculture et le développement rural.

 

 


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15 février 2014 6 15 /02 /février /2014 09:08

Dans un audit interne réalisé en France et qui a été classé comme « strictement confidentiel », Alstom reconnait avoir payé une commission de 4,85 millions de Francs en janvier 1999 pour vendre des équipements à l’usine hydro-électrique de Itá, dans l’état de Santa Catarina au Brésil, selon des documents de l’enquête.
C’est le premier document officiel de Alstom porté à la connaissance du public qui admet le paiement de pot de vin au Brésil – d’autres documents, la plupart manuscrits, ne font pas partie des résultats de cet audit.

Depuis que Alstom est l’objet d’une enquête au Brésil, en 2008, circulaient des rumeurs de possibles pots de vin lors de la construction de cette usine hydro-électrique, mais c’est la première fois que la véritable valeur payée est officiellement connue.

Le document de Alstom, daté de 2008, a été rédigé par le directeur de l’audit interne, Romain Marie, et a été envoyé au président de l’entreprise, Patrick Kron. Alstom n’a pas souhaité faire de commentaire.

Outre le paiement à Itá, le document mentionne neuf autres paiements pour des usines hydro-électriques au Vénézuela, à Singapour et au Quatar. L’ensemble atteindrait la valeur totale de 5 millions d’euro.

Le paiement du « dessous de table » à Itá, selon le memorandum, a été effectué par l’entreprise Janus, une offshore des Bahamas qui a aussi été utilisée pour influencer des contrats pour des sous-stations électriques à São Paulo.

 

Alstom-Ita

 

Les privatisations de Fernando Henrique Cardoso (président brésilien de 1995 à 2002)

L’usine hydro-électrique de Itá était l’un des projets du programme de privatisations du gouvernement Fernando Henrique Cardoso. En 1995, la Eletrobras a signé la concession en faveur du consortium AAI (Association d’Autoproducteurs Indépendants), formé par la CSN (Compagnie Sidérurgique Nationale), la OPP Pétrochimique et la OPP Polyéthylène (entreprises du groupe Odebrecht), ainsi que la Compagnie de Ciment Itambé.

Le consortium s’était engagé à payer 658 millions de reais pour le chantier estimé à 1,06 milliards de reais en 1995 (aujourd’hui, cela correspond à 5 milliards de reais). La différence de 402 millions de reais a été payée par la Eletrosul, une entreprise de l’état qui était partenaire du consortium jusqu’en 1998. Les ressources privées ont été prêtées par la BNDES (Banque Nationale de Développement Économique et Social).

Le contrat passé entre Alstom et Janus mentionne que le prétendu conseil concernait la AAI. Comme il s’agissait d’une combinaison d’entreprises publiques et privées, il n’est pas possible de savoir qui a reçu les presque 5 millions de Francs de manière confidentielle.

La Folha de São Paulo, avec l’aide de deux professionels qui avaient participé au processus de privatisation de l’usine de Itá, a établi que la Eletrobras et la Eletrosul étaient les entreprises en relation avec Alstom car la multinationale française est un fournisseur traditionel du secteur électrique brésilien.

La concession a eu des difficultés avec le Tribunal de Comptes de l’Union qui a mis à jour des irrégularités dans l’appel d’offre de 1995. Le président de la Eletrosul en 1998, Cláudio Ávila, a affirmé que l’entreprise publique ne s’est pas occupée de l’achat des turbines pour l’usine de Itá. « La Eletrosul était responsable de la partie sociale de l’usine, le déplacement des habitants et la construction de la nouvelle ville » affirme-t-il.

Malgré l’existence des soupçons de pot de vin à Itá depuis 2008, le cas n’a pas donné lieu à une enquête. À Santa Catarina, la Police Fédérale n’a pas étudié le cas de ce pot de vin admis par Alstom.

Autre version

Alstom n’a pas souhaité commenter l’audit interne de son siège en France qui cite le paiement à Itá, sous pretexte que l’enquête était en cours. La multinationale a envoyé un communiqué générique qui indique que tous ses employés doivent suivre les standards éthiques dans les affaires, standards qui sont certifiés par une entité indépendante, la Ethic Intelligence.

La Eletrosul, la CSN, la Compagnie de Ciment Itambé et les entreprises du groupe Odebrecht n’ont pas souhaité se prononcer. Cláudio Ávila, qui présidait la Eletrosul, affirme n’avoir jamais eu aucun contact avec Alstom. Tractebel Energia, qui a acheté la partie publique du consortium, explique ne pas s’être occupé de l’acquisition des équipements, mais du réservoir de l’usine et des aspects socio-environnementaux.

Pot de vin à la pauliste

Les ex-directeurs de la Alstom sont accusés d’avoir payé des pots de vin de 23,3 millions de reais en 1998 afin d’obtenir, sans appel d’offre, un contrat de 181,3 millions de reais avec des entreprises du gouvernement de l’état de São Paulo, selon les dénonciations du procureur remises récemment à la Justice brésilienne.

 

 


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14 février 2014 5 14 /02 /février /2014 12:19

Romain Julliard

 

Professeur du Muséum national d'Histoire naturelle, biologiste, spécialisé en Biologie de la Conservation, dans la conception, l'animation et la valorisation d'observatoire de la biodiversité (projet Vigie Nature), les thèmes de recherche principaux de Romain Julliard portent sur l'homogénéisation fonctionnelle de la biodiversité, ses mécanismes (réorganisation des communautés sous l'effet des changements globaux) et ses applications (construction d'indicateur de biodiversité).


Read more at http://www.atlantico.fr/decryptage/terre-connu-5-extinctions-masse-voila-qui-attend-avec-6e-qui-vient-debuter-romain-julliard-biodiversite-dinosaures-elizabeth-kol-981206.html#6OctcfeUyGTuy5HM.99

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Atlantico interroge Romain Julliard.

Professeur du Muséum national d'Histoire naturelle, biologiste, spécialisé en Biologie de la Conservation, dans la conception, l'animation et la valorisation d'observatoire de la biodiversité (projet Vigie Nature), les thèmes de recherche principaux de Romain Julliard portent sur l'homogénéisation fonctionnelle de la biodiversité, ses mécanismes (réorganisation des communautés sous l'effet des changements globaux) et ses applications (construction d'indicateur de biodiversité).

 

Changement climatique, exploitation excessive des ressources... Autant de phénomènes qui modifient rapidement la Terre. Comme 66 millions d'années auparavant avec les dinosaures, il se pourrait que le XXIe soit marqué par la 6e extinction de masse de notre planète.

Atlantico: Dans son ouvrage The Sixth Extinction, Elizabeth Kolbert estime que nous pourrions être à l'aube de la 6ème extinction de masse. A quoi reconnaît-on une extinction de masse ? Quelles en sont les caractéristiques ?

Romain Julliard: L'extinction de masse, c'est ce que l'on a observé dans les données paléontologiques au cours de cinq périodes du passé. Ces dernières ont été caractérisées par une diminution très importante du nombre d'espèces présentes avant ces extinctions. Ces taux d'extinction sont généralement compris entre le tiers et près de 90 %. Selon la précision des données, certaines de ces extinctions se sont étalées dans le temps, parfois sur plusieurs millions d'années. Néanmoins, ces extinctions sont généralement des évènements très brutaux à l'échelle de notre Histoire.

Un rapport de 2007 de l'Intergovernmental Panel on Climate Change estime entre 20 et 30 % la proportion d'espèces végétales et animales qui pourraient disparaître au cours de ce siècle. La principale raison invoquée est celle du réchauffement climatique. Quels autres facteurs contribuent à ce risque d'extinction ?

Parmi les différents facteurs pouvant contribuer à ce risque d'extinction, il y a, en premier, la transformation des habitats naturels à cause des activités humaines, à chaque fois par exemple que l'on construit une ville, ou bien que l'on transforme une forêt en zone d'agriculture ou qu'on la décime pour son bois, etc.

La deuxième cause, généralement vraie pour les océans, concerne les prélèvements effectués dans ces zones qui contribuent à déstabiliser le fonctionnement de ces écosystèmes. Environ 30 % de la production océanique est prélevée par les hommes à des fins de consommation.

 

Un autre phénomène contribue à renforcer ce risque de nouvelle extinction : le déplacement de certaines espèces de leur habitat naturel, qui concerne en particulier les espèces des îles ou des grands lacs africains, ravagées par leur déplacement dans des zones dans lesquelles elles ne peuvent pas survivre comme la Nouvelle-Zélande par exemple.

A ces trois facteurs précédemment énumérés, il convient bien évidemment d'ajouter le réchauffement climatique qui complique davantage la situation. La réponse naturelle de certaines espèces  au réchauffement climatique, notamment des oiseaux, est de partir à la recherche de zones au climat similaire à ce qu'elles ont pu connaître avec le réchauffement. Pour d'autres en revanche, la seule issue possible aux modifications de leur environnement à cause du réchauffement climatique est leur disparition. Cela est notamment le cas de certaines espèces de papillon qui ont l'habitude d'évoluer au sommet de certaines montagnes de la péninsule ibérique, mais dont les pelouses sont en train de disparaître.


Quelles sont les principales espèces concernées par ce nouveau risque d'extinction de masse ?

Les extinctions les mieux documentées sont celles liées aux introductions d'espèces invasives dans les villes. Les connaissances sont nombreuses et solides en ce qui concerne les oiseaux tout particulièrement, moins en revanche pour ce qui concerne les invertébrés. Les espèces d'oiseaux ayant totalement disparu se sont généralement retrouvées confrontées à des espèces de prédateurs introduites dans leur milieu naturel.

D'autres espèces sont sur le point de connaître des extinctions spectaculaires, généralement celles qui sont surchassées ou qui n'ont pas su s'adapter rapidement à des changements d'écosystème dus aux précédents facteurs présentés. On peut citer notamment, parmi ces espèces, l'ours polaire dont l'habitat naturel est complètement dépendant du réchauffement climatique; certains grands prédateurs comme les tigres en Inde ou les éléphants en Afrique, victimes d'une persécution à outrance, etc.

 

La précédente extinction de masse était celle des dinosaures, il y a 66 millions d'années. On en garde l'image d'un déroulé plutôt dramatique mais celle qui s'annoncerait prendrait-elle nécessairement la même forme ?

Par rapport aux dinosaures, il y a ici un drame supplémentaire qui est que nous allons en subir directement les conséquences, tant notre qualité de vie dépend de la richesse de notre biodiversité. En ce qui concerne les océans, nous avons atteint, depuis une dizaine d'années, le maximum de ce que nous pouvions tirer des ressources océaniques; la phase descendante est d'ailleurs déjà amorcée.

Une autre source de richesse, qui dépend de cette biodiversité, est la productivité des sols. Certaines zones sont complètement surexploitées, caractérisées désormais par une culture hors-sol.
Pour ce qui concerne les extinctions du passé, il est vrai que, quelques années après, la biodiversité s'est reconstituée.


Pendant très longtemps, la communauté scientifique, Charles Darwin et Charles Lyell en tête, ont clamé que notre planète changeait à un rythme très lent. Aujourd'hui, il est reconnu que des périodes de rapides changements, auxquels les organismes peinent à résister, peuvent survenir. Comment expliquer ce changement de paradigme ?

La science progresse, et les découvertes faites au cours du temps ont permis ce changement de paradigme. Selon le modèle de Darwin, le taux de transformation était relativement constant dans le temps. Le modèle actuel comprend davantage de phases d'accélération de ce taux de transformation liées en particulier à ces phénomènes un peu extrêmes pouvant causer une extinction de masse, tels que le réchauffement climatique, le changement d'habitat naturel, etc.


Au regard des facteurs à l'origine des précédentes extinctions au cours de notre histoire, est-il possible de prévenir celle qui pourrait prochainement survenir ? Plus généralement, comment l'éviter ?

Il conviendrait de modifier en profondeur notre manière d'exploiter le vivant. Le modèle actuel est construit selon l'idée qu'il y a des ressources finies qui doivent rapidement être exploitées pour pouvoir passer à l'exploitation d'une autre ressource. Pour le vivant, il conviendrait d'aborder cette problématique sous l'aspect du renouvelable; l'exploitation doit être réalisée de telle sorte qu'elle n'entrave pas le renouvellement des ressources, des espèces, etc. Cela concerne notamment la pêche qui, pratiquée comme elle l'est en état actuel, épuise les ressources marines. Notre économie globalisée ne tient pas compte de cette contrainte de la biodiversité dont nous dépendons.

 

Changement climatique, exploitation excessive des ressources... Autant de phénomènes qui modifient rapidement la Terre. Comme 66 millions d'années auparavant avec les dinosaures, il se pourrait que le XXIe soit marqué par la 6e extinction de masse de notre planète.

La précédente extinction de masse était celle des dinosaures, il y a 66 millions d'années. On en garde l'image d'un déroulé plutôt dramatique mais celle qui s'annoncerait prendrait-elle nécessairement la même forme ?

Par rapport aux dinosaures, il y a ici un drame supplémentaire qui est que nous allons en subir directement les conséquences, tant notre qualité de vie dépend de la richesse de notre biodiversité. En ce qui concerne les océans, nous avons atteint, depuis une dizaine d'années, le maximum de ce que nous pouvions tirer des ressources océaniques; la phase descendante est d'ailleurs déjà amorcée.

Une autre source de richesse, qui dépend de cette biodiversité, est la productivité des sols. Certaines zones sont complètement surexploitées, caractérisées désormais par une culture hors-sol.

Pour ce qui concerne les extinctions du passé, il est vrai que, quelques années après, la biodiversité s'est reconstituée.

Pendant très longtemps, la communauté scientifique, Charles Darwin et Charles Lyell en tête, ont clamé que notre planète changeait à un rythme très lent. Aujourd'hui, il est reconnu que des périodes de rapides changements, auxquels les organismes peinent à résister, peuvent survenir. Comment expliquer ce changement de paradigme ?

La science progresse, et les découvertes faites au cours du temps ont permis ce changement de paradigme. Selon le modèle de Darwin, le taux de transformation était relativement constant dans le temps. Le modèle actuel comprend davantage de phases d'accélération de ce taux de transformation liées en particulier à ces phénomènes un peu extrêmes pouvant causer une extinction de masse, tels que le réchauffement climatique, le changement d'habitat naturel, etc.

Au regard des facteurs à l'origine des précédentes extinctions au cours de notre histoire, est-il possible de prévenir celle qui pourrait prochainement survenir ? Plus généralement, comment l'éviter ?

Il conviendrait de modifier en profondeur notre manière d'exploiter le vivant. Le modèle actuel est construit selon l'idée qu'il y a des ressources finies qui doivent rapidement être exploitées pour pouvoir passer à l'exploitation d'une autre ressource. Pour le vivant, il conviendrait d'aborder cette problématique sous l'aspect du renouvelable; l'exploitation doit être réalisée de telle sorte qu'elle n'entrave pas le renouvellement des ressources, des espèces, etc. Cela concerne notamment la pêche qui, pratiquée comme elle l'est en état actuel, épuise les ressources marines. Notre économie globalisée ne tient pas compte de cette contrainte de la biodiversité dont nous dépendons. 


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Changement climatique, exploitation excessive des ressources... Autant de phénomènes qui modifient rapidement la Terre. Comme 66 millions d'années auparavant avec les dinosaures, il se pourrait que le XXIe soit marqué par la 6e extinction de masse de notre planète.

La précédente extinction de masse était celle des dinosaures, il y a 66 millions d'années. On en garde l'image d'un déroulé plutôt dramatique mais celle qui s'annoncerait prendrait-elle nécessairement la même forme ?

Par rapport aux dinosaures, il y a ici un drame supplémentaire qui est que nous allons en subir directement les conséquences, tant notre qualité de vie dépend de la richesse de notre biodiversité. En ce qui concerne les océans, nous avons atteint, depuis une dizaine d'années, le maximum de ce que nous pouvions tirer des ressources océaniques; la phase descendante est d'ailleurs déjà amorcée.

Une autre source de richesse, qui dépend de cette biodiversité, est la productivité des sols. Certaines zones sont complètement surexploitées, caractérisées désormais par une culture hors-sol.

Pour ce qui concerne les extinctions du passé, il est vrai que, quelques années après, la biodiversité s'est reconstituée.

Pendant très longtemps, la communauté scientifique, Charles Darwin et Charles Lyell en tête, ont clamé que notre planète changeait à un rythme très lent. Aujourd'hui, il est reconnu que des périodes de rapides changements, auxquels les organismes peinent à résister, peuvent survenir. Comment expliquer ce changement de paradigme ?

La science progresse, et les découvertes faites au cours du temps ont permis ce changement de paradigme. Selon le modèle de Darwin, le taux de transformation était relativement constant dans le temps. Le modèle actuel comprend davantage de phases d'accélération de ce taux de transformation liées en particulier à ces phénomènes un peu extrêmes pouvant causer une extinction de masse, tels que le réchauffement climatique, le changement d'habitat naturel, etc.

Au regard des facteurs à l'origine des précédentes extinctions au cours de notre histoire, est-il possible de prévenir celle qui pourrait prochainement survenir ? Plus généralement, comment l'éviter ?

Il conviendrait de modifier en profondeur notre manière d'exploiter le vivant. Le modèle actuel est construit selon l'idée qu'il y a des ressources finies qui doivent rapidement être exploitées pour pouvoir passer à l'exploitation d'une autre ressource. Pour le vivant, il conviendrait d'aborder cette problématique sous l'aspect du renouvelable; l'exploitation doit être réalisée de telle sorte qu'elle n'entrave pas le renouvellement des ressources, des espèces, etc. Cela concerne notamment la pêche qui, pratiquée comme elle l'est en état actuel, épuise les ressources marines. Notre économie globalisée ne tient pas compte de cette contrainte de la biodiversité dont nous dépendons. 


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Un autre phénomène contribue à renforcer ce risque de nouvelle extinction : le déplacement de certaines espèces de leur habitat naturel, qui concerne en particulier les espèces des îles ou des grands lacs africains, ravagées par leur déplacement dans des zones dans lesquelles elles ne peuvent pas survivre comme la Nouvelle-Zélande par exemple.

A ces trois facteurs précédemment énumérés, il convient bien évidemment d'ajouter le réchauffement climatique qui complique davantage la situation. La réponse naturelle de certaines espèces  au réchauffement climatique, notamment des oiseaux, est de partir à la recherche de zones au climat similaire à ce qu'elles ont pu connaître avec le réchauffement. Pour d'autres en revanche, la seule issue possible aux modifications de leur environnement à cause du réchauffement climatique est leur disparition. Cela est notamment le cas de certaines espèces de papillon qui ont l'habitude d'évoluer au sommet de certaines montagnes de la péninsule ibérique, mais dont les pelouses sont en train de disparaître.

Quelles sont les principales espèces concernées par ce nouveau risque d'extinction de masse ?

Les extinctions les mieux documentées sont celles liées aux introductions d'espèces invasives dans les villes. Les connaissances sont nombreuses et solides en ce qui concerne les oiseaux tout particulièrement, moins en revanche pour ce qui concerne les invertébrés. Les espèces d'oiseaux ayant totalement disparu se sont généralement retrouvées confrontées à des espèces de prédateurs introduites dans leur milieu naturel.

D'autres espèces sont sur le point de connaître des extinctions spectaculaires, généralement celles qui sont surchassées ou qui n'ont pas su s'adapter rapidement à des changements d'écosystème dus aux précédents facteurs présentés. On peut citer notamment, parmi ces espèces, l'ours polaire dont l'habitat naturel est complètement dépendant du réchauffement climatique; certains grands prédateurs comme les tigres en Inde ou les éléphants en Afrique, victimes d'une persécution à outrance, etc.


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13 février 2014 4 13 /02 /février /2014 07:37

La Russie : quelle belle et grande démocratie où les écologistes sont mis au même niveau que les terroristes...

 

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Un militant écologiste russe, qui s'était ému des dégâts sur l'environnement causés par l'organisation des Jeux olympiques d'hiver de Sotchi, a perdu mercredi en appel contre sa condamnation à trois ans de colonie pénitentiaire.

Evgueni Vitichko a été condamné pour des actes de vandalisme contre la propriété du gouverneur de la région, mais ses soutiens affirment que les autorités ont en réalité voulu le réduire au silence.


"Le procès Vitichko est un procès politique depuis le début", a réagi dans un communiqué Julia Gorbounova, de l'association Human Rights Watch (HRW). "A partir du moment où les autorités ont continué à le harceler, il est devenu évident qu'on voulait le faire taire."

A l'origine, il avait été condamné avec sursis en 2012 pour avoir peint le mot "voleur" sur la clôture de la propriété du gouverneur pro-Kremlin de la région de Krasnodar, Alexander Tkachiov.


Evgueni Vitichko a contesté cette accusation en arguant que la maison du gouverneur avait été bâtie sur le terrain d'une forêt nationale où, selon lui, toute construction est en théorie interdite.

Sa peine est devenue effective lorsqu'il a enfreint les conditions de son sursis, en quittant la ville de Touapsé, près de Sotchi, où il était assigné à résidence. Elle a été confirmée mercredi par une coup d'appel à Krasnodar, à 170 km au nord-ouest de Sotchi.

 


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