Dioxyde de titane dans l'alimentation : ils veulent nous tuer

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REPOUSSANT - Selon une enquête de l’association Agir pour l’environnement publiée ce jeudi, des nanoparticules ont été décelées dans plus de 100 desserts glacés disponibles dans les rayons des grandes surfaces. Les bûches de Noël sont notamment visées.
 

Voilà de quoi avoir envie de sauter le dessert. Selon une enquête publiée ce jeudi 21 décembre par l’association Agir pour l’environnement, des nanoparticules non-mentionnées sur les étiquettes des produits ont été identifiées dans plus de 100 dessert glacés -bûches de Noël en particulier- mis en vente dans les rayons des supermarchés. Les marques  Carte d’Or, Lenôtre, Fauchon, Leclerc, Picard, Monoprix, Lidl, Auchan sont notamment pointées du doigt.


"Ces articles alimentaires contiennent en effet des colorants que l’on retrouve en général à l’échelle nanoparticulaire : le E171 (dioxyde de titane) qui permet de blanchir, d’opacifier ou de faire briller les préparations et, le E172 (oxydes de fer) qui est un colorant rouge", explique l’association dans un communiqué, en appelant à "une mise en conformité immédiate de tous les étiquetages".

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La démocratie est morte à Bruxelles

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Lorsqu'un peuple à l'écrasante majorité souhaite sortir du nucléaire, lorsque ce même peuple refuse à plus de 90% la culture des OGM sur son territoire ou bien le glyphosate, il est alors du devoir du gouvernement d'aller dans le sens des aspirations profondes de son peuple.

La France a perdu sa souveraineté en étant inféodé à Bruxelles. Les présidents des pays européens se sont transformés en vulgaires gouverneurs de province. La commission européenne est devenu avec le temps une obèse administrative, une usine à gaz des plus complexes. Bruxelles a ouvert grand la porte et déroulé le tapis rouge aux lobbys qui ont su rétribuer généreusement les eurodéputés car si la prolongation de vente du glyphosate a été promulgué c'est uniquement parce que monsanto (l'empire du mal) a su payer qui il fallait.

Oui la démocratie est morte à Bruxelles. Le peuple n'est plus entendu car les petits arrangements entre copains valent beaucoup plus que notre santé et celle de la Nature. L'Europe a tué la démocratie qu'elle a vu naître en Grèce durant l'antiquité, quelle ironie.

 

Voici un article du monde daté du 12 décembre :

Glyphosate : réponse minimale de la Commission européenne à la société civile

L’exécutif européen était tenu de répondre à l’initiative citoyenne Stop glyphosate, qui avait réuni plus d’un million de signatures. Mais les ONG s’estiment flouées par ses propositions.

Le feuilleton du glyphosate continue. La Commission européenne a formellement adopté, mardi 12 décembre, le texte renouvelant l’approbation du glyphosate pour cinq ans. Elle en a également profité pour apporter ses premières réponses à l’Initiative citoyenne européenne (ICE) Stop glyphosate, lancée le 8 février par une coalition d’organisations non gouvernementales (ONG). Ayant réuni à ce jour plus de 1,3 million de signatures à travers l’Europe, cette pétition est dotée d’une valeur légale : conformément au droit de l’Union, la Commission est tenue de lui donner suite.
Trois demandes étaient formulées par l’ICE. D’abord « interdire les pesticides à base de glyphosate ». Demande rejetée : la réautorisation de l’herbicide a été adoptée par une majorité d’Etats membres, le 27 novembre. Ensuite, réformer le système d’évaluation des pesticides afin qu’il soit fondé « uniquement sur des études ayant été publiées, commandées par les autorités publiques compétentes et non par l’industrie des pesticides ». Ce point crucial est au cœur de la remise en question du processus d’expertise européen au fil de ces deux dernières années.
Réponses imprécises sur la transparence des études

Le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) des Nations unies a classé l’herbicide « cancérigène probable pour l’homme » sur la base d’études scientifiques publiées dans la littérature scientifique, donc accessibles à quiconque. Les agences européennes, elles, le jugent sûr en se reposant sur un dossier qui, fourni par les industriels commercialisant le glyphosate, contient des études financées et sélectionnées par ces derniers. Une succession de révélations a récemment conduit à questionner l’intégrité et de ces études et de leur évaluation par les autorités.

La Commission est restée imprécise sur les réponses à apporter à ces questionnements, considérant « sans fondement » les « inquiétudes et allégations » de la société civile. Elle a notamment évoqué l’amélioration de la « transparence des études commanditées par l’industrie et le renforcement de la gouvernance dans la conduite de ces études » sans plus en préciser la forme, sinon celle d’accorder plus de budget et de prérogatives à l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) — l’une des agences dont l’avis sur le glyphosate a été mis en cause. Les détails des mesures seront explicités « avant le printemps 2018 » dans une proposition législative, a ajouté la Commission dans un communiqué.

Quant à la troisième demande de l’ICE — « fixer à l’échelle de l’UE des objectifs obligatoires de réduction de l’utilisation des pesticides », la Commission « ne l’envisage pas à ce stade ». L’exécutif européen « ignore les demandes des citoyens », a estimé Corporate Europe Observatory, l’une des ONG à l’initiative de l’ICE. Pour Greenpeace Europe, Bruxelles « rejette » purement et simplement les requêtes formulées. « La Commission essaie de déguiser son rejet de l’initiative Stop glyphosate avec de vagues propositions de transparence », selon Franziska Achterberg, la responsable de l’alimentation pour l’ONG.

« En ignorant les trois demandes de l’ICE, les régulateurs européens semblent avoir oublié de qui ils tenaient véritablement leur légitimité : servir les citoyens et non les firmes », a déclaré de son côté Angeliki Lysimachou, pour l’association Pesticide Action Network Europe.
Une heure avant l’intervention des représentants de la Commission, plusieurs eurodéputés, dont les Français Michèle Rivasi (Europe écologie-Les Verts) et Eric Andrieu (Alliance progressiste des socialistes et démocrates au Parlement européen), organisaient une conférence de presse pour annoncer le lancement d’un recours en annulation de la réautorisation du glyphosate auprès de la Cour de justice de l’UE. Première étape de cette procédure soutenue par quatre groupes politiques (socialistes, Verts, Gauche unitaire, et eurosceptiques de l’Europe de la liberté et de la démocratie directe, ELDD), la Commission des affaires juridiques du Parlement doit s’autosaisir. Il reviendra ensuite au président du Parlement de faire suite.

 

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Environnement : l’autre Amérique contre-attaque

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Milliardaires, élus, chefs d’entreprise, stars d’Hollywood… Depuis l’élection de Donald Trump, des personnalités multiplient les initiatives pour tenir les engagements de la COP21, malgré le retrait américain.
Ils ne défilent pas mais mettent la main à la poche et exploitent la caisse de résonance que leur donne leur ­notoriété. Ce sont des stars pour le climat. Milliardaires, élus, chefs d’entreprise, icônes d’Hollywood. Depuis l’élection de Donald Trump, ils se sont joints aux associations écologiques traditionnelles pour mener la contre-offensive. Leur but : montrer que le président et ses amis climato­sceptiques ne représentent pas toute l’Amérique. Leur rêve : isoler la Maison Blanche sur le climat.

Les pouvoirs locaux portent « l’avenir du monde », répète Michael Bloomberg, l’ex-maire de New York (2002-2013), qui est l’un des principaux animateurs – et bailleurs de fonds – de cette coalition. La décision de Donald Trump, le 1er juin, de retirer les Etats-Unis de l’accord de Paris, et sa mise en pièces systématique des mesures environnementales prises par Barack Obama ont précipité le rassemblement des forces et galvanisé les énergies.

A la dernière conférence des Nations unies sur le climat, la COP23, à Bonn, du 6 au 17 novembre, le groupe s’est fait ­remarquer par l’ampleur des moyens qu’il avait déployés. Installé dans une tente ­pavillon de 2 500 m2 décorée de drapeaux américains et de panneaux « We are still in » (« Nous sommes toujours là »), il entendait montrer que nombre d’Etats, de villes et d’entreprises américains continuent à se sentir liés par l’accord de Paris, en dépit de la décision de Donald Trump d’en sortir.
Coalition

Une centaine de dignitaires du monde politique, universitaire et des affaires avaient fait le déplacement. L’ancien vice-président Al Gore (1993-2001) a fait une présentation. Le républicain Michael Bloomberg et son acolyte démocrate Jerry Brown, le gouverneur de Californie, ont détaillé leur nouvelle initiative prise le 11 novembre : America’s Pledge (« l’engagement de l’Amérique »), un effort pour quantifier les mesures de réduction des émissions de gaz à effet...

Source : le monde

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NOEL 2017 - Lettre au Père Noël : non aux tablettes et jouets connectés

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L’association Nationale Robin des Toits a décidé d’adresser une lettre ouverte au Père Noël, en espérant, puisqu’il s’agit de santé publique, qu’il loge encore au Ministère de la santé.
En effet, Noël approche et, avec lui, son lot de publicités à destination des enfants. Or, plus que jamais, cette année, ce sont les jouets connectés qui semblent être commercialement les plus porteurs, à l’exception depuis peu des poupées connectées qui se sont révélées être des espionnes au pied du sapin. (1)
 
Ceci signifie qu’une fois encore les publicités, contraires aux recommandations de l’agence sanitaire de 2016 (2), contraires aux prises de position déjà anciennes d’un certain nombre de scientifiques officiels (3) et contraires à la loi (4) peuvent se développer sans la moindre intervention de l’Etat et sans le moindre message de mise en garde.
Le consensus scientifique est établi depuis longtemps sur la vulnérabilité toute particulière des enfants et pourtant plus que jamais ils sont la cible privilégiée des fabricants. Il est vrai qu’il s'agit d'une cible particulièrement captive.
 
Les dernières enquêtes sur les liens entre cancers du cerveau et usage du téléphone sont pourtant inquiétantes (5) (Wyde 2016, Courot 2014, Calberg 2014, Hardell 2014 - 2013) qui montrent une augmentation très importante du risque au-delà d’une certaine durée d’utilisation (risque x 3 au-delà de 25 ans) et d’une certaine intensité de l’usage (risque x 4 au-delà de 15 minutes par mois). D'autres recherches tendent à montrer des risques concernant la fertilité (Adams 2014, Liu 2014…). Les seules grandes enquêtes épidémiologiques ayant porté sur les jeunes enfants (exposition in utero et durant les sept premières années de la vie) concluent à un risque très nettement augmenté (+ 80%, pour l’une, +50% pour l’autre) des troubles du comportement à 7 ans (Divan 2008, Divan, 2012).
 
Autre signal clair pour qui veut bien l’entendre : les principaux dirigeants des firmes numériques (Apple, Facebook, Yahoo, Google…) de la Silicon Valley limitent l’usage des objets connectés pour leurs enfants. (6)
C’est qu’en plus d’accroître les risques de maladies, l’usage de ce type d’objets a une incidence sur le développement des fonctions cognitives et neurocognitives comme le montrent des chercheurs spécialisés sur ces domaines.
 
Les ondes Wi-fi des jouets connectés sont catégoriquement différentes en nature et en intensité des ondes radio car elles utilisent une fréquence micro-ondes de 2.4 GHz pour transmettre l’information en extrêmement basses fréquences. Ces ondes ont été qualifiées de "potentiellement cancérigène" par l'OMS (catégorie 2B) en 2011. (7)
 
 
L’association Nationale Robin des Toits  demande une intervention publique rapide pour faire appliquer la loi et interdire les publicités qui y contreviennent, et pour rappeler les messages de prudence à destination des parents.
Elle appelle les distributeurs à mettre en place des dispositifs d’information clairs dans leurs rayons sur les risques liés à l’usage par les enfants d’objets connectés sans fil.
 
Elle se félicite que la récente communication officielle gouvernementale pour réduire son exposition aux ondes donne raison à son alerte sanitaire (8) et demande à la Ministre de la santé d'interdire la commercialisation de produits connectés sans fil directement destinés aux enfants, comme l'art.L5231-4 lui en laisse la possibilité et d'inscrire purement et simplement cette interdiction dans la loi sur la santé publique.
 
Etienne CENDRIER 
Porte-Parole national
 
 
 

(1)  « Les poupées connectées, des espionnes au pied du sapin » - Le Figaro – 06/12/2017

http://www.lefigaro.fr/conso/2016/12/06/20010-20161206ARTFIG00022-les-poupees-connectees-des-espionnes-au-pied-du-sapin.php

 

(2)  Rapport « Radiofréquences, téléphonie mobile et technologies sans fil » - ANSES 2016

https://www.robindestoits.org/Alerte-sur-les-dangers-des-radiofrequences-pour-les-enfants-Le-Monde-08-07-2016_a2419.html
https://www.robindestoits.org/search/anses+2016/

https://www.anses.fr/fr/content/radiofr%C3%A9quences-t%C3%A9l%C3%A9phonie-mobile-et-technologies-sans-fil
 

(3)  Résolutions et appels de médecins ou d'experts (2005 – 2017) :

https://www.robindestoits.org/Resolutions-et-appels-de-medecins-ou-d-experts_r27.html

 

(4)  Loi n° 2010-788 du 12 Juillet 2010, portant engagement national pour l’environnement, laquelle ajoute notamment au code de la santé publique (titre III, livre II, cinquième partie), un article L 5231-4 ainsi rédigé :  «  La distribution à titre onéreux ou gratuit d'objets contenant un équipement radioélectrique dont l'usage est spécifiquement dédié aux enfants de moins de six ans peut être interdite par arrêté du ministre chargé de la santé, afin de limiter l'exposition excessive des enfants. »
https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexteArticle.do;jsessionid=394A7AE87D59E17299922C811F389E9C.tplgfr21s_2?idArticle=JORFARTI000022471504&cidTexte=JORFTEXT000022470434&dateTexte=20100713&categorieLien=id

 

(5)  ETUDE : 'Effets de l'exposition aiguë à des signaux Wifi (de 2.45GHz) sur la variabilité cardiaque et la pression artérielle chez les lapins albinos' - 2015 
https://www.robindestoits.org/ETUDE-Effets-de-l-exposition-aigue-a-des-signaux-Wifi-de-2-45GHz-sur-la-variabilite-cardiaque-et-la-pression-arterielle_a2342.html
ETUDE : déficience cognitive et effets neurogenotoxiques chez les rats exposés à de faibles intensités de rayonnement micro-onde - Mars 2015
https://www.robindestoits.org/ETUDE-deficience-cognitive-et-effets-neurogenotoxiques-chez-les-rats-exposes-a-de-faibles-intensites-de-rayonnement_a2296.html
'Le portable est cancérigène selon une étude fédérale américaine' - Robin des Toits - 30/05/2016
https://www.robindestoits.org/Le-portable-est-cancerigene-selon-une-etude-federale-americaine-Robin-des-Toits-30-05-2016_a2414.html

'Exposition prénatale et postnatale au téléphone portable et troubles comportementaux chez l'enfant' - Divan HA. et al - 2008 - 2010
https://www.robindestoits.org/Exposition-prenatale-et-postnatale-au-telephone-portable-et-troubles-comportementaux-chez-l-enfant-Divan-HA-et-al-Juil_a453.html

https://www.robindestoits.org/Utilisation-du-telephone-portable-et-troubles-comportementaux-chez-l-enfant-Divan-HA-et-al-Etude-americaine-22-09-2010_a1159.html

 

Ces patrons de la Silicon Valley (Apple, Google, Twitter...) interdisent la high tech à leurs enfants - France TV Info - 16/09/2014
https://www.francetvinfo.fr/monde/ameriques/ces-patrons-de-la-silicon-valley-qui-interdisent-la-high-tech-a-leurs-enfants_695203.html
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Une écrasante majorité de français veut plus d'énergie renouvelable et moins de nucléaire

Publié le par Notre Terre

 

 

Et si les Français étaient moins pro-nucléaires que leurs voisins Allemands, mi-verts mi-charbon, ne le pensaient ? Et si le slogan venu d’Outre-Rhin «Atomkraft nein danke» (l’atome non merci) commençait à faire son chemin dans le pays le plus nucléarisé au monde ?

Quand on voit l’indifférence générale qui a accueilli le report de la fermeture de la centrale de Fessenheim, au mieux à fin 2018, et le renvoi par le gouvernement français à 2035 des grands objectifs de la transition énergétique (50% de nucléaire contre 75% aujourd’hui dans le mix électrique), il serait permis d’en douter.

Pourtant, selon un sondage commandé à l’institut Harris Interactive (1) par la Fondation Heinrich Böll (proche des Verts allemands) et la Fabrique Ecologique, qui sera publié vendredi et que Libération dévoile en primeur avec la Frankfurter Allgemeine Zeitung, l’opinion des Français vis-à-vis du nucléaire est beaucoup moins favorable - ou en tout cas moins neutre - que par le passé. Surtout, ils s’engagent de plus en plus en faveur d’un développement rapide des énergies renouvelables.
Priorité aux énergies nouvelles

Alors que l’Hexagone compte toujours 58 réacteurs nucléaires (sans compter l’EPR de Flamanville qui devrait entrer en service à la fin de l’année prochaine), ils seraient 83% à penser que la France ferait mieux d’investir dans les énergies vertes que dans le nucléaire, contre 16% seulement à privilégier la consolidation de l’atome comme source d’énergie. Dans le détail, quand on leur demande «à quoi les investissements dans le secteur de l’électricité en France dans les années à venir devraient-ils être principalement affectés ?», les sondés sont encore 75% à réclamer un investissement «prioritaire» dans les énergies renouvelables, contre 23% seulement à demander la priorité à la poursuite des dépenses nucléaires. Les femmes (78%) et les sympathisants de gauche (85%) sont surreprésentés dans le camp des partisans de la transition énergétique, tandis que les électeurs de droite (39%) et du FN (37%) fournissent le gros des bataillons pro-nucléaire. Alors que les écologistes ne pèsent plus grand-chose sur le plan politique en France, c’est donc le clivage droite-gauche qui domine sur ces questions.

«Nous avons été agréablement surpris: ces résultats vont à l’encontre de ce que pensent les Allemands, qui voient globalement la France comme un pays toujours pro-nucléaire. C’est une bonne nouvelle, commente Jens Althoff, le représentant de la Fondation Heinrich Böll à Paris. Mais ce qui est plus intéressant encore, c’est le fait que les Français s’engagent fortement pour un développement des énergies renouvelables dans leur pays». De fait, 63 % des sondés considèrent la transition énergétique plus comme «une opportunité» que comme «un risque». Et «plus encore parmi les hommes, les catégories aisées, les sympathisants de gauche et de La République En Marche», analyse Jean-Daniel Levy, le directeur du département politique-opinion d’Harris Interactive.
«L’exemple allemand»

Pour ce dernier, «l’exemple allemand» de la sortie du nucléaire d’ici à 2022, décidée en 2011 a sans doute constitué pour les Français «une source d’inspiration voire un encouragement à avancer dans cette voie», même si tout n’est pas vert dans le bilan énergétique outre-Rhin. Les Français n’ignorent pas que l’Allemagne a dû relancer ses centrales à charbon pour compenser la fermeture de ses tranches nucléaires: ils estiment ainsi à 72% que la transition énergétique allemande n’a pas assez contribué à la réduction des émissions de CO2. Mais ils sont 65% à estimer qu’elle a favorisé la création d’emplois et autant à juger qu’elle a relancé l’économie. Ainsi, 64% considèrent l’exemple allemand comme la preuve qu’un pays développé peut sortir du nucléaire…

A cet égard, le sondage a évité la question frontale et très clivante «Pour ou contre la fermeture des centrales nucléaires en France», qui n’aurait peut-être pas donné le même résultat. La filière emploie encore directement plus de 120 000 personnes dans le pays et plus de 400 000 avec les postes induits, soit 2 % de l’emploi en France. Et le débat sur la fermeture de la centrale de Fessenheim a montré que l’opinion était encore divisée, en raison de l’impact social immédiat qu’aurait l’arrêt du nucléaire. Mais Jens Althoff estime que les Français «préféreront désormais investir 100 milliards d’euros dans le développement d’une industrie des énergies renouvelables qui créera de la richesse et de l’emploi, plutôt que 100 milliards dans la continuation d’une énergie du passé», avec les travaux prévus par EDF pour prolonger la durée de vie de ses centrales, démanteler les vieux réacteurs, ou encore construire des EPR.
Vers un Airbus des renouvelables ?

Au bout du compte, Jens Althoff estime que «les Français sont beaucoup plus favorables à un engagement plus fort de la France contre le changement climatique et pour une transition vers les énergies renouvelables, que leurs dirigeants et nombre d’acteurs du débat public ne le pensent». Et qu’ils sont, dans leur majorité, «beaucoup plus en avance sur ces questions que la plupart des élites économiques et politiques du pays». Le responsable de la Fondation Böll appelle de ses vœux «une plus grande coopération franco-allemande dans le domaine de la transition énergétique, avec la perspective de développer une politique européenne de l’énergie». Un Airbus des énergies renouvelables ? L’idée avancée ici et là pourrait faire son chemin, à condition que la citadelle EDF - et avec elle l’Etat toujours actionnaire à plus de 83 % du groupe - sorte de sa logique du presque tout nucléaire pour investir beaucoup plus fortement dans le secteur. Car depuis la vente des turbines d’Alstom à l’américain GE et celle des éoliennes d’Areva à l’allemand Siemens, aucun autre acteur français ne semble en mesure de relever le défi des énergies vertes.

Hasard du calendrier, le PDG d’EDF, Jean-Bernard Lévy, devrait annoncer ce lundi 11 décembre un nouveau cap stratégique visant à renforcer fortement l’engagement de l’électricien dans les énergies éoliennes et le solaire à travers sa filiale EDF Energies Nouvelles. Une manière de répondre à la demande du ministre de la Transition écologique, Nicolas Hulot, qui, lui, a demandé un vrai plan de marche dans ce secteur, après avoir prévenu dans une interview au Financial Times que «demain, la norme ne doit plus être l’énergie nucléaire, mais les énergies renouvelables». Mais c’est la pression venue des citoyens consommateurs d’électricité qui sera sans doute le premier levier d’une véritable transition énergétique en France.

Source : libération.fr

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