23 mai 2014 5 23 /05 /mai /2014 06:21

Et quand l'Amazonie, notre poumon vert, sera vidée de son pétrole; lorsque l'Amazonie aura été dévastée, noircie, rasée, les dirigeants latino-américains se rendront compte que l'argent gagné par la manne pétrolière ne fera pas repousser la forêt. Car la richesse de l'Amazonie dépasse les revenus pétroliers, la biodiversité qu'elle abrite est incalculable.... On vit une époque sombre.

 

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Les autorités d'Equateur ont accordé jeudi la licence environnementale pour l'exploitation pétrolière de la célèbre réserve naturelle de Yasuni en Amazonie, projet combattu par plusieurs ONG écologistes et associations indigènes.


«La licence a été signée aujourd'hui pour le développement et la production» dans ces gisements, a annoncé la ministre de l'Environnement, Lorena Tapia, à la télévision publique Gama TV.

Le feu vert donné par le gouvernement ouvre la voie à l'extraction du pétrole de ce parc, qui concentre 20% des réserves de brut nationales, soit 920 millions de barils.

Le premier baril de pétrole résultant de cette nouvelle exploitation devrait être produit d'ici mars 2016, par la compagnie publique Petroamazonas, a précisé le ministère de l'Environnement dans un communiqué.

Les opposants à cette exploitation, qui réclament une consultation populaire, dénoncent les effets de la pollution sur le parc, classé par l'Unesco comme réserve de biosphère, ainsi que sur les communautés qui y vivent en isolement volontaire.


Début mai, l'association Yasunidos avait déposé une pétition afin d'obtenir l'organisation d'un référendum, ce que permet la loi dans le cas où sont réunies les signatures de plus de 5% de l'électorat. Mais cette demande a été rejetée par le tribunal électoral, qui a invalidé une partie des signatures.

Ce projet pétrolier controversé était défendu depuis l'an dernier par le président Rafael Correa, après l'échec d'un appel de fonds international pour l'éviter.

«Nous ne pouvons pas faire plus que ce que nous avons fait. Nous avons le droit de vendre notre pétrole», a récemment réaffirmé le chef de l'Etat.


En octobre, le Congrès équatorien avait voté en faveur de cette exploitation dont les bénéfices seront officiellement utilisés pour lutter contre la pauvreté, qui touche plus d'un cinquième de la population de ce pays d'environ 16 millions d'habitants.

 


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21 mai 2014 3 21 /05 /mai /2014 14:15

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Les habitants de la vallée d’Areng offrent un formidable exemple de courage et d’abnégation. Par deux fois ils ont dissuadé des entreprises de construire un barrage au cœur de l’inestimable forêt des Cardamomes. Aujourd’hui, ils font encore appel à notre soutien face au nouveau porteur du désastreux projet, le groupe Powerchina.


« Nous nous battrons aussi longtemps que le projet de barrage ne sera pas définitivement abandonné ! ». Devant le ministère des mines et de l’énergie du Cambodge, Ven Vorn est très déterminé. Accompagné de cinq représentants autochtones, il s’est rendu à Phnom Penh pour empêcher la destruction de la vallée d’Areng, son foyer ancestral. Le gouvernement cambodgien vient d’octroyer un permis pour la construction du barrage Cheay Areng à Sinohydro Resources, une société majeure du géant chinois de l’électricité Powerchina.

Si le barrage Cheay Areng venait à être construit, 20.000 hectares de forêt tropicales, dont la moitié dans la forêt protégée des Cardamomes, seraient submergés. Ce territoire connu pour son exceptionnelle biodiversité, à l’image des crocodile du Siam, éléphant d'Asie et panthère nébuleuse, est aussi le foyer ancestral de 1500 indigènes Khmers.

Par le passé, la forte mobilisation des populations locales, des activistes de l’ONG Mother Nature et d’un réseau de moines bouddhistes avait convaincu deux entreprises chinoises de se rétracter, les persuadant du caractère non rentable et nocif pour l’environnement du projet. Sauvons la forêt avait à cette occasion organisé une pétition recueillant plus de 90000 signatures.

Aujourd’hui, les actions se multiplient dans la vallée d’Areng : les habitants et militants écologistes bloquent l’accès de la vallée aux employés de Sinohydro, les villageois développent un projet d’éco-tourisme et les moines bouddhistes recensent les arbres géants afin de mieux les protéger.

Faisons preuve d’autant d’abnégation que les habitants de la vallée d’Areng. Mobilisons-nous de nouveau, cette fois-ci en écrivant au groupe Powerchina.

Début de l'action : 9 mai 2014

 

Pour signer la pétition, cliquez sur le Toucan :

 

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21 mai 2014 3 21 /05 /mai /2014 13:27

Près de 10% des communes franciliennes ont déjà totalement renoncé à l’usage de pesticides, anticipant une loi qui entrera en vigueur en 2020.

 

jardin public


En 2020, les pesticides seront interdits dans les espaces verts publics. La ministre de l’Ecologie Ségolène Royal veut inciter les communes à «accélérer» en s’inspirant des collectivités qui, déjà, y ont renoncé pour les parcs, les terrains de sport ou les écoles. «Je souhaite (...) accélérer l’interdiction des produits phytosanitaires et des pesticides dans les villes et villages», a-t-elle lancé mardi en lançant officiellement la 8e «Fête de la nature», manifestation qui propose jusqu’à dimanche quelque 5 000 activités gratuites pour découvrir et mieux comprendre les espèces.


La France s’est dotée en janvier d’une loi interdisant les pesticides dans les espaces verts publics à partir de 2020. Le texte bannit les produits phytosanitaires pour l’entretien des espaces verts, promenades, forêts. L’entretien de la voirie, des terrains de sports et des cimetières n’est pas concerné par cette loi. «Cette obligation (...), franchement, je pense qu’on peut l’anticiper», estime Ségolène Royal.

«Une action de communication (...) sans travail de fond»

«Des précurseurs de plus en plus nombreux prouvent qu’on peut se passer de ces substances nocives qui infiltrent l’air, l’eau et le sol», a-t-elle ajouté, citant «toutes ces communes» utilisant «déjà des méthodes alternatives» pour l’entretien des «jardins publics, écoles, terrains de sport, cimetières». Plutôt qu’un nouvelle réglementation, la ministre compte sur la vertu de l’exemple, en promettant un label aux communes sans pesticides.

 

Selon l’agence chargée de la biodiversité en Ile-de-France, Natureparif, près de 10% des communes franciliennes ont déjà totalement renoncé à l’usage de pesticides, soit plus de 120 communes. Dans un communiqué, plusieurs ONG se sont étonnées de cette opération «Villes et villages sans pesticides» en soulignant qu’elles ont également lancé en février un projet du même nom.  

«Mme Royal reprend donc, sans les y associer pleinement, le travail des ONG (...) Cela pourrait être une bonne nouvelle pour nos organisations, si l’action de Mme la ministre ne ressemblait pas à une action de communication, lancée sans avoir effectué au préalable le travail de fond et de consultation nécessaire», regrettent ces associations, dont Générations futures.


La ministre va par ailleurs annoncer «très prochainement», avec son collègue de l’Agriculture, Stéphane Le Foll, une interdiction des épandages de produits phytosanitaires «à moins de 200 mètres des écoles». Début mai, une vingtaine d’enfants et une enseignante d’une école primaire de Gironde avaient été pris de malaises après l’épandage d’un fongicide sur des vignes situées à proximité de l’établissement. La préfecture du département a relevé une utilisation du produit dans des «conditions inappropriées».

 


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20 mai 2014 2 20 /05 /mai /2014 07:32

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En pleine nuit, les militants arpentent le sud-est de Chypre à la recherche de sites de braconnage: deux millions d'oiseaux ont été tués l'an dernier sur l'île méditerranéenne selon les défenseurs de la nature, qui dénoncent un «désastre écologique».


Lieu de passage majeur pour les migrateurs, «Chypre est de loin le pire pays en Europe concernant le nombre d'oiseaux tués chaque année et le nombre d'espèces concernées», souligne Andrea Rutigliano. Membre du Comité contre le massacre des oiseaux (Cabs), il est venu participer à son énième campagne sur l'île, où certains migrateurs --fauvettes à tête noire, grives ou encore rouge-gorges-- constituent un mets très recherché --mais interdit-- l'ambelopoulia.

Servie discrètement dans certains restaurants, l'ambelopoulia coûte entre 40 et 80 euros, pour une douzaine d'oiseaux.


Chaque nuit durant leur campagne, les militants de Cabs tentent de repérer les lieux de braconnage, un «travail de fantôme» qui servira à la police pour interpeller les contrevenants.

A chaque fois, le rituel est le même: munis d'une tablette, sur laquelle sont enregistrés les sites repérés les saisons précédentes, ils s'arrêtent, éteignent moteur et phares des voitures, et dressent l'oreille. Les braconniers, pour améliorer leurs chances d'attirer des migrateurs dans leurs filets ou sur de fausses branches collantes, installent en effet des haut-parleurs diffusant le chant de la fauvette.


Moindre durant le printemps, où les oiseaux sont plus maigres, le braconnage --une tradition séculaire qui permettait autrefois aux habitants de nourrir leurs familles-- prend à l'automne d’énormes proportions, Cabs évaluant à 3 à 4.000 le nombre de braconniers.

«La situation est très préoccupante, elle s'aggrave», confirme Martin Hellicar, de l'association BirdLife Cyprus.

 

 

A son apogée dans les années 1990, le braconnage a été au début des années 2000 dans le collimateur des autorités, qui souhaitaient rejoindre l'Union européenne, entraînant une «baisse de 80%» du nombre d'oiseaux tués, selon M. Hellicar. Mais depuis l'adhésion à l'UE en 2004, il est reparti de plus belle.

L'image qu'ont les Chypriotes du braconnage, à savoir «un grand-père attrapant quelques oiseaux», est «un pur fantasme», assure le militant, qui évoque «un massacre à grande échelle», avec 150 espèces concernées et certaines menacées d'extinction.


«Des sommes d'argent considérables» sont en jeu, souligne M. Hellicar. Le service chargé de la lutte contre le braconnage évalue l'ensemble du marché à «environ 15 millions d'euros par an».

Interrogé sous couvert d'anonymat, un braconnier affirme gagner ainsi des milliers d'euros et se justifie en disant que «tout le monde le fait».

Selon M. Hellicar, «des criminels organisés, de type mafias, dont le portefeuille d'activités inclut les jeux d'argent ou la prostitution», sont désormais aussi présents sur ce marché.

Pendant l'automne, certains secteurs sont «complètement contrôlés la nuit» par ces «braconniers professionnels», explique M. Rutigliano. «Ils ont des patrouilles», qui «vous chassent de la zone, ils sont cagoulés et armés des fusils».


 

 

 

Selon les écologistes, le phénomène est particulièrement préoccupant dans les bases britanniques, où la population locale profite des larges étendues inhabitées pour braconner. A tel point que le Prince Charles lui-même s'est fendu d'une lettre au président chypriote Nicos Anastasiades et au commandant des forces britanniques sur l'île, dans laquelle il dénonce «une tuerie à échelle industrielle».

M. Anastasiades a répondu avoir demandé au chef de la police de lancer «une campagne ciblée et cordonnée» avec les forces britanniques.

Si les ONG déplorent le manque de moyens en hommes déployés par les autorités, celles-ci affirment être mobilisées.


«Nous présentons devant la justice plus de 200 affaires chaque année», affirme le chef du service chargé de la lutte contre le braconnage, Pantelis Hajiyerou.

«Il y a eu une baisse significative du braconnage dans la République», assure-t-il, évoquant en revanche «une hausse dans les bases britanniques».

Il insiste cependant sur le travail d'éducation à mener, l'ambelopoulia étant considérée comme «une tradition» par le Chypriotes.

Soulignant lui aussi les campagnes menées, le commandant divisionnaire James Guy, de la base britannique de Dhekelia, note qu'un des nœuds du problème est politique, «des personnes au pouvoir soutenant, même si elles ne font pas ouvertement, cette pratique».


Un manque de volonté qui se traduit notamment en justice. Si BirdLife Cyprus confirme que «la loi est bonne», prévoyant jusqu'à 17.000 euros d'amende et trois ans de prison, elle est appliquée de façon insuffisante, les amendes prononcées, «de l'ordre de quelques centaines d'euros», n'ayant «aucun effet dissuasif», tant sur les braconniers que sur les restaurateurs.

 

 


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