Récifs de coraux : une carte mondiale pointe les plus menacés

Publié le par Gerome

Du nouveau pour la protection des coraux. Des chercheurs australiens ont établi une carte mondiale de la vulnérabilité des récifs. Elle permet de déceler les lieux où des mesures de conservation seront les plus utiles et semble donc un outil précieux pour les gestionnaires de ces écosystèmes fragiles.

Les récifs coralliens vont mal. Dix-neuf pour cent d’entre eux sont déjà morts, 15 % du restant va suivre dans les quinze ans à venir selon les prévisions du réseau d’observation mondial des récifs coralliens (GCRMN). La hausse de la température de l'eau liée au réchauffement global est une des causes principales de leur mauvaise santé.

 

Or l’écosystème basé sur les coraux est un des plus riches et productifs qui soient. Il abrite des milliers d’espèces marines, nourrit directement une centaine de millions de personnes et garantit la protection de la côte contre les assauts de la mer dans des dizaines de pays. La valeur économique des récifs est donc importante et, par surcroît, ils sont un des attraits touristiques principaux de nombreuses destinations.

Cartographier les périls est difficile car les coraux sont sensibles à des causes de stress très diverses. Une des principales causes de mort est liée aux variations excessives de la température de l’eau et en particulier son réchauffement. Il entraîne l’expulsion des microalgues en symbiose avec le polype ce qui fait blanchir le corail et finit par le tuer.

De nombreux paramètres pour une note globale

Le travail des biologistes de la Macquarie University de Sydney a donc pris en compte les caractéristiques des variations passées et prévues de la température de l’eau ainsi que bien d’autres facteurs. Parmi lesquels : la prolifération d’algues, l’exposition au soleil et aux ultraviolets, la quantité de sédiments et de polluants pouvant être apportés de la terre par les eaux de ruissellement ou encore l’effet des marées… Ils en ont formé trois catégories : les variables liées au soleil (température, UV), les paramètres augmentant le stress (eutrophisation, apport de sédiments) et ceux diminuant ce stress (le vent, les marées), qu’ils ont pu intégrer sous forme mathématique dans un modèle, d’où est issue la carte.



La carte synthétisant le travail de l'équipe de Joseph Maina localise les principaux récifs mondiaux par des points colorés correspondant à une note entre 0 et 1. Du vert pour un récif en pleine forme (valeur 0), le dégradé va jusqu'au rouge, (valeur 1), symbole d'un fort risque de disparition. La Réunion, avec un score de 0,13, est selon l'étude le meilleur élève. © Joseph Maina

Sur ce planisphère, chaque récif de corail se voit attribuer une note, une valeur entre 0 et 1 correspondant à l’importance du stress qu’il subit et donc à son risque de disparition. Les données brutes sont disponibles sur le site du journal Plos One. La principale source de stress est l'augmentation de température de l'eau à cause du réchauffement climatique, renforcé ou réduit par d'autres facteurs également pris en compte. Une valeur basse correspond à des zones en bonne santé et faiblement menacées ; en se rapprochant de 1, les perturbations augmentent et l’avenir s’assombrit.

Malheur aux vaincus

Pour l’organisation des efforts de protection, la carte est un outil précieux car elle est censée permettre de mieux diriger les investissements. Mais elle fait émerger une idée assez nouvelle : pour certains biologistes, dont le co-auteur de l’étude Tim McClanahan, de la Wildlife Conservation Society de Mombasa au Kenya, il faudrait « se concentrer sur les [récifs] gagnants, pas sur les perdants ». Un point de vue très pragmatique…



Des critiques quant à la valeur des diagnostics s’élèvent également car la réponse des récifs à une même agression peut être fort différente. Mais Joseph Maina, responsable de l’étude, précise bien que leur travail compile de manière lisible et efficace les agressions subies par le corail pour en tirer une valeur globale de stress. Il s'agit d'une somme de paramètres extérieurs, et l’avenir du récif dépend bien sûr fortement de l’adaptabilité et de la résilience des coraux face à ces menaces. Le séquençage du génome d'un corail, effectué récemment, apporte des précisions sur ces points.

 

carte-coraux.jpg



Les informations apportées par ce travail dressent en tout cas un état des lieux précis de la vulnérabilité du corail face au réchauffement climatique. Utilisées en connaissant leurs limites, elles rendront tout de même la vie plus facile à ceux qui, dans le monde, tentent de sauver les récifs.

 

 


Publié dans Nature

Partager cet article

Le réchauffement climatique ferait perdre leurs branches aux arbres

Publié le par Gerome

L'humanité serait-elle en train de scier la branche sur laquelle elle est assise ? Cette éloquente image, chère aux écologistes, pourrait être moins métaphorique qu'il n'y paraît.

 

Une étude vient en effet de démontrer que le réchauffement climatique conduirait les arbres à compter moins de branches, d'où une plus grande vulnérabilité aux parasites et un cycle de reproduction perturbé : des risques qui mettraient en danger l'avenir de la forêt méditerranéenne, selon cette étude du Cemagref, publiée vendredi 12 août.


Des chercheurs de cet institut de recherche en sciences et technologies pour l'environnement ont abouti à ces conclusions après qu'ils eurent observé en continu le développement saisonnier d'un écosystème de quatre étages de végétations comprenant des pins d'Alep et trois espèces de chênes.

Pour tester les effets de la sécheresse, des zones de 900 m2 d'arbres ont été créées dont certaines ont été privées de 30 % des précipitations grâce à un système de gouttières, tandis que d'autres bénéficiaient de 30 % d'eau supplémentaire par irrigation. Et d'autres parcelles ont servi de zones témoins.


"L'ARBRE PRODUIT BEAUCOUP MOINS DE BRANCHES"


Les chercheurs ont ainsi découvert que la raréfaction des pluies et l'augmentation des températures font que "l'arbre produit beaucoup moins de branches, [et] est donc affaibli et plus vulnérable aux maladies et aux parasites", selon Michel Vennetier, l'un des auteurs de l'étude.
 

"Chez les chênes, l'avortement des fructifications compromet leur reproduction", ajoute-t-il. De même, la modification de "l'architecture de l'arbre", autrement dit sa forme typique, a des conséquences sur la qualité des sols des forêts méditerranéennes. "Les houppiers [cimes] des pins étant plus clairsemés, le microclimat au niveau des sols est plus chaud et plus sec", explique M. Vennetier.


L'étude, qui s'inscrit dans un projet plus large intitulé "Drought" (sécheresse, en anglais) mené avec le CNRS (Centre national de la recherche scientifique), l'Institut national de la recherche agronomique (INRA) et l'université d'Aix-Marseille, a également mis en évidence pour la première fois le phénomène de la croissance prolongée des pins d'Alep pendant l'hiver, plus doux depuis quelques années.


Cela a pour conséquence que l'arbre a des pousses inachevées qui sont ensuite abîmées par le gel, des blessures constatées en nombre toujours plus grand depuis une dizaine d'années. Finalement, souligne le Cimagref, la mortalité des pins d'Alep augmente et la composition des forêts est modifiée. Les pins sylvestres, par exemple, ont complètement disparu après la canicule de 2003 sur les versants de basse altitude des régions méditerranéennes. 

 

 


Publié dans Nature

Partager cet article

Le cheval fait son grand retour en centre-ville

Publié le par Gerome

Les centres-villes vont-ils ressembler à ce qu'ils étaient il y a deux siècles? Peut-être pas. Il n'empêche, le retour du cheval dans plusieurs villes du nord de la France a de quoi surprendre. Beauvais, Hazebrouck, Verdun… ont franchi le pas il y a quelques mois. D'autres grandes villes devraient s'y atteler d'ici à la rentrée.

 

article_1404-LIL03-VEOLIA1.jpg


Un modèle pas déclinable partout

«Moins polluante et moins bruyante, la collecte hippomobile s'impose de plus en plus comme un mode de collecte alternatif éprouvé», explique-t-on chez Sita France, qui a développé un partenariat exclusif  avec les Haras nationaux, et met à disposition des collectivités un ramassage des ordures à cheval selon leur demande. «Les villes qui l'ont choisi ont observé une progression du tonnage des emballages collectés comprise entre 15 et 17%», assure l'entreprise. Preuve selon elle que cette initiative sensibilise davantage la population au tri.


Sita reconnaît toutefois que ce modèle n'est pas déclinable partout. «La collecte à cheval s'adapte parfaitement aux zones pavillonnaires et aux centres urbains où les distances à parcourir sont limitées et les arrêts très fréquents.»

Interrogé à l'heure d'un premier bilan en avril dernier, Didier Tiberghien, président du Smictom (syndicat mixte de collecte et de traitement des ordures ménagères) d'Hazebrouck, où le prestataire est Veolia Propreté, expliquait que «le surcoût de 5 à 7% est largement compensé par le gain social et environnemental, avec la création de 3,5 emplois et l'économie de 13.000 litres de carburant par an.»


Selon les différentes enquêtes de satisfaction menées localement, les habitants seraient également ravis du retour du cheval.

 

Publié dans Les bonnes nouvelles

Partager cet article

La forêt des carpates bientôt coupée en deux par une nationale

Publié le par Gerome

L’un des derniers paysages forestiers intact d’Europe serait en danger. D’après un récent communiqué du WWF, l’Agence Nationale de l’Environnement (ANE) roumaine a donné son feu vert pour la construction d’une route nationale, au plein cœur de la forêt des Carpates. La route 66A devrait traverser le mont Retezat et se poursuivre à travers le parc national Domogled sur dix-neuf kilomètres. Une infrastructure qui aura forcément un impact significatif sur l’environnement.

 

pt77934.jpg

 

« Nous devons défendre nos précieuses ressources naturelles » a affirmé Magor Csibi, responsable du programme Danube-Carpates au WWF Roumanie. « Nous parlons de la protection de 100.000 hectares de forêt où l’empreinte de l’homme a été suffisamment faible pour laisser le paysage proche de son état d’origine. La construction de cette route est symbolique de la méconnaissance totale des aires protégées en Roumanie. » En effet, l’estimation des conséquences environnementales aurait largement été négligée. « L’évaluation d’impact environnemental a été traitée en cinq jours », a précisé Andreas Beckmann, directeur du programme Danube-Carpates au WWF. Cette région est composée d’arbres plus que centenaires, les chênes et les pins noirs sont âgés de plusieurs siècles. Quant aux loups, ours, lynx et autres aigles royaux, ils y trouvent un habitat adapté, bien loin des activités humaines.

 

Une série de manifestations pour lutter contre cette construction de route s’est déroulée ces derniers mois, la dernière en date ayant eu lieu au début du mois de juillet, devant le ministère de l’Environnement et des Forêts roumain. Mais le combat, mené depuis cinq ans maintenant, commence à se faire long. A l’époque déjà deux tronçons avaient été construits, sans même avoir la permission de l’Agence Nationale de l’Environnement roumaine.

 

Les organisations écologistes ont donc lutté et réussi à interrompre l’agencement du troisième et dernier tronçon, jusqu’à aujourd’hui. Etant donné que l’organisme a donné son accord, les travaux devraient reprendre rapidement. L’ONG Agent, soutenu par le WWF et d’autres associations, envisage donc de déposer plainte auprès de la Commission européenne contre le gouvernement roumain pour dénoncer les faits. Des dispositions qui ont un goût de déjà vu pour Magor Csibi. « La Commission européenne avait déjà dans le passé sanctionné le pays pour non respect de la loi environnementale. » Mais rien n’y fait, ce qui désole particulièrement Andreas Beckmann : « la construction de cette route sera le prochain épisode tragique d’une longue lignée.»

 

 


Publié dans Nature

Partager cet article

Faire sa lessive soi même

Publié le par Gerome

La lessive est un mélange liquide ou solide de produits utilisés pour le lavage domestique ou industriel. L'action nettoyante est notamment assurée par des produits détersifs comme le savon.

Dans certains pays, la lessive se fait encore à base de cendres et d'eau, comme autrefois en Europe et en Amérique. Les quantités sont approximatives et les résultats viennent autant de la pratique que de l'enseignement par voie orale. Par le passé, elle était aussi fabriquée à base de plantes telles que la saponaire.

Afin d'améliorer la qualité de vie sur terre, ainsi que l'espérance de vie de cette dernière, il serait nécessaire de rendre écologique, moins polluante notre lessive.

Cette page a donc pour objectif de recenser les techniques anciennement utilisées et par la suite d'essayer de trouver des techniques alternatives pour le monde d'aujourd'hui.

Composition

Les lessives se présentent sous forme de poudres, de liquides ou de tablettes.

Les lessives contiennent :

    * des détergents (tensioactifs) qui augmentent le mouillage des tissus, enrobent les salissures, les détachent du linge puis les maintiennent dispersées dans l'eau (alkylbenzène-sulfonate, savon, lauryl-sulfate, dodécylbenzène-sulfonate, etc.) ;
    * des composés alcalins, qui augmentent l'efficacité des tensioactifs en agissant sur le pH de l'eau pour qu'il reste élevé (borates, carbonates comme le carbonate de sodium, silicates) ;
    * des agents séquestrants (chélatants), improprement appelés anticalcaires, qui piègent le calcium, ce qui augmente l'efficacité des détergents (métaphosphates, polyphosphates, zéolites, EDTA, NTA, citrates, phosphonates). S'il n'y a pas d'anticalcaire dans une formule, il faut utiliser plus de tensioactifs sauf si l'eau est douce;


    * des produits complexants, appelés aussi agents antiredéposition, qui empêchent les salissures piégées par les tensioactifs de se redéposer sur le linge (ex : carboxyméthylcellulose, phosphonates) ;
    * des enzymes, qui dégradent les molécules organiques en les fractionnant en plus petites particules. Les différentes enzymes agissent sur diverses taches : les lipases agissent sur les taches grasses (lipides), les protéases agissent sur les taches de protéines (sang, herbe, etc.). Les enzymes sont efficaces même en faible quantité et à basse température;
    * des agents de blanchiment, qui oxydent les molécules (perborates, percarbonates tels que le percarbonate de sodium, peroxydes) ;
    * des azurants optiques, qui absorbent des rayons ultraviolets invisibles et réémettent de la lumière visible, de sorte que le linge paraît plus lumineux et plus blanc ;


    * du ballast, matériau granulaire de remplissage qui facilite la manipulation des poudres ;
    * de l'eau, si la lessive est liquide.
    * des conservateurs
    * du parfum

Impact sur l'environnement

Les lessives se retrouvent dans les eaux usées. Après un traitement en station d'épuration, les eaux usées sont libérées dans la nature.

Les lessives génèrent une importante pollution, de par la présence de molécules plus ou moins instables, toxiques et rémanentes :

    * Les détergents, en formant des mousses, diminuent l'oxygénation de l'eau. Leurs propriétés tensioactives leur permettent de solubiliser des molécules toxiques et, ainsi, d'assurer leur diffusion dans les milieux aquatiques. À l'instar des pesticides dits hormonaux mimétiques (modulateurs endocriniens), certains détergents sont fortement suspectés d'interférer avec le métabolisme des animaux, en particulier des amphibiens (Anoures, Urodèles), des poissons et de l'homme.

 

Ils pourraient être à l'origine des changements de sexe des mollusques et des poissons, du déclin drastique des populations de grenouilles et de la diminution de la spermatogenèse humaine. Les tensioactifs déversés dans l'eau réagissent au contact du sel et reviennent par voie aérienne détruisant les pins du littoral méditerranéen. Certains tensioactifs sont relativement biodégradables, mais le traitement des station d'épuration (surtout efficaces pour traiter les boues, les graisses, les déchets flottants et les graviers) sont peu efficaces pour traiter les produits chimiques.

 
    * En accroissant le pH de l'eau, les alcalins peuvent perturber l'équilibre des écosystèmes aquatiques, engendrant des modifications chorologiques.
    * Les phosphates ne sont pas toxiques par eux-mêmes — le phosphore est un élément majeur pour les organismes vivants — mais sont souvent à l'origine du phénomène d'eutrophisation (les marées vertes). Ils sont souvent remplacés par les zéolites qui ne causent pas d'eutrophisation, mais sont peu biodégradables et causes des problèmes aux stations d'épuration des eaux (problèmes de boues insolubles)


    * Les chélatants sont parfois très toxiques : L'EDTA (acide Éthylène Diamine Tétra-Acétique) , heureusement peu utilisé dans les lessives à cause de son coût(surtout dans les détergents liquide) forme des complexes extrêmement stables avec les métaux, tel le fer de l'hémoglobine, ce qui en fait un poison, et surtout permet de faire passer dans les être vivants des éléments toxiques comme le Plomb.


    * les agents de blanchiment sont des oxydants puissants et peuvent donc détruire la matière organique. Le plus souvent ce sont des agent oxygénés (comme le Percarbonate de sodium qui remplace le perborate de sodium) qui est peu dangereux, parfois ce sont des agents chlorés susceptibles de produire des chloramines au contact de matières azotées comme le sont la sueur, les taches protéiniques .


    * Les lessives contiennent des produits dérivés du pétrole qui est une industrie très polluante. Les additifs annexes (colorants, conservateurs, etc.) peuvent aussi agir sur l'environnement.
    * Les conservateurs (surtout présent dans les lessives liquides, les poudres étant sèches, elles risques peu la dégradation par les micro-organismes) sont très dangereux : étant des biocides non seulement ils dégradent le milieu mais sont peu biodégradables (par définition) et empêchent la biodégradation naturelle dans les station d'épuration.



La fabrication maison réduit la consommation d'emballages, la pollution par les matières plastiques et les métaux lourds contenus dans les teintes de ces matières. Achats faciles, conséquences complexes.

Conseils d'utilisation

Une attitude écologiquement responsable consiste à :

    * privilégier les lessives moins polluantes :
          o préférer les poudres aux liquides, plus riches en tensio-actifs ;
          o choisir les lessives contenant des zéolites au lieu de phosphates ;
          o éviter les adoucissants, parfums, colorants et autres composés de synthèse.
    * utiliser rationnellement les lessives :
          o trempage préalable : un simple trempage du linge permet de mouiller les fibres et d'ôter la crasse. Et mettre un peu de lessive ou de savon de Marseille sur les taches avant le lavage en machine permet souvent d'obtenir un meilleur résultat ;


          o ne pas surdoser la lessive, et utiliser moins de produits lorsqu'il y a peu de linge ou lorsqu'il est peu sale ;
          o utiliser moins de produits si l'eau utilisée est douce (c.-à-d. sa dureté totale est inférieure à 15 °f) ;
          o l'activité enzymatique étant maximale vers une température de 40 °C, les lessives aux enzymes enlèveront mieux les taches organiques à basse température ;
          o les balles de lavage sont des balles qui battent le linge dans la machine à laver et permettent d'utiliser moins de lessive ;
          o une boule anticalcaire ou antitartre modifie la structure du calcaire et adoucit l'eau, permettant ainsi de diminuer la quantité de lessive.
          o Les lessives concentrées permettent de diminuer les déchets d'emballage et de rejeter moins de produits toxiques... à condition de ne pas dépasser les doses prescrites.


    * Choisir des moyens alternatifs comme la noix de lavage, les lessives à base de plantes .... (voir plus bas).

Les noix de lavage

En Inde et au Népal pousse un arbre appelé arbre à savon (Sapindus Mukorossis) dont le fruit à la particularité de sécréter une substance gluante qui le protège des insectes nuisibles. Cette substance gluante possède une forte teneur en saponine et peut donc être utilisée comme savon naturel.

Pour une lessive en machine il faut utiliser 3 à 4 noix qu'il faut briser en morceaux et que l'on dispose dans un sachet en coton ou en lin ou même dans une chaussette directement dans le tambour de la machine. On peut rajouter une goutte d'huile essentielle si on le souhaite, car le linge lavé par cette méthode n'a pas d'odeur.

Les mêmes noix peuvent être utilisées de 2 à 3 fois à 30 ou 40 degrés, 2 fois à 60 degrés et 1 fois à 90 degrés. La saponine contenue dans les noix ne se libère pas dans l'eau froide. Comme on peut réutiliser les noix pour plusieurs lavages cela revient à réduire le budget lessive de moitié par rapport aux lessives «standards» : un kilo de noix dure un an pour 3 lessives par semaine et coute environ 10 euros.

Pour une machine de blanc, on peut rajouter une cuillère à soupe de percarbonate de soude qui libèrera de l'oxygène dans l'eau et évitera le "voile gris" qui apparait après quelques lavages. Le percarbonate de soude est un composé chimique très simple qui n'est pas du tout nocif pour l'environnement.

Après avoir utilisé les noix pour la lessive, la vie des noix n'est pas terminée, car il reste encore assez de saponine en elles pour en faire une décoction. Et même après vous pouvez jeter les coquilles dans votre compost, elles serviront à enrichir votre jardin.

Un magazine de consommation[1] a testé ces fameuses noix en les comparant avec un lavage du linge sans lessive ni produit. Le résultat est que ces noix rendent le linge propre…tout comme l'eau. La leçon à tirer de cette comparaison est qu'il faut adapter la dose de produit en fonction des salissures. La plupart des vêtement n'ont besoin que d'une légère lessive (transpiration, peu de tache) et de traiter les taches.

Avant d'acheter les noix, il faut toute de même tenir compte du bilan écologique global. Écologiques en Inde, ces noix sont loin de le rester en Europe du fait de leur transport (émission de CO2), mais restent moins polluantes qu'une lessive traditionnelle, car celle-ci voyage aussi, comme l'a comparé l'émission ABE sur la TSR le 13 novembre 2009[2]. Il vaut mieux dans ce cas utiliser des plantes locales comme celles présentées ci-dessous.

Citations d'un article du réseau Eco-consommation : De plus dans les pays d'origine de la noix de lavage, "les arbres non ligneux (qui ne sont pas exploités pour leur potentiel de production de bois) et dont l’arbre à savon (Sapindus mukorossi) fait partie, sont utilisés avant tout pour améliorer l’état nutritionnel et sanitaire des populations locales. La commercialisation locale apporte des produits de première nécessité pour les ménages mais ces arbres apportent également du fourrage, de l’ombre, permettent la conservation et l’amélioration des sols etc.

La cueillette des produits forestiers est pratiquée par tous les habitants des villages environnants. C’est une activité pratiquée particulièrement par les femmes et les enfants. Les noix sont donc utilisées par les populations locales. La production dépend de la conjonction des facteurs climatiques et anthropiques, qui peuvent être aussi défavorables (déplacement des populations, croissance des besoins en terres agricoles, exploitation abusive du bois-énergie), dont l’ensemble peut, dans certains cas, entraîner une dégradation continue des ressources forestières."

"L’exploitation des noix de lavage n’ont pas fait l’objet d’études d’inventaire forestier aux fins d’aménagement et d’exploitation de la forêt. Les produits qui ont connu un soudain succès d’intérêt économique comme le karité, la spiruline ou le gommier ont eu besoin d’une gestion rationnelle de la ressource. Il faut que les différents acteurs prennent conscience de la nécessité de préserver les équilibres locaux.

Si la demande augmente et que les populations locales se voient privées de noix pour leur propre usage, quelle solution leur reste-il  ? Des lessives en poudre ? C’est peut-être une extrapolation, mais le risque existe ! "

Préparation de lessive à base de plantes

La saponine est une substance ayant le pouvoir de faire mousser l'eau. Il est possible de l'extraire en effectuant une décoction de certains végétaux : les racines de la saponaire, les feuilles de lierre, le marron d'inde épluché et râpé, l'écorce de Savonnier (Koelreuterie paniculata).
 Lessive à la saponaire

La saponaire est une herbe que l'on utilisait abondamment en Europe avant le XVIIIe siècle, l'époque à laquelle commença la fabrication industrielle du savon. Les racines de saponaire contiennent la plus grande part des principes actifs de la plante. Mises en décoction à 60 g par litre d'eau, elles produisent une mousse détergente qui peut être employée comme shampooing ou savon végétal.
 Recette de base

Coupez les racines de saponaire en petits morceaux, jetez-les dans l'eau (non calcaire) lorsqu'elle bout, mettez le linge dans cette eau et faites bouillir comme s'il s'agissait d'une lessive du commerce.
Recette secondaire

Faire une décoction de 100 g de saponaire pour 1 litre d'eau : faire bouillir cinq minutes puis retirez les racines. Mettez ce jus en bouteilles : cela donne une lessive très bonne pour la laine et les tissus de couleurs fragiles (attention avec les tissus blancs, elle est légèrement jaunissante)
Lessive à la luzerne

    * 100 g de racine de luzerne.
    * 1 litre d'eau.

La luzerne (Medicago sativa), ne pas confondre avec le sainfoin, est très couramment cultivée. C'est une plante vivace, dont vous arracherez la racine à n'importe quelle saison. Lavez, séchez cette racine, coupez-la en petits dés et jetez-la dans l'eau bouillante comme la racine de saponaire. Faites bouillir une demi-heure.
[modifier] Lessive aux marrons d'Inde

1 kg de marrons d'Inde décortiqués pour 3 litres d'eau, 1 heure.

Le marronnier d'Inde (Aesculus hippocastanum) fleurit dans tous les jardins publics de France, de Belgique ....

Ramassez un grand panier de marrons, et décortiquez-les, broyez-les dans un mortier et jetez le tout dans de l'eau bouillante (la décoction doit bouillir pendant une heure). Ensuite, passez au tamis, recueillez le jus, mettez-le en bouteilles, c'est une bonne lessive pour les tissus et lainages de couleur sombre.


Lessive aux feuilles de lierre

Cent feuilles de lierre, 2 litres d'eau, 1/2 heure.

Le lierre grimpant (Hedera hélix) résiste bravement à toutes pollutions citadines, et il s'accommode de tous les sols ou presque. Cueillez une centaine de feuilles, jetez-les dans l'eau bouillante pendant dix minutes. Retirez du feu, et laissez refroidir. Écrasez les feuilles au moulin à légumes à gros trous (ou pressez-les avec les mains). Remettez-les dans le jus, puis passez le tout au-dessus d'un tamis. Dans ce jus tiède, vous pouvez mettre à tremper les soieries, les lainages fragiles, tous les tissus que vous voudrez, exactement comme si vous utilisiez un détergent du commerce.

On peut ramasser des feuilles de lierre sans aucunement remettre en cause la vie de la plante si on laisse les feuilles terminales. C'est une plante très résistante et qui pousse sur des terrains très variés. Cette plante volubile pousse sur les troncs des arbres, sur les murs, poteaux.... elle est souvent arrachée par les sylviculteurs car elle gène la croissance du tronc de l'arbre. Très fréquente, elle a tendance à devenir envahissante et elle doit être maitrisée mais non supprimée.


Préparation de lessive à base de savon de Marseille

Recette pour 1L de lessive liquide :

- Râper 20 à 50 g de savon de Marseille naturel avec un économe ou une râpe à fromage. On peut aussi utiliser directement du savon en paillettes.
- Faire bouillir 1l d'eau
- Ajouter les copeaux et mélanger jusqu'à ce que le savon soit totalement dissout
- Mettre le tout dans un ancien bidon de lessive liquide de plus de 1L afin de pouvoir mélanger avant chaque utilisation.
- Ajouter 4 à 8 gouttes d’huiles essentielles au choix.

Bien secouer le bidon avant utilisation et mettre un verre à moutarde de lessive par machine.

On peut associer à ce mélange :

    * 1 cuillère à soupe de cristaux de soude si le linge est très sale
    * un verre de vinaigre blanc dans le bac à adoucissant (l'odeur disparait avec le séchage), en faisant attention cependant car le vinaigre a tendance à attaquer les élastiques, ce qui pose un problème pour les couches lavables, par exemple.
    * du jus de citron (filtré à travers un filtre à café) dans le bac d'assouplissant, à la place du vinaigre pour les lessives de blanc

En remplacement de la lessive en poudre

Lorsqu'on préfère les paillettes, on laisse tranquillement tremper le linge dans l'eau chaude savonneuse et on n'a pas trop à frotter (sachant que les frottements usent le linge délicat). L'eau doit être un minimum chaude car les paillettes de savon se dissolvent mal à basse température.

Pour une utilisation à basse température, il faut laisser sécher le savon. Quand il est plus dur et sec, on peut alors le râper avec une râpe fine (du type râpe à zeste), on obtiendra une poudre qui se dissout très bien à basse température.

Les savons commercialisés, que ce soit dans un coopérative diététique ou autre doivent mentionner leur composition exacte, et bien souvent ils contiennent des conservateurs, parfois des chélatants (contre le calcaire), parfois même des colorants ou des parfums : il faut donc être vigilant quant au choix. Beaucoup de "savon" n'ont comme adjuvant que des parfums sous la forme d'huiles essentielles.

Commentaires :

    * Le savon de Marseille est 100% biodégradable et ne provoque aucune pollution de l'environnement — à condition qu'il ne soit pas à base d'huile de palme, dont l'exploitation est nuisible.
    * Fonctionne pour les lessives en machine ou à la main
    * Bon lavage, le linge est doux.
    * Santé : ne provoque pas d'allergie, recommandé pour les bébés et les gens qui ont des problèmes de peau.
    * Ingrédients : peut contenir de la glycérine pour améliorer sa texture et l'empêcher de sécher trop vite.[3]
    * Pour le lavage à la main des articles fragiles (comme la lingerie), le savon de Marseille est idéal. On frotte délicatement le linge avec un cube de savon de Marseille végétal.
    * Cette lessive peut également remplacer le liquide vaisselle.

Préparation de lessive à base de cendre

L'objectif est d'extraire la potasse de la cendre et l'utiliser comme détachant.


Fournitures
cendre de bois

Les cendres de fougère étaient réputées pour la fabrication de lessive. L'on dit aussi que le pommier donne des savons très blancs. Le bois ordinaire utilisé pour les feux de foyer ou les feux de camp peut aussi convenir.

Le bois employé devra être brûlé dans un feu très chaud pour en faire des cendres très blanches. Lorsqu'elles sont refroidies, entreposez les cendres dans un contenant de plastique avec couvercle, un baril de bois ou un contenant d'acier inoxydable. Un pot de terre cuite (et non un pot d'argile séché au soleil) convient aussi. De préférence, utilisez un baril de bois ayant un robinet dans le bas.

Il ne doit pas rester de morceaux de charbon! Idéalement vous devrez tamiser la cendre.
 De l'eau douce

Si vous ne pouvez obtenir ni eau de source ni eau de pluie, utilisez de l'eau d'une rivière ou d'un puits en y ajoutant du bicarbonate de soude pour la neutraliser.

Il est aussi possible d'employer l'eau du robinet. Si vous avez de l'eau dure (difficulté à faire mousser) ajoutez du bicarbonate de soude jusqu'à ce qu'il soit facile de faire mousser votre eau. Ensuite, ajoutez la même quantité de bicarbonate de soude à l'eau que vous emploierez. Par exemple, si vous testez un litre d'eau et nécessitez 15 ml de bicarbonate de soude, vous aurez besoin de 60 ml de bicarbonate de soude pour 4 litres d'eau. Entreposez cette eau dans un contenant de bois, de plastique ou d'acier inoxydable.

Pour manipuler l'eau de cendre, il est préférable de mettre des gants en plastique, le liquide dessèche les mains.


 Lessive à la cendre pour laver en machine (technique simple)

    * Pour un litre d'eau douce (idéalement de l'eau de pluie).
    * 2 à 3 verres de cendres de bois tamisées (par ex. avec une passoire): il ne doit pas rester de morceaux de charbon de bois.
    * un récipient assez grand (bocal, petit seau, vieille cruche...)
    * Un (vieux) tissu fin, une étamine fine ou un chiffon microfibre
    * Un entonnoir
    * Un flacon vide (détergent, lessive liquide...)

Mélanger la cendre et l'eau. Bien remuer et laisser reposer au moins 24 heures en remuant de temps en temps avec un morceau de bois. Au bout de ce temps, filtrer le mélange en mettant le chiffon fin dans l'entonnoir au dessus du flacon vide. On obtient un liquide dont la couleur varie entre celle du vin blanc et celle du thé léger, selon le bois qui a brûlé. Si on constate trop de dépôt gris au fond du flacon, filtrer de nouveau avec un chiffon plus fin ou double. On peut ajouter quelques gouttes d'essence de citron ou de lavande pour le parfum. Cette lessive se conserve environ 3 semaines. Pour une lessive en machine, mettre 1 à 2 verres du produit obtenu dans le bac à lessive, et faire la lessive normalement. Ne pas verser directement sur le linge sec. Cette lessive ne mousse pas, mais elle est efficace, même à basse température - sauf pour les taches de sang - et elle laisse le linge doux... et en plus elle est très économique. La "boue grise" qui reste dans le filtre, mélangée à de l'eau, est un très bon engrais au jardin.
Technique avec une lessiveuse

N'importe quelle taille de contenant de bois, de plastique ou de "terre cuite au four". Attention les contenants en terre cuite au soleil ne conviennent pas pour des produits corrosifs comme l'eau de lessive.
Technique un peu compliquée

   1. Il faut que la lessiveuse soit munie d'un robinet filtrant ou d'un trou sur lequel l'on aura placé un linge pour filtrer le liquide. Pensez à placer un caillou devant le trou de sorte que la cendre ne le bouche pas.
   2. Remplissez la lessiveuse de cendres blanches jusqu'à une dizaine de centimètres du bord.
   3. Faites bouillir de l'eau (la moitié du volume de la lessiveuse).
   4. Versez lentement l'eau bouillante sur les cendres jusqu'à ce que le liquide commence à dégoutter du trou. À ce moment, fermez l'ouverture du bas (fermez le robinet ou mettez un bouchon de liège).
   5. S'il reste de la place, ajoutez de l'eau et de la cendre, mais ne mettez pas trop d'eau, car ceci ferait flotter la cendre.
   6. Laissez reposer quatre heures ou toute la nuit si vous en avez le temps.
   7. Laissez s'écouler par le robinet (ou trou), le liquide brunâtre dans un contenant sécuritaire puis reversez-le dans le baril.
   8. Laissez l'eau de lessive égoutter lentement dans un contenant sécuritaire.
   9. Quand le liquide brunâtre cesse de couler du baril, ajoutez de 3,5 à 4,5 litres d'eau douce dans les cendres, et collectez l'eau qui en résulte dans un autre contenant (cette eau de lessive sera moins forte que la précédente).
  10. Répétez avec de 1 à 2 litres d'eau, jusqu'à ce qu'il n'y ait plus de liquide brun qui en sorte.
  11. Enterrez les cendres dans le jardin.

L'eau de lessive étant une tradition orale, il n'existe pas de recette écrite l'utilisant. Utilisez cette eau de lessive à la place de votre lessive habituelle, mais attention aux proportions utilisées ! Faites des essais en commençant par de très petites quantités.
Technique plus simple

    * De l'eau douce (idéalement de l'eau de pluie).
    * Une lessiveuse (grand contenant pouvant aller au feu)
    * Un vieux torchon
    * Un tamis.

    * Tamiser les cendres pour ne garder que les plus fines (il ne doit pas rester de morceaux de charbon).
    * Remplir le torchon avec les cendres et le fermer avec un nœud solide.
    * Faire bouillir l'eau.
    * Plonger le torchon et laisser bouillir quelques minutes.
    * Couper le feu et laisser infuser une heure.
    * Tremper le linge dans cette infusion pendant quelques heures puis le rincer à l'eau chaude.

 

 

Publié dans Habitat

Partager cet article