Pierre Rabhi: «Vivre, ce n'est pas passer sa vie à faire augmenter le PIB»

Publié le par Gerome

En 2002, il appelait à une «insurrection des consciences». Aujourd'hui, il appelle tous les citoyens à être candidats... au changement. Pierre Rabhi nous explique pourquoi cet appel à être «Tous candidats» en 2012...

 

article_pierre-rabhi.jpg


Pierre Rabhi a tout du vieux sage. Une allure hors du temps, une voix douce, une vie au contact de la terre et des éléments. Retiré en Ardèche dans les années 1960, il y a développé l’agro-écologie et écrit plusieurs ouvrages remettant en question notre société de production et de consommation de masse. Pierre Rabhi lance aujourd’hui, avec son mouvement Colibris, une campagne «alternative» baptisée «Tous candidats».  


En appelant tous les citoyens à devenir candidats pour 2012, est-ce que vous rejetez la politique «traditionnelle»?


Aujourd’hui, la société est dans l’impasse. La politique n’est plus du tout en phase avec la réalité du monde. En revanche, énormément de gens dans la société civile oeuvrent pour le changement social, que ce soit dans le domaine de l’agriculture, de l’énergie, de l’éducation… La société civile est fertile en initiatives dispersées qu’il faut rassembler. Mais nous ne voulons pas entrer en compétition avec le politique, il n’y a pas d’idée de pression, d’antagonisme ou de rivalité. Nous sommes dans la suggestion.


Pourquoi le changement pourrait-il venir de la société civile?


Beaucoup d’artisans du changement ne sont pas dans la vision classique de la croissance économique. Ils sont prêts à renoncer à l’excès d’«avoir» pour «être» un peu plus. Nous sommes dans une société de tristesse et de souffrance, dans une frénésie et une consommation effrénée pour remplir le vide en nous. Ce n’est pas ça vivre, on ne peut passer sa vie à augmenter le PIB.


Vous pensez que les gens sont prêts à changer de mode de vie?


En 2002, on m’a poussé à me présenter et le résultat, 184 signatures collectées en un peu plus de deux mois et 96 comités de citoyens créés, nous a incités à entreprendre cette campagne aujourd’hui sous une forme mobilisatrice. Nous voulons porter les valeurs occultées par le politique, comme le féminin ou l’éducation de la complémentarité et de la solidarité, et incarner l’utopie. Je récuse la société actuelle dans ses excès et la priorité donnée à l’argent mais personne ne peut se dire totalement innocent. Moi-même je suis écologiste, mais j’ai une voiture. Nous ne sommes pas des «purs» qui disent aux «impurs» ce qu’il faut faire. Nous invitons les gens qui adhèrent à nos idées à s’inscrire sur le site Web et à se déclarer candidat.

 

 


Publié dans Nature

Partager cet article

Face à la menace climatique, la France va planter des arbres en Islande

Publié le par Gerome

Pour conserver l'ADN d'espèces d'arbres français menacées par le réchauffement climatique, la France envisage d'en planter en Islande, selon le département forestier de cette île située à la limite du cercle polaire. «Le principal objectif est de rechercher et trouver des moyens pour protéger et préserver l'ADN de ces arbres», a précisé Adalsteinn Sigurgeirsson du Service forestier islandais.

 

islande_3.jpg


Préserver l'ADN des forêts


La collaboration entre l'Office national français des forêts (ONF) et son homologue islandais vise particulièrement des espèces provenant des massifs montagneux alpin et pyrénéen comme le hêtre. «Nous allons spécialement étudier les espèces qui sont les plus menacées en France par le réchauffement climatique», explique à l'AFP ce chef du département des recherches du Service forestier islandais.


Avec la hausse des températures sur la planète, le climat plus froid de l'Islande pourrait permettre de préserver des espèces de France lorsque leur habitat deviendra trop chaud, dit-il. «Tout indique que les conditions de l'Islande seront très favorables dans un demi-siècle ou un siècle pour le hêtre, par exemple», ajoute Adalsteinn Sigurgeirsson. Le but n'est pas de «créer une nouvelle forêt mais de préserver l'ADN des forêts», selon lui. Il précise que ce projet n'en est qu'à un stade initial «mais qu'il y a un véritable intérêt des deux côtés pour le développer plus avant».

 

 

 

Publié dans Nature

Partager cet article

1% pour la planète

Publié le par Gerome

En 2002, deux entrepreneurs américains, Yvon Chouinard, fondateur de Patagonia, et Craig Mathews, propriétaire de Blue Ribbon Flies créent la fondation One percent for the planet (1 % PLP) (1). Tous deux à la tête d’entreprises prospères, ils entendent mettre à profit leur modèle de gestion tout en actant en faveur des ressources dont dépend leur commerce. C’est ainsi que naît l’idée d’inciter les entreprises à reverser 1 % de leurs ventes à des organismes environnementaux, et de les fédérer autour d’un organisme commun, à savoir la fondation One percent for the planet.

 

1pourcentpourlaplanete.jpg

Présente à l’internationale, la fondation rassemble aujourd’hui 1439 entreprises membres, dont 1116 en Amérique du Nord, 239 en Europe, 45 en Asie, 28 en Océanie, 9 en Amérique du Sud et 2 en Afrique. Représentant des secteurs d’activité divers, elles sont d’importance variable, allant de la micro-entreprise au groupe doté d’un chiffre d’affaires florissant. Toutes reversent 1 % de leur chiffre d’affaires à l’un des 2474 groupes environnementaux rattachés à l’organisme non lucratif qu’est 1 % PLP. Depuis sa création, on estime le cumul des dons à plus de 70 millions de dollars. Pour la seule année 2010, 22 millions de dollars ont été reversés aux ONG agréées par 1 % PLP, soit une hausse de 40 % par rapport à 2009.


Altruiste, ce concept profite également aux entreprises adhérentes. D’une part, en permettant l’accès à un réseau de plus de 1400 entreprises, l’adhésion à la fondation favorise la mise en relation professionnelle. Par ailleurs, le statut de membre, l’emploi du logo 1 % PLP et la visibilité sur le site Internet dédié (2) sont autant d’atouts susceptibles de séduire et fidéliser une clientèle de plus en plus soucieuse de l’impact environnemental. Aussi, plus la fondation croît, plus elle gagne en réputation et plus elle est bénéfique à ses membres. Un processus qui semble en bonne voie alors que le nombre d’entreprises membres est passée de 1386 en février dernier à 1439 à ce jour.
Début 2011, la France a, d’ailleurs, célébré son centième membre, lequel a rejoint notamment le groupe Léa Nature et ses marques Jardin Bio, Natessance, So’Bio ethic, Biovie, Lift argan, Biosystem, Patagonia Europe, Champagne Dosnon, Sun piscines, Green republic, Scop Oxalis, Ateliers XXL, Patyka cosmétiques,  Fallenfest, Le Yeti, etc. Six nouvelles entreprises françaises ont ainsi fait leur entrée à 1 % PLP en janvier dernier : Evoa Cosmetics, Okidosport, CNOD entoutpetit.fr, Widiwici, Usuri et Xymox System. Actuellement, 180 associations bénéficient du soutien de 1 % PLP en France, parmi lesquelles figurent Surfrider Foundation, France Nature Environnement, le MDRGF, ARTAC, AVSF, Les Amis de la Terre, Planète urgence, la Ligue pour la Protection des Oiseaux (LPO), Les Colibris, Kokopelli, Echo-Mer, Bio Consommacteurs, Slow Food France, Mountain riders, Nature & progrès et le WWF.

 

 


Publié dans Nature

Partager cet article

Le recyclage du CO2, un vatse projet

Publié le par Gerome

Des chercheurs du CEA ont mis au point un système de recyclage du dioxyde de carbone. Comme nous l'explique Thibault Cantat qui a participé à l'étude, il n'est pas libéré dans l'atmosphère et peut être réutilisé dans l'industrie, ce qui limite le recours à la pétrochimie, grosse émettrice de CO2. Une double réussite dans la lutte contre le réchauffement climatique.



Un des défis scientifiques et écologiques de ce siècle est de limiter le réchauffement climatique. Des scientifiques pourraient bien avoir trouvé une méthode qui y contribue. Ils ont en effet mis au point un système « permettant de convertir le CO2 en produits chimiques habituellement produits par la pétrochimie », explique Thibault Cantat, un des scientifiques ayant participé au projet, contacté par Futura-Sciences. Ces composés chimiques sont essentiels à l’industrie pharmaceutique, textile ou autre.



Tant que les Hommes ne se seront pas libérés de la dépendance des énergies fossiles, ils diffuseront du dioxyde de carbone dans l’atmosphère et contribueront ainsi au réchauffement climatique, le mal écologique de notre ère. Il existe deux méthodes pour diminuer la concentration atmosphérique de CO2. Soit faire en sorte de ne pas en produire (préventif), soit le récupérer pour le réutiliser ou le séquestrer avant qu'il ne soit libéré dans l’atmosphère (curatif).

CO2 : une molécule difficile à exploiter



Pour la première solution, les scientifiques s’attellent notamment à la mise au point d’énergies renouvelables réduisant les émissions de gaz à effet de serre. Pour la seconde solution, différents axes de recherche sont investigués : la séquestration artificielle du CO2 par exemple (tenter de remplir le rôle des forêts… sans les forêts) ou encore, sa réutilisation.



C’est sur cette dernière thématique que les chercheurs du SiS2M travaillent. Ils viennent de trouver un moyen de recycler le dioxyde de carbone à des fins énergétiques, en une seule étape et grâce à un unique catalyseur. Les résultats ont été publiés dans la revue Angewandte Chemie. Une méthode qui paraît simple et pourtant… « La difficulté principale à relever dans les questions portant sur le recyclage du CO2 est d’ordre énergétique et elle est double, détaille Thibault Cantat. Tout d’abord, le CO2 étant très stable, il faut apporter de l’énergie pour le faire réagir et le convertir en un nouveau produit ». Problème résolu grâce à un dérivé du silicium (le silane ou organosilane) et à un échauffement important.



Mais la réaction ne peut pas se faire seule. Il faut un catalyseur. « En son absence, aucune réaction n’a été observée même après deux semaines à 150 °C ! » se souvient le chercheur. Ici, le catalyseur est une molécule organique, ce qui représente une avancée importante : « la quasi-totalité des procédés catalytiques repose sur l’emploi de catalyseurs métalliques, coûteux et souvent toxiques ».

Le recyclage à la place de la pétrochimie



À l’issue de cette réaction, on obtient alors des formamides et du silanol. Les formamides sont particulièrement utilisés dans l’industrie. On en fabrique des colles, du textile… On s’en sert aussi dans l’industrie pharmaceutique. Le bénéfice est double : ces formamides sont fabriqués à partir du CO2 récupéré et on évite ainsi le recours à la pétrochimie, grosse émettrice de CO2.



Le silanol, quant à lui, est un déchet et n’a pas de réelle valeur. Mais si les chercheurs parvenaient à recycler ce composé en silane, cette méthode de recyclage du carbone pourrait être utilisée à grande échelle. Comment ? « En utilisant une source primaire d’énergie décarbonée (nucléaire, photovoltaïque…), propose Thibault Cantat. Une alternative est d’utiliser des organosilanes produits comme déchets de l’industrie des silicones, ce qui offre un marché de niche. »



Réutilisation du CO2 : un défi de taille


D’autres études cherchent également à réutiliser le dioxyde de carbone à des fins énergétique. Par exemple, une équipe de chercheurs américains de l’université Urbana-Champaign a mis au point un mécanisme de photosynthèse artificielle. « Une approche différente mais très complémentaire », selon Thibault Cantat. Ici, les scientifiques convertissent du dioxyde de carbone en monoxyde de carbone (CO), qui a une valeur énergétique supérieure et à partir duquel on peut ensuite obtenir des hydrocarbures. Alors que ce procédé nécessite normalement une importante quantité d’énergie, les chercheurs américains parviennent à contourner ce problème grâce à un liquide ionique qui catalyse la réaction



La guerre contre le CO2 atmosphérique est donc toujours en cours. Plusieurs solutions semblent exister pour lutter contre ce problème mais leur application se heurte inlassablement à des difficultés. Ne faut-il finalement pas chercher la solution miracle du côté du préventif et non du curatif ?

 

 

Publié dans Nature

Partager cet article

Photovoltaïque : Google continue d’investir

Publié le par Gerome

Le géant de la Silicon Valley a officialisé le 27 septembre dernier le déblocage de 75 millions de dollars (55 millions d’euros) dans un fonds destiné à promouvoir les panneaux photovoltaïques. En partenariat avec Clean Power Finance, Google aspire à aider 3 000 ménages américains à se doter d’une installation solaire.

 

 

panneau-solaire-photovoltaique

Avec 100 000 maisons équipées seulement, les Etats-Unis ne sont pas franchement en avance en matière de développement du photovoltaïque en direction des particuliers. Une situation dont Rick Needham, en charge du Green business au sein de l’entreprise californienne, estime qu’elle est d’abord le fait de coûts qui ne favorisent pas un développement massif. Quant aux subventions fédérales et étatiques, elles ne compensent pas suffisamment l’investissement de départ.


Cette annonce a donc de quoi réjouir les militants écologistes et les 1 400 installateurs solaires américains. Les équipements financés avec le fonds d’investissements resteront la propriété de Google. De leur côté, les ménages s’engageront à lui racheter l’électricité produite à un prix fixé en avance et qui restera en-deçà des coûts pratiqués actuellement. La start-up Clean Power Finance, elle, se chargera de faire le lien avec les installateurs tiers dont certains, comme SunRun et SolarCity, ont proposé d’offrir certaines installations.

 

Cet investissement fait suite à la participation de Google au projet désormais concrétisé de parc photovoltaïque à Brandebourg-sur-la-Havel (Allemagne). La société lui a en effet consacré 5 millions de dollars (environ 3,6 millions d’euros) en avril dernier. Deux mois plus tard, un autre fonds a été créé avec le groupe SolarCity, celui-ci alimenté à hauteur de 280 millions de dollars (203 millions d’euros). Google a également participé à l’un des plus grands parcs éoliens des Etats-Unis et au projet de centrale solaire géante Ivanpah, ayant déjà déboursé au total la bagatelle de 850 millions de dollars (616 millions d’euros) en faveur du développement des énergies renouvelables.


Le célèbre moteur de recherche s’impose ainsi comme une entreprise « propre » – quoiqu’elle a mis un temps fou à dévoiler son bilan carbone - et espère que d’autres sociétés américaines lui emboîteront le pas. Son engagement dans les technologies vertes devrait connaître un retour sur investissements satisfaisant via le rachat de l’électricité par les particuliers ainsi que les subventions fédérales et locales qui lui seront versées et constitueront une nouvelle ressource financière.


Le groupe cherche aussi à réduire ses rejets carbone, en particulier ceux provenant de ses data centers, qui selon certaines estimations consommeraient à eux seuls 0,01 % de l’énergie mondiale. Ça a l’air de rien mais c’est absolument gigantesque pour une seule et même entité…

 

 


Partager cet article