13 juillet 2015 1 13 /07 /juillet /2015 06:17
CLIMAT : le temps presse.....et nous pouvons encore faire quelque chose

 

 

Produire de l'énergie différemment, optimiser la consommation des transports et du bâtiment, réduire la déforestation et transformer l'agriculture: les pistes pour réduire les menaces liées au réchauffement de la planète sont à portée de main, mais il faut agir vite, ont plaidé vendredi des scientifiques.

 

Cet appel a été lancé dans une déclaration ponctuant quatre jours de débats au siège de l'Unesco à Paris, avec quelque 2.000 experts de près de 100 pays, à moins de cinq mois de la conférence climat (COP21) qui doit être un tournant décisif dans la lutte contre le changement climatique.

«Le changement climatique est un défi déterminant au XXIe siècle» et «2015 est une année cruciale pour réaliser des progrès», écrivent 36 éminents chercheurs, représentant le comité scientifique de la conférence de l'Unesco.

 

 

Les impacts du changement climatique en cours, dont la vitesse est inédite, ont «déjà touché chaque continent, de l'équateur aux pôles, des montagnes aux côtes», soulignent les scientifiques en rappelant que les modifications du système climatique favorisent les événements extrêmes (vagues de chaleur, fortes précipitations, feux de forêts, sécheresses, fonte des neiges et des glaces).

L'élévation du niveau des mers, l'acidification des océans, la migration rapide d'espèces marines, le déclin d'autres, la modification de rendements agricoles sont également des conséquences du réchauffement et leur ampleur sera décuplée si la hausse du thermomètre mondial se poursuit au rythme actuel.

 

Le réchauffement a «le potentiel d'affecter chaque région du monde, chaque écosystème et de nombreux aspects de l'activité humaine», préviennent les chercheurs, la plupart membres du groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat (Giec), qui fait référence.

Le monde est donc à un tournant et «chaque nation a un rôle à jouer», poursuivent-ils, alors que 195 nations doivent conclure en décembre à Paris un accord universel engageant tous les pays - qu'ils soient développés, émergents ou en voie de développement - vers un modèle économique de moins en moins fondé sur les énergies fossiles (gaz, charbon, pétrole).

 

- Économiquement réalisable-

 

«Une action ambitieuse pour réduire les émissions de gaz à effet de serre pour ne pas dépasser une hausse de 2°C» à l'échelle planétaire «est économiquement faisable», selon les scientifiques. Mais reporter l'action à plus tard «augmentera ses coûts et sa complexité».

 

 

«Il y a vraiment une occasion à saisir maintenant pour relever le défi climatique, et faisable d'un point de vue économique», a souligné Christopher Field, président du comité scientifique de la conférence.

Dans les prochaines décennies, les investissements dans le secteur de l'énergie atteindront des montants faramineux et les sommes nécessaires à une transition vers des énergies propres (non émettrices de gaz à effet de serre) constitueraient «une petite fraction de ces montants», ont calculé les économistes.

 

 

Joseph Stiglitz, prix Nobel d'économie, a argumenté dans ce sens vendredi lors d'une présentation à l'Unesco: investir pour lutter contre le changement climatique «stimulerait l'économie, améliorerait la croissance et l'emploi», a-t-il défendu. Cela permettrait aussi de lutter contre «la croissance des inégalités», a-t-il insisté.

Soulignant que de nombreux pays n'arrivent même pas à supprimer les subventions aux énergies fossiles, l'économiste prône «un prix unique pour le carbone» au niveau mondial.

 

Dans leur déclaration, les scientifiques rappellent que pour limiter le réchauffement à 2°C - sachant que + 0,8°C a déjà été enregistré - les émissions de gaz à effet de serre doivent être nulles d'ici la fin du siècle, ce qui passe par une réduction de 40 à 70% en 2050 par rapport à 2010.

Faisable, cette transition est néanmoins ambitieuse car elle remet en question de nombreux intérêts et car l'innovation en est un pivot.

«Un engagement accru de la communauté scientifique» dans la recherche des solutions est «nécessaire», a estimé la négociatrice française Laurence Tubiana lors d'un point-presse.

 

«La science de l'alerte climatique est de plus en plus une science des solutions», a renchéri en clôture de la conférence le ministre des Affaires étrangères français, Laurent Fabius, futur président de la conférence climat.

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11 juillet 2015 6 11 /07 /juillet /2015 07:38
Les Parisiens vont pouvoir végétaliser leur ville

 

 

La mairie lance un nouveau défi aux parisiens : repeindre Paris en vert. Pour y parvenir, le « permis de végétaliser la ville », présenté au Conseil de Paris le 29 et 30 juin, est désormais accessible depuis mercredi sur Paris.fr. En quelques clics, il suffit de faire une proposition de lieu et de végétalisation en ligne, pour obtenir son « permis ».

 

Hugo Meunier n’a donc pas hésité une seule seconde à soumettre, non pas une, mais trois propositions. « La première concerne le triangle végétal en bas de la rue d’Aboukir pour y planter un petit potager. La deuxième pour végétaliser la façade d’un immeuble avec du lierre. Et pour finir, j’aimerais installer des gros sacs au pied du métro Sentier pour y faire pousser quelques plantes », explique le jeune homme âgé de 25 ans.

 

Jardinières, arbres, plants de tomates, fleurs ou plantes grimpantes, tous ceux qui le souhaitent vont ainsi pouvoir semer et rhabiller Paris à leur goût. « L’idée du potager, c’est aussi pour créer du lien, tout le monde peut en profiter. Avoir quelques tomates ou haricots en bas de chez soi, c’est quand même pratique », indique également Hugo.

 

Après avoir fait la demande en ligne, l’autorisation de végétaliser est ensuite délivrée au bout d’un mois. « Cela permet de vérifier si l’endroit proposé n’est pas du domaine privé, si cela ne bloque pas la circulation ou encore de voir s’il n’y a pas de câbles réseaux sous terre », explique Pénélope Komites, adjointe au maire de Paris, en charge des espaces verts et de la biodiversité. « Ce nouveau permis va permettre plein de petites initiatives dans Paris, et çà prend à peine deux minutes à faire », se réjouit Hugo.

 

Après avoir fait la demande en ligne, l’autorisation de végétaliser est ensuite délivrée au bout d’un mois. « Cela permet de vérifier si l’endroit proposé n’est pas du domaine privé, si cela ne bloque pas la circulation ou encore de voir s’il n’y a pas de câbles réseaux sous terre », explique Pénélope Komites, adjointe au maire de Paris, en charge des espaces verts et de la biodiversité. « Ce nouveau permis va permettre plein de petites initiatives dans Paris, et çà prend à peine deux minutes à faire », se réjouit Hugo.

 

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6 juillet 2015 1 06 /07 /juillet /2015 06:28
Solar Impulse 2 s'est posé à Hawaï, après un vol record de près de 120 heures

L'avion solaire « Solar Impulse 2 » s'est posé à Hawaï après sa traversée du Pacifique en provenance du Japon après un vol record de près de 120 heures.

Il s'agissait de l'étape la plus périlleuse de son tour du monde.

 

Au lever du soleil

 

La traversée a duré 117 heures dans les airs, soit un record mondial en solitaire, pour une distance de 8.200 kilomètres.

« Il l'a fait », a publié l'organisation sur son compte Twitter tandis que l'avion alimenté à la seule énergie solaire touchait le sol, au moment où le Soleil se levait sur l'archipel américain.

 

Des siestes de 20 minutes

 

Un collier de fleurs exotiques autour du cou, l'homme d'affaires et pilote suisse André Borschberg apparaissait très souriant et rasé de frais sur les images diffusées en direct sur le site consacré à cette aventure.

La voix fatiguée, il avait confié au poste de contrôle vers 12h30 GMT avoir «fait des petites pauses (...) mais je suis bien réveillé maintenant».  Il lui restait alors un peu plus de 180 km à faire, soit 3h30 de vol. Il fait des siestes de 20 minutes seulement pour pouvoir garder le contrôle de l'appareil.

 

Avec près de 120 heures de vol, André Borschberg a largement battu le précédent record mondial de vol en solitaire établi en 2006 par Steve Fossett, qui avait volé pendant 76 heures et 45 minutes (un peu plus de trois jours).

 

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30 juin 2015 2 30 /06 /juin /2015 06:49
L'Ethiopie va miser sur de grands projets éoliens

 

 

Le vent souffle fort sur les hauteurs d'Adama, collines rocailleuses à plus de 2.000 m d'altitude sur les hauts plateaux éthiopiens, offrant des conditions idéales pour la production d'énergie éolienne. L'Ethiopie, en pointe dans ce secteur, y a installé le plus puissant parc éolien d'Afrique subsaharienne.

 

«En février, pendant la saison sèche, le vent est tellement fort qu'il est difficile de se tenir debout», assure Solomon Yismaw, l'ingénieur du site d'Adama II, inauguré en mai à une centaine de kilomètres au sud-est d'Addis Abeba, où 102 turbines de construction chinoise hautes de 70 mètres ponctuent l'horizon aussi loin que porte le regard.

 

Sa capacité de 153 mégawatts (MW) fait d'Adama II la plus grande ferme éolienne d'Afrique subsaharienne. Elle vient compléter en Ethiopie le parc d'Ashegoda (120 MW, dans la région septentrionale du Tigré) en service depuis 2013 et celui d'Adama I (50 MW) datant de 2011.

N'ayant ni gaz ni pétrole, l'Ethiopie mise sur son important potentiel en énergies renouvelables pour alimenter son rapide développement économique. A commencer par les eaux du Nil, grâce auxquelles les barrages existants assurent déjà plus de 90% de la production électrique du pays. Mais le débit du Nil est soumis aux aléas climatiques.

 

 

«Nous disposons d'une source abondante d'énergie hydroélectrique. Mais pendant les périodes de sécheresse, le niveau des barrages hydroélectriques baisse. L'éolien permet de compenser cette perte, d'autant que le vent est plus fort pendant la saison sèche. L'éolien et l'hydroélectricité sont complémentaires», explique Solomon Yismaw.

 

Les paysans labourant la terre au pied des turbines, derrière de simples charrues tirées par des bœufs, offrent un saisissant contraste entre la vie rudimentaire des campagnes éthiopiennes et la modernité à laquelle aspire le pays.

Plus de 75% des 94 millions d'Ethiopiens, principalement dans les campagnes, ne sont pas connectés au réseau électrique. Pour ceux qui le sont, les coupures électriques sont fréquentes: trois mois par an en moyenne.

 

 

Les besoins en énergie sont énormes en Ethiopie. Le pays a besoin d'accroître sa production électrique de 20 à 25% par an, selon des chiffres du ministère de l'Energie.

En attendant la mise en service sur le Nil Bleu du plus grand barrage d'Afrique, le barrage de la «Renaissance» toujours en construction, l'Ethiopie multiplie les projets «verts» pour diversifier ses sources d'énergie.

 

«Notre priorité reste le développement de l'hydroélectricité, mais nous ne pouvons pas en dépendre totalement. Nous savons que nous serons affectés par le changement climatique. C'est pourquoi nous développons aussi l'éolien, la géothermie et le solaire», explique le ministre éthiopien de l'Energie et de l'Eau, Wondimu Tekle.

 

«Nous allons installer 28.000 systèmes solaires individuels sur des habitations avec l'aide de la Banque mondiale», ajoute-t-il.

En ce qui concerne l'éolien, la technologie est simple et peu coûteuse.

«Les fermes éoliennes sont des projets rapides à mettre en place. Nous avons construit cette ferme de 153 MW en seulement 24 mois. Un barrage hydroélectrique aurait pris beaucoup plus de temps», explique Tahaguas Andemariam, ingénieur consultant et professeur à l'université d'Adama.

Une autre ferme éolienne encore plus importante, d'une capacité de 300 MW, est déjà en projet. Elle doit voir le jour à Ayesha, dans le désert près de la frontière djiboutienne, balayé par des vents puissants.

 

 

«Nous avons maintenant les connaissances suffisantes pour développer une feuille de route pour l'énergie éolienne en Ethiopie», assure Tahaguas Andemariam, formé pendant un mois en Chine avec les autres ingénieurs du site. Il n'exclut pas de voir un jour des turbines éoliennes assemblées au moins partiellement en Ethiopie.

 

Avec ces énergies vertes, l'Ethiopie entend réduire son recours aux énergies fossiles, coûteuses et polluantes. Les autorités éthiopiennes se sont donné comme objectif de parvenir à entrer dans le club des pays à revenus intermédiaires d'ici 2025, tout en veillant à ce que l'impact du développement économique sur l'environnement soit limité.

 

Addis Abeba s’est engagé à réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 64% d'ici 2030, notamment grâce aux énergies renouvelables. C'est l'objectif le plus ambitieux présenté jusqu'ici dans le cadre la conférence de Paris sur les changements climatiques prévue fin 2015.

 

 

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