Climat: «les 20 prochaines années seront cruciales»

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Les 20 prochaines années seront «cruciales» pour réorienter les investissements vers une économie «à basses émissions de carbone» et éviter un réchauffement de plusieurs degrés par rapport à l'ère pré-industrielle, a prévenu jeudi à Paris l'économiste britannique Nicholas Stern.


«Les 20 prochaines années vont être une période très spéciale, une période cruciale» dans la lutte contre le réchauffement climatique, a plaidé l'auteur du rapport choc paru en 2006 («Stern review on the economics of climate change») sur le coût de l'inaction contre le réchauffement.

«Si nous réalisons les bons investissements, dans les domaines de la planification urbaine, des systèmes énergétiques et de l'utilisation des forêts, nous nous mettrons sur la bonne route», a déclaré le professeur à la London School of Economics et président de la British Academy of Science, lors d'une rencontre avec la presse.


L'économiste estime que les investissements dans les infrastructures vont de toutes les manières s'élever à quelque 90 milliards de dollars dans les 15 prochaines années et que «bien faire (vers une économie à basses émissions de carbone, ndlr) coûtera seulement quelques milliards de dollars de plus».

«Le coût des énergies renouvelables a radicalement baissé au cours des dernières années et cela change tout» dans la lutte contre le réchauffement, qui nécessite de se détourner des énergies fossiles et notamment du charbon, la plus polluante, note-t-il.


Au cours des dernières années, «les conséquences sanitaires causées par les émissions de CO2 ont émergé de manière beaucoup plus forte», souligne aussi Nicholas Stern, ce qui conduit des pays comme la Chine à être beaucoup plus déterminés à agir.


En plus d'investissements bien ciblés, la transition vers une économie à basses émissions de carbone, vers «une croissance propre», passe, selon le spécialiste, par «taxer les émissions de CO2, réguler l'utilisation du charbon pour la diminuer, miser sur l'innovation et établir des politiques climatiques claires» pour donner «les bons signaux aux marchés».

Faute d'une révolution dans le domaine de l'énergie et d'une réduction des émissions de gaz à effet de serre, Nicholas Stern a repris la mise en garde des climatologues qui prévoient une hausse des températures de plusieurs degrés d'ici à la fin du siècle.


«Nous parlons de risques immenses, de risques qui vont changer les relations à l'échelle mondiale, avec des déplacements de centaines de millions de personnes», a expliqué le chercheur, insistant notamment sur l'impact de l'élévation du niveau des mers, de la carte des inondations et des ouragans, et des zones désertiques.

 

 


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L'ex-RDA 25 ans plus tard, championne de la biodiversité

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En quelques mois, alors que la RDA se délitait, une poignée de militants se sont mobilisés pour la doter d'un ambitieux programme de parcs nationaux et réserves, qui permet à l'est de l'Allemagne d'afficher aujourd'hui une impressionnante bio-diversité.


La Schorfheide, à 80 km au nord-est de Berlin, est l'une de ces zones priviligiées. Y vivent «8% des couvées d'aigles pomarin du pays, c'est l'endroit d'Allemagne avec le plus de libellules», se réjouit Martin Flade, directeur de la réserve de biosphère Schorfheide-Chorin.

Jusqu'en 1989, ses 1.300 kilomètres carrés servaient de réserve de chasse aux cadres du parti communiste (SED) au pouvoir en Allemagne de l'Est. Les habitants de la région n'y avaient pas accès. Erich Honecker, qui dirigeait la RDA, y amenait ses invités, souvent étrangers, raconte M. Flade, exhibant des photos du secrétaire général du SED devant des rangées de cadavres de cervidés.


L'Ouest avait beau se complaire dans l'image d'une RDA polluée par l'industrie chimique, l'Allemagne de l'Est comptait de vastes territoires de nature préservée et son lot d'activistes environnementaux. L'engagement pour la nature, toléré car «en apparence pas subversif», rapelle M. Flade, était un refuge pour beaucoup de critiques du régime.

Dans les mois qui ont suivi la chute du Mur, le 9 novembre 1989, ces activistes avaient une fenêtre de tir étroite pour s'assurer que la nature ne serait pas la grande perdante du bouleversement politique en cours.


- «Chance historique» -


«Ils y travaillaient depuis des années, et ils ont utilisé une chance historique», se souvient Gabriel Schwaderer, président de l'association de protection de l'environnement Euronatur.

Lors de son tout dernier conseil des ministres, le 12 septembre 1990, le dernier gouvernement d'une RDA, en état de mort clinique, a validé la création de parcs et réserves représentant 4,5% de la surface de la république communiste. Anciens domaines de chasse mais aussi terrains d'essais militaires délaissés en faisaient partie.


Le contrat de Réunification, signé le 3 octobre 1990, a repris à son compte la création de ces espaces.

Les artisans du projet, le dernier ministre de l'Environnement de RDA en tête, avaient les mains libres: dans la masse de problèmes à régler, la protection de la nature n'était pas la priorité. Ils purent ainsi faire passer des règlements très contraignants pour les territoires concernés.

«Aujourd'hui on n'arriverait plus à imposer des choses comme ça», reconnaît M. Flade, car des intérêts économiques ou des considérations de politique locale prévaudraient, selon lui.


A Schorfheide-Chorin, les statuts prévoient qu'à terme toute l'agriculture de la zone soit bio. Ailleurs, ont cours de strictes interdictions de construire ou des exigences drastiques dans la gestion des espaces forestiers. Résultat, «la nature est beaucoup plus riche à l'Est qu'à l'Ouest, encore aujourd'hui», selon M. Schwaderer.


- Ceinture verte -


Les lacs se sont remis des dégâts causés par l'industrie chimique et de la pisciculture à outrance. Venant d'ex-RDA, certaines espèces comme les castors ont refait leur apparition à l'Ouest. Récemment un élan s'est égaré dans un immeuble de bureau à Dresde...

Le Rideau de fer, qui a divisé l'Allemagne 40 ans durant, a été pour la nature «une aubaine», explique Burkhard Vogel, directeur de l'antenne de Thuringe de l'association de protection de l'environnement Bund.

Sécurisée de part et d'autre, la zone tampon entre les deux Allemagne était, et est toujours, un refuge pour nombre d'espèces.


«Dès les années 70 les activistes de Bund en RFA observaient cette zone à la jumelle et voyaient qu'il y avait par exemple des biotopes pour les tariers des prés comme nous n'en avions plus depuis longtemps», raconte M. Schwaderer.

Dès la Chute du Mur, en marge du programme de création des parcs nationaux, Bund s'est mobilisée pour préserver cet espace, sous le nom de «Ceinture verte», d'abord allemande puis européenne.

Aujourd'hui la «Ceinture verte», espace protégé, court sur 12.500 kilomètres et passe dans 24 pays.


Mais la fin du communisme a eu aussi des effets négatifs pour la nature, tempère M. Vogel. «En dehors des espaces protégés la situation a même empiré», regrette-t-il, dénonçant la construction à grande échelle d'infrastructures routières qui étaient restées peu développées à l'Est.

 

AFP

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Le boom de la Spiruline,l'algue bleue aux grandes vertus

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C’était l’une des curiosités du dernier Sial, le grand rendez-vous de l’industrie alimentaire. Une bouteille bleu azur, remplie d’une eau enrichie en micro-algues en forme de spirale hyperconcentrée, connue sous le nom de spiruline. Mise sur le marché en mars prochain, cette boisson baptisée «Springwave» a été couronnée par le prix de l’innovation 2014, confirmant la montée en puissance d’un aliment auquel on prête de nombreuses vertus.

 

Où la trouver? A l’origine, la «spiru» est une algue bleue présente depuis 3,5 milliards d’années dans les eaux douces des lacs des régions chaudes, en Afrique (Tchad, Ethiopie, Tunisie), Amérique latine (Pérou) ou Asie (Inde, Sri Lanka, Thaïlande). Elle est ensuite commercialisée sous forme de poudre, cachets, gélules, principalement dans des boissons énergisantes ou des compléments alimentaires produits en Chine ou aux Etats-Unis. En France, une fédération de spiruliniers réunit une centaine de producteurs focalisés sur une culture artisanale de «paillettes sèches». Il s’agit donc cette fois d’un aliment, produit dans des bassins hors-sol. Son goût étant assez neutre, la spiruline ne se consomme pas en tant que telle, mais plutôt en condiment ou mélangée à une salade, un yaourt. Des gâteaux, barres énergétiques pourraient être produits à l’avenir, sachant qu’il est déconseillé de la chauffer pour ne pas en altérer la qualité.

 

Quels bienfaits supposés? Scientifiquement, le concept de «super-aliment» n’existe pas. Il est pourtant régulièrement associé à certaines substances qui, à l’image de la spiruline, possèdent des effets bénéfiques pour la santé. Le docteur Dupire, grand défenseur de ce produit, explique qu’elle contient tous les nutriments, acides aminés, et oligoéléments essentiels. Par sa rentabilité protéinique (60%), elle plaît particulièrement aux sportifs et aux végétariens. Elle est également riche en bêta-carotène, fer, vitamines B, E, B2, B12, K et acides gamma linolénique. Elle jouerait donc un rôle sur les fonctions de l’immunité, une action antioxydante, aiderait à lutter contre les infections et les allergies.

 

Pourquoi un tel boom? Consommée depuis l’aube de l’humanité, notamment chez les Mayas, elle a récemment été redécouverte par Ripley Fox, scientifique américain qui en a fait un produit miracle pour combattre la malnutrition (notamment en vertu de son apport en protéines). Une idée défendue par de nombreuses ONG et la FAO aujourd’hui, malgré l’absence d’étude clinique sur le sujet. La Chine, producteur de 2.500 tonnes de spiruline sèche par an, l’a déclarée aliment d’intérêt national. En France, où le nombre de producteurs est passé de 10 à 120 depuis 2009, il n’existe pas de lobby mais son développement va de pair avec la défense d’une alimentation alternative. Seul frein notable, son prix qui tourne autour de 150€ le kilo.

 

Quels risques éventuels? A travers son dispositif de Nutrivigilance, l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation (Anses) a récemment fait état de «signalements» d’effets indésirables, concernant des compléments alimentaires à base de spiruline. 15 depuis 2009, dont 7 suffisamment complets pour être jugés exploitables. Elle évoque des désagréments gastro-entérologiques et allergiques.  Ses conclusions sur le sujet seront rendues en 2015.

 


Publié dans Nutrition & Santé

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Les convoitises de l'ogre chinois en Antarctique

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La Chine va se construire une piste aérienne dans l'Antarctique, une nouvelle étape dans le renforcement rapide de sa présence sur le continent blanc où elle dispose déjà de quatre stations de recherche, a rapporté lundi la presse d'Etat.

Cette infrastructure servira à alimenter, en hommes et matériel, les quatre bases que la Chine possède dans l'Antarctique, dans l'hémisphère austral, où elle prévoit par ailleurs de construire une nouvelle station début 2015, a précisé le journal les Nouvelles du soir de Pékin.


Les chercheurs chinois sont actuellement «dépendants du transport par mer», ce qui «affecte gravement leurs capacités de recherche scientifique» dans des eaux souvent prises par la banquise, a expliqué le quotidien.

Une trentaine de nations disposent d'une station de recherche en Antarctique, où Pékin consacre d'importants moyens pour renforcer la présence chinoise.

Ces efforts ont été illustrés par les missions répétées du brise-glace chinois Xue Long (dragon des neiges) dans la région.


De l'autre côté du globe, la Chine, premier consommateur d'énergie du monde, cherche par ailleurs à s'implanter en Arctique, dont elle convoite les vastes réserves d'hydrocarbures.

 


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